Author: tecnavia

  • La barre de céréales « diététique » façon Portos

    La barre de céréales « diététique » façon Portos

    Au bout d’un labyrinthe souterrain dans les sous-sols de la Villa M, avoisinant le célèbre parc Borély, des petites mains s’activent en cuisine pour donner « un petit plaisir » aux futurs participants de la première édition de la Villa M Run Santé.

    À la tête de la petite brigade, Michel Portos, cuisinier aux deux étoiles Michelin sur le torse, enchaîne les plaques confectionnées pour l’occasion. En quelques heures seulement, le chef marseillais a réalisé près de 600 barres de céréales dites « diététiques ». « C’est une barre maison, avec des produits sains, voire bio pour l’essentiel », indique le cofondateur et associé du restaurant bistronomique Les Jardins du Cloître, dans le 13e arrondissement. « L’idée est de partir sur une recette très simple que tout un chacun peut réaliser chez soi. Si on commence à faire quelque chose de très technique, les gens vont nous dire “c’est super, mais comment le refaire ?” », raconte-t-il, en insistant sur le fait que le but de la cuisine est de « partager une recette ».

    Pour cette préparation de barres de céréales, il n’y a pas besoin d’être un as des fourneaux pour la réaliser : du miel, du beurre de cacahuètes, que l’on vient mélanger avec des flocons d’avoine, des cranberries, des raisins secs, des abricots, du chocolat et des graines de lin. « On fait d’abord chauffer le miel avec le beurre de cacahuètes. On verse ça sur la préparation, on mélange, puis on met ça sur une plaque au four, agrémenté de quelques pépites de chocolats. Enfin, on cuit ça au four 20 minutes à 170 degrés. Et le tour est joué. Il n’y a ni conservateurs, ni colorants, ça ne peut pas être plus sain. C’est le meilleur moyen pour se ravitailler après la course », souligne Michel Portos, conscient qu’une barre de céréales va pouvoir compenser l’énergie que l’on a dépensée lors d’un effort physique. Le sucre naturel, notamment apporté par le miel, permet de reconstituer notre réserve de glycogène (partie du corps qui stocke le sucre nécessaire à l’organisme).

    En moins d’une heure chrono

    Mais attention : trop de sucre tue le sucre, surtout dans les produits industriels. « J’en ai mangé comme tout le monde, mais il y a quatre fois plus de sucre dans ces barres que dans celles que je viens de faire », indique le chef cuisinier soucieux depuis près de 20 ans de cuisiner des plats « sans beurre et sans crème ». « Il n’y a rien de dingue, mais faut s’y atteler un peu », prévient le chef Portos, qui estime entre 30 et 45 minutes la confection de ses barres de céréales.

    Ces dernières peuvent tenir 48 à 72 heures, avant qu’elles ne perdent en croustillant et en texture. « Si le gars court tous les dimanches, il faut qu’il fasse ça le samedi. Ça lui prend moins d’une heure de temps et il a une barre énergétique prête à emploi », ajoute le Marseillais, qui conseille de laisser d’abord reposer la plaque au réfrigérateur avant de couper la préparation en barres. Ainsi, Michel Portos prouve que l’on peut associer la gourmandise à la bonne santé.

  • Erri de Luca : « Nous sommes d’abord des gens de Méditerranée »

    Erri de Luca : « Nous sommes d’abord des gens de Méditerranée »

    La Marseillaise : Dans votre dernier essai en date, « L’âge expérimental », vous parlez de la vieillesse, non pas comme de la fin de quelque chose, mais plutôt comme le début d’une nouvelle et dernière aventure, d’un nouveau territoire à explorer. De quelle manière ?

    Erri De Luca : Je suis davantage prêt à m’émerveiller, à réagir avec stupeur face aux détails. Je reconnais l’immense force d’une fleur sur une paroi de rocher. Je m’aperçois qu’il ne faut pas gaspiller une seule minute de la journée.

    Ces nouvelles découvertes de la vieillesse vous procurent-elles de l’exaltation ou une certaine nostalgie ?

    E.D.L. : Je manque physiquement du sentiment de nostalgie, tout comme celui de l’ennui. Mais j’entraîne davantage mon corps parce que cet âge demande plus de discipline.

