Author: tecnavia

  • Un final qui s’annonce explosif pour la 65e édition

    Un final qui s’annonce explosif pour la 65e édition

    On ne s’y attendait pas pourtant le ciel leur est tombé sur la tête. Ni Puccinelli, ni Rocher, ni Foyot, ni N’Guyen, ni Montoro, ni Tyson Molinas, ni Gayraud n’auront le plaisir de rentrer dans le dernier carré de cette 65e édition du Mondial la Marseillaise à pétanque.

    Ils ont tous pris un coup de chaud en ce mardi complément dingue où les surprises ont succédé aux surprises, où des outsiders ont su donner le meilleur d’eux-mêmes afin de créer un exploit retentissant. C’est le charme de cette Marseillaise où l’on peut voir un joueur disputant son premier concours officiel, en l’occurrence Romain Coulomb de Tourves battre le grand Foyot.

    Quelques irréductibles

    Quelques irréductibles favoris ont su faire le dos rond pour se retrouver ce matin dans ce carré France TV : Patrick Messonnier, Michel Loy, Yohan Cousin ont été les premiers à gagner leur billet pour les demi-finales. Ils ont été chirurgicaux durant trois jours avec un Michel Loy en forme olympique à son poste de tireur. Ce sera son premier carré d’honneur pour le champion du monde.

    Une anomalie enfin effacée. Yohan Cousin est également un novice dans cette configuration à l’inverse de Patrick Messonnier double vainqueur. Cette équipe a de l’allure, de l’expérience mais elle devra sortir le grand jeu face à l’autre pointure composée de Pierre Maurel, Maison Durk et Kevin Prud’homme ce matin à partir de 8h30.

    Un choc de titan, une finale avant la lettre. On peut employer tous les superlatifs même si la vérité reste celle du terrain et dans l’antre de Borély rien n’est jamais acquis même si Maurel et ses partenaires ont une longueur d’avance compte tenu de leur passé dans ce Mondial.

    Sébastien Rousseau avait échoué en finale. C’était en 2024. Le revoilà pour aller chercher son premier titre à Marseille en compagnie de Patrick Laur et Sony Even. La triplette est équilibrée et dégage une force tranquille. Cette sérénité sera obligatoire dans la deuxième demi-finale.

    Yves Rakotoarisoa impressionnant toute la journée avec son tir dévastateur. Pourtant il est passé par un trou de souris en 8e de finale face à Rémy Galleau. Lancé dans la course au doublé avec ses partenaires, le champion du monde de tir de précision Jean-François Rakotondrainibe, alias « Zigle » et Franck Picq, très à l’aise durant ce Mondial. Dans un quart-de-finale qui s’est prolongé tard dans la nuit, la formation franco-malgache a trouvé les armes pour s’imposer et, ainsi, se qualifier pour le dernier carré doré.

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    Première participation pour Michel Loy, dans le dernier carré et Yohan cousin. Un paradoxe pour ces deux champions.

    Retard fatal

    Gilles Gayraud a été victime mardi matin du retard d’un de ses coéquipiers qui lui a coûté la victoire. Rien ne doit être laissé au hasard au Mondial.

  • Mieux accompagner les victimes d’actes LGBTQIA+phobes

    Mieux accompagner les victimes d’actes LGBTQIA+phobes

    Pour la première fois, la police municipale a participé, samedi 20 juin, au village associatif de la Pride de Montpellier, où elle tenait un stand. L’occasion de présenter le dispositif « Déposons plainte  » lancé mi juin par la Mairie dans l’objectif de faciliter l’accès au dépôt de plainte
    et d’améliorer l’accueil des
    victimes d’agressions LGBTQIA+phobes. L’aboutissement d’un travail partenarial inédit de deux ans entre les polices municipale et nationale d’une part et les associations de défense des droits des personnes LGBTQIA+ d’autre part.

