Author: tecnavia

  • Le Parti de la gauche européenne veut une Europe des peuples

    Le Parti de la gauche européenne veut une Europe des peuples

    Les représentants des communistes et progressistes issus de 40 partis organisés dans les différents pays du continent européen se sont retrouvés à Bruxelles pour le congrès du Parti de la gauche européenne (PGE) qui les fédère.

    À l’ordre du jour : créer les conditions d’un autre avenir en Europe, « en rupture avec l’austérité et la militarisation ».

    Le communiste autrichien Walter Baier, a été reconduit à la présidence du PGE. Quant au PCF qui a défendu sa volonté d’aboutir à une « Europe des peuples et nations, libres, souverains et associés », rompant avec les traités actuels qui fonde l’Europe libérale, il sera représenté par trois membres dans la nouvelle direction. La communiste parisienne Hélène Bidard devient vice-présidente du PGE. Le responsable des relations internationales, Vincent Boulet et la communiste varoise en charge des questions de logement au PCF, Sylvie Vinceneux, intègrent quant à eux le bureau exécutif.

    Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, a participé à une table ronde intitulée « L’union fait la force : la classe ouvrière se soulève contre l’austérité » au côté du ministre slovène de la Solidarité Simón Maljevac, du syndicaliste suédois Claes-Mikael Ståhl, de la députée allemande Janina Böttger ou encore de l’altermondialiste grecque, Rena Dourou. « Face à l’austérité et aux logiques libérales, la gauche doit se rassembler autour du combat pour la Paix et le respect des travailleuses et des travailleurs. Construire une Europe des peuples, de la justice sociale et de la paix, c’est notre priorité », a insisté le dirigeant communiste français.

    Un message d’unité

    et de solidarité

    Le congrès du PGE, fut également l’occasion de réaffirmer l’engagement internationaliste de ses membres au-delà du continent européen avec des temps forts sur Gaza et Cuba. Emilio Lozada García, chef du département des relations internationales du Comité central du Parti communiste cubain s’est notamment entretenu avec Fabien Roussel. Des rencontres avec une délégation du Parti communiste chinois comme avec les représentants des « Démocrates socialistes » américains, conduits par Megan Romer.

    La délégation du PCF a également saisi l’occasion de ce congrès pour une rencontre bilatérale avec le Parti du travail de Belgique en présence de son secrétaire général Peter Mertens. Le PTB, membre récent du PGE, travaille étroitement avec le PCF notamment.

    Dans un continent marqué par la montée de l’extrême droite et les divisions des adversaires de l’Union européenne libérale avec la création par LFI de « L’Alliance de gauche européenne pour les peuples et la planète » avec d’autres partis réformistes radicaux, ce congrès du PGE a été l’occasion d’envoyer un message d’unité et de solidarité à toutes celles et tous ceux qui souhaitent une alternative progressiste en Europe.

  • Calendrier retouché, le oui mais de Habib Beye

    Calendrier retouché, le oui mais de Habib Beye

    Avec deux équipes, le PSG et Strasbourg, qualifiées en demi-finale de coupes européennes, la LFP a estimé nécessaire de retoucher les dernières journées de la saison.

    Du côté de l’OM, Habib Beye a réagi sur ce sujet. S’il estime logique « de soutenir les clubs français, du moment que cela ne change pas notre préparation », il apporte toutefois un bémol à cette position. « J’aimerais qu’il y ait une règle et que cette règle ne soit pas au cas par cas sinon il y a toujours un club lésé ».

    Son équipe va devoir disputer ses deux derniers matches, au Havre, puis au Vélodrome contre Rennes, les dimanches 10 et 17 mai, au lieu des samedis 9 et 16 mai. Mais pour d’autres équipes impliquées dans la course pour le maintien, comme Nantes ou Nice, il y a un risque. Avec notamment les Bretons, qui ont un match en retard, face au PSG. Le PSG qui doit aussi disputer une autre rencontre décalée, face à Lens, qui pourrait être cruciale pour l’attribution du titre. L’entraîneur de l’OM demande à ce « qu’un équilibre soit trouvé entre les divers intérêts, avec une réflexion autour d’un cadre applicable à toutes les équipes ».

