Author: tecnavia

  • Le « maire de l’année » Laurent Belsola fait son bilan de mandat

    Le « maire de l’année » Laurent Belsola fait son bilan de mandat

    « Le contournement autoroutier est ma plus grande fierté. » Près d’un mois après avoir annoncé sa candidature aux élections municipales de mars 2026, le maire (PCF), Laurent Belsola, tire le bilan de son premier mandat à la tête de Port-de-Bouc face à la presse, autour d’un café pris au restaurant des Arcades, mercredi matin. Le douanier de métier, toujours à mi-temps, se dit satisfait d’avoir « réalisé 90% de ce qu’on avait annoncé » en 2020.

    équipements publics

    Plusieurs équipements publics ont été rénovés ou créés. Comme le réseau de chaleur Seanergies, pour lequel les travaux sont engagés depuis début septembre, en même temps que la réfection des canalisations d’eau et des routes « percées dans toute la ville », comme précise l’édile. Le maire énumère aussi « la rénovation énergétique de la maison des services publics, du centre culturel Triolet, la salle Gagarine et la maison des associations ».

    Au niveau sportif, Laurent Belsola indique que « le parc Jean-Christophe Unia est fini », avec gymnase, stade, trois courts de tennis et deux de padel, au nord-est de la ville. Le stade Bianco, en centre-ville, a été entièrement refait avec « tribunes, éclairage et pelouse synthétique », inaugurés en avril 2024.

    La culture n’est pas en reste. La Micro-Folie est aussi « une grande fierté » pour Laurent Belsola : « Ce musée numérique permet à ceux qui ne peuvent pas aller à Paris ou Madrid de voir les œuvres et de se les faire expliquer comme avec un guide. Il est déjà réservée sur 2 ans par les écoles ! » Une nouvelle maison des jeunes « sera inaugurée en janvier », promet l’édile, « un bel outil hors des quartiers, central pour la jeunesse, qui pourra aussi servir pour des expositions » dans l’ancienne criée du port Renaissance.

    Tranquillité publique

    Autre sujet majeur, la tranquillité publique. « Le combat mené avec la population contre les narcotrafics à payé », considère Laurent Belsola. « Nous avons une présence régulière de la police, une trentaine sur le terrain. Ils ont assaini une situation difficile avec six points de deal au début du mandat et maintenant un et demi », poursuit le maire. Ce dernier estime avoir « gagné une bataille, mais pas la guerre », après avoir « rencontré les préfets et deux ministres », notamment Bruno Retailleau (LR) avec Fabien Roussel (PCF), en début d’année.

    C’est dans ce cadre que l’édile a demandé à l’état, en septembre, de créer « un commissariat mixte des polices nationales et municipales, pour lequel nous avons des locaux ».

    L’élu communiste assume « se différencier de la droite qui favorise la police au détriment du sport, de la culture ou de l’éducation ».

    Rénovation urbaine

    Laurent Belsola inscrit la rénovation urbaine « dans la continuité de ce qui a été lancé en 2015 », lorsqu’il était adjoint aux sports de Patricia Pédinielli (PCF). En cette fin 2025, l’édile souligne que le Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) prévoit de « faire tomber les maisons en ruine et la barre de la Lèque », ainsi que de « refaire la place comme avant, près des commerces et piétonnisée, d’ici fin 2026 ». Il concède « des temps administratifs » longs, mais assure qu’« on a relogé tout le monde et on entre dans la phase de destruction », comme pour les Aigues Douces, où les rendez-vous avec les habitants se sont multipliés récemment.

    L’actuel maire ne cache pas sa « fierté quant au contournement autoroutier attendu depuis 50 ans. Quand il sera réalisé, on pourra réaménager la RN 168 en boulevard métropolitain, ça va redessiner la ville ».

  • Un livre sur l’affaire Georges Ibrahim Abdallah

    Un livre sur l’affaire Georges Ibrahim Abdallah

    Il était considéré comme le « plus vieux détenu de France ». Incarcéré en 1987 pour complicité d’assassinats de diplomates états-unien et israélien, Georges Ibrahim Abdallah, est sorti de sa prison de Lannemezan le 25 juillet dernier, après plus de quarante ans de détention et alors qu’il était libérable depuis 25 ans.