    Si vous êtes aujourd’hui dans la fleur de l’âge, permettez-nous un retour dans votre jeunesse. Vous êtes né et avez grandi à Naples, personnage majeur de certains de vos écrits. Une ville que les gens comparent souvent avec à Marseille, aussi bien du côté positif que négatif…

    E.D.L. : J’aime les villes qui se situent au bord de la mer. Mais je ne les compare pas car elles sont fières et uniques. Naples a son volcan comme maître cauchemar, ses tremblements qui lui ont appris le bal de la « tarentelle ». Naples a sa propre langue qui n’a rien à voir avec l’Italien.

    Dans « Montedidio », roman publié il y a 25 ans, l’un de vos personnages disait : « Nous vivons en Italie mais nous ne sommes pas Italiens. » Un sentiment qui transpire aussi chez beaucoup d’habitants de Marseille qui affirment être Marseillais avant d’être Français. Est-ce selon vous une revendication propre aux villes portuaires de Méditerranée ?

    E.D.L. : Oui, nous sommes d’abord des gens de la Méditerranée, qui réunit trois continents, Asie, Afrique et Europe, qui avons notre sang mêlé au maximum de mères différentes.

    Un autre auteur napolitain, Roberto Saviano, déclarait à « La Marseillaise », au sujet de la violence générée par les trafiquants et de leur collusion avec les sphères politiques : « Ce qu’il se passe à Marseille, nous l’avons observé et étudié depuis longtemps à Naples et en Italie. Mais j’espère que vous avez les outils pour y faire face. » Qu’est-ce que cela vous inspire ?

    E.D.L. : Il y a une dose de violence et de criminalité dans tous les ports du monde. Rien de spécifique, sauf les noms qui identifient le phénomène local. Un lieu légendaire comme Naples est toujours un mélange de magnifique et d’atroce.

    Vous êtes issu d’une famille bourgeoise qui a perdu toute
    sa fortune au moment de la guerre. Avec le recul, diriez-vous que ce déclassement social vous a donné les clefs pour une meilleure compréhension du monde ?

    E.D.L. : J’ai connu dans mon enfance les différences : j’avais des chaussures, et les autres enfants, non. J’allais à l’école, et les autres enfants, au travail. J’étais nourri. Les différences m’ont transmis le sentiment de la honte, que je considère comme un sentiment politique parce qu’il nous pousse à réagir, à inventer une réponse. C’est sur cette base que s’est installée l’adhésion aux luttes révolutionnaires en Italie dans les années 1970.

    Adolescent, puis jeune adulte, vous vous êtes engagé dans le communisme, puis le mouvement Lotta continua, jusqu’à votre départ pour la France, suite au vote des « lois spéciales » en Italie. Deux pays où la social-démocratie a toujours favorisé la montée de l’extrême droite. Quelles solutions pour ces deux pays, aujourd’hui gangrenés par les nationalismes et replis identitaires ?

    E.D.L. : Je fais confiance à l’Europe, le continent le plus belliqueux de l’histoire humaine, qui a su inventer une formule capable de bannir la guerre parmi les États membres. Je considère les nationalismes comme un ballast du XXe siècle. On ne reviendra pas aux États séparés. Même la Grande Bretagne regrette sa sécession. Mais les nationalismes ralentissent le progrès vers la Fédération européenne, qui est la prochaine étape. L’invasion de l’Ukraine a favorisé davantage la cohésion, avec les démissions de l’administration américaine à être un partenaire occidental.

    Lors de votre participation au festival « Oh les beaux jours ! », vous devriez évoquer des auteurs et artistes comme Paolo Roversi, Roberto Murolo ou Izet Sarajlic. Que symbolisent-ils à vos yeux ?

    E.D.L. : Avec ses photos de femmes, Paolo Roversi m’a appris un regard visionnaire, qui les rend aussi intouchables. C’est un charme supplémentaire. Roberto Murolo m’a, lui, appris que la chanson napolitaine n’est pas faite pour les ténors mais pour les voix susurrantes, pour une guitare et non pour un orchestre. Et Izet Sarajlic, qui est un poète de Sarajevo que j’ai connu pendant les années de siège de cette ville, m’a appris l’exemple de la fraternité.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem.

