Author: tecnavia

  • Bagnols-sur-Cèze : qui peut faire obstacle à l’extrême droite ?

    Bagnols-sur-Cèze : qui peut faire obstacle à l’extrême droite ?

    Si aucun sondage n’a été effectué à Bagnols-sur-Cèze, tous s’attendent à retrouver la députée RN en tête le soir du premier tour tant les scores du parti lepéniste y culminent à des sommets à chaque élection nationale. D’ailleurs, la conseillère municipale d’opposition qui est complètement absente des réunions plénières, accueillera Marine Le Pen à Bagnols-sur-Cèze vendredi 6 mars.

    Avec un discours axé sur la sécurité, Pascale Bordes espère prospérer dans une ville de 18 000 habitants gangrenée par le narcotrafic. Le trafic de drogues est d’ailleurs le sujet qui a le plus affaibli le maire sortant Jean-Yves Chapelet, notamment après la diffusion d’un épisode d’Envoyé spécial désastreux pour l’image de Bagnols. Mais l’édile, ancien socialiste aujourd’hui soutenu par des partis allant d’Horizons à Place Publique, espère tout de même être reconduit.

    Philippe Broche, la surprise ?

    Opposant pendant tout le mandat, Jérôme Jackel (Debout!, le parti de François Ruffin) mène une campagne active sur les réseaux sociaux et sur le terrain en étant très présent dans les quartiers populaires. S’il se présente comme « l’unique candidat de gauche », l’ancien insoumis semble tout de même manquer de soutiens locaux. Pour Michel Cegielski, ancien adjoint de Chapelet, c’est l’espace politique qui lui manque. Rejoint par quelques socialistes locaux (le PS n’a adoubé aucun candidat), il est loin d’incarner le changement attendu par une partie des Bagnolais.

    Reste donc l’alliance derrière Philippe Broche. Cet entrepreneur qui s’était présenté à la tête de la Chambre de commerce et d’industrie du Gard est un visage connu du milieu associatif bagnolais. Soutenu par le Parti communiste qui a pleinement intégré sa liste et souhaite incarner un programme de rupture, Philippe Broche a créé une dynamique qui lui permet de rassembler 200 personnes à chaque réunion publique. Le candidat d’« Ensemble changeons Bagnols » s’est fixé quatre priorités : la santé, la jeunesse, la sécurité (voir page 8) et le dynamisme économique.

    « On ne peut pas parler de relance de Bagnols-sur-Cèze si on ne parle pas de changement d’image de marque. Il faut donner de l’élan au centre-ville en mettant en place un grand marché de manière à créer un parcours commercial. Pour la santé, nous voulons créer un pôle santé avec des logements pour les étudiants. J’ai aussi sur ma liste l’ancien directeur des urgences de l’hôpital de Nîmes qui sera président du conseil de surveillance à ma place si je suis maire. Pour la jeunesse, j’ai des investisseurs avec moi qui vont venir créer un bowling avec un pôle d’animations jeunes comme les jeunes l’ont demandé », détaille Philippe Broche.

    Un bastion industriel

    Si l’histoire de Bagnols-sur-Cèze remonte à l’antiquité, elle est aujourd’hui surtout marquée par l’industrie. De 5 500 habitants en 1950, sa population dépasse les 16 000 dix ans plus tard avec l’implantation du Centre de recherche nucléaire de Marcoule. Elle devient ainsi la capitale du Gard rhodanien qui est le deuxième pôle industriel d’Occitanie.

    Fief du Parti socialiste, Bagnols a été dirigée depuis 2008 par le duo Jean-Christian Rey (aujourd’hui président de la communauté d’agglo du Gard rhodanien) et Jean-Yves Chapelet (qui a quitté le PS en 2018).

  • Deux nouvelles médailles pour le clan français en ski alpin

    Deux nouvelles médailles pour le clan français en ski alpin

    Malgré la déception d’Arthur Bauchet, victime d’une chute lors du Super-G, lundi à Cortina, les Bleus du paraski alpin ont à nouveau offert deux médailles au clan tricolore, dont l’argent d’Aurélie Richard, devancée par la Russe Varvara Voronchikhina.