    Ce vendredi 12 décembre, l’Union locale CGT de Martigues, le collectif Solidarité Palestine et l’association Car t’y es libre présentent l’ouvrage de René Naba « Georges Ibrahim Abdallah : l’emmuré de Lannemezan. Un homme debout », qu’ils co-éditent, en présence de l’auteur et de l’avocat franco-palestinien, défenseur des droits de l’Homme, Salah Hamouri.

    Dans son livre, le journaliste et écrivain franco-libanais, ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’AFP, retrace le parcours politique et militant du Libanais communiste, qui s’était engagé dès sa jeunesse dans le combat anti-impérialiste au Proche-Orient. « Je voyais les entrailles de cette affaire-là », explique-t-il. L’ouvrage « se veut être une radioscopie des turpitudes françaises et des différences entre l’idée que le pays se fait de lui-même, autrement dit son discours, et son comportement ».

    Un acte de solidarité

    René Naba analyse : « La France était la fille aînée de l’Église et se présentait comme la protectrice des chrétiens d’Orient. Quand elle a quitté le Liban, elle a donné la totalité des pouvoirs effectifs à la communauté maronite, qui était privilégiée. (…) Georges Ibrahim Abdallah était chrétien maronite, ce n’est pas lui qui s’est livré à un tel acte, à l’exécution des diplomates israélien et américain. Il aurait dû bénéficier d’une protection, mais le problème c’est qu’il a transgressé ces données de base : il est devenu communiste et pro-palestinien, ce qui est le crime absolu. »

    L’écrivain ajoute : « La France, pour se refaire une virginité, a troqué son antisémitisme pour un anti-arabisme et ensuite une islamophobie qui fait le miel de l’extrême droite française » et Georges Ibrahim Abdallah en « est une victime collatérale ».

    À travers son cas, le livre interroge la justice de classe et l’instrumentalisation politique de l’appareil judiciaire. Il se veut être un outil et un acte de solidarité internationaliste : l’écrivain a renoncé à ses droits d’auteur et les bénéfices des ventes seront reversés au Collectif solidarité Palestine et à l’association Car t’y es libre afin de soutenir leurs actions envers les populations opprimées. À l’heure où l’activisme est de plus en plus réprimé et criminalisé, René Naba se veut positif : « Le militantisme donne des résultats, dès lors qu’il est cohérent solide, méthodique, systématique, qu’il se refuse à la moindre concession et qu’il est justifié. »

  • L’enquête publique sur le contournement d’Arles prolongée

    L’enquête publique sur le contournement d’Arles prolongée

    Il s’agit de joindre les deux bouts de l’A54, coupée en deux par les villes d’Arles et de Saint-Martin-de-Crau, pour boucler le triangle autoroutier entre Avignon, Nîmes et Salon-de-Provence, mais aussi entre l’Espagne et l’Italie à une autre échelle. Un tel projet fait l’objet d’une enquête publique, lancée par l’État à la mi-novembre et qui devait se terminer le 19 décembre.

    Mais la préfecture a décidé de prolonger cette enquête jusqu’au 2 janvier 2026, tout en organisant des réunions publiques d’échanges avec la population. La première aura lieu ce lundi 15 décembre à 18h, à la salle Mistral de Saint-Martin-de-Crau (310 rue des compagnons), tandis que la seconde prendra place à la CCI d’Arles, mercredi 17 décembre à 18h.

    Qui payera la note ?

    Outre l’aspect environnemental, la transparence liée au péage interroge. Car, à la publication du dossier d’enquête publique, chacun a pu découvrir que « le montant définitif des péages ne sera fixé qu’à la suite de l’appel d’offres de concession européen auquel sera soumis le projet ».

    Le dossier présente « des tarifs calculés pour être les plus faibles possibles afin de limiter au maximum les reports de trafics ». Par exemple, de Saint-Martin à Nîmes, le péage serait de 3 euros, selon l’estimation.

    Le sujet pourrait s’inviter dans la campagne municipale. Nicolas Koukas (PCF), tête de liste de l’Union pour Arles, indiquait à La Marseillaise, le 27 novembre dernier, que « les Arlésiens n’ont pas été respectés en apprenant qu’on allait nous faire payer le péage pour aller travailler », et propose « de mettre en place une véritable consultation citoyenne ».

