Author: tecnavia

  • Saez revient aux commandes

    Saez revient aux commandes

    Il a à peu près tout connu à sa tête, mais il ne s’attendait pas à une telle année. Jean-Louis Saez, homme fort des filles de Montpellier, a entamé le 11 mars face à Lens une nouvelle expérience. Celle de pompier de service.

    Ce technicien respecté ne fait pas de miracles. Son équipe a perdu le match de la peur face à Lens (2-1) et a plongé à la dernière place. « On a un pied en D2, mais on n’a pas dit notre dernier mot », consent-il.

    Jean-Louis Saez, ancien directeur sportif, a été intronisé dans l’urgence à la tête de l’équipe féminine de Montpellier, engagée dans la course au maintien en Première Ligue.

    Saez (58 ans) a succédé jeudi 5 mars à l’ancien entraîneur Yannick Chandioux, démis de ses fonctions le 11 février et remplacé provisoirement par son adjoint Baptiste Merle. L’ex-coach, âgé de 50 ans, dirigeait l’équipe montpelliéraine depuis l’été 2021, où il était arrivé en provenance de Dijon. Il a payé les mauvais résultats de son équipe, plongée à la dernière place de la Première Ligue après avoir concédé 11 défaites en 15 journées.

    Saez possède une expérience certaine de l’équipe féminine qu’il a dirigée durant six saisons (2013-19) et lui a permis de disputer le quart de finale de la Ligue des champions face à Chelsea. Le fils de Louis Saez, décédé en décembre, a par ailleurs l’avantage d’avoir créé le centre de formation et donc de connaître les jeunes joueuses, envoyées au feu pour sauver le club en pleine transition.

    Cet entraîneur fédérateur, proche de Laurent Nicollin, avait vécu aux premières loges la vente du club au cours de l’automne. Début octobre, la famille Nicollin, pionnière du football féminin en France, a vendu la section féminine à Crux Football, dirigé par l’ancienne internationale néo-zélandaise Bex Smith. Montpellier, pionnier de la professionnalisation du football féminine, n’avait jamais connu jusque-là un parcours aussi compliqué.

  • Comparutions immédiates : « une justice d’abattage » ?

    Comparutions immédiates : « une justice d’abattage » ?

    Chaque soir à 20h, du 11 au 14 mars, le théâtre Jean-Claude Carrière, situé au Domaine d’O, propose une représentation de la pièce de théâtre Léviathan, mise en scène par Lorraine de Sagazan. Fruit de nombreuses rencontres avec avocats, magistrats, victimes et détenus, ce spectacle s’intéresse aux lacunes de la justice institutionnelle, et en particulier aux comparutions immédiates. « Cette procédure simplifiée et expéditive, qui est une exception française, juge l’auteur présumé d’une infraction à sa sortie de garde à vue. Publique et durant en moyenne moins de trente minutes, elle est de plus en plus répandue et favorise largement l’incarcération puisque 70% des peines prononcées correspondent à des peines de prison ferme », indique Lorraine de Sagazan dans la note d’intention de son spectacle.

    Un spectacle auquel s’associe, dans le cadre d’un partenariat national, la Ligue des droits de l’Homme (LDH). En amont de la dernière représentation, samedi 14 mars, la section locale de Montpellier organise donc, de 16h à 18h au théâtre Jean-Claude Carrière, une table ronde sur le sujet.

    « Prime à l’accusation »

    Se succéderont un avocat, un magistrat ainsi que des représentants du Spip (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) et d’une association, Wake Up Café, qui vient en aide à cette structure officielle. L’avocat montpelliérain membre de la LDH Jean-Jacques Gandini animera cet échange, en amont duquel il a assisté à quatre audiences de comparutions immédiates au tribunal correctionnel de Montpellier.