    « Le projet est né à l’été 2024, dans un contexte national de hausse des violences et discriminations subies en raison de l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. Un constat encore renforcé par le dernier rapport de SOS homophobie, paru en mai », explique Sébastien Cote, premier adjoint au maire de Montpellier en charge de la prévention de la délinquance et du lien social. « Le parcours de la personne victime n’est pas toujours facile, lisible. Se pose également la question de l’accueil au moment du dépôt de plainte. Nous avons donc souhaité à la fois clarifier ce parcours à destination des victimes et travailler sur leur prise en charge par les polices municipale et nationale. Car même si on dépose à la police nationale, parfois la municipale est la première à intervenir sur des situations d’agression. L’idée étant d’améliorer les postures professionnelles, les pratiques de terrain, afin de déconstruire les préjugés entre associations et forces de l’ordre  », développe l’élu.

    Pour ce faire, un partenariat s’est donc noué entre 7 associations volontaires (les Alliés du barreau ; chemin des Cimes ; Enipse ; Fierté Montpellier ; Flag ! ; Le Refuge ; SOS Homophobie), les services municipaux (police municipale et mission prévention de la délinquance) et la police nationale. Des acteurs qui ont confronté leurs expériences pour mieux comprendre les réalités de chacun et construire des réponses adaptées.

    Une sensibilisation

    des agents de police

    Cette démarche collective a abouti à la conception d’un dispositif qui agit en deux directions : l’information des victimes potentielles via la diffusion d’une brochure et d’une affiche dans les associations et les lieux d’accueil au public de la Ville ; et la sensibilisation des agents de police (municipaux et nationaux), à travers un programme de formation qui débutera en septembre et se prolongera tout au long de l’année 2027. « Cela pourrait concerner 200 agents à la police municipale et une vingtaine à la police nationale, où on va se concentrer sur les agents qui reçoivent les plaintes. La formation sera animée par un agent référent LGBTQIA+ désigné au sein de la police municipale pour accompagner les victimes, un représentant d’une des associations partenaires et un agent de la prévention de la délinquance à la Ville de Montpellier », indique Sébastien Cote. Objectif : « Renforcer la confiance des publics LGBTQI+ envers les institutions. »

  • L’aéroport de Montpellier se donne de l’envergure sur le plan logistique

    L’aéroport de Montpellier se donne de l’envergure sur le plan logistique

    En attendant un éventuel rapprochement avec son voisin nîmois, l’aéroport de Montpellier Méditerranée continue son développement. Freinée par la crise Covid dans ses ambitions de devenir enfin un grand aéroport (2,5 à 3 millions de passagers visés à terme contre 1,8 million actuellement), la plateforme située sur la commune de Mauguio Carnon a fait du chemin depuis l’arrêt du trafic aérien en 2020.

    Dernière avancée en date : l’annonce fin 2025 de l’implantation, dès novembre 2026, de Volotea. 6 ans après Transavia, la compagnie low cost disposera bientôt d’un avion basé à Montpellier, ce qui doit permettre au trafic voyageurs de s’envoler au-delà des 2,5 millions de passagers annuels.

    Quel impact écologique ?

    Mais l’économie d’un aéroport ne se résume pas au transport de voyageurs. À proximité de l’aérogare dont le hall numéro 2 est ouvert depuis 2019 et des parkings qui sont source de revenus, se développe une véritable zone économique. Un aéropôle de logistique et de fret qui forme un hub. Dédié à la messagerie et à la logistique et visant à « répondre au transport du
    dernier kilomètre
     », ce pôle économique se structure depuis 10 ans. Soutenu, outre la société aéroportuaire Montpellier Méditerranée (Saamm), par des institutionnels (préfecture, Dreal, Drac), des collectivités (Région Occitanie, Département de l’Hérault, Agglo du Pays de l’Or, Ville de Mauguio-Carnon) et une douzaine de partenaires privés, le projet en cours pèse 150 millions d’euros d’investissement et 2 000 emplois annoncés d’ici 2030 (dont 700 déjà créés). À noter que de leur côté, les collectivités travaillent à la réalisation du barreau routier pour faciliter l’accès à la zone.