    Le maire (Horizons) d’Arles, Patrick de Carolis, estime qu’il s’agit « d’une solution pour la Ville », mais dont « la réussite dépend de la gratuité pour les trajets locaux au sein de l’agglomération », alors que « la gratuité n’est que partielle ».

    Mais en pleine campagne électorale, reste à savoir qui pourra contrer l’intérêt privé.

  • La grande braderie de la mode de Aides revient aux Docks

    La grande braderie de la mode de Aides revient aux Docks

    « On a beaucoup de stock, il y aura du réassort durant les 4 jours. Beaucoup de nouveautés, comme une zone de déstockage des invendus de 2024 à partir de 5 euros », détaille Marie Miquel chargée d’organisation de la braderie. Et de poursuivre : « Beaucoup de marques locales comme Jott, Le temps des Cerises, Sessun, Manon Martin, Savonnerie le Sérail ou encore American Vintage répondent présentes en Paca en plus de marques nationales comme Balzac, Ysé, APC ou Cyrillus, toutes soldées à -70%. »

    Pour la 6e année consécutive, la vente est sous le parrainage de Jocelyn Meire, fondateur de Fask. Pas moins de 200 cartons ont été déballés pour cette vente d’hiver. Depuis sa création il y a 32 ans, l’intégralité des bénéfices des ventes est reversé à Aides pour financer les actions de prévention et de dépistage du VIH/sida. « En Paca, 15 600 personnes vivent avec le VIH. Il est très important de se faire dépister pour connaître son statut. Sous traitement, la charge virale est indétectable, donc intransmissible », rappelle Stéphanie Baux responsable Aides en Paca. L’objectif zéro sida est toujours pour 2030.

    Du 11 au 14 décembre. Docks Village, 10 place de la Joliette (13002).

  • Nicolas Sarkozy prêt à enterrer le front républicain à Marseille ?

    Nicolas Sarkozy prêt à enterrer le front républicain à Marseille ?

    Tout juste libéré, toujours sous contrôle judiciaire, Nicolas Sarkozy dédicace, ce jeudi à Marseille, son Journal d’un prisonnier, sorti la veille. Dans cet ouvrage publié aux éditions Fayard, propriété du milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré, le seul président de notre histoire récente à être passé par la case prison raconte ses vingt jours de détention. Plus de 200 pages, où il se dépeint comme un martyr à la découverte de « l’enfer » carcéral – bien qu’ayant bénéficié d’un régime d’exception – et assure être « innocent ».

    L’ancien chef de l’État a été condamné en première instance à cinq ans de prison avec mandat de dépôt assorti d’une exécution provisoire pour associations de malfaiteurs dans l’affaire du financement illégal de sa campagne électorale de 2007 par des fonds du régime libyen.

    Pour ce déplacement marseillais, le multicondamné est attendu dans la Librairie Arcadia, dans les 11-12, un secteur municipal géré par la droite mais où le RN est particulièrement influent. Une « reconnaissance » pour les « très nombreux courriers qu’il a reçus quand il était incarcéré et notamment de la part des Marseillais », veut croire le maire de secteur Sylvain Souvestre (LR).

    « Parler à tous les électeurs »

    L’annonce de la visite de l’ancien champion de la droite a provoqué l’ire de la majorité municipale. « Soutenir et avoir de l’amitié pour quelqu’un, ce n’est pas nier une décision de justice. Aujourd’hui, jusqu’à preuve du contraire, M. Sarkozy est libre », justifie Sylvain Souvestre, renvoyant le Printemps marseillais à une prétendue alliance avec l’insoumis Sébastien Delogu aux municipales, « qui, lui, a été condamné pour avoir frappé un proviseur », se défend le maire des 11-12. Pour rappel, Nicolas Sarkozy est définitivement condamné dans deux autres affaires, celle dite des écoutes de l’Élysée et Bygmalion.

    Le gris de la cellule du prisonnier vire au brun lorsqu’il y enterre le front républicain. Au téléphone avec Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy lui assure qu’il ne s’associera pas à un barrage à l’extrême droite. « Je l’assumerai en prenant le moment venu une position publique sur le sujet », promet-il à la fille de Jean-Marie Le Pen, évoquant au passage un « rassemblement le plus large possible » à droite, « sans exclusive et sans anathème ». De quoi pousser son camp dans les poubelles de l’Histoire auxquelles appartiennent le Rassemblement national ? « Il n’a jamais écrit ou jamais appelé à l’union des droites. Il dit simplement qu’il faut parler à tous les électeurs », rattrape Sylvain Souvestre, rappelant qu’il a lui même fait le ménage dans ses rangs.