    Samedi 30 mai à 11h à la Criée. Gratuit. www.ohlsbeauxjours.fr

  • [Le coin BD] Les animaux malades de la peste… et des humains aujourd’hui

    [Le coin BD] Les animaux malades de la peste… et des humains aujourd’hui

    Un procès, celui d’animaux qui viennent à la barre, qui seraient responsables des pandémies, l’occasion de questionner notre rapport aux autres espèces et la propre responsabilité des hommes dans les zoonoses… Alors que le souvenir du Covid 19 est toujours vivace, la question des maladies transmissibles de l’animal à l’homme comme la rage, la tuberculose ou la grippe aviaire est d’une actualité brûlante. L’anthropologue et philosophe du CNRS Frédéric Keck et l’illustratrice Héloïse Chochois font, à travers de nombreux exemples dans ce procès fictif, un récit de vulgarisation qui invite à repenser notre place parmi les autres espèces. Avec dans le box vison, chauve-souris, pangolin, singe ou poulet, les deux auteurs racontent de manière scientifique la transmission des virus d’une espèce à l’autre. Et surtout montrent comment le capitalisme qui a transformé les espèces vivantes en marchandise, entre élevage en batterie, urbanisation galopante, changement climatique et chute de la biodiversité, est l’un des principaux responsables, si ce n’est « le » responsable de ces zoonoses. Ce que démontre dans l’album le scientifique américain marxiste Mike Davis qui a largement travaillé sur ces questions et dont la pensée éclaire ce problème majeur. Avec une vraie question : foncer dans le mur avec une multiplication à venir des épidémies ou bifurquer ?

    Saint-Exupéry

    Et l’origine du Petit Prince… Cette intégrale de Pierre-Roland Saint-Dizier et Cédric Fernandez célèbre les 80 ans de la parution en France du plus célèbre livre de l’écrivain aviateur. À travers ces trois albums, ils reviennent sur la biographie d’Antoine de Saint-Exupéry depuis son début à l’Aéropostale en Afrique et en Amérique du Sud jusqu’à son crash mortel au-dessus des calanques de Marseille le 30 juillet 1944. C’est lors de son exil aux États-Unis qu’il écrira ce conte pour enfants immortel publié dans l’hexagone à titre posthume.

    Chez Glénat, 16€

    Le goût du métal

    Bruno Duhamel livre un très beau roman graphique situé dans le milieu agricole de la vallée du Beuvron sur le thème original des chercheurs de trésor flanqués de leurs détecteurs de métaux dont la quête de l’Eldorado détruit le patrimoine local. À travers le personnage de Léo, un garçon inadapté qui vit chez sa sœur, de son voisin éleveur ainsi que celui de Gabriel, un défenseur de ce patrimoine qui devient progressivement fou, il tresse un passionnant drame rural dans un milieu habituellement très peu traité. Une réussite !

    Chez Grand Angle, 15,90€

    La belle histoire des jardins

    De l’enclos néolithique aux jardins du Mucem de Marseille ou de la fondation Luma à Arles, en passant par ceux de Versailles et tous les autres, Catherine Delvaux et Simon Hureau proposent une plongée passionnante et érudite dans l’histoire des jardins qui charmera autant les amateurs que les néophytes. Au fil de 15 chapitres, le lecteur en apprendra autant sur les plantes et leur histoire que sur les styles qui ont conduit à leur agencement à travers le monde et les civilisations. Une somme incroyable et facile à lire.

    Chez Les Arènes BD, 26€

    Français langue étrangère

    Éric Salch propose une BD sur un sujet pas vraiment drôle, l’accueil des réfugiés hommes et femmes qui ont fui guerres et misères et les cours de « français langue étrangère » qui leur sont dispensés par Marie, une professeure spécialisée. Avec justesse et sans pathos, il décrit le choc culturel de ces exilés et leur volonté d’apprendre pour s’en sortir. Un album qui va bien au-delà des clichés et sert sa cause sans en cacher les difficultés en privilégiant l’humain dans un mélange de réalisme et d’humour qui est la marque de fabrique de l’auteur.

