Author: tecnavia

  • Une société varoise crée des biberons sans plastique

    Une société varoise crée des biberons sans plastique

    Après avoir donné naissance à son troisième enfant dans les années 2010, Allison Piraud s’interroge. Comment éliminer les plastiques des objets nécessaires au quotidien d’un nourrisson tels que les tétines et les biberons ? « Mon mari, qui travaille dans la plasturgie, me déconseillait formellement le plastique pour les risques de migration de substances vers le lait. Je me suis alors tournée vers le verre, mais il cassait. » Après deux années de recherche, l’idée du silicone pur de grade médical, matériau biocompatible (donc toléré par l’organisme), s’impose comme la meilleure alternative. Utilisé, comme son nom l’indique, en médecine, du soin infirmier jusqu’à la chirurgie, garanti sans BPA, BPS, phtalates, PVC, plomb ou nitrosamines, ce matériau ne libère aucune substance volatile ni microparticule sous l’effet de la chaleur, et constitue une alternative saine et sûre aux contenants alimentaires traditionnels. « Je cherchais un matériau qui puisse répondre à des exigences sanitaires extrêmement élevées pour des produits destinés aux nourrissons. Et au-delà de l’aspect sanitaire, le silicone médical est aussi un matériau durable et réutilisable, conçu pour durer dans le temps », souligne Allison Piraud. Elle lance alors l’entreprise Elhée, en 2018, dont le nom est inspiré de celui de sa fille, Éléonore.

    Objectif : multiplier le chiffre d’affaires par 3 ou 4

    Naît alors le « Biberond », premier produit de la gamme, un biberon anti-coliques, qui offre un confort digestif et sensoriel. Dans sa lignée sont conçus d’autres objets (tétines, tasses, chauffe-biberon…), en collaboration avec d’autres marques de l’univers de la puériculture, et bientôt une ligne de soins dermocosmétiques. Toujours avec une double visée sanitaire et écoresponsable : « Nos produits sont évolutifs, avec des accessoires interchangeables et des pièces détachées pour prolonger leur durée de vie et limiter les déchets. »

    Avec des produits imaginés à Toulon et conçus en Isère, Elhée entend privilégier des circuits courts, des matières premières sourcées en Europe et une conception durable. Actuellement « dans une phase d’accélération importante », tel que le décrit sa présidente, présente dans 35 pays, la marque revendique un chiffre d’affaires de 4 millions en 2025, et vise 7 millions cette année, puis 15 à 20 millions à l’horizon 2030. Des objectifs d’expansion qui vont « s’accompagner d’investissements industriels et du renforcement progressif des équipes », prévoit Allison Piraud, qui compte aujourd’hui cinq salariés et une vingtaine d’emplois indirects générés à travers ses partenaires industriels et ateliers français.

  • Les leçons d’un syndicalisme toujours en lutte et en résistance

    Les leçons d’un syndicalisme toujours en lutte et en résistance

    L’Institut d’histoire sociale (IHS CGT) du Var se propose une fois encore de puiser dans la richesse des luttes passées de quoi éclairer les combats d’aujourd’hui et de demain, pour arracher par la mobilisation de nouveaux conquis sociaux et mener la bataille contre les idées d’extrême droite. La conférence de ce soir, qui sera donnée à 17h30 à l’Igesa, se donne pour objectif de mener une réflexion collective sur la manière dont s’est bâtie « une conscience de classe universaliste, offensive et émancipatrice » dans notre département, et comment celle-ci est capable encore aujourd’hui « de répondre aux défis du capitalisme en crise », si l’on parvient à la réactiver.

    L’occasion de rappeler que, des chantiers navals de La Seyne à l’arsenal de Toulon, mais aussi des mines aux industries métallurgiques, s’est constituée au XXe siècle une classe ouvrière dense, organisée et fortement marquée par l’internationalisme.

    Une situation qui s’est radicalement modifiée depuis la fin des années 1970 avec une désindustrialisation planifiée et mise en œuvre à grands coups de casse sociale. Ce qui a en plus profondément désorganisé les collectifs de travail et freiner la circulation des valeurs portées depuis toujours par la CGT. Rien d’étonnant donc, que dans un contexte de crise, les vieux démons ressurgissent face à « l’instrumentalisation des divisions opposant travailleurs et chômeurs, nationaux et immigrés », en faisant renaître la figure du bouc émissaire.