    En ski debout, catégorie où concouraient quatre Français lundi matin (dont Bauchet, Oscar Burnham et Jordan Broisin), Jules Segers a obtenu sa première médaille, en bronze. Un premier podium qui vient récompenser une belle saison, durant laquelle il est monté à huit reprises sur la boîte, dont deux fois en Super-G en Autriche, en décembre dernier.

    « Je pensais en arrivant en bas qu’il m’en manquait un peu, a-t-il expliqué juste après le résultat final. Mais voilà, personne n’est passé devant, je ne sais pas quoi dire c’est incroyable. » Né en Haute-Savoie, sur les skis depuis son plus jeune âge, Jules Segers vit avec une hémiplégie du côté droit, dû à un AVC dans le ventre de sa mère. Il est par la suite entré en équipe de France en 2018.

    « Cela représente beaucoup, ce sont quatre années de travail avec des hauts et des bas. Dans ma catégorie de handicap (LW9-2), on m’a enlevé un bâton en novembre 2023, c’était compliqué à accepter après beaucoup de rééducation faite pour utiliser deux bâtons. Donc ça fait plaisir. »

    La frustration de Bauchet

    Le plaisir était bien moins présent chez son coéquipier Arthur Bauchet, frustré après une chute en début de course, synonyme de podium envolé pour l’un des favoris de la délégation tricolore.

    « C’est une faute débile, a-t-il regretté. Je ne suis pas quelqu’un qui sort beaucoup en course et il faut que ça arrive aux Jeux. On va vite se remobiliser pour demain », où il disputera cette fois le combiné. « C’est dur car il y a ta famille, une ambiance de dingue et tu te sens un peu privé de ça, mais tu te prives tout seul ».

    Au programme de la journée, ce mardi, une ribambelle de finales avec notamment les super-combiné en position debout et assise, mais aussi le sprint en ski de fond avec plusieurs Français en lice pour le podium.

  • Le Cercle des nageurs de Marseille se prépare au derby face au Pays d’Aix

    Le Cercle des nageurs de Marseille se prépare au derby face au Pays d’Aix

    Leur huitième de finale retour en Euro Cup, samedi soir, leur a vidé les batteries mentales et physiques, mais les pensionnaires du Cercle des nageurs de Marseille vont devoir rapidement se remettre dans le bain. Les poloïstes phocéens font leur retour en championnat, mardi soir (19h30), dans le bassin de leurs voisins du Pays d’Aix. Un derby provençal qui dépasse depuis quelques années la simple rivalité régionale.

    « On sait que ça peut être un peu dur de jouer là-bas », reconnaît l’attaquant phocéen Thomas Vernoux, conscient que le groupe aixois compte des joueurs talentueux, à l’instar de l’international japonais Daichi Ogihara, les jeunes tricolores Alexis Drahé et Kilian Braise-Fernandez, ou encore les frères Léna (Mattéo et Jean-Baptiste). Un effectif très jeune, dont la moyenne d’âge ne dépasse pas la barre des 23 ans. Quand celle du CNM atteint presque les 29 ans, avec plusieurs joueurs d’expérience comme Marc Larumbe, Mickaël Bodegas ou le capitaine Ugo Crousillat.

    Revenir sur Strasbourg

    Même si les invaincus Marseillais restent supérieurs sur le papier, avec une série de quinze victoires d’affilée face au Pays d’Aix (leur dernière défaite remonte au 26 octobre 2019), ils vont devoir se méfier de cette formation aixoise qui les talonne au classement. « On ne va pas pouvoir se pointer là-bas les mains dans les poches », assure le serial-buteur de 24 ans, qui vise un sixième titre national consécutif avec ses coéquipiers du Cercle. Pour cela, il faudra d’abord revenir à hauteur de Strasbourg, leader avec six points d’avance et trois journées d’avance.

  • [Entretien] Quentin Papillon : « Une rivalité s’est installée entre nous et les Spartiates  »

    [Entretien] Quentin Papillon : « Une rivalité s’est installée entre nous et les Spartiates  »

    Troisième saison en Ligue Magnus, troisième qualification pour les play-offs et troisième confrontation de suite face aux Boxers de Bordeaux pour les Spartiates de Marseille. Défaits à chaque campagne, les hockeyeurs phocéens comptent bien prendre leur revanche face au portier bordelais, Quentin Papillon.