    Chez Dargaud, 23,95€

    Dortmunder

    Dans la collection « Aire noire », Doug Headine et Jesus Alonso Iglesias adaptent en BD l’un des principaux personnages de Donald E. Westlake, John Dortmunder, cambrioleur et braqueur poursuivi par la poisse. Dans ce tome un, « Bank shot », il va tenter non de braquer une banque installée dans un mobile home mais de la mettre sur roue pour la subtiliser. Un plan brillant qui doit être servi par une équipe compétente et efficace, mais rien ne fonctionnera comme prévu dans une ambiance polar noir comme on les aime.

    M.B.

    Chez Dupuis, 21€

    Cécile la Shérif

    Au XIXe siècle, au cœur de la France, Cécile a un rêve : devenir la première magistrate du pays ! Rêve impossible, ce qui la conduira à traverser l’Atlantique en compagnie d’un musicien-poète-aventurier… C’est dans le Far West qu’elle pourra assouvir sa vocation pour le respect de la loi en devenant shérif. Walter Guissard et Victor Coutard livrent un récit de western enlevé et burlesque servi par un graphisme vif et coloré pour un album extrêmement original et plaisant entre Orléans et la Nouvelle Orléans.

    Chez Casterman, 24€

  • [Travailleur de demain] Lola Brochot, ou l’art du carrelage

    [Travailleur de demain] Lola Brochot, ou l’art du carrelage

    Multiplier les cordes de son arc pour assurer la pérennité de sa future entreprise. C’est la stratégie que Lola Brochot, 22 ans, a choisi de suivre. Et la jeune fille a visiblement été inspirée car c’est à son tempérament prudent qu’elle doit la découverte de sa « véritable voie ». Héritière d’un certain goût pour le manuel, avec une marraine carreleuse, un oncle menuisier et un beau-père maçon, Lola l’a su « dès la 6e », elle est faite pour travailler avec ses mains. C’est suivant cette première intuition qu’elle s’engage, en arrivant au lycée, en bac pro menuiserie. Elle poursuit cette voie après le secondaire, d’abord avec un CAP menuiserie, puis un second, en ébénisterie à la Chambre des métiers d’Avignon. Alors âgée de 19 ans, elle sait ce qu’elle vise : créer sa propre enseigne. « Je n’aime pas vraiment recevoir des ordres et j’ai beaucoup de mal quand je dois travailler avec des gens que je juge pas assez organisés, martèle-t-elle. Je veux que s’il y a quelque chose dans ma journée qui ne va pas, si le travail n’avance pas , je ne puisse m’en prendre qu’à moi-même. » Et d’ajouter : « Bon et c’est vrai qu’au niveau financier, c’est plus intéressant ! ». Mais Lola sent qu’il lui manque un peu d’expérience. « Je me suis dit que c’était bien d’engranger encore quelques compétences, retrace-t-elle. Donc je suis partie en CAP carrelage, je me disais qu’au pire, ce n’était qu’un an. Et finalement, ça m’a énormément plu ! ». De quoi se lancer dans un brevet professionnel (BP), dont elle s’apprête à valider la première année, en parallèle de son alternance chez E.M carrelage, à Ménerbes (84), dans l’entreprise de… sa marraine.

    Sociable et créative

    Ce qui lui plaît dans son travail : réussir à mener jusqu’au bout un projet porteur de sa propre esthétique. « C’est de l’art, en soi ! », s’émerveille la jeune fille. « On fait des trucs tellement magnifiques. C’est différent de la menuiserie, c’est un travail vraiment précis », poursuit-elle, enthousiaste. Au quotidien, elle travaille avec des architectes, « ce qui est chouette car ils portent souvent de beaux projets mais ils n’ont pas toujours conscience de la faisabilité pratique », note-t-elle. Mais aussi directement avec les clients. « Je crois que c’est ce que je préfère, car j’aime bien avoir un lien direct avec les personnes. D’autant que les gens sont souvent très contents de ce qu’on fait, ils adorent notre travail et c’est toujours bien d’entendre leur retour », détaille-t-elle.

    Sa fibre créative, Lola l’exprime au travail donc, mais aussi et surtout à son Centre de formation d’apprentis (CFA), où ses professeurs lui laissent beaucoup de liberté. « Avec l’autre fille de ma formation tous les autres sont des garçons , on est vraiment très motivées et mon prof l’a vu, donc il nous laisse faire un peu ce qu’on veut », se réjouit-elle. « La dernière fois, on s’amusait, on a fait le Mont Ventoux en carrelage, se souvient-elle. Là, il nous a demandé de reproduire sa voiture, c’est vraiment de l’art ! » Encore un an d’alternance et Lola devrait se jeter à l’eau, avec sa propre activité de carrelage-menuiserie.