    Depuis la livraison du premier bâtiment de Chronopost en septembre 2024, les ouvertures s’enchaînent : Stef Transport (février 2025), les entrepôts et ateliers EMA (septembre 2025), puis XPO (mars 2026)… D’ici la fin de l’année, 5 autres bâtiments seront inaugurés. 15 d’ici à 2028, sur 30 hectares (ha) d’emprise foncière et 100 000 m² de surface de plancher, et à terme, 20 bâtiments sur 376 000 m² d’emprise. Parmi les grands noms de la messagerie express et de la logistique qui ont déjà fait le choix de l’aéropôle, on peut citer : PIC, le groupe la Poste, FedEx, UPS ou Mondial Relay…

    Revers de la médaille, le projet d’extension grignote un peu plus les terres à proximité de l’étang de l’Or. Quelques jours après avoir dénoncé le « greenwashing autour de l’avion vert », le collectif Atterrissons d’urgence nous a fait savoir son opposition. « On minimise le poids du transport aérien dans le réchauffement climatique. Si c’était du fret ferroviaire mais là… » De son côté, l’aéroport assure que l’impact de l’opération se couple à « une démarche de compensation écologique rigoureuse » sous l’œil du Conservatoire d’espaces naturels d’Occitanie.

  • La clim, une solution pour les Ehpad ?

    La clim, une solution pour les Ehpad ?

    Fini les ventilateurs et brumisateurs, place à la climatisation ! C’est le choix que vient de réaliser l’Établissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) Via Domitia, à Castelnau-le-Lez, près de Montpellier. Une aubaine tant pour les 48 résidents que pour le personnel, alors que périodes de canicule et pics de chaleurs apparaissent précocement cette année.

    Conséquence du dérèglement climatique, ces périodes vont être plus fréquentes et plus intenses, d’où la nécessité d’adaptation pour le personnel et les résidents. « C’est un peu la cerise sur le gâteau. Grâce à des excédents budgétaires réalisés ces dernières années, nous avons pu financer la climatisation sur nos fonds propres. Cela a représenté un investissement de 280 000 euros, mais cette climatisation peut aussi faire chauffage. Nous l’utiliserons donc aussi une partie de l’hiver », détaille Aurélie Colletto, directrice de l’établissement, qui reconnaît que « tous les établissements ne peuvent pas se le permettre ».

    Construit en 2010, l’Ehpad n’avait qu’un système climatisé au rez-de-chaussée ainsi qu’au deuxième étage, où logent 12 personnes handicapées vieillissantes. Conséquence : les patients étaient amenés en bas lors des journées chaudes pour être mis au frais, le mercure dépassant régulièrement les 30°C dans les chambres. « Nous avons ensuite équipé les couloirs, la partie de l’étage où il faisait le plus chaud », indique la directrice. Les 48 chambres ont ensuite été équipées d’une climatisation individuelle. Le thermostat est réglé sur 26°C et la climatisation fonctionne 24h / 24. Les chambres peuvent être réglées séparément, en fonction de l’envie du patient.

    Du sirop pour inciter

    à boire

    Les résidents sont ravis, à l’instar de Valérie, 59 ans. « Avant je n’avais pas le ventilateur, ce qui m’empêchait de dormir. Je sens la différence avec la clim et je dors mieux », livre la benjamine de l’établissement, arrivée il y a 5 ans. De meilleures nuits, et des effets secondaires liés aux fortes chaleurs atténués. « Cela permet d’éviter les malaises, les vomissements, les migraines. Certains n’avaient plus d’appétit du fait de la chaleur. Ils souffrent moins de déshydratation », énumère une infirmière. Pour les professionnels également, le travail se fait dans de meilleures conditions. « On subit moins, c’est plus supportable. Mais il fait toujours chaud », sourit une blouse blanche.

    L’installation de la climatisation n’est pas la seule mesure mise en place par l’établissement pour lutter contre les fortes chaleurs. « On fait boire les résidents plus souvent. Comme certains n’aiment pas trop boire de l’eau, on leur a mis à disposition du sirop, car ils sont attirés par le goût sucré », reprend Aurélie Colletto. Et si le sirop ne convainc toujours pas, la même opération est réalisée avec de l’eau gazeuse. « On leur donne beaucoup de glaces aussi », explique la directrice. Côté hygiène, les résidents prennent des douches tièdes.