  • Le Printival enchante Pézenas

    Le Printival enchante Pézenas

    Concerts de jour ou de soirée, spectacles jeune public, vitrines artistiques… Durant 4 jours, du 22 au 25 avril, Pézenas va vivre au rythme bouillonnant du Printival. Créé en 2000 par Jackie Lapointe, le fils de Boby, et Sam Olivier, ce festival dédié à la chanson francophone, aujourd’hui piloté par la petite-fille du célèbre chanteur à la marinière, a conservé son esprit d’ouverture, d’éclectisme et de fantaisie. La recette d’un succès qui ne se dément pas, puisque la manifestation attire quelque 7 000 participants chaque année.

    Du solo intimiste à la transe collective, de la pop électro à la chanson engagée, la diversité est au rendez-vous de cette nouvelle édition qui propose, c’est une nouveauté, des pass festival 2 jours (50€ – 6 artistes) et 3 jours (75€- 9 artistes) permettant de composer un parcours à la carte.

    4 grandes soirées concert

    Comme chaque année, quatre grandes soirées ponctueront le festival. C’est la pop de Zaza Fournier qui ouvrira le bal mercredi 22 avril à 20h30 avec son nouveau spectacle « Fièvre humaine », dans lequel « elle raconte son parcours de femme  », décrit Dany Lapointe. Elle sera précédée du « parcours chanson » : 9 artistes sélectionnés sur un appel à candidatures présenteront des chansons qu’ils auront écrites et composées collectivement au terme de 6 jours de collaboration.

    Jeudi 23 avril à 21h, le Montpelliérain Dimoné dévoilera son nouveau spectacle en trio accompagné de Jean-Christophe Sirven et Alban Barate, avant de laisser la place à David Walters qui tisse, entre beats électroniques et folk acoustique, un univers métissé où s’entrelacent ses racines afro-caribéennes et ses inspirations modernes.

    Vendredi 24 avril à 21h, soirée féminine avec Alma Rechtman, « dont les textes sont des poèmes écorchés, des confidences, parfois des coups de griffes », qui assurera la première partie de Mathilde, « une artiste à la voix magnifique qui a fait The Voice en 2015, qui vient du chant lyrique et qui est très engagée dans les luttes féministes », présente Dany Lapointe.

    Samedi 25 avril à 21h, enfin, bouquet final avec le groupe montpelliérain Full Tükan, qui fait se croiser la techno et les sonorités latines, suivi de Vaudou game, « du funk dansant qui emmène dans une sorte de transe collective et joyeuse. »

    Mais le festival battra également son plein en journée, avec des concerts à midi (gratuits) puis à 19h, des spectacles jeune public ou encore des vitrines artistiques*.

    Enfin, moment emblématique du Printival à ne pas rater  : le fameux « concours de marinières » (samedi 25 avril à 17h) en hommage à Boby Lapointe, qui a réuni 3 400 personnes sur le cours Jean Jaurès l’an dernier !

    * Infos et billetterie : printivalbobylapointe.com

  • Grasset : les auteurs exigent une clause de conscience

    Grasset : les auteurs exigent une clause de conscience

    L’homme d’affaires qui contrôle Hachette, maison mère de Grasset, s’étonne dans un texte publié par le Journal du dimanche, titre de presse également dans son escarcelle, du « vacarme » suscité par le départ du PDG de la maison d’édition, Olivier Nora. Ce dernier s’était porté garant de l’indépendance de Grasset après le rachat d’Hachette par Vincent Bolloré en 2023. Quelque 170 écrivains ont secoué cette semaine le monde d’ordinaire feutré de l’édition en refusant de publier de nouveaux livres chez Grasset après ce départ vu par beaucoup d’auteurs comme un « licenciement » décidé par Vincent Bolloré. Dans une lettre ouverte, ils avaient dénoncé « une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale » de la maison. Vincent Bolloré confirme que la décision est liée à un « différend » avec Olivier Nora sur la date de publication du prochain livre de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, arrivé en mars chez Grasset.