    La Marseillaise : Malgré un début de saison compliqué, vous terminez quatrièmes du championnat. Quel bilan tirez-vous de cette saison régulière ?

    Quentin Papillon : On a été happés par une spirale négative au début, mais on a trouvé un peu plus de régularité par la suite. Je pense que nos premières défaites, face à de grosses équipes du championnat, ont installé du doute dans la tête de nos joueurs. Heureusement, ça ne nous a pas empêchés de bien nous classer et d’avoir l’avantage du terrain pour les quarts de finale.

    Vous allez affronter les Spartiates pour la troisième fois d’affilée en quarts de finale des play-offs. Est-ce un avantage à vos yeux ?

    Q.P. : On connaît bien les Spartiates, mais c’est une équipe qui a toujours modifié son effectif. Il reste quelques joueurs de la première saison, mais ils sont assez minoritaires. Aujourd’hui, une rivalité s’est installée entre nous et les Spartiates. C’est ce qui va donner une saveur particulière à ce 3e quart de finale de suite.

    Vous les avez battus à trois reprises en quatre confrontations cette saison. Quel est, selon vous, le point fort de cette équipe marseillaise ?

    Q.P. : Ils sont capables d’avoir un gros impact physique et possèdent un power-play (séquence en supériorité numérique) assez efficace. Il va falloir que l’on se montre disciplinés et qu’on fasse attention à ne pas prendre trop de pénalités.

    Plus de 5 000 spectateurs seront attendus dans les tribunes du Palais Omnisports Marseille Grand-Est pour les matches 3 et 4. Est-ce que cet engouement vous impressionne ?

    Q.P. : C’est vrai qu’il y a toujours une grosse ambiance quand on débarque à Marseille, même si pour nous, il y a forcément un peu plus d’animosité. Mais ça reste très plaisant, beaucoup plus plaisant que de jouer dans une patinoire à moitié vide.

    Programme des quarts de finale :

    Match 1 – Vendredi 13 mars, à Bordeaux

    Match 2 – Samedi 14 mars, à Bordeaux

    Match 3 – Mardi 17 mars, à Marseille

    Match 4 – Mercredi 18 mars, à Marseille

    Match 5 (si nécessaire) – Samedi 21 mars, à Bordeaux

    Match 6 (si nécessaire) – Lundi 23 mars, à Marseille

    Match 7 (si nécessaire) – Mercredi 25 mars, à Bordeaux

  • Un succès, des questions et un printemps à clarifier pour l’OM

    Un succès, des questions et un printemps à clarifier pour l’OM

    Les deux semaines qui arrivent vont être décisives. En fait, chaque match sera décisif, jusqu’à la fin de saison, pour cet OM toujours sur un fil alors que le printemps s’apprête à pointer le bout de son nez. Les Olympiens se sont rassurés comptablement en s’imposant à Toulouse (0-1), samedi, mais Habib Beye reste lucide. Plusieurs questions se posent à quelques jours de recevoir Auxerre, vendredi.

    Quel avenir pour la charnière Pavard-Balerdi ?

    C’est peut-être la bonne surprise du samedi soir. Benjamin Pavard et Leonardo Balerdi ont réalisé un match plein à Toulouse, n’encaissant aucun but. Un paramètre de plus en plus rare pour la charnière centrale marseillaise. Un clean-sheet, ce n’était plus arrivé depuis le 3 février, en Coupe de France, contre Rennes. Et en championnat ? Depuis le 14 décembre face à Monaco. Une éternité, donc. Cette prestation à Toulouse est à prendre avec toute la réserve possible car une rechute est vite arrivée, mais le duo a montré qu’il était capable de serrer la vis. Surtout que Nayef Aguerd est toujours diminué par cette pubalgie qu’il traîne péniblement depuis l’automne.

    Paixao va-t-il garder sa dynamique ?