    Des dispositifs à généraliser, à en croire l’ARS. « Chacun doit être conscient de ces chaleurs et les intégrer dans son budget. C’est du cas par cas, tout dépend de la situation budgétaire des établissements. Mais même avec la meilleure volonté, il est compliqué de tout prendre en charge dans un contexte budgétaire dégradé », observe Cédric Laperteau, directeur départemental de l’ARS de l’Hérault. La santé a-t-elle un prix ?

  • Sabry Bendjilali, l’homme au carnet

    Sabry Bendjilali, l’homme au carnet

    Au bord des terrains, Sabry Bendjilali veille sur l’élite de la pétanque française. Il est presque impossible de le rater : cet accompagnateur de performance ne se sépare jamais de son carnet de notes. « J’ai la mémoire qui flanche », ironise-t-il. « C’est surtout qu’il y a énormément de parties et beaucoup de joueurs. »

    Ancien joueur devenu psychologue, il œuvre au sein de la cellule de performance de l’équipe de France pour déployer le projet de performance individuelle réclamé par le ministère des Sports. Son rôle ?

    S’interdire de penser comme un pratiquant

    Suivre les collectifs seniors et juniors -douze chez les femmes, sept chez les hommes, dont Mickaël Bonetto, vainqueur du Mondial en 2023. « Avoir une vision à 360 degrés de l’athlète, aussi bien sur le plan professionnel que familial et surtout sur l’entraînement et la régulation », explique-t-il.

    Sabry scrute la gestion des boules importantes, l’intensité et l’attitude. « Certains s’énervent parce qu’ils jouent mal, ça les fait sortir de la partie. La régulation se fait sur ça. Le “pendant” est le plus important. Le but est d’essayer de modifier le comportement sur un regard, un geste, un échange, pendant que ça compte. Après, c’est trop tard. »

    Cet observateur aiguisé s’interdit de penser comme un pratiquant. « Il faut arriver à oublier que tu sais jouer. Tu ne peux pas être joueur et coach, tu casses la distance. » Sa mission : épauler le staff et structurer le haut niveau pour combler le retard français. « On sait ce qu’on doit faire. On va regagner, et gagner pendant longtemps. »

  • Clément et Didier Duvernay : esprit de famille

    Clément et Didier Duvernay : esprit de famille

    Toujours souriants, les mêmes yeux bleu ciel, le visage buriné par le soleil de Borély, grands et costauds l’un comme l’autre. La team Duvernay ne peut pas cacher la génétique commune. Seule la barbe les distingue, claire et fine pour Didier, le père, foncée et épaisse pour Clément, le fils. Côté pétanque, si le palmarès du plus jeune est le plus fourni, c’est aussi un peu à son père que le mérite en revient. « C’est lui qui m’a tout appris et il m’a donné envie de continuer », glisse d’emblée Clément. « Depuis qu’il a 11 ans, on joue ensemble », ajoute Didier. Une constance rare dans le monde des boules, qui est peut-être le secret de la réussite. Simplicité, proximité, respect, et esprit de famille, voilà les mots-clés chez les Duvernay. À 33 ans aujourd’hui, Clément vit à Sancé en Bourgogne, le village de sa naissance, où résident toujours ses parents.

    Même leur lien avec La Marseillaise est une histoire de famille. « J’avais 12 ou 13 ans, raconte Clément, on a participé avec mon père et ma mère, Béatrice. Et après notre défaite le lundi, on a vu arriver un immense bouquet de fleurs qui a été offert à ma mère, car c’était la femme qui était allée le plus loin dans le Mondial ! » Avec elle, Didier a été vice-champion de Bourgogne en triplette mixte, en compagnie de Christophe Poumerol.