    « Le 6 juin prochain, la maison Grasset aura la joie et l’honneur de sortir le nouveau livre de Boualem Sansal (…). Le dirigeant de Grasset voulait le sortir à la fin de l’année ce qui était contraire à la volonté de la direction Hachette, qui est le réel propriétaire de Grasset », écrit Vincent Bolloré. Il rappelle en préambule de son texte n’avoir pour autant « aucune fonction chez Hachette ». Il pointe également un contexte de « performances économiques de la Maison Grasset très décevantes » et une hausse de la rémunération annuelle d’Olivier Nora. Il sera remplacé par un homme de confiance du milliardaire, Jean-Christophe Thiery, PDG de Louis Hachette Group. Toujours est-il que plus de 300 auteurs et acteurs du monde de l’édition, emmenés par Leïla Slimani, Virginie Despentes et Emmanuel Carrère ont appelé dans la Tribune Dimanche à étendre à leur secteur « une clause de conscience », semblable à celle existant pour les journalistes. L’occasion de « poser une limite » selon le changement de la ligne « politico-culturelle » de la maison d’édition. Comme c’est le cas depuis le rachat d’Hachette Livre (et de Grasset) par Vincent Bolloré en 2023.

  • [Passerelle interculturelle] La beauté du chinois : une langue entre héritage et ouverture

    [Passerelle interculturelle] La beauté du chinois : une langue entre héritage et ouverture

    Récemment, le président chinois Xi Jinping a répondu à une lettre d’enseignants et d’élèves d’une classe de chinois dans une école internationale située en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en France. Dans sa réponse, il a souligné que la langue chinoise transmet l’héritage de plus de 5 000 ans d’histoire et que chaque caractère renferme une part de cette mémoire collective. Il a également rappelé que l’apprentissage du chinois permet de mieux comprendre la Chine, ancienne comme contemporaine, tout en contribuant au rapprochement entre les cultures.

    La beauté du chinois s’exprime d’abord dans sa forme. De nombreux caractères sont issus d’anciennes représentations visuelles, ce qui confère à l’écriture chinoise une valeur esthétique singulière, où le sens et la forme sont étroitement liés.

    Elle se manifeste également dans le son. Le système des quatre tons donne au chinois une musicalité particulière, marquée par des variations de hauteur et de rythme. Cette caractéristique confère à la langue une dimension sonore proche de celle d’une composition, notamment dans la poésie classique.

    Au-delà de la forme et du son, le chinois se distingue par sa capacité à suggérer. L’expression y est souvent concise, laissant place à l’interprétation et à la nuance. Quelques mots peuvent suffire à transmettre une idée complexe ou une émotion subtile, ce qui reflète une certaine manière de penser et de concevoir le langage.

    Comprendre les dynamiques culturelles contemporaines

    Dans la lettre adressée au président chinois, les élèves français ont partagé leur expérience d’apprentissage ainsi que leur intérêt pour la culture chinoise. Ils ont également exprimé leur volonté de renforcer les échanges avec les jeunes chinois. Cet exemple illustre le rôle croissant du chinois comme vecteur de dialogue entre les pays.

    Dans sa réponse, Xi Jinping a invité les jeunes français et européens à se rendre en Chine afin d’étudier, voyager et découvrir une société contemporaine en transformation. Il a encouragé les élèves à faire du chinois un compagnon durable, capable de les accompagner dans leur parcours personnel et professionnel.

    À l’heure où les échanges internationaux se multiplient, le chinois apparaît de plus en plus comme une langue d’ouverture. Son apprentissage ne se limite pas à l’acquisition de compétences linguistiques : il permet aussi d’accéder à une autre vision du monde et de mieux comprendre les dynamiques culturelles contemporaines.

