Author: tecnavia

  • Challenge européen : et de trois pour Montpellier

    Challenge européen : et de trois pour Montpellier

    Il n’y a pas eu de suspense, vendredi, dans la nuit basque. Montpellier a fini en beauté son magnifique printemps. Les Héraultais ont dominé l’Ulster, dans un match à sens unique. Même si les Irlandais ont inscrit le premier essai par Nick Timoney dès la deuxième minute, la réplique du MHR a été immédiate.

    Venus quatre fois en terre promise en moins d’une demi-heure, les Montpelliérains avaient fait le gros du travail à la pause (26 – 12). Avant de le terminer après les citrons. La meilleure attaque du Challenge inscrivait cinq nouveaux essais. Au final, le MHR s’impose 59 – 26 et fait coup double. Un premier succès face à l’Ulster, après trois défaites. Mais aussi un troisième Challenge européen placé dans l’armoire à trophées du club.

  • [Rue de la République] Anthony Gonçalves : « La mutuelle communale est une de nos toutes premières priorités »

    [Rue de la République] Anthony Gonçalves : « La mutuelle communale est une de nos toutes premières priorités »

    La responsabilité de la santé

    Didier Gesualdi : M. le professeur de médecine, j’imagine que vous vous sentez parfaitement à votre place en tant qu’adjoint à la Santé ?

    C’est un peu plus simple pour moi parce que j’ai un petit passé dans le domaine, mais je considère que la Santé, ce n’est pas la propriété des médecins et même qu’elle doit échapper au contrôle des professionnels pour devenir un sujet de la société tout entière. C’est une question générale, transversale, qui concerne les professionnels de santé, les malades, les aidants, les usagers… Évidemment, je suis à l’aise dans cette mission-là.

    Didier Gesualdi : On va rappeler que vous avez une spécialité en cancérologie de haut niveau. Ne soyez pas modeste.

    Je suis oncologue médical. Je travaille sur de nouveaux médicaments, de nouvelles stratégies pour traiter les maladies graves, mais je sais aussi combien la médecine de proximité, celle qui permet la prévention, l’éducation, le dépistage, est fondamentale car, vous savez, il y a quelque chose de mieux que de traiter un cancer, c’est de ne pas en avoir un en ayant mis en œuvre les moyens de prévention appropriés.

    Léo Purguette : Vous dites que la santé n’est pas la propriété des médecins, mais il y en a une, Michèle Rubirola, qui a fait part de ses états d’âme sur les réseaux sociaux car elle tenait à cette délégation. Vous en avez parlé ensemble ?

    Oui, on en a parlé ensemble. Je trouve que c’est une réaction humaine. Michèle Rubirola est un acteur majeur de la campagne précédente et de celle-ci. Elle a joué un rôle majeur dans le bilan qui est extrêmement positif de la mandature précédente. Qu’elle ait un peu de vague à l’âme au moment de partager cette mission, qu’elle ne va pas complètement abandonner puisqu’elle va continuer à jouer un rôle important, je le comprends. Vous savez, je ne m’estime pas propriétaire d’une quelconque délégation, je suis là pour servir, je sais que c’est aussi sa vision. On travaillera ensemble. Comment se priver du talent, de l’investissement, du relationnel qu’elle a construit depuis tant d’années au service des Marseillaises et des Marseillais ? Il n’y aura aucun problème entre elle et moi.

    La feuille de route

    Didier Gesualdi : Comment allez-vous réduire la fracture sanitaire qui existe à Marseille ? Quelle est votre feuille de route ?

    La question de la Santé a été un axe important du programme et c’est, par ailleurs, un des points sur lequel les communistes ont avancé des propositions au moment de la production collective de ce programme. C’est pour nous une thématique importante. Ce n’est sans doute pas seulement parce que je suis médecin qu’on me confie cette responsabilité. Vous avez raison, il y a de profondes inégalités d’accès aux soins. Des inégalités sociales, territoriales… C’est un enjeu très fort de les faire reculer dans cette ville comme nous souhaitons un jour pouvoir les faire reculer à l’échelle du pays. Il me paraît important de rappeler que la municipalité n’a pas tous les pouvoirs en matière de Santé. Ce n’est pas une compétence obligatoire, mais le résultat d’une politique volontariste. Il faut reconnaître que, jusqu’à la précédente mandature, on n’avait pas fait beaucoup dans l’histoire récente à Marseille en dehors de quelques éléments forts : le centre de vaccination international et une politique de prévention du VIH impulsée par Jean-François Mattei. Depuis l’arrivée du Printemps marseillais, énormément de choses se sont faites : accès aux soins, sport et santé, vaccination, l’approche globale « une santé », « one health » comme disent les Anglo-Saxons… Cette feuille de route sur laquelle vous m’interrogez, on est en train de la construire. J’ai reçu cette délégation il y a quatre semaines, on est dans une phase d’échanges, on rencontre les principaux acteurs du domaine.