    L’unité face à la haine

    Comment donc aujourd’hui reconstruire l’unité du monde du travail quand le capitalisme et les forces de la réaction prospèrent sur sa fragmentation ? C’est le défi auquel doit répondre aujourd’hui le syndicalisme

    Alain Henckel rappellera en première partie le riche héritage des solidarités mises en mouvement par la CGT dans le Var avant de laisser la parole à André Prone, essayiste et secrétaire général de l’IHS, qui mettra en exergue « la résistance syndicale face à la crise du capitalisme et la montée de l’extrême droite ».

    « Ce qui se joue aujourd’hui dans le Var ne tombe pas du ciel », explique-t-il. Mais le fruit de transformations profondes qui ont généré un accroissement des inégalités, la fragilisation du travail, le recul des solidarités et la progression du racisme. Ce qui se traduit aujourd’hui dans les urnes par les conquêtes du parti à la flamme.

    Et de poursuivre : « Le Var est ainsi devenu un département où l’emploi est majoritairement dispersé, fragmenté et moins organisé collectivement que les bastions ouvriers d’hier. » Avec des milliers de salariés vivant avec des revenus modestes, des contrats courts, des temps partiels imposés, des horaires éclatés, et un taux de chômage global supérieur à la moyenne nationale d’environ de trois points.

    « L’histoire du Var montre que des femmes et des hommes venus d’origines diverses ont su s’unir, lutter ensemble, gagner des droits, défendre la paix, résister au fascisme, s’impliquer dans les luttes au niveau international, arracher des conquêtes sociales », insiste l’intellectuel marxiste.

    Et de conclure : « Si cela fut possible hier, cela reste possible aujourd’hui et demain. » Ce qui suppose de « reconstruire du collectif là où règne l’isolement, de la solidarité là où l’on organise la concurrence, de la conscience là où l’on entretient la confusion, et de l’unité là où l’on diffuse la haine. » Tout un programme.

  • Le projet Bio-Méthane en débat public

    Le projet Bio-Méthane en débat public

    Ils seront nombreux à répondre au rendez-vous organisé par l’Association des travailleurs de la centrale de Gardanne (ATCG). Partant d’une démarche volontaire, les salariés de la centrale, porteurs du projet Bio-Méthane Provence (BMP), lancent depuis ce lundi une consultation publique autour de celui-ci. Dans ce cadre-là, trois réunions publiques sont organisées par la CGT du site. La première se tiendra ce mardi 12 mai, dès 18h, à la Maison du Peuple de Gardanne. Pour rappel, le projet BMP est porté par la Société de production d’énergie gardannaise (Speg), sous l’égide de l’ATCG, en association avec Gazotech. Née de longues années de lutte, après la fermeture de la tranche charbon de la centrale, celle-ci a pour objectif de « produire de l’énergie verte à partir de ressources locales et contribuer ainsi à la décarbonation du territoire et à son indépendance énergétique », indique la CGT dans un tract distribué à la population la semaine dernière.

    Les porteurs du projet Bio-Méthane organisent, dans le cadre de cette concertation, trois réunions publiques, permettant de présenter le projet en détail, mais aussi de répondre aux questions des citoyens, comme tenter de rassurer les plus sceptiques vis-à-vis du projet. « Le projet n’a jamais été présenté au public (sous cette forme-là), même si nous avons toujours été clairs sur notre projet et avons toujours informé le public de notre projet. Mais cette réunion permet une information pleine et entière pour tous les riverains, recontextualise Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site. (Cette consultation), nous n’avions pas obligation de la faire. Mais selon la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), il y avait une forte probabilité qu’on soit amenés à la faire via la Commission nationale du débat public (CNDP). » Celle-ci, a donc été saisie au plus tôt. La consultation elle, est ouverte jusqu’au 22 juin. Parmi les trois réunions publiques, la première se tiendra ce mardi 12 mai, dès 18h, à la Maison du Peuple de Gardanne.