    La beauté du chinois réside ainsi dans cet équilibre entre tradition et modernité, entre précision et suggestion, entre enracinement et ouverture. À l’occasion de la Journée internationale de la langue chinoise, elle se révèle non seulement comme une richesse culturelle, mais aussi comme une passerelle entre les peuples.

    dongqiao@cctv.com

  • À Barcelone, un sommet progressiste contre l’internationale de la haine

    À Barcelone, un sommet progressiste contre l’internationale de la haine

    Les leaders de plus d’une vingtaine de pays se sont réunis samedi à Barcelone pour un sommet international progressiste, dans le cadre de la quatrième édition de Global Progressive Mobilisation. La veille, s’était tenu une rencontre entre l’Espagne et le Brésil qui consacrait un large accord entre Pedro Sanchez et Lula da Silva. Parmi les autres participants pour la journée du samedi, étaient présents notamment : Claudia Sheinbaum présidente du Mexique, le président de la Colombie Gustavo Petro, Catherine Connolly présidente d’Irlande, Inga Ruginiené première ministre de Lituanie, Lars Klingbeil vice-chancelier d’Allemagne, David Lammy vice-Premier ministre du Royaume-Uni… Pour leur part, Hillary Clinton, Michelle Bachelet, Bernie Sanders et le maire de New York Zhoran Mamdani, ont envoyé des messages de salutations et appellent aussi à la mobilisation progressiste du monde.

    Les représentants de tous les pays ont notamment réclamé que l’ONU joue un rôle plus transcendant, et décidé d’explorer les mécanismes pour améliorer la gouvernance digitale, diagnostiquant que la désinformation passe par les réseaux sociaux. Ils ont également convenu que pour faire face à l’extrémisme, il faut mener un « combat contre les inégalités ». Le diagnostic étant que l’extrême droite prospère quand les pouvoirs publics ne sont pas en capacité d’offrir des solutions aux citoyens.

    Il a d’ailleurs été décidé d’impulser un « agenda pour la justice sociale » qui mette en avant « la cohésion, l’égalité des opportunités, la participation de la jeunesse et l’égalité des genres ». À ce propos, la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, a estimé que « la démocratie implique la liberté, mais que la liberté reste un mot creux si elle n’est pas accompagnée de justice sociale ».

    Le président du Brésil, Lula da Silva, a dénoncé la dérive belliciste des États-Unis. Adressant un message pour l’ONU, Lula a déclaré : « Accomplissez votre obligation de garantir la paix du monde, et arrêtez la folie de la guerre. La crédibilité de l’ONU doit être restituée (…) l’invasion de l’Irak a été basée sur un mensonge, la destruction de la Lybie a été basée aussi sur un autre mensonge et le génocide de Gaza est commis au nom d’un autre grand mensonge. » Lula a pointé les États-Unis, qui sont « les créateurs de guerres successives, le monde vit une dérive dangereuse (…) défendre la politique internationale aujourd’hui, c’est défendre un multilatéralisme réformé et défendre que le droit prévale sur la force et que la paix prévale sur la guerre ».

    Tout au long de ces deux journées, les leaders de gauche et de centre gauche ont réactivé un pôle d’opposition au monde que dessine Donald Trump, et un contrepoids à ce que Pedro Sanchez appelle l’internationale de la haine. « Le temps de l’intervention de l’ultradroite et de ses valets de la droite est arrivé à son terme, ce sommet est le point d’inflexion pour une alliance qui à partir de maintenant sera orgueilleuse d’exister, une alliance progressiste, pacifiste, écologiste et féministe. »