    Un autre homme est transformé depuis l’arrivée du nouveau coach : Igor Paixao. L’ailier gauche brésilien brille de mille feux avec deux buts et deux passes décisives sur les six buts marseillais incrits sous Habib Beye. Un joueur enfin souriant, plus confiant, plus dangereux. Le coach ne lui a dit qu’une seule chose : « Au vu de ses qualités, de sa générosité, de ce qu’il est capable de faire en un contre un, dans l’attaque, la seule chose qu’il doit avoir tout le temps dans les yeux, c’est le but adverse. » L’OM va devoir compter sur lui et ses hommes forts pour aller chercher le podium de la L1.

    L’OM les yeux rivés sur ses adversaires ?

    Avec un classement toujours aussi serré, les Phocéens sont contraints de regarder derrière eux. Comme souvent à Marseille, mille choses peuvent se passer jusqu’au 16 mai, date de la dernière journée. L’équipe est à égalité avec Lyon et ne possède que trois points d’avance sur Rennes. Lille est à cinq longueurs : avec autant de rencontres restant à jouer, tout peut encore basculer, dans deux mois. Si l’OL traverse une période délicate, avec des joueurs à bout de souffle, Rennes est dans une forme lumineuse. Quatre victoires consécutives et un seul but concédé face au PSG. Et si les Bretons étaient le plus grand danger pour l’OM ?

    Les supporters vont-ils retrouver le sourire ?

    Qu’en est-il du moral des supporters marseillais ? Ces derniers sont en colère après l’élimination en Coupe de France et, globalement, tout ce qu’il se passe autour de leur club de cœur. Une spirale négative et un moral en berne pour le peuple olympien. « Peut-être que la déception [des fans] s’atténuera si nous arrivons à enchaîner les matches avec ce tempérament », a tenté Habib Beye à l’issue du match à Toulouse. Il faudra sans doute plus que des victoires, contre Auxerre et Lille, pour rassurer le public du Vélodrome.

    OM – Reims (F) : match arrêté après des propos racistes

    Ce dimanche se tenaient les quarts de finale de la Coupe Nike U18 (Gambardella féminine). L’OM était opposé au Stade de Reims. Ce match a été stoppé durant une dizaine de minutes. La raison ? Des insultes racistes proférées à l’encontre de joueuses marseillaises, depuis les tribunes du centre de vie Raymond-Kopa. L’OM a réagi dans un communiqué, lundi : « Le club condamne avec la plus grande fermeté ces agissements inacceptables, qui n’ont leur place ni sur un terrain de football, ni dans le sport en général, ni plus largement dans notre société. (…) L’OM tient à apporter tout son soutien aux joueuses qui ont été visées par ces insultes. Le club (…) se tient à la disposition des instances sportives pour contribuer au perfectionnement des dispositifs existants, afin que de tels incidents (…) ne puissent plus se produire. »

  • « Specimen », apparitions de marionnettes à Marseille

    « Specimen », apparitions de marionnettes à Marseille

    Quadragénaire employée dans la poissonnerie d’un supermarché depuis des lustres, Mme Afarensis est harassée et humiliée par la tâche. Voilà qu’un matin, son patron « la traite de Cro-Magnon ». Cette goutte d’eau fait déborder le vase de son conditionnement et la propulse ainsi « dans une faille spatiotemporelle qui la fait reculer dans le temps ». Le point de départ de Specimen, création fantastique et marionnettique qui déploie son fil mardi 10 et mercredi 11 mars au Théâtre Joliette. « Elle va avoir des visions. Lui apparaissent des motifs qui ont à voir avec l’évolution de la vie. Elle va reculer dans toutes ses strates jusqu’à la première bactérie qui serait apparue dans un océan il y a des milliards d’années », pose sa metteure en scène et conceptrice, Emilie Flacher.

    Préhistoires

    Appuyant son squelette sur ce texte écrit par Gwendoline Soublin, Specimen fait jaillir ces « visions » à travers des marionnettes à long fil manipulées à distance. Des spectres fantastiques qui stratifient les vies actuelles et passées de Mme Afarensis grâce à quatre acteurs marionnettistes et leur maestro. « On utilise les possibilités du théâtre de marionnettes pour ouvrir les imaginaires et traiter des liens qui existent entre les vivants passés, présents et futurs », développe Emilie Flacher à propos de cette fiction aussi bien poétique et biologique qui explore nos préhistoires pour éclairer l’avenir.

