Plus de cotisations, moins de points acquis et un niveau de retraite complémentaire en recul constant », résume Josette Biancheri, secrétaire générale adjointe de l’USR CGT 13. La suspension de la réforme des retraites n’éteint pas la mobilisation contre les attaques du gouvernement. À l’heure où les négociations s’ouvrent sur la valeur du point, retraités et actifs ne lâchent rien sur la défense de leur pouvoir d’achat.
Place du général-de-Gaulle, devant le rideau tiré du siège du patronat marseillais, les militants CGT, retraités et actifs des secteurs de la métallurgie et de la réparation navale, soutenus par François Canu, un des nouveaux secrétaires de l’Union départementale, étaient rassemblés pour exiger une revalorisation de 10 % du point Agirc-Arrco. « C’est le minimum pour un pouvoir d’achat permettant à tous de vivre dignement, défend Claude Diharçabal, membre du Conseil national des retraités de la métallurgie. l’inconvénient des complémentaires calculées sur le point, c’est qu’il change chaque année et comme il n’est pas à la hauteur de l’inflation, ça fait des années que notre pouvoir d’achat dégringole. Depuis 2020, en moyenne, on a déjà perdu deux mois de pension par an ».
Des inquiétudes justifiées au regard de l’augmentation des prix des produits de consommation, de l’énergie, des transports, des mutuelles et des assurances. « Sans compter les dépenses en santé avec le doublement du ticket modérateur pour le remboursement des médicaments. Certains de nos camarades renoncent à se soigner », ajoute Josette Biancheri. Concernant la perte cumulée sur leur retraite complémentaire Agirc-Arcco, ils font le calcul qu’en « 30 ans, le rendement a baissé de 40 % impactant chaque génération avec un niveau de retraite en diminution ». Ce sentiment d’injustice sociale s’exprime également parmi les actifs. « Nous sommes tous des futurs retraités, rappelle Vincent Vadrot, secrétaire régional CGT métallurgie. dans tous les secteurs du privé, les actifs vont devoir payer plus pour avoir moins de retraite ».
Dans une motion que l’USR CGT adresse au Medef, les retraités revendiquent : « Le gel de la valeur d’achat du point afin d’augmenter le nombre de points acquis, l’augmentation de la valeur de service du point de 10 % au nom d’un rattrapage des pertes cumulées depuis 2020 et d’un maintien du pouvoir d’achat pour 2025, la mise en place d’un principe de revalorisation des retraites complémentaires en début d’année indexées sur l’évolution du salaire moyen, la suppression de la sous indexation et l’ouverture d’une négociation d’un avenant à l’ANI de 2023. »
Des demandes d’autant plus accessibles que les cotisations des travailleurs rapportent à l’Agirc-Arrco un pognon de dingue. Les résultats des comptes de l’exercice 2024 se traduisent, en effet, par un excédent de 4,6 milliards d’euros et les réserves atteignent 101,7 milliards d’euros, selon le rapport de la Cour des comptes. Enfin, souligne Josette Biancheri, « tout cet argent est placé en Bourse : 3 milliards d’euros sont issus des placements financiers ». Un niveau de réserve s’est construit depuis des années au détriment des niveaux de pensions et on voudrait encore les taxer.
Les voyants étant tous au vert, l’augmentation des retraites et leur revalorisation sont donc une juste exigence sociale. « Ces moyens financiers conséquents doivent servir à répondre aux besoins des retraités et non pas à la spéculation financière comme c’est le cas actuellement. » La CGT demande en conséquence que le Conseil d’administration prenne en compte ses attentes en décidant d’une revalorisation d’au moins 10 %. « Nous serons très attentifs à la décision », conclut-elle.

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