    Cette rencontre de Barcelone a été aussi l’occasion pour les chefs de gouvernement d’Espagne, du Brésil et du Mexique d’émettre un communiqué commun à l’issue de cette journée de samedi en soutien à Cuba : « Nous exprimons notre énorme préoccupation pour la grave crise humanitaire que traverse le peuple cubain et nous demandons que soient adoptées les mesures nécessaires pour soulager cette situation (…) et que soient évitées les actions qui aggraveraient les conditions de vie de la population, ou celles qui sont contraires au Droit international. »

  • Un soldat français tué dans une embuscade au Liban

    Un soldat français tué dans une embuscade au Liban

    « La Nation s’incline avec respect et adresse son soutien aux familles de nos soldats et à tous nos militaires engagés pour la paix au Liban. Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah », a déclaré le président français Emmanuel Macron sur X.

    Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a « condamné fermement » cette embuscade, soulignant que selon les premières conclusions de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), les Casques bleus ont « essuyé des tirs d’acteurs non étatiques, présumés appartenir au Hezbollah », chiite pro-iranien.

    Le sergent-chef Florian Montorio, rattaché au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, dans le sud-ouest de la France, a été tué « par un tir direct à l’arme légère », dans la région de Deir-Kifa, a précisé la ministre française des Armées Catherine Vautrin.

    Âgé de 40 ans, ayant servi sur de nombreux théâtres d’opérations depuis son engagement en 2007, il était « un militaire d’exception », a dit son chef de corps, le colonel Jérémy Akil, saluant un homme « profondément généreux et courageux ». Père de deux filles, il était « au terme de son parcours militaire » et devait revenir à la vie civile « d’ici quelques mois ». C’est le deuxième militaire français tué dans l’embrasement de la région après le début fin février des attaques américaines et israéliennes contre l’Iran.

    « L’arrestation

    des coupables »

    « La France exige des autorités libanaises qu’elles arrêtent immédiatement les coupables », a ajouté M. Macron, et qu’elles « prennent leurs responsabilités aux côtés de la Finul ». Le président libanais Joseph Aoun a condamné l’attaque contre les Casques bleus français et a promis de poursuivre les responsables. La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a dénoncé une attaque « délibérée », estimant également que les auteurs de l’embuscade étaient vraisemblablement du Hezbollah. Forte de près de 8 200 militaires de 47 nations, dont plus de 600 Français, la Finul est régulièrement attaquée. Trois Casques bleus indonésiens ont été tués fin mars.

    « Le Hezbollah nie avoir un lien avec l’incident survenu avec la Finul », a affirmé dans un communiqué le groupe islamiste chiite allié de l’Iran, installé au Liban où il exerce une énorme influence et est en guerre contre Israël.

    De son côté, Emmanuel Macron recevra mardi le Premier ministre libanais Nawaf Salam, a indiqué dimanche l’Élysée, alors que la situation reste très instable au Liban où un cessez-le-feu fragile est entré en vigueur. S’il sera évidemment question, lors de cette rencontre, de la récente attaque contre les forces françaises de la Finul, « cette visite sera l’occasion pour le chef de l’État de rappeler son attachement au respect plein et entier du cessez-le-feu au Liban, le soutien de la France à l’intégrité territoriale du pays et aux actions entreprises par l’État libanais pour assurer la souveraineté pleine et entière du pays et le monopole des armes », a souligné la présidence française.

  • Occitanie : l’épandage par drones, une bonne solution ?

    Occitanie : l’épandage par drones, une bonne solution ?

    Le mois de mars a été marqué par de fortes précipitations dans l’Hérault, excédentaire à 50% selon le dernier bulletin de Météo France. Conséquences pour les viticulteurs ? Des vignes inondées et inaccessibles, pouvant favoriser l’apparition de mildiou. Alors, la FDSEA34 avait demandé une dérogation pour traiter les vignes par drone. Demande reçue cinq sur cinq puisque le 26 mars, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, autorisait « l’épandage par drone de cuivre dans les zones géographiques impactées de l’Aude, de l’Hérault, du Gard et des Pyrénées-Orientales où les traitements à pied ne sont pas réalisables » jusqu’au 30 avril.