    Les centres de santé

    Didier Gesualdi : Quels choix caractérisent une politique de santé de gauche ?

    Un choix de gauche, c’est par exemple de répondre aux déserts médicaux par une politique qui va favoriser les structures d’exercice collectif de la médecine. Je pense aux centres de santé, qui ont reçu le soutien affirmé de la majorité durant la précédente mandature. La bastide Massenet dans le 14e par exemple, cette structure est lancée, on doit en terminer l’accouchement, on est en train de rénover la bastide, c’est un très fort investissement de la Ville. C’est un des exemples que l’on imagine comme solution aux déserts médicaux : une médecine de proximité, sociale, avec des médecins salariés qui – évidemment – ne pratiquent pas de dépassements d’honoraires. Il y a le tiers payant, un accès à la prévention, à la médiation en santé, avec tout ce qui peut aller chercher les publics les plus éloignés de l’accès aux soins, les personnes les plus vulnérables, les plus fragiles.

    Léo Purguette : C’est duplicable dans tous les déserts médicaux urbains que sont devenus les quartiers populaires ?

    Il faut absolument le faire. Installer des centres de santé, des structures collective avec des modèles variables. Il y a le modèle où l’AP-HM déploie une équipe au contact de la population et la Ville peut aider sur le foncier ou un certain nombre d’équipements. C’est en train de se réaliser rue de Rome, nous allons le faire accoucher aussi rue de Lyon. Il peut y avoir d’autres modèles, impliquant d’autres acteurs avec la même mission.

    Les addictions

    Léo Purguette : On constate une hausse de la toxicomanie et donc la nécessité d’une réponse publique. Passe-t-elle par une halte soins addictions ? Elle n’a pas été possible pendant le premier mandat. Quelle est votre position ?

    Il y a une vraie question liée à une augmentation des consommations de plus en plus inquiétante. Ce que nous disent toutes les associations, c’est que ces consommations s’étendent et prennent un caractère particulièrement inquiétant. On voit arriver le crack. On est face à une problématique de santé publique qui doit être traitée comme telle, sans passer par des totems sémantiques comme « salle de shoot » ou je ne sais trop quoi. Nous avons besoin d’une stratégie de réduction des risques, une approche globale, coordonnée avec tous les acteurs : AP-HM, État, ARS, associations, Métropole… La peur qui est en train de monter chez les Marseillais, c’est qu’on ne fasse rien et qu’on voit se multiplier des scènes de consommation hallucinante à côté de leur lieu de vie avec des personnes en détresse. Nous sommes prêts à trouver des solutions dépassionnées.

    La mutuelle municipale

    Léo Purguette : À quelle échéance la proposition d’une mutuelle municipale, qui a été portée dans la campagne, va-t-elle être réalisée ?

    On va aller vite. C’est une des priorités du début de mandat. Vous savez, moi, je suis communiste et pour nous, le modèle, c’est la Sécurité sociale à 100%. La nécessité de mutuelles prend sa source dans l’observation de la réalité : le 100% Sécu n’existe pas.

    Léo Purguette : Ce sont d’ailleurs des Résistants communistes qui ont fondé des mutuelles dans ce département.

    On a une grande histoire dans le mouvement mutualiste, nous avons été des acteurs décisifs dans les Bouches-du-Rhône. On veut poursuivre dans cette direction. La mutuelle communale, c’est un moyen pour les personnes qui ne rentrent pas dans la couverture solidaire santé, d’être protégées. Les Marseillaises et Marseillais pourraient bénéficier de tarifs avantageux grâce à la capacité de négociation de la Ville, avec un panier de soins qui pourrait être élargi à la question de la prévention, de la santé mentale… Quelque chose de très innovant.

    Le système de santé

    Didier Gesualdi : L’hôpital public est en souffrance, les personnels ont-ils raison de dénoncer un manque de moyens après la crise Covid ?