    Le caractère expéditif de cette procédure, désormais massivement appliquée dans le cadre des mobilisations sociales (Gilets jaunes, réforme des retraites, émeutes dans les quartiers populaires), réduit les droits de la défense. « C’est est un moyen pour évacuer les flux. C’est une justice d’abattage, un peu caricaturale, où la prime est donnée à l’accusation et où la défense a une part congrue », résume Jean-Jacques Gandini. Qui pointe également le côté discriminant de cette procédure : « Les gens qui passent en comparution immédiate sont pratiquement tous issus des classes sociales défavorisées, avec des revenus très faibles quand ce ne sont pas des SDF. Il y a aussi pas mal d’étrangers, car précaires eux aussi. »

  • À Carpentras, la gauche prête à discuter pour éviter l’extrême droite

    À Carpentras, la gauche prête à discuter pour éviter l’extrême droite

    Alors que l’extrême droite est aux portes de l’Hôtel de ville à l’issue du 1er tour, la stratégie des deux listes de gauche est scrutée de près. Pour rappel, le député RN Hervé de Lépinau est arrivé en tête (26,71%) et va compter sur l’appui de Bertrand de la Chesnais (div extrême droite, 14,33%) et de Christian Richaud-Simoni (9,51%), le 1er candidat RN désinvesti ensuite suite à la polémique sur ses tweets racistes. « Toutes les forces patriotes doivent se positionner derrière lui [de Lépinau] », intime ce dernier lundi.

    En face, le maire sortant DVG Serge Andrieu (25,17%) a devancé de peu son prédécesseur, Francis Adolphe (24,29%), qui avait du quitter son poste en 2018 après avoir été condamné pour violences conjugales. Dimanche, Serge Andrieu demandait le retrait de Francis Adolphe. Fin de non recevoir ce lundi de ce dernier qui, dans un communiqué, appelle à la fusion. « En se rassemblant nous pouvons convaincre encore plus, la conscience collective est plus forte que les égos », invite Francis Adolphe, appelant à la discussion.

    En réponse, Serge Andrieu entrouvre la porte : « Je suis prêt à discuter de nos propositions et à échanger pour trouver un consensus capable de rassembler tous les Carpentrassiens qui ne veulent pas voir notre ville tomber entre les mains de l’extrême droite», expose-t-il.

    En ce début d’après-midi, aucune heure de rencontre n’avait été fixée entre les deux hommes. Dans le détail cumulé du 1er tout, l’extrême droite a une mini avance de 100 voix sur les deux listes de gauche sur les 11 000 exprimées. Les 46 % abstentionnistes seront aussi à mobiliser pour faire pencher le scrutin.

  • [Disparition] Jean-Marie Gleize, poésie interrompue

    [Disparition] Jean-Marie Gleize, poésie interrompue

    Ses passions, ses rejets et sa ligne de conduite étaient évidents : Jean-Marie Gleize écartait le manque d’élégance et les niaiseries. Il aimait l’exactitude et le dépouillement, « les bruits neufs » de Rimbaud, « les toits pointus de tuiles rouges » de Stendhal, « les découpures du vert sombre » du crapaud de Corbière. Francis Ponge pour lequel il dirigea des colloques ainsi qu’un Cahier de l’Herne était à ses yeux la meilleure leçon pour se délivrer du lyrisme et du « magma analogique brut ». Sa plus vive préférence parmi ses contemporains, c’était le calme ou bien le très véhément Denis Roche qui pour sa part détestait « les trompettes de la solennité ».

    Né à Paris en 1946, élève de l’École normale supérieure, il avait assez vite rencontré Ponge. Mai et juin 1968, la mort du militant Gilles Tautin étaient pour lui des dates cruciales. Raymond Jean avait voulu qu’il obtienne un poste à la Faculté des Lettres d’Aix. En 1990, il publie au Seuil un premier livre Léman, entame la création et le maintien de la revue Nioques, le numéro 34 qui réunira six russophones paraîtra en mai.

    Il rêvait que ses livres soient « une poignée d’œillets jetés dans un trou » : une video du site du CIPM décrit le processus de ses ouvrages. Mixtes de phrases tendues et de documents, ses textes les plus commentés sont Chien noir des proses et Tarnac. Hasard objectif intriguant, Tarnac est un hameau du plateau de Millevaches où Gleize a passé les étés de son enfance et conserve une maison : ce fut le lieu de repli d’une communauté de jeunes anarchistes dont l’un des membres, Julien Coupat, auteur chez Hazan de L’Insurrection qui vient fut suspecté par la police d’attentats terroristes.

    Une connaissance acérée de la modernité, des amitiés scellées avec Lucot, Tarting, Albiach et Royet-Journoud, ses recherches coordonnées de 1999 à 2009 au Centre d’études poétiques de Lyon ont fait de lui l’un des meilleurs interprètes de la poésie contemporaine. En font foi deux essais Poésie et Littéralité (Seuil) et Sorties (Questions théoriques).