    À la Région, Renaud Muselier est sur la même ligne : « Dans son livre, il dit du bien de moi et des bébés Chirac de l’époque, je le verrai ce jeudi. Nicolas fait du Sarko, j’ai lu dans son livre qu’il disait “une alternative ne réside pas dans un accord ou non avec le RN mais dans une volonté de parler sincèrement, vraiment, profondément, à ses électeurs qui ne sont plus les nôtres après l’avoir été”. Je note qu’il avait asséché le RN par son discours républicain lorsqu’il a mené ses campagnes présidentielles. Je vais garder cette thèse là », assure-t-il.

  • La gauche inquiète pour l’avenir de la RTM

    La gauche inquiète pour l’avenir de la RTM

    « Est-ce que la Métropole cherche à terme à fragiliser de la RTM comme régie pour n’avoir plus qu’une seule solution, s’en débarrasser ? », interroge ouvertement l’adjointe marseillaise aux transports, Marie Batoux (DVG). Alors que doit être adopté lundi le nouveau contrat d’obligations de service public de la RTM, avec l’objectif affiché qu’elle soit « exposée aux aléas du marché » par un système de bonus-malus (notre édition du 10/12), la majorité municipale monte au créneau.

    « La collectivité n’a pas eu son mot à dire, déplore ainsi Marie Batoux. J’ai posé des questions en commission sur l’intention politique derrière les pénalités, auxquelles je n’ai pas eu de réponse. » Elle s’alarme ainsi d’objectifs posés « sans prendre en compte les difficultés du quotidien », quittent à menacer les recettes de la régie.

    La reprise en main de l’investissement directement par l’intercommunalité l’interroge aussi. « Quelles sont nos garanties pour que les investissements soient faits pour assurer le service public pour les Marseillais, quels sont les engagements ? » questionne l’adjointe. Son inquiétude est d’autant plus forte qu’aucun engagement n’est pris sur l’augmentation des kilomètres commerciaux à effectuer au-delà de 2026. « L’ambition n’est pas portée dans ce contrat », résume-t-elle. Et de regretter que la décision n’ait pas été reportée après les municipales.

    Le comité des usagers des transports marseillais, de son côté, cible à travers un communiqué le manque de concertation. Malgré la promesse de groupes de travail, « nous n’avons jamais été sollicité par la Métropole, ni par la RTM, pour participer », déplore l’association, qui regrette aussi ne pas pouvoir siéger dans le futur comité de suivi qui inclue la direction de la RTM et des élus métropolitains. « Nous avons, nous aussi, des objectifs à fixer », réclame le comité, qui rappelle les difficultés des transports en commun à Marseille.

  • À Marseille, ils réclament un collège en plus dans le 13e

    À Marseille, ils réclament un collège en plus dans le 13e

    « Les collèges du 13e sont déjà au-dessus de leur capacité. Il y a un vrai besoin d’un collège en plus. » Dans la salle de l’union locale de la CGT à La Rose, ce mercredi, Maylis Merly, membre du collectif « un collège supplémentaire pour le 13e », explique pourquoi la relocalisation du collège Mallarmé, proposé ce mardi par le Département des Bouches-du-Rhône, ne les satisfait pas.

    Ce collectif, créé en mars 2024, réclame la construction d’un nouveau collège, constatant une augmentation démographique importante dans le 13e arrondissement. « Entre 2018 et 2024, il y a eu 600 collégiens en plus sur tout le 13e arrondissement, soit un collège complet », souligne Elena Izquierdo, membre du collectif.

    L’annonce, en juillet 2025, de la construction d’un collège à côté du lycée Simone-Veil aurait pu être une bonne nouvelle pour le collectif. « Mais, on a appris que ce n’est qu’une relocalisation du collège Mallarmé », se désole Maylis Merly. « Le collège devrait donc fermer d’ici 6 ans, lorsque l’autre établissement aura ouvert », précise Anaël Chauvet, professeur et membre du collectif. Le nouvel établissement devrait bénéficier de 200 places supplémentaires, ce qui, d’après le Département, « permettra d’accueillir le surplus d’élèves prévu sur cet arrondissement ». Selon le collectif, cela reste largement insuffisant.