    Sauf que le vent a commencé à souffler, rendant l’utilisation de drones impossible tout en diminuant les risques d’apparition du mildiou. « Mais on risque d’avoir de plus en plus des hivers et des débuts de printemps très pluvieux puis des périodes sèches. Sauf que les vignes avec des chaleurs et une forte pluviométrie débourrent plus tôt donc si on n’intervient pas pour protéger le végétal des maladies, on risque d’avoir des attaques de mildiou conséquentes », souligne Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA et président de la chambre d’agriculture de l’Hérault. Pour le moment, la loi autorise l’épandage dans des cas spécifiques, notamment pour les cultures situées sur des pentes de plus de 20 %. « Pour éviter de faire chaque année une demande de dérogation, des discussions sont en cours pour mettre en place un décret, il y a une consultation publique jusqu’au 23 avril. Nous souhaitons obtenir un décret d’application du traitement aérien de façon pérenne », poursuit Jérôme Despey.

    La Conf’ vent debout

    De plus, le viticulteur met en avant le fait que le traitement aérien est plus précis que l’épandage classique, « permettant une meilleure sécurité pour les agriculteurs et les riverains ». Un constat qui n’est pas partagé par tous les agriculteurs. Dénonçant « un pansement sur une jambe de bois », Morgane Bara, porte-parole de la Confédération paysanne, fait valoir des « études sur la qualité de l’air montrant des produits phytosanitaires pulvérisés au sol se retrouvant dans l’air. » L’agricultrice estime « avoir besoin d’une réflexion plus large que l’immédiateté en changeant notre approche agricole : au lieu d’être destructrice, elle devrait être constructrice. » Deux visions qui rappellent à quel point le monde agricole est fracturé.

  • Dans le secondaire, les collèges payent le prix fort

    Dans le secondaire, les collèges payent le prix fort

    « Jusqu’à présent on avait une hausse des effectifs que les moyens alloués ne suffisaient pas à compenser, et maintenant qu’on a un léger tassement démographique, on nous enlève plus massivement des postes et des moyens », dénonce Stéphane Audebeau, co-secrétaire académique du Snes-FSU Montpellier. Le second degré (collèges et lycées) n’est pas épargné par les suppressions de postes et les fermetures de divisions, conséquences directes « d’une baisse des dotations horaires globalisées dans tous les départements de l’Académie », qui cible plus particulièrement les collèges.

    Ceux du Gard accusent une perte de 868 heures et ceux de l’Hérault, une baisse de plus de 500 heures d’enseignement, qui se traduisent respectivement par la suppression de 26 et 21 postes d’enseignants à la rentrée prochaine. Si on pousse un peu plus dans le détail, les 21 postes supprimés dans l’Hérault sont le résultat de 46 suppressions auxquelles sont soustraites 25 créations, mais des créations quasiment toutes (20) dévolues aux deux nouveaux collèges, à Juvignac et Maraussan, qui ouvrent en septembre. Autrement dit, « si on enlève les deux nouveaux établissements, c’est 41 suppressions. C’est pour ça qu’on parle vraiment de saignée au collège pour cette rentrée 2026 », insiste le représentant du Snes FSU.

    « Cette baisse démographique est instrumentalisée »

    L’Académie justifie ses choix par une baisse des effectifs scolaires, que Stéphane Audebeau préfère qualifier de « tassement ». « Sur les lycées de l’Académie, cette baisse est de – 0,6%. Dans les collèges de l’Hérault, on est à
     0,8%… C’est très faible. Cette baisse démographique est complètement instrumentalisée. Elle est vraiment à relativiser. Ensuite, pour nous, c’est une chance historique qu’on attend depuis longtemps de pouvoir améliorer le fonctionnement du système éducatif, alors que depuis plus de 10 ans les moyens par élève ont considérablement baissé et les effectifs par classe, augmentés. Là, on s’en éloigne complètement », déplore le syndicaliste.