    Un grand critique

    Ses cours et séminaires d’Aix suscitèrent d’intenses curiosités, déclenchèrent des changements de paradigmes. En témoignent des gens du Sud, l’écrivain Olivier Domerg, le typographe Eric Pesty, le coresponsable d’Opera Mundi, Eric Giraud. Un moment éditée par Laurent Cauwet/ Al Dante longtemps basé en bordure de La Plaine, la revue Nioques accueillit des personnes de Marseille et Digne, Florence Pazzotu, Nathalie Quintane, Sarah Kéryna, Guillaume Fayard et Michaël Battala. Des numéros présentent les travaux du peintre Patrick Sainton : sa prochaine exposition, Galerie Territoires partagés, 14 stations d’un chemin de croix seront accompagnées par des phrases de Gleize.

    Depuis le milieu des années 1990 Jean-Marie Gleize vivait à Volx près de Manosque. Il est décédé jeudi 12 mars, le journal adresse ses condoléances à son épouse Joëlle et à son fils Aurélien.

  • [Passerelle Interculturelle] Comment la Chine améliore la santé de sa population avec l’IA ?

    [Passerelle Interculturelle] Comment la Chine améliore la santé de sa population avec l’IA ?

    Le développement de l’intelligence fondée sur les données, combinant big data et prise de décision assistée par l’intelligence artificielle, est devenu un moteur essentiel de l’évolution du système de santé chinois.

    Grâce à des technologies telles que l’Internet des objets et le cloud computing, la Chine transforme progressivement ses services de santé vers un modèle plus préventif et proactif. Cette transition est particulièrement importante à l’approche du 15e Plan quinquennal (2026-2030), période clé pour atteindre l’objectif d’une « Chine en bonne santé » d’ici 2035.

    Réduire les inégalités de santé grâce aux technologies

    Face à une population très importante et à des écarts entre zones urbaines et rurales, la Chine utilise de plus en plus les outils numériques pour optimiser la répartition des ressources médicales. Selon la Commission nationale de la santé, les diagnostics d’imagerie médicale à distance au niveau des districts ont dépassé 68 millions de cas en 2025, l’IA devenant un soutien majeur aux soins de base.

    À Shanghai, des dispositifs médicaux portables dotés d’IA permettent de surveiller en temps réel la santé des patients, y compris dans des régions éloignées comme le comté de Zhongba au Xizang. À Chengdu, un système de gestion des maladies chroniques analyse les données de mode de vie et les antécédents familiaux afin d’identifier plus tôt les risques tels que l’hypertension ou les AVC. Les experts estiment que la santé numérique peut améliorer l’efficacité et l’équité des soins.

    Croissance rapide mais défis cliniques

    Le secteur chinois de l’IA a dépassé 1,2 trillion de yuans en 2025, et près de 300 modèles d’IA spécialisés dans la médecine avaient été développés en mai 2025. Toutefois, les experts soulignent que l’IA reste toujours un outil d’assistance face aux inquiétudes concernant l’exactitude des diagnostics à distance, la protection des données personnelles et les coûts éventuels des plateformes. Selon Li Haichao, président de l’hôpital Chaoyang de Beijing, les médecins doivent conserver un raisonnement clinique solide afin d’éviter les erreurs ou les « hallucinations » générées par l’IA. D’autres spécialistes rappellent également que l’IA ne peut pas remplacer la communication humaine et le soutien psychologique essentiels à la relation médecin-patient.

    Applications futures dans la biopharmacie

    L’intelligence fondée sur les données transforme aussi la recherche pharmaceutique. Selon Ding Lieming, président de Betta Pharmaceuticals, l’IA peut réduire les coûts et accélérer la découverte de nouveaux médicaments en facilitant l’identification de cibles thérapeutiques, la conception moléculaire et l’optimisation des procédés. En améliorant également les essais cliniques, l’industrialisation et la gestion de la chaîne d’approvisionnement, l’IA pourrait accélérer l’accès du public à des traitements innovants.