  • A la Vieille Charité, explorer la Méditerranée avec un regard différent

    A la Vieille Charité, explorer la Méditerranée avec un regard différent

    À la croisée de l’archéologie sous-marine, de l’écologie et de la création contemporaine, l’exposition interroge ce que la mer conserve, fait disparaître ou ce qu’elle révèle. Une exposition immersive à travers des œuvres participatives et des ateliers de création, où artistes et visiteurs révèlent les récits, mémoires et imaginaires liés aux rives méditerranéennes, mer de migrations, d’échanges et de conflits. Que choisissons-nous de préserver ?

    Les œuvres d’Aïcha Snoussi, d’Elias Kurdy, de Jeff Daniel Silva et d’Aurélie Darbouret dialoguent avec des objets issus des collections des Musées de Marseille. La commissaire d’exposition, Hannah Bidoire, souligne : « “Ce que la mer garde” est une exposition qui se veut de méditation et de participation avec les publics. C’est partir de ce que la mer a gardée et de s’en éloigner assez rapidement, avec des œuvres d’artistes contemporains qui travaillent autour de l’archéo-fiction. »

    Parmi les œuvres présentées dans ldiverses salles, le public découvre le travail d’Aïcha Snoussi, artiste tunisienne. Elle présente une œuvre composée de 750 bouteilles en verres, qui contiennent des traces, des messages et des hommages à une civilisation qui aurait pu exister sur l’île de Zembra, à 50 km de Tunis. La commissaire ajoute : « Normalement représentée de façon centrale et circulaire, l’œuvre a été complètement réadaptée, revisitée dans le cadre de cette exposition. »

    Dans une même veine, l’artiste franco-syrien, Elias Kurdy, travail sur la question muséale. Il présente des sculptures conçues pour imiter l’usure du temps et les codes de l’archéologie par le biais de différentes techniques comme le moulage 3D, la soudure ou le verre. Ces œuvres montrent des personnes en guerre, qui pêchent, des noyades, mais pourraient se situer n’importe où. Hannah Bidoire précise : « Il laisse le choix aux visiteurs de situer la scène, (…) pour continuer à brouiller les pistes. »

    Une exposition où l’archéo-fiction est ainsi présentée comme une manière de changer la position du public, qui devient actif par l’imagination. Les visiteurs peuvent ainsi réimaginer les usages de ces pièces. Mais le récit et les mythes changent-ils dans l’œil du spectateur ? La commissaire explique : « L’idée est de visiter les musées de Marseille avec un regard différent. »

    « Ce que la mer garde » à découvrir jusqu’au 30 août. Gratuit.

  • La Nuit des musées, moteur de démocratisation culturelle

    La Nuit des musées, moteur de démocratisation culturelle

    C’est une soirée par an. Cette année, la 22e édition de la Nuit européenne des musées se déroule ce samedi 23 mai et animera plus de 3 000 musées dans une trentaine de pays. L’événement commence en début de soirée et se poursuit jusqu’à minuit, ce samedi. Dans notre région, plusieurs musées ouvrent leurs portes au public. L’occasion de découvrir des expositions gratuitement, ainsi que de nombreuses animations.

    Le Pavillon de Vendôme, à Aix-en-Provence, propose « des visites guidées de l’exposition temporaire “De la terre jaillit la lumière, en présence de l’artiste Andrew Erdos, ainsi qu’une projection mapping sur la façade du bâtiment, comme tous les ans », explique Vincent, médiateur culturel du musée. Toujours à Aix-en-Provence, le Musée Granet « accueille un public familial, essentiellement des parents, qui viennent voir leurs enfants dans le cadre de “La classe, l’œuvre !” », confie une médiatrice culturelle.