    Mardi 10 mars à 19h et mercredi 11 mars à 18h. Entre 3 et 22 euros. www.theatrejoliette.fr

  • [Entretien] Sébastien Tellier : « Nous sommes les moutons de forces qui nous sont supérieures »

    [Entretien] Sébastien Tellier : « Nous sommes les moutons de forces qui nous sont supérieures »

    La Marseillaise : Qu’est-ce que vous inspire le fait d’être programmé dans un festival de chanson francophone, vous l’artiste électro qui n’utilisez pourtant pas tout le temps la langue de Molière ?

    Sébastien Tellier : On est facilement cantonné à une case. Ça fait partie du jeu. J’ai été connu du public avec la chanson La ritournelle dans laquelle le chant n’intervient qu’au bout de 5 minutes, et en plus, je chante en anglais. Beaucoup me voient encore par ce prisme car c’est ma chanson la plus connue. Pourtant, j’ai tout le temps adoré chanter en français. Je fais une musique de plus en plus romantique et le français est la langue idéale pour parler d’amour, encore plus dans mon dernier album. Ces chansons romantiques emmènent ma musique dans une clarté apaisante.

    Votre denier opus « Kiss the beast » parle d’amour, hormis peut-être le titre « Mouton ». Un animal plutôt mignon mais un peu con, qui n’a au bout du compte que l’abattoir comme échappatoire. C’est donc ça la vie ?

    S.T. : J’ai l’impression qu’on a une existence qu’on ne maîtrise pas vraiment. On est déjà les marionnettes de notre biologie, de la nature : il faut respirer, manger, dormir… et on est aussi les marionnettes de nos sentiments, de nos peurs… Nous sommes finalement les moutons de forces qui nous sont supérieures. Nous, petits humains, n’avons pas vraiment la main sur nos vies. Nous sommes plus des méduses qui se laissent aller sur le courant, que des dieux qui prendraient leur existence entre leurs mains. Mais sur l’album, il y a aussi une autre chanson, Loup, qui est son pendant. Dans ma vie de tous les jours, je vis comme un mouton. Mais quand je deviens le Sébastien Tellier artiste, j’ai l’impression de maîtriser les choses.

    « Kiss the beast », c’est en fait un album qui vous permet d’embrasser et apprivoiser la bête qui sommeille en vous ?

    S.T. : C’est l’idée. J’ai plusieurs choses à dire dans la même phrase : je suis à la fois le kiss et la beast, le bisou et la bête. Et à travers cette dualité, il faut s’accepter tel que l’on est, accepter son côté sauvage, et l’exprimer. Je trouve aussi dommage que l’humanité entière soit comme frustrée de ne pas pouvoir être la bête qu’elle souhaiterait être. Je constate qu’on est tous sur le frein alors que ça serait tellement mieux si on pouvait se lâcher.

    Un antidote à notre monde ultra-violent, dans les relations humaines comme au niveau géopolitique ?

    S.T. : J’imagine toujours des parcs d’attractions pour adultes, c’est dommage qu’il n’y en ait pas plus. Il faudrait plus voir le monde comme un parc d’attractions que comme un échafaud. On vit une période relativement sombre. Il faut retrouver la lumière et mettre davantage en avant le bien-être.

    La folie contre laquelle chacun de nous lutte a pu être exprimée par l’auteur et poète marseillais Antonin Artaud, dont vous êtes un lecteur fervent…

    S.T. : Artaud, c’est un poète de l’intensité. C’est l’inverse de ce qu’on pourrait appeler de la soupe. C’est presque de la poésie de requin. C’est féroce, hyper stylé. Il y a une recherche profonde de vérité. Quelque chose que j’aime beaucoup chez lui comme chez René Char. J’aime ces mecs qui sont prêts à tout sacrifier pour être au plus près de la vérité.

    Sur « Kiss the beast », vous chantez notamment « J’suis grand, j’suis pur, j’suis sincère. C’est bizarre mais ça plaît pas ». Pourquoi ?