    Associations, partis et élus présents

    L’entrée à cette rencontre reste libre, dans la mesure des places libres. Parmi les présents dans la salle, une délégation envoyée par la majorité – le maire, Hervé Granier (LR), se rendra sur place entouré de quelques élus. François Canu, secrétaire de l’Union départementale CGT et secrétaire général de l’Union locale d’Aix, sera lui aussi présent. « La lutte des salariés de la centrale est un dossier départemental, rappelle ce dernier. Le meeting tenu avec Sophie Binet à la centrale [en février 2026, Ndlr] était une première victoire, nous venons soutenir les camarades qui sont encore en train de boucler le projet. » Ce lundi soir, l’Union locale PCF, qui se rendra également à la Maison du peuple, indiquait recevoir dans ses locaux l’ATCG. « Ce projet, on le soutient. Il correspond à tout ce que l’on veut au niveau de l’emploi, de l’industrie… », souligne Amélie Barbey. Mais également, plusieurs associations et militants, notamment écologistes, opposés au projet devraient être présents.

    « Cette réunion permet une information pleine et entière »

  • La chasse aux rodéos sauvages de motocross dans les massifs

    La chasse aux rodéos sauvages de motocross dans les massifs

    Le résultat de l’intervention ce dimanche de la police nationale a amené à plusieurs amendes forfaitaires et des mises en fourrière de véhicules, indique la Ville de Septèmes. Ces rodéos avec plusieurs dizaines de motards se déploient dans le massif de l’Étoile depuis plusieurs années constituant un risque de sécurité pour les riverains, des risques pour l’environnement et notamment des nuisances sonores intenses…

    Intervention et action

    Et les rodéos perdurent, à cause notamment d’effectifs de police trop faibles et pas toujours équipés pour se rendre dans les massifs. L’action dominicale de la police nationale serait amenée à se renouveler, selon la Ville. Le maire (PCF) André Molino confirme :
    « J’apporte une attention particulière [à cette situation], ce sera suivi de très près. » À l’assemblée générale de l’Union des maires des Bouches-du-Rhône le 8 mai dernier, l’édile a interpellé les parlementaires afin de demander des propositions de lois qui permettraient de saisir définitivement ces motos qui n’ont souvent pas de plaque d’immatriculation, sans quoi « ils paient une amende, (…) et ils reviennent », conclut-il.

    Lavinia Scott
  • Sur la côte Bleue, le surf comme argument touristique

    Sur la côte Bleue, le surf comme argument touristique

    Du surf en Méditerranée ? Pas connue pour ses vagues déchaînées, elle accueille pourtant une certaine communauté de surfeurs. Sur la Côte Bleue et vers Martigues surtout, une véritable scène surf s’est développée au fil des années. Avec l’été en approche, l’office de tourisme de Martigues compte mettre en avant cette activité de son territoire. Sa particularité ? Une configuration géographique unique qui capte les houles et les vents pour créer des vagues.

    « C’est la chasse à la vague »

    « Au cœur du village de Carro, le spot de surf des Arnettes est l’un des lieux incontournables de la glisse en région Sud », renseigne l’office de tourisme. Martigues, Carry-le-Rouet, Sausset-les-Pins : de nombreux endroits le long de la Côte Bleue sont souvent investis par les planches. Pablo Pelle est surfeur depuis dix ans. Il habite Marseille et cela fait trois ans qu’il côtoie les vagues de Martigues : « Pas plus tard qu’hier [dimanche] soir, je surfais à La Couronne. Il y en a pour tous les niveaux sur la côte et les paysages sont vraiment magnifiques », décrit-il. La particularité de cet endroit, c’est justement cette configuration géographique qui capte houles et vents pour créer des vagues. La culture du surf ne se limite pas à l’Atlantique, mais en Méditerranée elle reste extrêmement dépendante de la météo…