    Bien sûr. Il y a une crise l’hôpital. Avec nos moyens, à la Ville de Marseille, nous ferons tout pour défendre l’hôpital public. C’est un élément important de l’investissement de la Ville : la rénovation des hôpitaux de Marseille. Il faut défendre les soignants. Je rencontrais, il y a peu de temps, les acteurs des hôpitaux publics psychiatriques qui sont dans une très grande détresse et qui font tenir sur leurs épaules une situation extrêmement compliquée avec des difficultés de rétention des personnels, de formation des psychiatres…

    Didier Gesualdi : Pour autant, on ne peut pas dire que le sujet soit au centre du débat public…

    On ne peut que le regretter. Évidemment, quand on voit ce qui se passe au niveau national, les annonces de mesures toujours plus austéritaires, les contraintes budgétaires déferler sur les services publics et en particulier celui de la Santé, on ne peut être qu’inquiet. Je pense qu’en effet, ce n’est pas une compétence régalienne de la Ville et donc que beaucoup se jouera dans le changement d’orientation nationale que nous souhaitons pour l’année prochaine.

    Léo Purguette : On pourrait croire que la Santé est un sujet consensuel or, vous avez récemment attaqué les députés RN sur un vote à l’Assemblée nationale. Que s’est-il passé ?

    Ce n’est pas la première fois que le RN fait croire qu’il défend les intérêts des plus défavorisés et qu’il vote l’inverse à l’Assemblée. Il y avait une proposition de loi terriblement consensuelle : un député, socialiste je crois, a proposé qu’on prenne 0,1% du chiffre d’affaires de l’industrie pharmaceutique pour aller aider les petites boîtes émergentes qui développent des projets de recherche et des molécules innovantes en matière d’oncologie pédiatrique. Les logiques commerciales de développement des médicaments défavorisent les traitements des cancers qui touchent les enfants parce que le marché est petit. On a eu la « surprise » de voir que ceux qui ont voté contre, c’étaient les députés RN, considérant sans doute qu’on taxait trop cette pauvre industrie pharmaceutique. Une preuve supplémentaire de l’hypocrisie de ce parti.

    Léo Purguette : Des chiffres inquiétants sur la santé mentale des jeunes sont régulièrement publiés. Comment prenez-vous en compte le problème ?

    Nous avons des projets en cours de repérage précoces des signes de souffrance psychologique des jeunes qui, en effet, depuis le covid, ont été perturbés dans leur développement. Il y a besoin de former les personnels à la détection précoce pour orienter rapidement vers les approches permettant de les aider.

    La vaccination

    Didier Gesualdi : Marseille et les Bouches-du-Rhône ont un taux de vaccination assez bas. Comment inverser la tendance ?

    En effet, on est un peu en retard. Il y a des raisons, il y a des freins. Quand on regarde les facteurs qui déterminent les inégalités vaccinales, on se rend compte qu’on se vaccine d’autant plus qu’on évolue dans un milieu socio-économique favorable. Pour moi, la vaccination, c’est une question de classe. Vous savez, ceux qu’on appelle les « antivax » complotistes, c’est très marginal. J’estime que l’essentiel tient à une difficulté de discussion. La vaccination passe beaucoup mieux quand on a une discussion rationnelle, avec une prise en compte des inquiétudes dans un cabinet médical. Mais, c’est vrai qu’il y a une ambiance défavorable. On a aux États-Unis un ministre anti-science et antivax. On a des adversaires importants à combattre si on veut faire avancer la prévention vaccinale.

    La question des lecteurs

    Bonjour, est-ce qu’il existe un vaccin contrel’hantavirus ?

    Non, il n’y a pas de vaccin, pas de traitement pour l’hantavirus comme pour la plupart des maladies virales. Ce n’est pas une maladie émergente que l’on ne connaît pas. C’est une souche de virus qui est déjà connue, qui a déjà donné des petits foyers épidémiques en Argentine. Elle a eu la particularité d’atterrir sur un bateau de croisière. Cela a évidemment provoqué une inquiétude sur un risque de dissémination internationale. À l’heure où nous nous parlons, les choses ont l’air d’avoir été prises en charge de manière correcte et le foyer semble circonscrit. Mais cela pose des questions : sommes-nous prêts à encaisser d’autres épisodes épidémiques, voire des pandémies ? Est-ce que notre hôpital est guéri par rapport à ce qu’il était avant le Covid ? Est-ce que notre capacité à mailler la population, à aller vers les populations éloignées des soins, a augmenté ? J’ai tendance à dire que non. On a des questions importantes qui se posent à nous en France. Et, sur le plan international, est-ce que le vent réactionnaire, anti-science, qui souffle sur les États-Unis d’Amérique n’est pas une menace extrêmement importante pour le développement de nouveaux vaccins, de nouveaux traitements ? Ils se sont retirés de l’Organisation mondiale de la Santé avec tous les problèmes que cela pose en matière de coopération. Quand un foyer épidémique surgit, il n’y a pas de frontières pour l’arrêter. Il faut que les médecins coopèrent. Avec Trump ça sera difficile.