    Quant à Clément, c’est avec son épouse Charlène qu’il signe des performances. Aux côtés de Lucas, frère cadet de Clément, le couple Duvernay s’est imposé en triplette mixte au championnat de Saône-et-Loire en 2024. Ce qui leur a ouvert les portes du championnat de France, l’année où Clément y a été sacré en tête-à-tête. « La pétanque, ça fait partie de ma vie. Je suis un gagneur, j’ai la passion du jeu et les victoires entraînent les victoires », dit-il simplement. Les boules prennent même de plus en plus d’importance depuis que Clément est sous contrat au club de Fréjus. Cela lui permet quelques facilités pour les déplacements, les prises en charge lors des tournois, etc. Au quotidien, il est agent communal polyvalent à Pierreclos, près de Mâcon. Et il faut bien faire place au boulot, même quand le rythme pétanque est intense. Pour être présent au Mondial, il a posé deux jours de congé, tout comme Didier, qui travaille dans la vente de carrelage. « On s’était dit qu’être là le lundi, ce serait beau. Alors rester jusqu’au mardi, c’est du bonheur ! »

    La prochaine fois, s’ils arrivent au carré d’honneur, il faudra prévoir un jour de congé en plus ! D’autant qu’avec Andrea Chiapello, le champion du monde italien, dont c’était la première Marseillaise, ils pourraient bien retenter l’aventure. Ensemble, ils visent déjà le championnat de France doublette, fin août. « Pour le moment, je me suis donné trois ans à fond sur la pétanque, explique Clément. Ensuite on verra. » Avec son épouse Charlène, ils ont deux enfants, Noa, 8 ans, et Thaïs, 5 ans. C’est important aussi de les voir grandir, de passer du temps avec eux. L’aîné a d’ailleurs déjà un peu pris goût à la pétanque. « Il tire des boules, il se débrouille, mais doucement ! Le monde de la pétanque, c’est dur, je préfère qu’il prenne son temps ! », avoue Clément. Didier confirme et résume l’essentiel : « Avant tout, il faut prendre du plaisir ! »

    Jan-Cyril Salemi

  • Le handicap et l’inclusion au programme de mercredi

    Le handicap et l’inclusion au programme de mercredi

    L’allée à droite direction le château Borély s’est rapidement remplie ce mardi après-midi. La 5e et dernière manche qualificative du Handi Mondial a débuté. 16 équipes étaient au départ pour compléter la liste de départ de la phase finale, qui se tient mercredi matin. Une compétition coordonnée par l’AJC Marseille, spécialiste de l’inclusion du handicap en milieu ordinaire. « Chaque triplette doit compter au moins une personne en situation de handicap et une valide », explique Eyvann Morival, le responsable sport-santé de l’association.

    Parmi les principaux engagés, une formation ukrainienne. Roman, Orest, Andrii et Ivan viennent du centre de réhabilitation de Lviv, dans l’Ouest. Ils étaient militaires depuis l’invasion russe et ont été amputés de membres supérieur ou inférieur. C’est par l’intermédiaire de Mykola Dudyuk, membre de la fédération nationale et ex-joueur pro, qu’ils ont découvert la discipline. « Je me suis présenté à eux pour les aider dans leur vie et dans leur réhabilitation, tout en s’adaptant à leur handicap », raconte-t-il. Une délégation était déjà présente l’année dernière, la fédération ayant même été récompensée du trophée de la Boule d’or.

    L’Olympique de Marseille a aussi engagé une triplette par l’intermédiaire de son équipe amputés. Le capitaine Jérôme Raffetto et l’attaquant Romain Abellan étaient associés à leur entraîneur des gardiens, Thierry Fara. Ce dernier est le fils de Patrick, président du Comité bouliste 13, qui a donc invité ce trio à tenter sa chance. « On voulait aussi être solidaire de l’événement. C’est une belle initiative d’avoir créé ça. C’est beau pour l’inclusion, ça nous fait plaisir d’être ici », décrit Romain, vainqueur de sa première partie de l’après-midi. 32 équipes participent ce mercredi au Handi Mondial, avec une finale prévue à 14h sur le stade d’honneur.

  • Première réussie pour le challenge Colas

    Première réussie pour le challenge Colas

    Pendant que le Mondial entrait dans le dur, le Challenge Colas, lui, jouait une autre partition. Ici, les parties se disputaient au temps (40 minutes), une plaque d’égout servait de marque et certains cherchaient dès 9h le chemin de la buvette.