    « La pleine saison, c’est entre novembre et mars. Quand il y a le Mistral, c’est mieux pour former les vagues. Avant ou après, c’est deux ou trois sessions par mois », explique Arthur. L’étudiant de 21 ans poursuit : « C’est un peu le souci de la Méditerranée, c’est la chasse à la vague. » Des sessions de surf précieuses qui n’ont pas empêché une communauté de se créer. Ces deux habitués croisent « souvent les mêmes visages dans l’eau, beaucoup de locaux », d’après Arthur, qui a commencé ce sport à 13 ans. Pour ces sportifs, promouvoir le surf à Martigues est une bonne chose. « C’est un sport de partage », se réjouit Arthur, tout en nuançant : « Plus il y a de monde, moins on peut surfer. »

  • Mathieu Claveau encore vainqueur d’une course en duo

    Mathieu Claveau encore vainqueur d’une course en duo

    Parfois, la voile offre également des dénouements incertains et un suspense jusqu’aux derniers instants de la course. C’est ce qu’il s’est passé durant la 2e édition de la CIC Med Channel Race. Ce Marseille – Marseille, avec des passages par la Corse, la Sardaigne et Majorque, a finalement tourné en faveur d’un local. Membre de l’équipe Phare 40, le Marseillais Mathieu Claveau s’est imposé après 5 jours et 23 heures en mer avec son acolyte François Verdier. Les deux hommes ont empoché la victoire pour seulement 10 minutes et 15 secondes, par rapport au duo Naas/Torreilles sur leur bateau Stella Terra Nova. Le podium s’est même joué en 45 minutes avec la 3e place pour l’écurie RDT Logistic – Ocean Connect.

    « Cette victoire valide tout le travail engagé depuis le début de la saison. Nous avons eu des conditions très variées, du portant, du près, du petit temps comme du vent plus soutenu, et le bateau a répondu présent dans tous les registres. C’est extrêmement encourageant pour la suite. Le Class40 [voilier utilisé sur cette course, Ndlr] est très sain, performant et agréable à mener, et avec François nous avons trouvé un très bon fonctionnement à bord », détaille Mathieu Claveau, en pleine préparation pour la Route du Rhum, son objectif de l’année (1er novembre).

    Nouvelle course

    cette semaine

    Le skipper originaire de Lozère améliore son résultat lors de la première édition puisqu’il était 3e en 2025. Il l’évoque rapidement, mais son entente avec François Verdier s’est avérée être une évidence. Les deux navigateurs n’ont eu que trois jours ensemble avant la Paprec 600, à Saint-Tropez, mais « l’osmose » est présente entre eux. Ils ont justement remporté cette première course et enchaînent un nouveau succès avec la Channel Race. « Remporter deux courses d’affilée en Méditerranée donne beaucoup de confiance avant les grands rendez-vous de la saison. Chaque mille parcouru est précieux dans la préparation de la Route du Rhum, et cette course nous permet de franchir un nouveau cap sportivement. »

    Les événements s’enchaînent pour la paire Claveau/Verdier. Dès ce mercredi et jusqu’à dimanche, ils participeront à la Porquerolles Race, mais cette fois en équipage. Avec les deux hommes, des blessés de guerre comme compagnons de navigation. Car c’est bien le but premier de l’équipe Phare 40 et leur bateau Phenix, permettre à des militaires et gendarmes de retrouver une mobilité par la pratique de la voile. Les rendez-vous sont encore nombreux avant ce fameux départ de la Route du Rhum, à Saint-Malo.

  • Le club phare de Château-Gombert triomphe sur la scène féminine

    Le club phare de Château-Gombert triomphe sur la scène féminine

    Quelques semaines après avoir été sacré champion de France par équipes en National 1 de tennis-fauteuil, le Tennis Club de Château-Gombert a décroché, dimanche au Centre de Ligue Paca de tennis à Puyricard, un nouveau titre avec son équipe 1 féminine, sacrée championne régionale R2. Invaincues toute la saison, les Marseillaises ont conclu leur magnifique parcours par une victoire en finale face au TC Vitrolles (4-2). « Notre projet a porté ses fruits », s’est réjoui Stefano Cimtile, président du TC Château-Gombert, dans le 13e arrondissement. Aux côtés de Mathieu Chagachbanian, moniteur et entraîneur de la section féminine, il a assisté au sacre de ses protégées. « Ça fait trois ans que l’on travaille sur le développement de cette équipe », souligne le dirigeant, conscient que la Ligue demande davantage aux clubs de développer la féminisation du tennis. La présence d’Aurélie Sciara, présidente et membre de la commission fédérale Para-Tennis à la Ligue Paca, permet au TC Château-Gombert d’insuffler cette dynamique, au travers d’événements comme des portes ouvertes ou des opérations spéciales comme « ramène ta copine ».