  • Contre la répression syndicale, la CGT relève le front en région Paca

    Contre la répression syndicale, la CGT relève le front en région Paca

    « La seule limite à l’oppression, c’est la résistance à celle-ci ! ». Ce vendredi dans les locaux du Sporting club du Grand Port maritime de Marseille, Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional de la CGT Paca, tape du poing sur la table. Entouré par les représentants des Unions départementales CGT de la région, il vient délivrer un message fort : « On vit un moment de bascule, avec une remise en cause profonde de la démocratie sociale. La CGT est confrontée à grand nombre de situations qui nous préoccupent très fortement. »

    Forcément, le lieu n’est pas choisi au hasard et illustre la « répression syndicale » que dénonce l’organisation : au cœur du Port, alors que le secrétaire général de la CGT du GPMM, Pascal Galéoté, est confronté à une procédure judiciaire dans l’affaire de la gestion du CSE (comité social et économique, lire nos articles du 27/04 et du 29/04). « On a choisi ce lieu car il symbolise ce que vit le monde du travail en matière de durcissement des rapports sociaux », résume Patrice Kantarjian. Avant de s’exprimer concrètement sur le fond du dossier où la justice reproche aux représentants de la CGT GPMM un « abus de confiance ». « On a plus que l’impression que c’est l’activité de la CGT, ultra-majoritaire sur le port, qui est visée. Les trois quarts des salariés du port ont voté pour la CGT aux dernières élections », rappelle le secrétaire. Et de développer : « En remettant en cause les fonctionnements des CSE, on remet en cause la démocratie sociale. Sous prétexte que des organisations minoritaires seraient lésées dans les moyens à disposition, ça remet en cause le vote des salariés du GPMM. » Un appel à la mobilisation, pour le 1er juin, date du rendu de la décision de justice autour des comptes du CSE du GPMM est lancé. « Chacun doit mesurer le poids de la décision qui sera prise. Nous serons tous très attentifs à ce qui sera décidé », prévient Patrice Kantarjian.

    Un message commun et une attention partagée

    À cela s’ajoutent deux autres dossiers locaux, bien différents mais qui démontrent les mêmes attaques auxquelles fait face la CGT. « Une dizaine de camions de la gendarmerie ont été envoyés hier par le préfet pour déloger les salariés d’Eurenco du piquet ! Plutôt que de répondre aux sollicitations récurrentes de la CGT pour une médiation avec la direction, le préfet a une oreille bien plus attentive du côté de cette dernière », dénonce-t-il. Autre sujet d’inquiétude : la situation de la Bourse du travail d’Arles où la CGT est menacée d’expulsion par le maire. « Ce sont ses locaux historiques, que la CGT occupe depuis 126 ans. À Arles comme ailleurs, il est hors de question que la CGT se laisse déposséder des maisons des travailleurs. » D’où la revendication nouvelle « d’une loi pour sanctuariser les Bourses du travail » portée par le comité régional avec la confédération. Laquelle était représentée par Nathalie Bazire, secrétaire confédérale qui analyse cette accumulation d’attaques à l’encontre de l’organisation : « Les employeurs sont au service de l’extrême droite, car le syndicalisme est le dernier rempart contre celle-ci. Ce n’est pas nouveau, on l’a vécu avant la Seconde Guerre mondiale. » De quoi faire écho aux propos de Richard Roméo-Giberti, secrétaire général de l’UD CGT Var : « On n’a pas connu d’attaques aussi massives et coordonnées du capital servi par l’extrême droite depuis bien longtemps. » Et Sylvain Moretti, son homologue du 04, résume le phénomène : « Pour remettre en cause les garanties collectives, la meilleure solution pour le patronat et l’extrême droite, c’est de s’attaquer aux dirigeants syndicaux qui portent des revendications d’un haut niveau. » Avant que Patrice Kantarjian ne tonne : « Sur tous les cas évoqués, la CGT ne sera pas spectatrice. »