    Bien que moins impactés, les lycées ne sont pas pour autant épargnés. « S’ils ont reçu, au niveau académique, une dotation équivalant à zéro, c’est-à-dire pas de baisse ni de moyens supplémentaires, au final on assiste quand même à 14 suppressions de postes dans l’Académie, sachant qu’un nouvel établissement ouvre à Cournonterral, dans l’Hérault, qui absorbe 22 créations », détaille Stéphane Audebeau.

    Au-delà des postes d’enseignants, certains dispositifs sont également sacrifiés, notamment dans les collèges, en lien avec la baisse des dotations horaires globales. « Il y a tout un ensemble de dédoublements, en sciences et langues vivantes notamment, qui ne sont plus possibles parce que les collèges n’ont pas de marge suffisante pour les mettre en place. On est aussi parfois obligés, sur certaines options, je pense notamment à l’allemand, l’italien ou l’occitan, de regrouper plusieurs niveaux (5e, 4e, 3e…) dans un même groupe », regrette le co-secrétaire académique du Snes-FSU Montpellier. Qui pointe également « le manque de personnels de vie scolaire et de santé » dans les établissements.

  • [Entretien] Pascale Thoirey : « L’école ne fait plus sens, il y a une perte de repères »

    [Entretien] Pascale Thoirey : « L’école ne fait plus sens, il y a une perte de repères »

    La Marseillaise : En quoi la baisse de moyens rapportée à la baisse d’effectifs n’est pas une bonne chose ?

    Pascale Thoirey : On a une logique comptable d’un côté et une logique pédagogique de l’autre, forcément ça coince. Il arrive que des gens en poste au ministère n’aient pas été confrontés à la gestion d’une classe, à ce que c’est qu’enseigner. On a des théoriciens de la pédagogie qui sont déconnectés de la réalité. Nos élèves ont changé, c’est générationnel. Depuis 30 ans, les sollicitations sont différentes. Avant c’était papier/crayon. Les élèves d’aujourd’hui sont sursollicités depuis la naissance par les écrans. C’est la société du zapping. La nuit, les enfants dorment moins, ils arrivent à l’école dans d’autres dispositions. L’école ne fait plus sens comme avant avec son rôle d’ascenseur social. Il y a aussi une perte de repères. Il suffit de regarder ce que certains médias nous donnent à voir. Les gens s’invectivent, lâchent des gros mots en toute tranquillité. Regardez les attaques racistes contre les maires sans que le gouvernement ne réagisse. On accable les familles en disant que les parents sont démissionnaires. Pas du tout, c’est sociétal. Tout cela participe de la perte de statut, de la désacralisation de l’enseignant.

    Quel est votre regard sur l’école inclusive ?

    P.T. : Je suis évidemment pour, tous les enfants ont droit à l’école de la République. Tous sont capables et on va les amener d’un point A à un point B, même s’il ne sera pas le même pour tous. Sauf que l’école inclusive, nous y avons vu une possibilité d’avancer alors que l’État y a vu une possibilité de faire des économies. Tout se fait toujours à moyens constants. Ces enfants porteurs de handicap qui étaient accueillis dans des établissements spécialisés avec un enseignant spécialisé, à 8 par classe, avec des éducateurs, des thérapeutes… sont aujourd’hui en écoles ordinaires sans rien. À charge pour les familles de se débrouiller pour assurer les soins. Les AESH sont aussi un grand mensonge. On oblige ces femmes à travailler à temps partiel sans statut, avec un salaire de misère. Le Code du travail s’applique au privé mais pas ici. Et on leur demande d’être des magiciennes. Avec la mutualisation, elles doivent s’occuper d’enfants, sans formation, dans plusieurs établissements. Certains enfants n’ont certes pas besoin d’être accompagnés toute la journée. Mais si vous avez un handicap reconnu par la Maison départementale des Personnes handicapées (MDPH) qui donne droit à 6h le lundi, il ne disparaît pas par miracle le mardi ni les jours suivants. C’est un mensonge institutionnel, on n’accomplit pas une mission de service public. On a besoin de personnels formés. La santé mentale s’est aussi nettement dégradée depuis le Covid. Avec moins d’élèves dans les écoles, on pourrait garder le même nombre de personnels pour avoir des groupes allégés.