    Franchir le pas

    « On s’est rendu compte que beaucoup de femmes se mettent des barrières et ne franchissent pas le pas », glisse Stefano Cimtile, un président très porté sur la question de l’inclusion au sein de son association. À l’avenir, le président marseillais souhaite continuer à développer le tennis féminin. Avec l’espoir d’être reconnu comme un club pionnier en la matière.

  • L’œuvre de Werner Herzog, aventurier de l’écran, à Aix

    L’œuvre de Werner Herzog, aventurier de l’écran, à Aix

    En pleine fièvre du caoutchouc, un fêlé d’art lyrique rêve de construire le plus grand opéra du monde en plein cœur de l’Amazonie. Fitzcarraldo (1982), la folie des grandeurs en personne auquel Klaus Kinski prête ses traits, finit par faire voguer son navire, théâtre incandescent au milieu de la forêt. Sûrement le film le plus fou et mémorable de Werner Herzog parmi la dizaine projetée jusqu’au 31 mai à l’École supérieure d’art d’Aix, dans le cadre d’un cycle proposé par l’Institut de l’image. L’intense Klaus Kinsky, un acteur fétiche d’Herzog que ce dernier rencontre à l’âge de 12 ans et apparaît dans sa filmographie dès 1972 avec Aguirre, la colère de dieu, métaphore bien réelle du pouvoir dans laquelle il joue le rôle d’un aventurier aux dents longues, au temps des conquistadors.

    Vampires et volcans

    De quoi placer Werner Herzog comme pionnier du nouveau cinéma allemand, au même titre que Fassbinder et Schlöndorff. « Depuis près de 60 ans, de Cœur de verre à Nosferatu, ses fictions ont marqué l’histoire du cinéma », indique l’Institut de l’image d’Aix, s’appuyant sur le premier nommé (1976), cauchemar extatique dans un village de Bavière, et le second, remake autour du vampire de Murnau dans lequel Kinski se métamorphose en un Dracula fidèle sous la direction d’Herzog. Un cinéaste qui s’est aussi distingué au cours de sa carrière avec des documentaires, tels que La grotte des rêves perdus (2010) « qui nous ramène aux origines de l’humanité et de l’histoire de l’art », ou encore le plus récent Au cœur des volcans, « qui résume à lui seul l’affection d’Herzog pour les aventuriers de l’extrême ».

    Programme détaillé sur www.institut-image.org

  • « Révoltes et dignités » se hissent sur scène à Marseille

    « Révoltes et dignités » se hissent sur scène à Marseille

    Nous entamons cette année un nouveau cycle en invitant une structure des Suds à s’immiscer dans notre programmation », amorce Fabienne Aulagnier, directrice des Rencontres à l’échelle. Pour sa 21e édition qui se déploie essentiellement à la Friche Belle de Mai du 2 au 13 juin, ce festival qui transmet la création contemporaine du Sud global, ensemble de pays non alignés sur l’hégémonie culturelle occidentale, convie la biennale d’art contemporain de Tunis, Dream City. Parmi les propositions communes de ces deux structures, Dignity, à voir du 5 au 7 juin. Imaginée par Chokri Ben Chikha, une enquête sur les traces « de l’impact des accords migratoires entre Tunisie et Europe pour mesure leurs impacts sur la société tunisienne », contextualise Fabienne Aulagnier. Nourri par des entretiens avec historiens, sociologues, militants et autres personnes issues de la société civile, un projet artistique qui prend pour point d’ancrage les expositions coloniales de Marseille en 1906 et 22, véritables « zoos humains » où figurait notamment « une famille de Tunisiens. Chokri Ben Chikha s’interroge sur la place de la dignité aujourd’hui. A-t-elle changé de place depuis l’époque des colonies ? », laisse planer la directrice des Rencontres à l’échelle à propos de cette pièce qui entend « remettre les droits humains au centre ».