  • La vague brune pour l’heure encore contenue à Toulon

    La vague brune pour l’heure encore contenue à Toulon

    Première satisfaction : le pire a été évité ce dimanche. Les prévisions les plus pessimistes il y a encore quelques mois donnaient en effet l’extrême droite gagnante dès le premier tour dans le Port du Levant. Les Toulonnais ont peut-être finalement pas la mémoire si courte que ça et se souviennent du désastre de 1995, à la fois économique et moral dans lequel la ville s’était effondrée. Pour autant vu le score obtenu par la candidate RN Laure Lavalette en remportant près de 40 % des suffrages exprimés, la menace est loin d’être écartée à ce jour. Loin s’en faut même.

    La maire sortante Josée Massi arrivée en deuxième position (30%) va devoir pour commencer faire le plein des voix de gauche. Magali Brunel pour Toulon en commun (qui a l’heure où nous mettons sous presse est à un peu moins de 10%) déclare dès la fermeture des bureaux : « Laure Lavalette et l’extrême droite peuvent conquérir Toulon. C’est un risque réel auquel nous ne pouvons nous résoudre. Face à ce danger pour les valeurs républicaines, pour le vivre-ensemble et pour l’image de Toulon, la responsabilité des forces démocratiques est claire : se rassembler. » Une main tendue à Josée Massi « pour ouvrir sans attendre un dialogue ».

    Michel Bonnus (16%) avait lui de son côté expliqué clairement depuis le début de la campagne, faisant plus qu’espérer pouvoir en bénéficier, que le candidat arrivé 3e devrait purement et simplement se retirer du jeu, se souvenant du scénario fatidique d’il y a 3 décennies avec une triangulaire qui avait installé le Front national à la mairie. Des engagements semble-t-il un peu oubliés dimanche soir. Enfin rien d’aussi tranché. Mais on est persuadé que l’ancien rugbyman sait sortir du stade la tête haute et avec panache même sans l’avoir emporté.

    Sauver l’honneur dimanche prochain

    Tout le monde doit jouer le jeu pour battre Laure Lavalette. pour permettre à Josée Massi de pouvoir dimanche prochain sauver l’honneur des Toulonnais en recueillant toutes les voix de ceux qui ne veulent pas que les valeurs rances de division et de repli du Rassemblement national viennent mettre à mal la concorde et l’avenir de la ville. On jugera sur pièce les révolutionnaires et soi-disant gaullistes… d’opérette.

    La maire sortante sans étiquette ne s’est départie dimanche soir ni de son calme ni de son humilité, et préciser : « Toulon mérite d’être gouvernée dans le rassemblement et dans la dignité et dans l’efficacité. »

    La plus grande prudence est en effet de mise, et ce même si l’arithmétique ce soir plaide en sa faveur, l’ancienne prof de maths est consciente que la semaine qui s’ouvre ne va pas être la plus facile de la campagne mais au contraire concentrer beaucoup de difficultés et être le théâtre d’attaques débridées du Rassemblement national. Comptons sur ses talents d’écoute et le respect de son opposition pour conduire dimanche prochain les Toulonnais à la victoire, ou du moins à sauver leur honneur, ce qui n’est pas rien.

    Rien d’infranchissable au regard de son parcours et de la fibre sociale qui l’a toujours animée. De quoi pour les plus rétifs au front républicain « Oser Josée » sans renier ses idées. À moins d’accepter de contempler sans broncher l’arrivée du parti à la flamme et le laisser dans le Port du Levant présider à nos destinées pendant six ans.

    Le choix est vite fait.

  • Un dimanche à deux urnes et des électeurs déboussolés

    Un dimanche à deux urnes et des électeurs déboussolés

    Deux électeurs piaffent à l’entrée de l’école Bernabo (15e), dont on peut rappeler que le flanc gauche conserve le vestige d’un bunker de l’occupant nazi qui verrouillait le chemin de la Madrague Ville en 1943. 83 ans plus tard, il est huit heures tapante quand le planton du bureau 1507 grimpe sur une chaise et hisse le drapeau tricolore. « Mais qu’est-ce qu’il fait, il dort le président ? » plaisante un électeur. « On ouvre dans cinq minutes dès que j’ai le feu vert ».

    497 bureaux de vote ont ouvert jusqu’à 20h pour accueillir 552 997 inscrits, 50 000 de plus qu’en 2020 avec un mode de scrutin qui a désarçonné, même en rabâchant aux électeurs les modalités du circuit à double urne. École élémentaire Arenc Bachas, (15e). 8h30. Une vingtaine de personnes ont déjà voté au bureau 1501. L’école en brique est particulièrement majestueuse. « Et vous n’avez pas vu la cour de l’école maternelle. Elle a été désimperméabilisée et végétalisée », glisse fièrement une ATSEM.