    Les idées reçues sur les enseignants sont tenaces…

    P.T. : On est des nantis ! Quand j’ai commencé il y a 30 ans, un enseignant qui débutait gagnait 2,5 fois le Smic, aujourd’hui c’est 1,2 fois le Smic. Pourtant ceux qui présentent le concours cette année sont plus diplômés qu’avant (Bac+5 au lieu de Bac+3). J’ai préparé le concours avec une licence de droit sauf que j’ai eu ensuite une vraie année de formation avec une réflexion sur le métier et de la pédagogie. Désormais, la formation se vide de plus en plus. Quant aux contractuels, c’est « à la va comme je te pousse ». On est pourtant le métier le plus important pour l’avenir de la République et on recrute sans formation.

    Qu’est-ce qui explique la crise des « vocations » ?

    P.T. : Une multitude choses. Dans l’idée des gens, c’est facile d’être enseignant, on est tous allés à l’école, voyons. On a tellement dévoyé ce métier… Le prof-bashing est réel, plus personne ne nous respecte. Pourquoi les jeunes nous respecteraient ? Pendant le Covid, sur les réseaux sociaux, des gens nous disaient : « Promis je ne critiquerai plus jamais la maîtresse d’école ». Ils s’étaient aperçus qu’on fait un vrai métier. Trois jours après c’était reparti. On est soi-disant des privilégiés avec des vacances tout le temps. Alors que souvent on finance nos formations et même du matériel dans nos classes sur nos propres deniers.

    L’agression au lycée Jules Guesde* à Montpellier est-elle la conséquence du manque de moyens ?

    P.T. : Forcément, c’est une responsabilité collective globale. Je ne connais pas les détails mais c’est le résultat d’un mépris social, d’une perte de sens. Des jeunes ne savent plus pourquoi ils viennent à l’école. Je pose parfois la question à mes élèves de 4e Segpa. Ils répondent : « pour voir mes copains », « sinon ma mère va me punir, me prendre mon téléphone », « parce que je n’ai pas le choix », « parce que je m’ennuie à la maison ». Il y a une forme de désenchantement. Ce n’est pas toujours clair, y compris dans des familles où l’École fait sens. Dans le secondaire, on cumule des problématiques : classes surchargées, élèves allophones et l’adolescence qui s’en mêle. La montée hormonale c’est compliqué à gérer. Dans les écoles, on peut avoir le soutien d’un Rased [réseau d’aides spécialisé pour élèves en difficulté] en éducation prioritaire, en collège, il n’y a rien du tout. Les psychologues et infirmières scolaires sont à temps partiel et sur plusieurs établissements. L’ancien pôle médico-social est réduit à peau de chagrin. Avec le phénomène des réseaux sociaux où on se filme sans arrêt pour devenir le héros du quartier, on en arrive à ce genre d’agressions.

    Y a-t-il une volonté de casser l’École publique ?

    P.T. : Notre analyse c’est qu’effectivement ils veulent faire la part belle à l’école privée. On n’arrête pas de nous dire que les services publics coûtent de l’argent. Il n’y a qu’à voir dans quel état l’Hôpital se trouve. Si vous n’êtes pas contents, on vous encourage à aller voir les cliniques ou les écoles privées. C’est une casse organisée de l’École publique. Les écoles privées perdent aussi des élèves mais moins vite que nous. Le comble c’est que les établissements privés sous contrat sont financés par de l’argent public.

    *Le ministère a ouvert une enquête après les violences entre un groupe d’élèves et un enseignant, le 10 avril