  • À Eurenco Sorgues, les gendarmes évacuent les grévistes

    À Eurenco Sorgues, les gendarmes évacuent les grévistes

    En conflit social (avec FO) depuis plus de quatre mois avec la direction d’Eurenco pour, entre autres, des augmentations salariales, une dizaine de militants du syndicat, qui manifestaient contre le licenciement d’un salarié syndiqué, ont été évacués de l’entrée du site ce mercredi 20 mai par des gendarmes vers 17h après avoir été contactés par la direction de l’entreprise, pour laisser entrer des camions devant les livrer. La section vauclusienne du syndicat et sa secrétaire générale, Laurence de Villèle, dénoncent dans un communiqué ce jeudi 21 mai « une répression syndicale inacceptable ainsi qu’une atteinte au droit de grève ».

    Alors que la préfecture de Vaucluse assure que des camions, en attente depuis 7h du matin, « transportaient des matières dangereuses qui devaient impérativement entrer sur le site », la CGT condamne cette décision « instrumentalisée par la direction d’Eurenco, décomplexée face à des travailleuses et travailleurs qui luttent pour des augmentations de salaires et contre la criminalisation de l’action syndicale ».

    Une lettre ouverte au préfet a également été adressée ce 21 mai. Tout en dénonçant des décisions de l’entreprise, comme les sanctions de salariés, comme constituant « une mesure de discrimination et de répression syndicale », elle regrette le manque d’échanges avec la préfecture. « Nous constatons avec colère qu’alors que le patronat semble bénéficier d’une écoute attentive des services de l’État, l’Union départementale CGT de Vaucluse n’a, pour sa part, jamais été reçue par vos services malgré de multiples demandes de rendez-vous restées sans réponse », pointe le syndicat dans sa lettre ouverte. Et estime que le rôle de l’État « ne peut être de soutenir implicitement des pratiques antisyndicales ni de participer à la répression d’un mouvement social légitime ».

  • À Marseille, une rétention administrative qui a beaucoup de la prison

    À Marseille, une rétention administrative qui a beaucoup de la prison

    Tout autour du centre de rétention administratif (CRA) de Marseille, sur le boulevard des Peintures (14e), les barbelés sont flambant neufs. Installés il y a quelques mois, ils donnent au bâtiment un aspect de maison d’arrêt. à l’occasion de la publication du rapport national de la Cimade sur les conditions en CRA, publié le 19 mai, les sénateurs Marie-Arlette Carlotti (PS) et Guy Benarroche (Écologiste), accompagnés du député (PS) Laurent Lhardit, ont fait valoir leur droit de visite, ce vendredi. C’est d’abord au tribunal, accolé au centre, que se sont retrouvés les parlementaires.

    Menottés pour aller du CRA au tribunal, ce sont pourtant des retenus, et non des détenus, qui comparaissent tous les jours devant le juge des libertés pour savoir si leur rétention sera renouvelée, à la demande de la préfecture. Leur maintien en rétention est censé n’être que transitoire et administratif, en attente d’un renvoi dans un autre pays. Pourtant, seul un sur cinq est effectivement éloigné, d’après le rapport de la Cimade. Pour Marie-Arlette Carlotti, la situation est kafkaïenne : « La procédure est inefficace. Et puis dans ces CRA, on mélange tout : personnes sans-papiers, petits délinquants, ça n’a pas de sens. »

    « Double peine »

    Car entre ces murs bien fermés, certains n’y ont comme faute que celle d’être illégalement sur le territoire et d’avoir été contrôlés. Si d’autres ont été condamnés pour des faits de délinquance, ils ont pour la plupart déjà effectué leur peine de prison. « C’est donc la double peine », se désole un bénévole de la Cimade. Si leur enfermement est censé être purement administratif la cheffe du centre, reconnaît pourtant « avoir les mêmes problématiques qu’en maison d’arrêt ».

    Le centre est divisé en cinq parties distinctes. Les déplacements des retenus ne sont libres qu’au sein d’une de ces zones composées d’une salle télé, de chambres, d’une cour, dont on ne voit le ciel qu’à travers des grillages et d’un petit espace avec une table de ping-pong. Dans les chambres, qu’ils ne peuvent pas fermer, il y a peu de place pour ranger ses affaires : deux lits simples et un cordon pour étendre sa serviette font office de mobilier. Sur les murs, des traces noires témoignent de la crasse accumulée.