    À deux pas du Vieux-Port, le bureau 202 au centre d’animation, rue des Martégales, 2e, un préfabriqué posé sur les vestiges exceptionnels d’une villa gréco-romaine du Ve siècle avant notre ère. « 4% des 626 électeurs ont déjà voté à 9h », dit Gérard Azibi, le président du bureau, par ailleurs conseiller municipal en mairie de secteur qui s’attend à un dépouillement tardif. « La Marseillaise ? Vous avez l’air sympathique mais vous pouvez me montrez votre carte de presse ? » fronce une électrice avant de sourire : « On n’est pas du même bord mais presque. J’ai mis beaucoup d’énergie à m’inscrire et à venir voter. C’est plus direct pour voter pour le maire. Mais pourquoi ce n’est pas pareil pour la Métropole ? » interroge la sexagénaire.

    École élémentaire Grand Saint-Giniez, avenue de Mazargues : « Ah oui, bien sûr que c’est important de voter aujourd’hui même si on ne votait pas pareil qu’en 2020. Moi mon vote il est toujours le même et je ne vous dirai pas pour qui. Le scrutin pour Marseille est plus important pour mois car avec tous les problèmes qu’elle a, c’est une ville qui exige un bon maire », explique Delphine, quinquagénaire. Maison blanche, siège de la mairie de secteur des 9-10. Des assesseurs font comme partout œuvre de pédagogie pour répéter leurs explications sur le mode de scrutin. parfois il faut rattraper l’électeur dans le parc : « Eh Titi, reviens ! Tu n’as pas voté pour la mairie de secteur ! »

    « Je fais quoi ? Je le mets dans le PV et après ? »

    22% de participation à 11 heures au bureau 701 de l’école Madrague de Montredon, boulevard de la Verrerie, 8e, le plus au sud des bureaux de vote de Marseille. « Moi je le vois, tout part au vau-l’eau » grinche tout haut un électeur. « Mon dieu, ça fait une éternité que je suis pas revenu ici », sourit un nostalgique. « Ayé, A voté ! » s’écrit, jovial, un troisième. « Pour le résultat, ça sera peut-être une surprise. C’est ça la démocratie ! ». Midi, école Prado Plage, avenue du Commandant Rolland, 8e, sous la Cadenelle. Discrètement protégée par deux gardes du corps, la candidate Martine Vassal, visage fermé, fait une apparition en solitaire.

    Au bureau de vote 501, rue Chape (4e), petit moment de panique à 14h. Un électeur s’est trompé de file et a glissé dans l’urne de la mairie de secteur l’enveloppe destinée au vote pour la mairie centrale. Impossible de la récupérer. « Je fais quoi ? Je le mets dans le PV mais après ? » se demande un assesseur. « C’est compliqué pour nous aussi, c’est nouveau. » École élémentaire Bois Luzy, 12e : un écart notable de 35 électeurs à 16h sur les deux urnes du bureau de vote 1209. Certains, peut-être mal orientés, n’ont pas voté pour la mairie de secteur.

    Au Palais de la Bourse, c’est le grand calme au bureau 1399 dit dérogatoire car dédié essentiellement aux personnes détenues des cinq maisons d’arrêt des Bouches-du-Rhône et quelques Marseillais expatriés : 373 inscrits mais seulement 4 votants : 1,04% de participation à 18h quand les 140 Frioulais du bureau voisin étaient déjà 55% à avoir pris le bateau pour venir voter, l’urne par sécurité ne pouvant prendre la navette maritime.

    « Eh Titi, reviens ! Tu n’as pas voté pour la mairie de secteur ! »

  • Trois points pour remettre en route la machine OM

    Trois points pour remettre en route la machine OM

    Amine Gouiri décisif, deuxième match sans encaisser de but pour la défense. Et victoire au bout.

    En données brutes, la soirée de l’OM, vendredi contre Auxerre, a été parfaite. Les trois points ont permis aux hommes de Habib Beye de conserver leur troisième place. Le but d’Amine Gouiri montre le retour en forme de l’attaquant. Mais là s’arrête le positif de la soirée.