    Moins de moyens

    Aux yeux des militants, le nombre de place limité n’est pas le seul point noir de cette relocalisation. « Leur argument pour fermer ce collège est le problème de sécurité lié au trafic. Mais retirer du service public dans ces lieux n’est pas une solution », affirme le professeur d’histoire-géographie. Le collectif craint également la perte de moyen. « Le collège Mallarmé est en REP+ (Réseau d’éducation prioritaire). Au vu de la nouvelle zone de construction et des coupes budgétaires, il y a peu de chances que le nouvel établissement conserve le même statut. Ce qui signifie moins de financement », estime Maylis Merly.

    Le collectif exige donc le maintien du collège de Mallarmé et la construction du nouveau collège. Le Département des Bouches-du-Rhône assure être « attentif à l’évolution de la démographie et savoir adapter sa stratégie de gestion des collèges si besoin ».

  • Sur la centrale de Gardanne, la préfecture persiste et signe

    Sur la centrale de Gardanne, la préfecture persiste et signe

    Sollicitée par La Marseillaise sur la volonté de l’État de maintenir ou non l’activité sur le site GazelEnergie après la prise d’un arrêté dont les restrictions sont tellement élevées qu’elles interrogent la viabilité du site, la préfecture a produit une réponse détaillée.

    « L’État a délivré une autorisation pour l’exploitation de la centrale à biomasse, en respectant : la décision du Conseil d’État imposant une régularisation de la situation de la centrale ; les règles environnementales propres aux activités de la centrale, en particulier le fonctionnement de la chaudière, les rejets dans l’air et dans l’eau ; les avis recueillis lors de l’enquête publique au cours de laquelle les citoyens et associations ont pu s’exprimer ; et la nécessité d’ajouter un plan d’approvisionnement en bois », expliquent ainsi les services de l’État, tout en assurant que « les volumes de ce plan d’approvisionnement reprennent strictement les volumes exprimés par GazelEnergie dans sa réponse à la commission d’enquête, en date du 27 juin 2025 ».

    Des prescriptions controversées

    « Les prescriptions garantissent que la centrale respecte les normes de protection de l’environnement et que son approvisionnement en ressources (notamment le bois) est durable », insiste la préfecture même si, dans un courrier que La Marseillaise s’est procuré, l’industriel s’alarme des conséquences potentiellement bloquantes de cet arrêté pour l’activité.

    « Certaines de ces prescriptions soulèvent des difficultés majeures sur lesquelles la société GazelEnergie avait appelé à plusieurs reprises l’attention des services préfectoraux et de la Dreal [direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, Ndlr.] Provence-Alpes-Côte d’Azur », écrit ainsi le président de GazelEnergie. Et de demander « que les prescriptions en cause soient modifiées et adaptées par arrêté ». Il réclame ainsi que le texte ne parle pas de « charbon cendreux », mais de « produits cendreux de récupération », rappelant que ces cendres restent « indispensables à la protection de la chaudière », lorsque la tranche 4 n’aura plus le droit d’utiliser de charbon, au 31 décembre 2026.

    Le courrier s’inquiète également de valeurs limites de concentration « injustifiées et de nature à poser des difficultés significatives lors des contrôles de conformité »… certaines valeurs trop basses ne pouvant être mesurées, tandis que d’autres sont « très significativement inférieures, d’un facteur 5, voire 10 ou même 100, à celles définies par arrêté ministériel ».

    Pour la préfecture, l’arrêté permet au contraire de « régulariser le fonctionnement [de la centrale], jusqu’alors encadré par un arrêté temporaire, après plus de deux ans d’attente ».

    À propos des écrits publics du rédacteur de l’arrêté, très critiques à l’égard de l’énergie issue de la biomasse, pour le compte du collectif Pour un réveil écologique, qui jettent le trouble sur l’impartialité de la décision administrative, les services préfectoraux affirme qu’elle « a été prise de manière neutre et transparente ».