    S.T. : Car c’est parfois douloureux de rentrer dans l’âme de quelqu’un. Cela demande un effort, il faut ouvrir son cœur, alors que les gens, en général, et moi le premier, on aime tout ce qui est facile. En tant que musicien, évidemment que je vais m’acheter des disques rares, écouter du jazz japonais complexe. Mais quand je vais au cinéma, je vais voir des comédies. Dans beaucoup de domaines, les trucs prémâchés marchent beaucoup mieux. Mais je ne vois même pas ça comme une injustice. C’est juste que les gens aiment le confort et ne veulent pas faire d’effort dans le divertissement.

    Jeudi 12 mars à partir de 20h. Places restantes entre 39 et 45 euros. www.festival-avecletemps.com

  • Alpes-de-Haute-Provence : un bus santé au plus près des habitants des villages isolés

    Alpes-de-Haute-Provence : un bus santé au plus près des habitants des villages isolés

    « Habituellement, je dois faire 30 km pour aller voir ma sage-femme. Là, c’est elle qui se déplace pour me voir. » Partiellement en invalidité, Marie Grégoire doit d’habitude monter au fin fond de la vallée du Haut Verdon, en prenant une route difficile à pratiquer, gelée l’hiver, pour aller voir sa praticienne et faire sa rééducation du périnée. Mais lundi, c’est sa sage-femme, Nelly Vial, qui est venue à elle à Saint-André-les-Alpes à bord du tout nouveau bus santé, qui permet aux habitants de villages isolés de consulter des professionnels de santé.

    Trois jours par semaine, le bus santé, lancé lundi, fait sa tournée et dessert des villages isolés du Haut Verdon, d’Allos à Rougon. À son bord, un praticien différent à chaque passage. L’équipe médicale est pour l’instant composée de trois médecins généralistes, une infirmière en pratique avancée, deux orthophonistes, une opticienne, un kinésithérapeute et une sage-femme volontaires.

    « On doit prendre une demi-journée à chaque fois qu’on va voir le médecin », déplore Béatrice Sindres, heureuse de découvrir le bus santé, elle aussi venue consulter la sage-femme. « Pour voir un cardiologue, il faut faire 1 heure de route », ajoute-t-elle. « Je dois prendre un jour à chaque fois pour aller à Manosque pour le suivi de ma thyroïde », abonde Céline Tissier, secrétaire du bus santé et habitante de Castellane. Dans cette commune, les délais sont généralement de quatre semaines pour voir un médecin généraliste. « L’été, c’est encore pire avec tous les vacanciers, la population passe de 1 500 à 25 000 habitants », ajoute la secrétaire. Marie Tani, autre patiente du bus santé, a elle dû aller à Nice pour se faire opérer la main. Lundi, pour la première tournée du bus, une patiente est même venue de Digne-les-Bains, à 45 minutes de route, ayant du mal à trouver des médecins même dans le chef-lieu du département.

    « On en a besoin, c’est bien de venir aux gens et de ne pas avoir des délais excessifs », se réjouit Karine, habitante de Castellane qui doit aller jusqu’à Draguignan, à plus d’une heure de route, pour consulter. Le bus permet notamment aux personnes âgées ou à mobilité réduite, qui ne sont plus en capacité de se déplacer, de consulter. Lundi matin, une patiente de 85 ans a pu consulter la sage-femme, sans rendez-vous, voyant le bus garé devant chez elle à Allons. « Bravo, c’est bien ! », lance une travailleuse du centre médico-social voisin, venue se renseigner sur la manière dont les personnes qu’elle suit peuvent prendre rendez-vous.

    Premier du département

    « Le bus santé est en phase d’expérimentation pour trois ans. Les communes desservies, majoritairement sur la communauté de communes Alpes Provence Verdon, ont été sélectionnées selon un diagnostic prenant en compte l’offre de soins locale », explique Vincent Kaskarian, coordonnateur du bus. Pour mener le projet a bien, l’association CPTS (Communauté professionnelle territoriale de santé) a eu des financements importants de la Région, de l’ARS, du programme européen Leader, de l’Assurance maladie, de la MSA et de la communauté de communes Alpes Provence Verdon. « L’objectif est que le bus puisse passer un ou deux jours de plus par semaine », ajoute le coordonnateur.

    Jeudi 12 mars, infirmière en pratique avancée à Rougon et à Trigance. Précisions, autres dates et prise de rendez-vous en ligne ou au 03.10.45.63.66.