    Car face à une formation qui lutte pour sauver sa place en Ligue 1, le candidat marseillais à la prochaine Ligue des champions a encore montré des faiblesses. À commencer par la prestation collective de la première période.

    Une première période où l’OM a été au diapason du Vélodrome : amorphe. « C’était mou, nous n’avions pas les supporters avec nous » a noté Timothy Weah. Le latéral marseillais est lucide. « Les supporters font l’équipe, c’était dur en première mi-temps. Sans eux, nous ne sommes rien. »

    Un but à l’instinct

    Heureusement, durant les 45 premières minutes où il ne s’est strictement rien passé côté phocéen, Auxerre n’en a pas profité. Les Bourguignons sont restés dans leur moitié de terrain. Faisant preuve d’une timidité qui a aidé les hommes de Habib Beye à tenir bon. Comme si ces derniers attendaient l’acte II, et sa promesse de retour à la normale en matière d’encouragements du stade.

    « Ils ont le droit d’être en colère » a admis l’international États-uniens. Mais le désamour a été oublié au retour des vestiaires. Et quand le Vélodrome a retrouvé sa voix, l’OM a retrouvé son jeu. Du moins en partie. Suffisamment pour aller chercher une brèche dans la défense icaunaise.

    Habib Beye reconnaît la métamorphose de la seconde période. « Elle nous a permis, à l’image des supporters qui nous ont soutenus, d’emballer un peu plus le match mais en étant toujours conscients que nous pouvions être pris en transition. Le changement de système et les entrées nous ont fait du bien. » Tout en restant réaliste sur la manière dont son équipe s’est comportée. « Maintenant c’est un match que nous gagnons par la plus courte des marges mais qui est important pour nous aujourd’hui. »

    Un homme a permis à l’OM de sortir la tête de l’eau. Grâce à son but, Amine Gouiri a débloqué la situation et rendu le sourire à l’ensemble des coéquipiers. L’intéressé y est allé à l’instinct. « Je ne me dis rien du tout. Je me dis juste qu’il faut juste que j’enfonce. Le ballon arrive, il y a du monde dans la surface. En revoyant l’action, il passe entre des jambes. Il y a un peu de réussite, mais l’essentiel, c’est que ça finit au fond », a-t-il confessé en zone mixte.

    L’OM a gravi la première des neuf marches qui doivent le conduire à la prochaine Ligue des champions. Il en reste huit à négocier. Dont la prochaine encore une fois au Vélodrome, face à Lille. Un adversaire qui sera plus coriace. Mais qui sera un véritable test sur la capacité d’aller au bout du rêve de podium.

  • À Aubagne, la gauche appelle à une large union

    À Aubagne, la gauche appelle à une large union

    La gauche aubagnaise garde espoir après les résultats du premier tour des municipales. Le candidat Jean-Pierre Squillari, tête de liste d’Aubagne en commun (DVG), est arrivé troisième du scrutin, avec 23,35% des suffrages exprimés. Le trio de tête est serré, puisque la candidate RN, Joëlle Mélin, et sa liste Rassemblons-nous pour Aubagne est en tête, avec 24,9%, suivie à quelques voix près du maire sortant, Gérard Gazay, et sa liste Passion Aubagne, qui obtient 24,8%.

    Un résultat qui étonne chez la gauche, du fait d’une « dispersion inattendue des voix anti-Gazay et anti-RN », analyse David Chiousse, directeur de campagne de Jean-Pierre Squillari. Cette dispersion est allée vers trois autres listes : Giovanni Schipani, en tête de la liste Aubagne mérite mieux (DVC), a obtenu 16% des voix, ce qui le qualifie pour le second tour, s’il décide de se maintenir. Mohammed Salem, avec sa liste Aubagne ensemble vers l’avenir (DVC), a obtenu 6,5% des suffrages exprimés, ce qui l’exclut du second tour, mais lui permet de fusionner avec une liste pour dimanche prochain. Enfin, la liste Insoumise, menée par Élodie Malek, est arrivée avec 4% des voix, ne lui permettant ni de fusionner ni de se maintenir.