    « L’instruction des dossiers repose sur l’avis d’experts (techniques, administratifs, juridiques), en particulier au sein des inspecteurs de l’environnement, et en aucun cas un arrêté d’autorisation environnementale ne saurait être le fruit d’une décision individuelle », affirme la préfecture, en rappelant que « l’instruction repose strictement sur le dossier déposé par l’entreprise GazelEnergie, et il est vérifié qu’il correspond aux exigences de la réglementation environnementale, ce dossier a lui-même été examiné lors d’une enquête publique et soumis à consultation des collectivités concernées. »

    Des contrôles à venir

    Insistant sur la normalisation des relations entre l’État et l’industriel, la préfecture assure que « comme dans le cas de toute installation classée, la relation entre l’administration et l’exploitant GazelEnergie reprend désormais des modalités classiques, et ce dès décembre 2025 pour : éclaircir les points techniques qui peuvent rester en suspens ; prendre en compte les évolutions déjà prévues sur le site (depuis l’enquête publique) et celles à venir ; étudier des adaptations de l’autorisation suite à des porter-à-connaissance déposés par l’exploitant, dans le cadre d’un dialogue ouvert et constructif avec l’entreprise et dans le respect du Code de l’environnement ».

    Comme un avertissement, les services de l’État concluent : « La DREAL réalisera régulièrement des inspections sur le site en vue de vérifier sa conformité, comme pour toutes les installations classées. »

  • [Entretien] Serge Coutouris : « Un enjeu national sur le modèle des ports »

    [Entretien] Serge Coutouris : « Un enjeu national sur le modèle des ports »

    La Marseillaise : Quel est le sens de votre mobilisation ?

    Serge Coutouris : Rappelons le contexte : À Port-la-Nouvelle, il y a de nouveaux projets avec de nouveaux acteurs portuaires. Le tout, voulu et impulsé par la Région Occitanie. Depuis le début, le montage capitalistique et sa gouvernance nous interpellent. Surtout lorsqu’on voit qu’un manutentionnaire est devenu concessionnaire tout en étant actionnaire du port. Il y a peut-être là une forme de conflit d’intérêts. On voit aussi que la place de la Région au sein du port et de la société Semop [société d’économie mixte à opération unique qui assure la gestion du port via une concession de service public, Ndlr.] diminue. Une diminution au profit du privé, qui impose petit à petit sa manière de faire. Cela fait des années que nous nous inquiétons sur le sujet. Au sein du port, les travailleurs portuaires demandent une visibilité, et une lisibilité, sur leur avenir. Il était annoncé un « port vert », avec un enjeu de transition écologique, puisque tourné vers l’éolien en mer, les énergies marines renouvelables [EMR Ndlr] et l’hydrogène. Sauf qu’aujourd’hui, il y a des interrogations sur l’hydrogène et un retard pris sur l’éolien… Et donc le concessionnaire a d’autres vues et entend se diversifier.

    En quoi cette diversification vous inquiète ?

    S.C. : Il y a sur la table des creusements de quais en eaux profondes pour accueillir de gros navires vraquiers et l’occupation d’un espace pour faire du roulier… Actuellement, avec les informations que l’on a, cela impliquerait un transfert d’activités de ports à proximité, comme Sète ou Marseille, pour combler les volumes de Port-la-Nouvelle. Il y a donc une vraie menace sur les trafics existants. Et ce, pour l’ensemble des ports français, de Bayonne à Toulon. C’est pour cela que des dockers et travailleurs portuaires de tous les ports du pays sont présents, avec les organisations territoriales de la CGT comme l’Union départementale, Comité régional, Union locale… On est sur un enjeu national sur le modèle économique des ports. Même certaines directions de grands ports reconnaissent que ce qui est fait à Port-la-Nouvelle est problématique.

    Vous évoquez un « port low-cost ». Comment cela se concrétise pour les travailleurs ?

    S.C. : On est sur un port low-cost car le montage capitalistique et les conditions données au concessionnaire et manutentionnaire permettent d’avoir des prix défiants toute concurrence. Concrètement, on a des pressions dans tous les ports avec des menaces sur l’emploi et les conditions de travail. Il nous est dit : « Si vous ne baissez pas vos compositions d’équipes, on s’en va sur Port-la-Nouvelle ». Avec ce nouveau port qui attirerait des trafics, car beaucoup moins cher, on pourrait avoir un chantage à l’emploi. Il est moins cher parce que la précarité est de mise sur ce site : des intérimaires et des occasionnels travaillent sur les bateaux. Alors que dans notre profession, on a un cursus et une réglementation sur la formation professionnelle. Par ailleurs, on n’a pas d’éléments sur l’avenir des travailleurs portuaires, leur périmètre à venir ou des embauches éventuelles… Il pourrait y avoir de l’externalisation et donc encore plus de précarité. Avec, donc, des salaires bien inférieurs à la moyenne des autres ports, des conditions de travail qui ne respectent pas forcément la réglementation. Preuve en est : Depuis deux ans, on négocie avec la direction du port sur les salaires, l’organisation et l’emploi. Mais on s’enlise puisque le port n’a plus la main.