  • Un projet pour sécuriser l’irrigation des agriculteurs en Vaucluse

    Un projet pour sécuriser l’irrigation des agriculteurs en Vaucluse

    Que les pluies abondantes des dernières semaines en Provence ne trompent personne. « Si on ne fait rien sur ce territoire en matière d’eau, c’est toute sa valeur économique qui s’effondre », alerte André Bernard, président de la Chambre d’agriculture de Paca et élu en charge de l’eau à celle de Vaucluse, en évoquant le projet Hauts de Provence Rhodanienne (HPR). Celui-ci vise à mieux irriguer et distribuer l’eau aux agriculteurs sur un territoire allant de Sorgues à une bonne partie du sud de la Drôme.

    68 000 hectares de terres agricoles concernés

    « L’idée est de prendre l’eau des affluents du Rhône et de l’amener à l’intérieur des terres dans un volume d’eau minime comparé au passé », précise celui qui est également président du canal de Carpentras et porte ce projet. Le territoire concerné représente 81 communes, 68 000 hectares de terres agricoles et 3 100 exploitations. L’urgence se fait sentir, avec « trois cours d’eau principaux (Eygues, Ouvèze, Lez) en déficit et une nappe souterraine du Miocène à préserver », dans un contexte de réchauffement climatique, précise la Chambre d’agriculture. « Ce territoire n’est pas sécurisé, contrairement au nord des Bouches-du-Rhône ou aux alentours de Carpentras, par exemple. Alors que son poids économique est supérieur à celui de l’Aude », précise le responsable de la Chambre d’agriculture.

    Ce qui passe également par des techniques d’irrigation plus contemporaines. Finis les sillons en plein champ qui entraînent une perte d’eau conséquente. La Chambre d’agriculture appelle à développer l’irrigation au goutte-à-goutte « quand il faut là où il faut », aidée par des outils de pilotage comme des sondes dans la terre pour être au plus proche des besoins. Mais, aussi, en cherchant à « améliorer la structure des sols pour retenir plus d’eau quand il pleut », abonde André Bernard. Le coût du projet, divisé en plusieurs tranches, est évalué à plusieurs centaines de millions d’euros. Pour ce faire, les responsables agricoles cherchent des subventions, avec l’idée d’en trouver auprès des Fonds européens de développement régional.

    Diversification

    Une zone dont 60% de la surface agricole est constitué de vignes. Or, les vignobles traversent une crise avec la diminution de la consommation de vin dans le monde. Dans ce même plan stratégique, le sujet de la diversification des cultures est également abordé. « Mais cela ne se fait pas sans d’eau à disposition », insiste André Bernard. Parmi les pistes évoquées : développer les légumineuses ou les plantes aromatiques, « pour contribuer à notre souveraineté alimentaire, notamment quand on voit la situation à travers le monde ».

    La Chambre d’agriculture a ainsi mis en place un « Point d’accueil diversification » pour les exploitants intéressés. Ils peuvent être conseillés par un spécialiste afin « d’avoir des premières pistes et préconisation pour bâtir un plan d’action », de « fournir les premières informations techniques, économiques, réglementaires et de financement, ainsi que les contacts clés pour avancer ». Ou encore « d’identifier les points forts et de vigilance », précise la Chambre d’agriculture. Même si les vignes devraient rester majoritaires.

  • Var : deux expositions autour des Droits des femmes dans l’atrium de l’hôtel du Département jusqu’au 13 mars

    Var : deux expositions autour des Droits des femmes dans l’atrium de l’hôtel du Département jusqu’au 13 mars

    La première, à la fois chronologique et historique, est consacrée à l’évolution des Droits des femmes jusqu’à nos jours. La seconde est une rétrospective historique, est dédiée aux femmes scientifiques pionnières en matière de découverte et recherche : « Femmes et sciences : l’effet Matilda. » Elles ont été inaugurées ce lundi par Jean-Louis Masson, président LR du Département et Valérie Rialland, conseillère départementale.

    Jusqu’au 13 mars de 9h à 17h30. Atrium de l’Hôtel du Département du Var – 390, av. des Lices, Toulon.