    à Marseille, le Musée d’art contemporain de Marseille [mac] propose plusieurs temps forts, comme l’explique Gilles Baume, responsable des publics : « Les étudiants de l’École Condé vont proposer un défilé en lien avec les œuvres des collections, et 30 lycéennes danseuses vont faire une performance dans nos salles, en lien avec l’œuvre de Franz Erhard Walther. Elles ont travaillé avec un chorégraphe du Ballet national de Marseille. On vise notamment deux typologies de publics, des jeunes dans des cadres scolaires ou universitaires qui, par ailleurs, vont inviter leurs parents et leurs amis. Cela permet à ces publics de se rencontrer, de partager et de découvrir les œuvres des collections. »

    Les jeunes à l’honneur

    « Enfin, sur le toit terrasse, on organise avec le café Kiosk une soirée musicale. On espère un public jeune. Venir dans un musée le soir, c’est une ambiance magique, on échappe au rythme du quotidien », conclut Gilles Baume.

    Cette année, à l’occasion de cette Nuit des musées, des animations sont prévues dans le cadre la 14e édition de « La classe, l’œuvre ! ». Un dispositif créé en partenariat avec le ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse, et qui s’inscrit dans le parcours d’éducation artistique et culturelle. « Après avoir étudié des œuvres durant l’année scolaire, les élèves eux-mêmes assurent la visite et deviennent, le temps d’une soirée, les passeurs de culture », écrit Catherine Pégard, ministre de la Culture, dans l’édito 2026 de la Nuit des musées. Cette initiative a débuté en 2013 avec 100 musées et 100 écoles ou établissements participants, dans toute la France. En 2025, 247 musées et 8 739 élèves de plus de 300 établissements scolaires ont participé, une légère baisse par rapport à 2016, où on estimait 10 000 élèves de 462 écoles.

    Les élèves, de la maternelle au lycée, étudient l’œuvre tout au long de l’année, apprennent à l’interpréter ou s’en inspirer pour créer des productions en lien et se l’approprier. Au cours de la nuit, ils proposent alors une médiation libre, soit une analyse, soit une proposition plus artistique et spontanée.

    Le soleil couché, la Nuit des musées porte aussi l’ambition d’attirer les publics jeunes ou défavorisés. L’objectif est de dévoiler les richesses du patrimoine, français et européen. Émilie Girard, présidente de l’Icom (Conseil international des musées) soulignait, l’an passé sur France Culture, que le but est de « les rendre [les musées] moins impressionnants, montrer qu’ils sont à la portée de chacun et ainsi contribuer à cette fameuse démocratisation culturelle ». En effet, l’année dernière, plus de 3 400 musées en Europe ont participé à la Nuit des musées, dont près de 1 300 en France. Un chiffre croissant. Dans le pays, les musées accueillent autour de 2 millions de visiteurs à chaque édition.

    La Nuit des musées se déroule ce samedi 23 mai, jusqu’à minuit

  • [Kallisté] Un parfum de Bonifacio dans votre cuisine

    [Kallisté] Un parfum de Bonifacio dans votre cuisine

    Certains d’entre vous auront peut-être bientôt la chance de découvrir ou retrouver la Corse, ses terrasses ensoleillées, ses paysages entre mer et montagne et ses saveurs estivales : qu’ils n’hésitent pas, au détour d’un restaurant, à goûter cette spécialité emblématique du sud de l’île. Pour les autres, rien n’empêche de faire entrer un peu de Corse à la maison avec une recette simple, généreuse et pleine de soleil : les aubergines à la bonifacienne.

    Venue de l’extrême sud de l’île, cette spécialité typique de Bonifacio raconte à elle seule une certaine idée de la cuisine corse : une cuisine familiale, sincère, profondément méditerranéenne, qui sait transformer des ingrédients simples en plats savoureux. À l’image de nombreuses recettes insulaires, elle puise dans ce que la terre offre de meilleur à la belle saison et dans ce savoir-faire transmis de génération en génération, où chaque famille apporte sa petite touche.

    Une recette facile à faire et ensoleillée

    Pour 4 personnes, comptez 4 aubergines, 100 g de mie de pain, 100 à 150 g de fromage râpé ou de tome corse, 2 gousses d’ail, un bouquet de persil, quelques cuillères de sauce tomate, un filet d’huile d’olive, du sel et du poivre. Le principe est simple : on coupe les aubergines en deux, on récupère leur chair après l’avoir attendrie, puis on la mélange à la mie de pain, à l’ail, au persil et au fromage avant de regarnir les coques, d’ajouter un peu de sauce tomate et de laisser gratiner doucement au four entre 25 et 30 minutes à 180 degrés jusqu’à obtenir un plat fondant, parfumé et résolument ensoleillé.