    Le maire sortant a perdu dix points par rapport aux dernières élections, où il avait atteint les 35,25% dès le 1er tour, contre 24,11% pour l’ancienne candidate Magali Giovannangeli, tête d’une liste d’union de la gauche sur laquelle apparaissait Jean-Pierre Squillari. L’écart s’est donc resserré. Mais la comparaison fait aussi observer une large hausse des votes pour le rassemblement national, qui n’obtenait que 10,45% des voix en 2020 et a donc plus que doublé son score. La participation, à 54,78%, est en hausse par rapport au premier tour de 2020, où elle était de 38,27%, mais est largement plus faible qu’en 2014, où elle atteignait les 63%.

    L’appel au rassemblement

    À la suite des résultats, l’ambition est claire pour Jean-Pierre Squillari : aller vers le rassemblement. Le candidat a fait le calcul : « Théoriquement, si tout le monde se rassemble derrière celui qui ne veut ni l’extrême droite, ni Gazay, on arrive à 50% des voix la semaine prochaine ». Pour ce faire, les colistiers sont entrés en huis-clos en milieu de soirée, pour débattre de la stratégie à adopter et ouvrir les discussions. La liste de Jean-Pierre Squillari appelle à une fusion avec les listes de Mohammed Salem et Giovani Schipani, et est « dans l’attente d’un appel à voter de la part de LFI, qui ne sont pas fusionnable », détaille David Chiousse. Le directeur de campagne imagine les scénarios de la semaine à venir, et affirme « que dans le cadre d’une triangulaire, et on est presque certains d’avoir une triangulaire, ça pourrait vraiment marcher ».

    Un espoir partagé avec la tête de liste, qui sous les applaudissements de ses soutiens, s’est exprimé avec confiance : « Ils savent ce qu’ils doivent faire et s’ils le font, je pense que dimanche prochain, à la même heure, nous aurons le sourire », insistant aussi sur la nécessité « de continuer à se mobiliser, jusqu’au bout ».

  • De nouvelles règles pour accélérer le jeu

    De nouvelles règles pour accélérer le jeu

    L’International football association board (Ifab), qui édicte les lois de la pratique du football, a officialisé la mise en place de nouvelles règles, à l’issue de son assemblée générale au Pays de galles.

    Trois nouvelles utilisations de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) ont ainsi été actées. L’assistance vidéo pourra désormais intervenir, en présence de preuves manifestes, lorsqu’un carton rouge est donné après un deuxième carton jaune erroné. Lorsque l’arbitre sanctionne la mauvaise équipe pour une infraction entraînant un carton (rouge ou jaune) au mauvais joueur. Lorsqu’un corner est accordé à tort, si cette vérification peut être effectuée immédiatement et sans retarder la reprise du jeu.

    Dans une volonté déjà connue de limiter les pertes de temps, l’Ifab a également étendu son utilisation du compte à rebours, appliqué jusqu’ici à la conservation du ballon par les gardiens. Désormais, l’arbitre peut décider de lancer un compte à rebours virtuel de cinq secondes s’il considère qu’une remise en jeu ou qu’un dégagement est trop long. S’il est dépassé, la remise en jeu revient à l’adversaire, et le dégagement peut se transformer en corner.

    Par ailleurs, un joueur remplacé aura 10 secondes pour quitter le terrain une fois que le panneau d’affichage sera visible ou que l’arbitre aura signalé le changement. Si le délai est dépassé lorsque l’intéressé s’est exécuté, son remplaçant devra attendre le prochain arrêt de jeu pour entrer, forçant ainsi son équipe à poursuivre avec un joueur en moins dans l’intervalle.

    Enfin, l’Ifab a décidé d’obliger les joueurs blessés à sortir du terrain pendant au moins une minute en cas d’intervention du staff médical, avant de pouvoir revenir. Cette exclusion temporaire, qui a pour but d’éviter les blessures tactiques, ne pourra en revanche pas être appliquée aux gardiens.

    Plus de bouche masquée ?

    Ces modifications des lois du jeu seront mises en pratique à l’occasion de la prochaine Coupe du Monde, organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique. La compétition dont le coup d’envoi sera donné le 11 juin, servira de test. À l’issue de la finale, le 19 juillet, l’Ifab invitera l’ensemble des fédérations nationales à mettre en pratique ces nouvelles règles.

    Celle interdisant aux joueurs et entraîneurs de masquer leurs lèvres avec la main en cas de discussion sur le terrain, sous peine de recevoir un carton jaune, est également à l’étude. Le président de la Fifa, Gianni Infantino, en a fait son nouveau cheval de bataille.