    Pour sa première édition, ce concours annexe a réuni 32 triplettes, mardi matin à Borély, dans une ambiance plus détendue que celle du grand tableau. « Pour cette première année de soutien au concours, on voulait aussi réunir nos collaborateurs et nos partenaires autour d’un événement à notre image », résume Lionel Lavernhe, directeur régional Provence. Sur les jeux, la hiérarchie professionnelle s’est vite rangée derrière le bouchon : lui-même s’est incliné 13-1 face à François-Xavier, responsable d’une agence dans le Vaucluse. « C’était mon derby à gagner », s’amuse le vainqueur.

    Un peu plus loin, Émilie comptait parmi les rares femmes engagées dans le challenge. Avec Florent et Bernard, elle découvrait presque la pétanque. Plutôt bien, même, avec une première victoire 13-4. « Il y a beaucoup d’échanges de mails. Pouvoir discuter de vive voix avec les gens, c’est un chouette moment », appréciait-elle. Plus loin, Rémi, Kylian et Margot savouraient un succès 8-7 au temps lors de la deuxième session. Leur ambition ? « Être à jamais les premiers à graver notre nom sur le palmarès. Pourquoi pas ? »

    Raté pour cette fois. Le trophée est revenu dans les mains de Romain Rigaud, Florian Rigaud et Sébastien Rossat, vainqueurs de cette édition inaugurale.

    Lorenzo Ciampi

  • Proman maître dans son royaume

    Proman maître dans son royaume

    Dès 9h30, les 64 triplettes inscrites au concours Proman, challenge des entreprises organisé en parallèle du Mondial, s’agglutinent autour de la table de marque, installée dans le parc Borély, à proximité de la Roseraie. Au centre, Christophe Creusot, dirigeant du club de pétanque La Boule gazeuse et responsable de l’organisation annonce la couleur : « Les tirages de vos parties se feront derrière nous, elles dureront quarante minutes et se termineront au coup de sifflet. Je vous souhaite une très bonne journée, car c’est l’objectif de ce rendez-vous : partager un bon moment tous ensemble ».

    Invités par la société Proman, groupe d’intérim et de recrutement, ou par les équipes de La Marseillaise, les joueurs sont venus de toute la région et au-delà pour représenter leur entreprise. « L’idée est de faire jouer tout le monde le plus longtemps possible, poursuit Christophe Creuset. Après les quatre premières parties, on établit un classement qui prend en compte les victoires et le nombre de points marqués. Les quatre premiers enchaînent pour la demi-finale. Les autres retentent une partie pour les places impaires ».

    « Sourire et engagement »

    Si certains joueurs sont venus « pour gagner », on trouve mardi des amateurs avec de plus modestes ambitions : celle, notamment, de participer à un « vrai moment de convivialité ». « Non il y en a que 3 ! Ça va, allez-y doucement, vous savez qu’on va perdre », s’amuse Violène, qui compose mardi matin avec Aurélie et Adeline la triplette de TGV Inouï. Arrivées de Lyon, elles affrontent une équipe apparemment plus habituée des boules. « Tu pourrais tenter de retourner la main pour lancer », suggère un joueur à Aurélie, qui joue à la pétanque comme au bowling. Mais, en fait, ça n’a pour elle pas grande importance. « Je connais très mal la pétanque, mais je suis vraiment heureuse d’être là. C’est l’occasion de renforcer les liens avec les collègues et les partenaires, et de faire rayonner le territoire, se réjouit-elle. Et puis c’est un beau sport fait de sourires, de sud mais aussi d’engagement. Quand on voit le sérieux de certains joueurs, c’est impressionnant ». La coupe arrivera finalement dans les mains de Sabrina Debrock, Laurent Lacrosaz et Philippe Roman, qui formaient ensemble une triplette Proman. Ils détrônent l’équipe Onet de Stève Cheilan, Guillaume Denis et Éric Hamza, double tenante du titre.

  • Romain Fournié : « C’est très rare de voir trois tireurs réussir à gagner La Marseillaise »

    Romain Fournié : « C’est très rare de voir trois tireurs réussir à gagner La Marseillaise »

    La Marseillaise : Comment se passe votre Mondial jusqu’ici ?