    Manque d’activités

    Dans le reste du centre, infirmerie, réfectoire, distributeurs automatiques, ou encore salle commune avec une console de jeux, ne sont accessibles qu’à certaines heures et accompagnés d’une escorte. Et au manque de liberté s’ajoute le manque d’activités. « On organise des choses, mais ils ne peuvent pas être trop nombreux », affirme la fonctionnaire.

    Une oisiveté que l’incertitude sur la date de sortie rend parfois plus difficile à supporter. Car, ici, on peut rester entre 4 et 90 jours suivant les demandes de renouvellement du préfet. à Marseille, d’après le rapport de la Cimade, les retenus restent en moyenne 45,6 jours, contre 33,4 au niveau national. Une durée qui a doublé par rapport à 2016 et qui risque de s’allonger encore. Mercredi 20 mai, le Sénat a voté en faveur d’une proposition de loi permettant l’allongement de la rétention administrative de 90 à 210 jours, pour les personnes présentant des risques de radicalisation.

  • Un tournoi de foot inter-foyers aux Saints-Anges à Marseille pour les enfants placés

    Un tournoi de foot inter-foyers aux Saints-Anges à Marseille pour les enfants placés

    L’opération de cette journée où sont attendus près de 200 enfants placés dans des foyers par décision de justice vise deux objectifs : « offrir une parenthèse de joie, de partage et de convivialité, loin du quotidien parfois difficile qu’ils traversent », explique Corinne Aïache une des responsables de Sourire et partage. La journée sera par ailleurs dédiée à une jeune fille atteinte d’une maladie rare.

    Fondée il y a trois ans par des anciens enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) devenus des éducateurs ou des professionnels engagés, l’association œuvre à l’amélioration du quotidien de ces minots et organise des collectes de dons pour organiser des fêtes et des repas de Noël. Ce printemps c’est autour d’un ballon rond que les enfants seront réunis. Avec une invitée d’honneur : « cette édition aura également une dimension particulière puisque la jeune Eva, âgée de 11 ans, donnera le coup d’envoi du tournoi, précise la secrétaire de Sourire et partage, nous accompagnons Eva et sa maman dans leur combat contre la maladie de Blount, une maladie génétique extrêmement rare qui touche seulement quelques dizaines de personnes en France ».

    Au programme : matches de foot, animations, tombola, buvette, surprises et la présence de personnalités venues soutenir discrètement cette initiative solidaire et partager un moment privilégié avec les enfants. Parmi eux, Joshua Guilavogui, joueur international et parrain de l’association.

  • Marseille : danser pour lisser les différences à l’école primaire

    Marseille : danser pour lisser les différences à l’école primaire

    Au théâtre de la Sucrière, ce vendredi après-midi, les gradins se remplissent d’enfants. Dans les coulisses, l’excitation et le stress commencent à monter. Les jeunes danseurs de l’école de la Visitation s’apprêtent à donner leur première représentation publique, devant toute leur école. Parmi eux, cinq enfants atteints de handicap mental. Ce spectacle marque la fin d’un programme intense de six mois, porté par Nadège Béglé et Ombline d’Avezac de la fondation « Culture pour l’enfance ». « Notre mission est d’amener la culture dans les milieux prioritaires », explique Nadège Béglé, déléguée générale de la fondation, basée à Paris. « Pour la première édition de ce programme, nous voulions que les enfants de la classe Ulis et les élèves de CM2 travaillent ensemble autour de la pratique de la danse. Le travail corporel permet de lisser les différences. »

    Il est temps pour les minots de se lancer sur scène et le stress laisse vite place à l’énergie collective. Sur le plateau, trois danseurs de la Cie. Shonen, qui ont accompagné les élèves durant les six derniers mois, les guident sans trahir leur spontanéité.

    Un moment émouvant pour Cynthia, accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH). Elle suit au quotidien le jeune Adam, atteint d’autisme. « La danse a vraiment aidé Adam a s’épanouir. Voir son sourire aujourd’hui, c’est la plus belle des récompenses », lance-t-elle.