    Afghanistan, Palestine…

    Tirant entre autres son origine du latin, langue dans laquelle l’échelle désignait le nom du bout de bois qui relie le bateau à la terre, le festival amarrera également à la terre marseillaise la dernière création d’Abdul Haq Haqjoo, artiste afghan forcé à l’exil par le retour des Talibans et débarqué à Marseille en 2021. Avec Wanderer, une larme échappée des fleuves afghans, cet homme de théâtre et marionnettiste tisse les 3 et 4 juin à la Friche un portrait autobiographique dans lequel il revient sur « son enfance dans son pays natal, son rapport à la religion ou encore au déplacement », situe Fabienne Aulagnier.

    Au total, une douzaine de spectacles, performances et autres lectures jalonnent Les rencontres à l’échelle, au cours d’une édition 2026 où « révoltes, dignités, travail sur les archives, collectes de témoignages et pluralité linguistique » sont les maîtres mots. Alors que guerres et crises traversent la Méditerranée, autant de marqueurs que le public pourra retrouver dans Language : no broblem de Marah Haj Hussein. Dans cette création qui passe de l’arabe à l’hébreu en passant par le néerlandais, le français ou encore l’anglais, cette comédienne et danseuse palestinienne y « raconte l’occupation israélienne à travers le langage. Car cette occupation annihile la langue arabe », rappelle la directrice des Rencontres à l’échelle, qui proposera d’autres spectacles et lectures en lutte contre l’effacement de la mémoire dans des pays tels que la Syrie ou le Liban.

    lesrencontresalechelle.com

  • Le grand rendez-vous cannois du cinéma mondial

    Le grand rendez-vous cannois du cinéma mondial

    C’est La Vénus électrique du réalisateur français Pierre Salvadori qui sera projeté dans les salles de cinéma en même temps qu’à Cannes afin d’offrir aux spectateurs comme aux festivaliers et professionnels une occasion de se rassembler autour de cette comédie romanesque burlesque.

    Chaque année, pendant les 12 jours, plus de 35 000 passionnés de cinéma célèbrent la plus grande fête du 7e art. 22 films ont été retenus en compétition, et parmi lesquels se trouvera peut-être la Palme d’or *.

    D’autres films s’ajoutent à la sélection officielle avec notamment des sections parallèles (Quinzaine des cinéastes, Semaine de la critique, Acid). Un savant équilibre pour que le cinéma mondial soit représenté dans toute sa diversité et son excellence. Autre moment très attendu, la Caméra d’or qui récompense le meilleur premier film**. Cannes fait ainsi le pari de la création.

    C’est le réalisateur Sud-Coréen qui succède à Juliette Binoche. Park Chan wook (Decision to leave, Aucun autre choix) présidera la 79e édition. La salle de cinéma est, dit-il, une « captivité volontaire qui rassemble et crée de la solidarité émouvante et universelle ».

    Un retour à l’Histoire

    L’actrice française, Leïla Bekhti sera la présidente du jury d’Un Certain Regard. Une section dédiée aux cinémas émergents et aux écritures singulières et qui récompense des réalisateurs peu ou pas connus. À l’instar du Chilien Diego Céspedes, auréolé en 2025 avec Le Mystérieux Regard du flamant rose.