    Alors, que ce soit sur une terrasse bonifacienne face à la mer ou simplement autour de votre table, cette recette a tout pour rappeler que les plus beaux voyages commencent parfois dans l’assiette

    À tavula !

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino. Les origines de la grève de 1947

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino. Les origines de la grève de 1947

    Le lendemain, un communiqué du bureau confédéral protesta contre les hausses abusives dont le gouvernement portait l’entière responsabilité. La confédération demandait la révision totale des arrêtés illégaux, l’application des accords CGT-patronat. Cette affirmation s’accompagnait de dures dénonciations du gouvernement et du Parti socialiste.

    La polémique entre le PC et la CGT, d’une part, et le Parti socialiste de l’autre s’amplifiait. Le vote des socialistes au conseil municipal, les problèmes internationaux : autant de points qui nous divisaient de plus en plus.

    Le 6 novembre dans Le Provençal, Francis Leenhardt appela à la libération du syndicalisme. Il dénonçait les slogans qui engageaient « le mouvement syndical dans une croisade hystérique contre les alliés américains ». Le lendemain, dans Rouge Midi, je répliquai durement en traitant Leenhardt de valet de Truman : « C’est vous et vos complices du gouvernement qui êtes responsables de la situation dans laquelle se trouve le pays, vous essayez de porter des coups contre la CGT, ce n’est pas possible, de nombreux travailleurs socialistes participent à nos combats. » En même temps, à Paris, les travailleurs réclamaient des augmentations de salaires. La police les matraqua causant de nombreux blessés.

    Un cheminot communiste succomba à ses blessures. Rouge Midi du 8 novembre 1947 accusa à la Une : « Ramadier-Depreux assassins ! ». Les grèves devenaient de plus en plus nombreuses. À Paris, la grève des services publics fit tache d’huile. Dans tout le pays, se multipliaient les dénonciations de la politique du gouvernement, les revendications salariales, la lutte pour la défense de la République et contre le fascisme qui relevait la tête. Il y eut au départ l’augmentation du tarif des tramways. Mais nous avons très rapidement élargi un mouvement où s’exprimaient tout le mécontentement et les rancunes accumulés depuis trois ans dans le cœur et dans l’esprit de tous les travailleurs français. Nous avions lié la question de l’augmentation des tramways aux revendications du comité confédéral national et à l’indemnité prévisionnelle d’attente de 20%.

    C’est la municipalité RPF qui avait décidé, le 4 novembre, une hausse de 42% sur les tramways et autobus, en application du décret du ministre socialiste Jules Moch, ministre des travaux publics et qui, tout au long de sa carrière, a montré sa haine de la classe ouvrière.

    À Marseille, les travailleurs le traitaient de « Jules Moch, la matraque ». Le 6 novembre, l’Union départementale protesta contre cette augmentation, conséquence de l’arrivée à la mairie des RPF de Vernejoul, Carlini et Multedo, de la magouille municipale de Defferre, du soutien du préfet Moyon, de la décision de Jules Moch, affublé d’un conseiller municipal MRP, Chazeaux.

    à suivre la semaine prochaine…

  • Lens s’offre sa première Coupe de France

    Lens s’offre sa première Coupe de France

    La logique sportive a été respectée. Lens, vice-champion de France, a dominé Nice, barragiste, dans une finale de Coupe que les « sang et or » ramènent pour la première fois en Artois. Après trois échecs, les hommes de Pierre Sage ont donc réussi leur quête. Dans un Stade de France acquis à leur cause.

    Florian Thauvin, symbole de la belle saison lensoise, a été le premier à trouver la faille dans la défense niçoise. Avant d’offrir à Odsonne Edouard la balle du break. Si le Gym a réduit le score dans le temps additionnel de la première période, Abdallah Sima, dans l’entame du dernier quart d’heure, a remis Lens sur la voie royale.

    Ce succès va profiter à Rennes et Monaco. Lens libère une place en Ligue Europa, qui va revenir aux Rennais. Ces derniers offrant aux Monégasque leur place en barrage de la Conférence européenne.