    L’art pour se libérer

    Pour les danseurs de la Cie. Shonen, qui travaille régulièrement avec des jeunes publics, cette représentation marque la fin d’un processus. « Trois fois par mois, on a dansé avec les enfants, forcément on a créé des liens forts », explique Pauline, danseuse professionnelle. « On a vu des enfants se déployer. » Jean-Marc Coppola, nouveau maire communiste des 15-16 et ancien adjoint à la culture de la mairie de Marseille se réjouit d’avoir accueilli ce spectacle. « Cet événement est dans la continuité du programme d’éducation artistique et culturelle que j’ai mené pendant six ans à la mairie. L’art donne aux enfants les premiers atouts pour être libre », explique l’édile. Un programme similaire, de théâtre, est en cours avec une classe de la Viste. Une représentation publique aura lieu le jeudi 4 juin au théâtre de la Criée à 18h30.

  • Sylvie Orsoni : « Les Résistants se sont battus pour un monde plus juste »

    Sylvie Orsoni : « Les Résistants se sont battus pour un monde plus juste »

    Historienne et présidente du musée virtuel de la Résistance Paca (Murel), Sylvie Orsoni revient pour La Marseillaise sur l’œuvre de Robert Mencherini.

    La Marseillaise : En quoi cet historien a été important pour les Bouches-du-Rhône ?

    Sylvie Orsini : Parce que son œuvre porte sur l’histoire de la Résistance dans les Bouches-du-Rhône et en particulier à Marseille. C’est le meilleur spécialiste de cette période dans le département. Il a publié quatre livres sur ces Marseillais qui ont résisté. Il a décliné toute leur histoire de 1939 à la libération, en fouillant toutes les archives. Il n’y a pas une archive qu’il n’a pas vue. Son projet était de montrer combien la Résistance avait été importante dans la ville. Parce qu’avant, les historiens parisiens ignoraient totalement ce qui s’était passé à Marseille. Alors que la Résistance a été très importante dans la cité phocéenne. ça lui tenait à cœur de montrer combien il y a eu de résistance ici.

    Un historien qui était très ancré localement…

    S.O. : Oui, il voulait que cette histoire soit inscrite dans la ville. Il a travaillé pour qu’il y ait un square Berty Albrecht [grande figure de la Résistance marseillaise]. Il voulait que ça soit dans le territoire, que ça se voit. Il a aussi beaucoup participé, avec la mairie, aux différentes grandes commémorations des rafles de 1943, de la libération de 1944. Au sein du musée d’histoire de la Ville de Marseille, il a également aidé à la pièce consacrée à Berty Albrecht.

    Pourquoi c’était important pour lui ?

    S.O. : C’est d’abord pour rendre justice aux Résistants, pour montrer les valeurs que certains Marseillais ont défendues. Robert Mencherini, dans sa jeunesse, a été aux jeunesses communistes révolutionnaires. Les valeurs qu’il a portées restent donc présentes dans son œuvre de façon très objective. Et s’il voyait ce qu’il se passe actuellement, avec la montée de l’extrême droite, il se désolerait. Car il a aussi beaucoup étudié le régime de Vichy et l’occupation à Marseille. Et dire les choses telles qu’elles se sont passées, à quoi les Résistants s’étaient confrontés et qu’est-ce qu’ils avaient combattu, c’est essentiel. ça évite aussi de croire la désinformation, comme ceux qui racontent que le Général Pétain a protégé les Juifs. C’est important de savoir ce qui s’est passé. Le devoir de mémoire, ça n’existe pas, mais le devoir de vérité, ça c’est une obligation : dire ce qu’a été le gouvernement de Vichy, quelles étaient ses valeurs et ce qu’a été le nazisme. C’est aussi une façon de rappeler à quel type de société ceux qui réhabilitent Pétain veulent aboutir. Rappeler ce que ça donne : des génocides, des tortures et la dictature. Une société dont Robert Mencherini ne voulait pas.

    Il est donc nécessaire de rappeler les valeurs de la Résistance ?

    S.O. : Oui, parce que politiquement elles sont toujours actuelles. Les Résistants se sont battus contre, mais aussi pour un monde plus juste avec le programme du Conseil national de la Résistance. Ces valeurs-là restent à défendre et sont tellement menacées. Dès 1944-1945, les nostalgiques de Vichy sont repartis à la manœuvre un peu plus discrètement et maintenant de façon extrêmement ouverte.

    Plus d’information sur le colloque sur le site : telemme.mmsh.fr

  • Les ambassadeurs scolaires de Martigues contre le cyberharcèlement récompensés

    Les ambassadeurs scolaires de Martigues contre le cyberharcèlement récompensés

    « Le monde est connecté aujourd’hui, mais faut pas abuser et utiliser les réseaux sociaux de la bonne manière », affirme Méline Cortès. La lycéenne et ses camarades la terminale 4 du lycée Lurçat ont remporté le concours citoyenneté du Pays de Martigues ex æquo avec la terminale 3, lors de l’annonce des résultats vendredi après-midi à l’hôtel de Ville.