    Cocorico, parmi les cinq réalisatrices qui concourent pour la Palme d’or, trois représentent le cinéma tricolore. La réalisatrice Jeanne Henry (Je verrai toujours vos visages) retrouve Adèle Exarchopoulos (avec Sara Giraudeau) dans Garance, une apprentie actrice qui doit affronter son addiction à l’alcool. Léa Mysius connue pour ses mélanges de genre (Ava, Les cinq diables) adapte le roman éponyme de Laurent Mauvignier (Prix Goncourt 2025 pour La Maison vide), Histoires de la nuit avec un casting de choix (Bastien Bouillon, Hafsia Herzi, Benoît Magimel et Monica Bellucci). La Française Charline Bourgeois-Tacquet (Les amours d’Anaïs) met en scène un duo de femmes dans La Vie d’une femme avec Léa Drucker, une chirurgienne confrontée à la maladie de sa mère et bouleversée par l’arrivée d’une écrivaine dans sa vie (Mélanie Thierry). Autre duo de femmes avec Gentle Monster de l’Autrichienne Marie Kreutzer (Corsage), avec Léa Seydoux et Catherine Deneuve, signe un drame intime sur deux femmes confrontées à des vérités troublantes. Enfin, l’Allemande Valeska Grisebach, avec L’Aventure rêvée, filme une héroïne vivant dans la région frontalière entre la Bulgarie, la Grèce et la Turquie.

    Soudain, réalisé par le Japonais Ryûsuke Hamaguchi (Drive My Car) met la lumière sur la rencontre entre deux cultures et deux femmes engagées. Avec Virginie Efira, une directrice française de maison de retraite et Tao Okamoto, une metteuse en scène japonaise.

    La présidente du festival, Iris Knobloch le rappelait lors de sa conférence de presse : « Le Festival est né en 1939, dans un autre moment d’incertitude, car dans ces moments-là, rassembler des films et des artistes, ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité. » Un rappel historique quant à la création par le ministre du Front populaire Jean Zay d’un festival libre et antitotalitaire né en opposition à la Mostra de Venise aux relents fascistes.

    Plusieurs films marquent le retour à l’Histoire parmi lesquels Notre salut d’Emmanuel Marre (qui avait signé l’étonnant docu-fiction D’un château l’autre sur la campagne présidentielle de 2017 – opposant Emmanuel Macron à Marine Le Pen). Ce dernier revient sur les années sombres de la France de Vichy avec Swann Arlaud. Tandis que le réalisateur hongrois László Nemes (Le Fils de Saul, 2015) revient sur Vichy et la Gestapo avec l’arrestation de Jean Moulin (incarné par Gilles Lellouche).

    Le film espagnol, La bola Negra de Javier Ambrossi et Javier Calvo revient, lui, sur la guerre civile espagnole avec Penélope Cruz et Glenn Close.

    Le retour de grands cinéastes

    L’iranien Asghar Farhadi aux multiples films (À propos d’Elly, Une Séparation, Un héros…) rassemble un casting français de renom avec Isabelle Huppert, Vincent Cassel, Catherine Deneuve, Virginie Efira, Pierre Niney, India Hair, Adam Bessa pour Histoires parallèles. Un film tourné dans l’Hexagone.

    Le polar (une affaire liée à la mafia russe) Paper Tiger de l’Américain James Gray (Little Odessa) offre un casting impressionnant de stars (Adam Driver, Scarlett Johansson et Miles Teller). Autre casting de taille, celui du cinéaste espagnol Rodrigo Sorogoyen (As Bestas) et son film El ser querido, un drame intime et familial autour du cinéma avec Javier Bardem et Marina Fois.

    Avec Fjord du Roumain multi primé Cristian Mungiu, on retrouve son cinéma minimaliste et politique : une enquête qui touche une famille roumaine immigrée en Norvège soupçonnée de maltraitance, avec l’actrice norvégienne Renate Reinsve et l’acteur roumano-américain, Sebastian Stan (génial en Donald Trump dans The Apprentice).

    Deux ans après La Chambre d’à côté, Pedro Almodóvar revient avec Autofiction, un film sur le deuil. Va-t-il remporter, enfin, la Palme d’or ?

    Une Palme d’or d’honneur sera remise au réalisateur néo-zélandais (le Seigneur des Anneaux) Peter Jackson le 12 mai.

    Un festival qui s’annonce plein de surprises pour notre plus grand plaisir.

    * Décerné en 2025 à « Un simple accident » du réalisateur iranien Jafar Panahi

    ** Décerné en 2025 à « Le gâteau du président » du réalisateur irakien Hasan Hadi (PCA n°643) et présenté à la Quinzaine des cinéastes. Une mention spéciale était attribuée à « Un jour avec mon père » du britannico-nigérian Akinola Davies Jr
    (PCA n°650)