    Quel message adressez-vous à la Région Occitanie et à l’État ?

    S.C. : On dit à la Région de reprendre la main ! De reprendre son rôle dans un port qu’elle laisse à une privatisation totale… À Port-la-Nouvelle, la Région est minoritaire, mais a une minorité bloquante, donc elle peut, et doit, jouer son rôle. Il y a deux ans, dans un salon international qui rassemblait tous les acteurs du maritime, on retrouvait une pancarte : « Port-la-Nouvelle, premier port 100% privé en France ». On est aussi dans un contexte où une loi est en discussion sur les modèles économiques dans les ports décentralisés. Cette loi pourrait être un pas de plus vers une privatisation totale de ces ports. On demande des garde-fous au ministère des Transports.

    C’est une remise en cause de la planification industrielle nécessaire sur les ports ?

    S.C. : À la CGT, on ne parle pas de concurrence entre les ports, mais de complémentarité. Or, on voit qu’on se dirige vers une spécialisation des ports. Alors qu’on veut que les ports gardent leurs trafics ! Un exemple concret : Port-la-Nouvelle prévoit d’accueillir du trafic de véhicules alors que Sète et Marseille en ont… Ce schéma de port low-cost pourrait mettre en péril les trafics existants tout en mettant la pression sur l’emploi portuaire. On est dans la lignée de la déréglementation totale orientée par l’Union Européenne et les recommandations ultra libérales de la Commission européenne.

  • Sécurité, logement, ligne THT… Les gros dossiers du préfet

    Sécurité, logement, ligne THT… Les gros dossiers du préfet

    Clairement désigné par Emmanuel Macron pour s’emparer de la question du narcotrafic, le préfet de région, Jacques Witkowski, a tapé fort, la veille de sa rencontre avec la presse, engageant une opération de ciblage de 15 points de deal répartis dans Marseille (notre édition de ce mercredi).

    S’il s’est longuement exprimé sur cette mission première, il a aussi abordé nombre d’enjeux comme le logement ou le développement du port de Marseille-Fos.

    La lutte contre

    le narcotrafic, une priorité

    Si, contrairement aux élus, il n’a « pas de programme » mis à part « celui de la nation », la sécurité et la lutte contre le narcotrafic font clairement partie des « très gros dossiers » du préfet qui va participer, ce jeudi 11 décembre, à une nouvelle réunion sur le sujet organisée à l’Élysée par Emmanuel Macron, avant la venue à Marseille du chef de l’État, la semaine prochaine. Et le préfet veut avoir les mains libres pour remplir sa mission. Entendre avoir à disposition tous les moyens nécessaires. « Je n’aurai jamais accepté ce poste si je n’avais pas eu la manette sécurité », répond Jacques Witkowski, pour qui la suppression d’une préfecture de police de pleine exercice était nécessaire quand « la cohérence publique n’était plus alignée ». Corinne Simon, préfète de police déléguée, restant spécifiquement en charge des questions de sécurité.

    La méthode : d’abord agir sur le logement, l’insertion sociale, l’éducation, même si « c’est difficile » et que « ça prend du temps ». Il entend aussi tenir le terrain avec des forces de police « visibles », de 250 à 350 agents étant mobilisés quotidiennement sur des opérations de pilonnage assure-t-il, et la réalisation d’opérations plus spectaculaires comme celle de ce mardi 10 décembre, avec 4 773 personnes contrôlées, 114 interpellations, 82 garde-à-vue, 7 kg de résine de cannabis et 118 kg de tabac de contrebande saisis. Et, enfin, le volet police judiciaire, histoire d’assurer « le service après vente », ironise-t-il. Il l’assure, les moyens engagés sont « importants » et cette politique porte ses fruits avec des saisies de cocaïne « multipliées par deux » cette année, sans compter le travail de la douane. « Nous sommes têtus, ils le sont en face » martèle le préfet, déplorant « l’hyperviolence  » des réseaux mafieux et dans la société en général. « Il faut une réaction », elle sera « absolument féroce » promet-il.