    Le thème de cette année était le respect dans un monde connecté. Chaque classe participante a dû y aller de son imagination. « On a fait une intervention à l’école primaire pour présenter les dangers des réseaux sociaux avec des jeux de memory et de pendu », restitue Mona Bertand, de Tle 3, constatant qu’« aujourd’hui tout le monde a un téléphone en primaire ». Leurs homologues de terminale technologique au lycée Lurçat ont fini 3e, mais peu importe, pour leur professeure de mathématiques Béatrice Babel. « Ça nous sort de l’habituel, le sujet les a tout de suite fédérés autour d’une vidéo. À aucun moment je n’ai dû faire de la discipline, ils ont vraiment donné le meilleur d’eux-mêmes, ce sont maintenant de vrais ambassadeurs contre le cyberharcèlement », insiste l’enseignante.

    Onze établissements

    Ce ne sont pas moins de 13 projets qui ont été présentés par onze établissements, collèges et lycées de Martigues, Port-de-Bouc, Châteauneuf-les-Martigues et Saint-Mitre-les-Remparts, de la sixième à la terminale. Les finalistes de chaque catégorie sont récompensés par une somme dédiée à une sortie pédagogique, de 600 et 400 euros pour les premiers et seconds.

  • Une plongée abrupte parmi les « barbares » de notre temps

    Une plongée abrupte parmi les « barbares » de notre temps

    « Patron, un employé municipal a découvert un corps ce matin sur le site de Tholon, entre le lycée Langevin et le centre des impôts. Tu sais Lopez ça n’a rien d’insolite que l’on exhume un corps ou ce qu’il en reste sur un site archéologique. » La réplique de l’inspecteur-narrateur de Fortune Barbare fait sourire, juste avant de plonger dans le noir du premier polar de Vladimir Biaggi, rencontré mardi 19 mai. L’écrivain martégal, connu pour sa carrière de professeur de philosophie au lycée Langevin et ses nombreux autres écrits, sert ici une soupe de doigts écrasés et d’oreilles coupées, en entrée d’un menu comprenant une folle quête aux lingots d’or et autres sources de richesses, saupoudrés de bonne chère.

    L’auteur s’est emprunt à dépeindre une Venise provençale dans ce qu’elle pourrait montrer de pire, décrivant parfois des actes sordides. « Depuis toujours le monde a été cruel violent et sanglant, c’est commun » selon Vladimir Biaggi, « dans une page un mec est égorgé et la suivante le commissaire est au resto avec ses potes pour manger un plat vénitien », illustre-t-il. « C’est un jouisseur » reprend l’auteur quant à son personnage, et dans la réalité comme dans la fiction, ce sont les plaisirs de la vie qui « atténuent ce monde ce monde de crimes, de sang et de cris ».

    Une ode au goût de la vie

    Il y a du vécu dans cette vision. Comment garder goût à la vie, de nourrir des espoirs, même dans le malheur ? Vladimir Biaggi va à l’essentiel. « J’ai des emmerdes de santé, j’ai fait un AVC, mais j’ai des raisons d’être heureux. J’aime voir des films, lire des romans, écouter de la musique, mes amis et ma famille sont fidèles et tout ça me donne des raisons solides de garder espoir », développe l’auteur.

    C’est à une main qu’a été écrit Fortune Barbare. Le nom est inspiré d’un groupe de polyphonie Corse, Barbara Furtuna, ou Cruelle destinée. Une évocation du « destin du peuple corse qui n’a connu que misère, famine, et invasions… Et ils ont mis tout le monde à la flotte ! » fait remarquer l’auteur, Corse du côté paternel. Le titre du roman est à prendre « dans le sens de l’or qui rend fou, qui fait tuer, c’est l’appât et l’accumulation de la fortune qui rend barbare ».

    Le fond de l’affaire est assumé. « Les riches de ce monde sont des barbares, Bolloré et sa troupe le sont à l’état pur », ose l’auteur, affirmant que « la barbarie, on peut en sortir : ça s’appelle résister ». Résister au « projet névrotique » de « la classe dominante », en bon marxiste de conviction.

    Comme un mode d’emploi de la vie.

    Fortune Barbare, de Vladimir Biaggi, édition Dandelion 2026, 12 €, disponible à l’Alinéa.