    Romain Fournié : Ça se passe très bien. Avec Jean-Michel [Puccinelli], j’avais déjà disputé La Marseillaise avec lui il y a une douzaine d’années. Ça remonte. De mon côté, je ne peux plus vraiment la jouer depuis quelques années à cause de mon travail. Mais cette année, exceptionnellement, j’ai réussi à me libérer. Je suis donc très content d’être là, parce que ça reste un très beau concours.

    Vous évoluez également avec le petit prodige Dawson Herlemann. Un mot sur lui ?

    R.F. : Il n’a pas le stress du bac, ni celui d’aller travailler. C’est presque l’âge parfait pour jouer aux boules. En plus, il est très doué. Maintenant, il faut qu’il reste calme et tranquille. Il ne faut pas qu’il fasse n’importe quoi entre les parties, comme on peut avoir tendance
    à le faire à 15 ans. C’est justement
    l’erreur à ne pas commettre à La Marseillaise.

    Sur quel point êtes-vous vigilant à ses côtés ?

    R.F. : Oui, sur le plan technique, il n’y a pas de souci. Après, là où on peut l’aider, c’est dans les moments où il sera un peu plus en difficulté, en le remettant sur le droit chemin. Mais je pense que ça va aller tout seul pour lui. À son âge, on ne se fait pas de souci. Il est dans les meilleures années. Avec Jean-Michel, notre rôle sera surtout d’être présents quand les moments seront un peu plus compliqués, pour lui comme pour nous.

    Quel est votre rapport
    avec La Marseillaise ?

    R.F. : C’est un concours avec lequel j’ai une relation un peu particulière. Il y a des années où je l’ai aimé, d’autres où je ne l’ai pas aimé. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Ça dépend de la façon dont il se déroule. Parfois, tu te retrouves à faire dix kilomètres par-ci, dix kilomètres par-là. Tu finis complètement épuisé, tu ne te sens pas bien. En rentrant chez toi, tu te dis : « Cette année, je ne l’ai pas aimé. » Puis l’année suivante, tu l’apprécies un peu plus. C’est un concours atypique. C’est aussi celui qu’on rêve tous de gagner. Tout le monde rêve de remporter La Marseillaise, même si c’est un concours à part. On en parle souvent avec des joueurs qui disent
    ne pas l’aimer… mais ils reviennent quand même chaque année. Finalement, c’est bien qu’ils l’aiment un peu.

    On évoque souvent la difficulté des terrains. Qu’en pensez-vous ?

    R.F. : J’étais content de retrouver un carré d’honneur comme celui-là, où le pointeur avait vraiment sa place. Malheureusement, le rôle du pointeur est en train de se perdre sur certaines compétitions. Aujourd’hui, sur 90% des concours, on joue soit sur du sable, soit sur une épaisse couche de gravier, des terrains où le pointeur fait moins la différence.

    Quel regard portez-vous sur l’appoint dans la pétanque moderne ?

    R.F. : C’est aussi pour ça que j’aime ce concours de La Marseillaise. C’est vrai que, sur quasiment tous les terrains, le pointeur a un vrai rôle à jouer. Même dans les allées où le sol est en goudron lisse, les organisateurs ne rajoutent pas une épaisse couche de cinq centimètres de sable pour permettre aux tireurs de s’exprimer partout. Ici, le point a une importance primordiale. On le voit chaque année : les équipes qui vont loin ont souvent un pur pointeur. C’est très rare de voir une équipe composée de trois tireurs réussir à gagner La Marseillaise.

    Malgré vos grands résultats,
    avec un titre de champion de France tête-à-tête en 2016 et trois victoires à Millau, vous avez été très peu convoqué en équipe de France dans votre carrière. Avec du recul aujourd’hui, comment analysez-vous les choses ?

    R.F. : Disons qu’il y a eu, entre guillemets, une génération un peu sacrifiée. On est tombés à une période où Philippe Quintais, Philippe Suchaud et Henri Lacroix étaient au sommet de leur carrière, quasiment injouables. Forcément, les sélectionneurs se reposaient sur eux depuis des années et ne nous donnaient pas vraiment notre chance.