    Pas d’avis tranché

    sur la halte soins

    Pointant la responsabilité des consommateurs de stupéfiants sans qui, selon lui, le trafic n’existerait pas, le préfet est beaucoup moins tranché sur la question de leur accompagnement. Interrogé sur le véto opposé à l’installation d’une halte soins addiction (HSA) à Marseille par son prédécesseur, Georges-François Leclerc, il prône une « attente pragmatique », l’expérimentation nationale avec de potentielle ouvertures devant se terminer à la fin du mois. « Je ne porterai pas le projet, mais je ne m’y opposerai pas si l’Agence régionale de santé me démontre qu’il y a une utilité sanitaire », précise-t-il, témoignant d’une expérience plutôt réussie à Strasbourg, lieu de son précédent poste tout en prenant prudemment le parti du « ni oui ni non » pour l’instant.

    Le logement, un fort enjeu du territoire

    Force à la loi… Pas question pour Jacques Witkowski de transiger sur l’application de la loi SRU, permettant de sanctionner les maires ne respectant pas leurs obligations de construction de logements sociaux, quand bien même certains en feraient un argument de campagne électorale à l’aube des municipales. Mais, avec 110 000 demandes dans la région pour 8 000 attributions par an, c’est « long, trop long », convient le préfet, « nous avons un problème de qualité et de quantité ». Et de pointer la pénurie, mais aussi la dégradation du bâti existant, d’assurer de la volonté de l’État d’accélérer sur la lutte contre l’habitat indigne. Ses outils : les crédits de la rénovation urbaine, les opérations de requalification des copropriétés dégradées d’intérêt national. « Importante », cette « politique publique reste complexe », nuance le préfet, car l’État n’est pas « faiseur direct », cette mission relevant des bailleurs sociaux.

    Ligne THT, l’État rend son avis cette semaine

    Sur le projet de ligne à 400 000 volts très attendu par les industriels pour permettre l’implantation d’usines décarbonées dans le golfe de Fos, l’État doit rendre son avis au plus tard le 13 décembre sur les conclusions du débat public. Le préfet se dit prêt à statuer ce vendredi, à la fois conscient que la zone représente « 25% des émissions industrielles françaises », mais aussi « 42 000 emplois avec des perspectives de développement ». RTE pourrait être amené à revoir sa copie si l’État le jugeait nécessaire. Quant à la déclaration d’utilité publique, elle serait peu probable avant les élections municipales.

    No comment sur le plan « Marseille en grand »

    Le préfet Witkowski a préféré laisser au président de la République la primeur des déclarations sur le plan « Marseille en grand » lors de sa visite à Marseille mardi prochain.

    Un effort « maintenu » auprès du secteur social

    Quand on évoque des acteurs de terrain à bout de souffle dans les quartiers, qui dénoncent le manque de soutien et de moyens, le préfet botte en touche. « Cela relève des collectivités. Nous leur apportons des moyens financiers à l’accompagnement social », précise-t-il. Reste que « nous sommes pro-actifs dans les 41 quartiers prioritaires de la politique de la ville », assure-t-il. Les 20 millions d’euros budgétés sur ce créneau en 2025 ont été dépensés, affirme à ses côtés Isabelle Epaillard, préfète à l’égalité des chances, rappelant que les financements s’élevaient l’année précédente à 19 millions. Revenant sur les inquiétudes des associations et entreprises d’insertion qui ont alerté au niveau national sur une baisse de 14% des moyens alloués, soit 200 millions d’euros, dans le cadre du projet de budget 2026 discuté au Sénat, sur notre territoire, « les financements n’ont pas baissés, bien au contraire », affirme la préfète.

    Dans le cadre des contrats de ville, elle assure également les associations en difficulté d’un soutien sans faille de l’État. « C’est le cas notamment de Schebba à la Busserine  », ajoute-t-elle. Pour ce qui est des Maisons France service, lâchées par la Métropole, au nombre de 5 sur les 13 que compte Marseille, « nous allons trouver une solution », s’engage Isabelle Epaillard, en revoyant notamment le montage financier.