Tag: Retraités

  • À Cucuron, la fermeture précipitée de l’Ehpad interroge FO

    À Cucuron, la fermeture précipitée de l’Ehpad interroge FO

    « On ne manquera pas de s’étonner qu’un orage, phénomène atmosphérique ordinaire, particulièrement dans notre région, puisse faire fermer un EHPAD », regrette le syndicat Force ouvrière des retraités de Vaucluse dans un communiqué ce mardi 9 juin, en écho à la fermeture en urgence de la maison de retraite « L’Âge d’or » à Cucuron suite à un orage fin mai.

    L’endommagement du système de sécurité incendie a poussé l’ARS à décider d’une fermeture anticipée, alors qu’un arrêt était prévu initialement en 2029. « Plusieurs équipements associés à la sécurité incendie ont été impactés, notamment le déclenchement de l’alarme sonore, les portes coupe-feu et le dispositif de désenfumage », précise l’Agence régionale de santé. Les premiers résidents ont déjà pu déménager.

    « Dépérissement organisé »

    L’ARS précise que 22 des 28 résidents disposent d’une solution d’accueil et que « les recherches se poursuivent activement pour les six autres résidents, avec plusieurs visites d’établissements actuellement en cours ».

    Le syndicat estime de son côté que des « explications s’imposent ». Dans son communiqué, FO refait un historique des décisions de ces dernières années, entre travaux d’extension avortés et refus de nouveaux pensionnaires dans l’optique de fermer le site.

    Une partie de l’activité irait vers l’Ehpad de Cadenet, dont les travaux d’agrandissement sont en cours. Et que cette fermeture, « au-delà des explications techniques, s’inscrit dans le virage domiciliaire que l’ARS, au nom du gouvernement, et le Conseil départemental promeuvent », conclut le syndicat.

  • [Entretien] Sophie Trochet : « Une attaque des libertés syndicales et d’expression » dans l’Aude

    [Entretien] Sophie Trochet : « Une attaque des libertés syndicales et d’expression » dans l’Aude

    La Marseillaise : Vous avez été reçue le 22 mai en préfecture. Quelle était votre requête ?

    Sophie Trochet : Faire remonter au préfet de l’Aude qu’on a besoin de faire légiférer de façon urgente sur le sujet des Bourses du travail. Cela peut se faire par décret ou ordonnances progressistes, comme pour la Sécurité sociale, pour sacraliser les Bourses du travail et Maisons des syndicats. Ce sont des locaux interprofessionnels qui ne sont pas prévus par le Code du travail. À minuit moins une avant la possible arrivée du RN au pouvoir, c’est une question de liberté d’expression et de liberté syndicale.

    Pourquoi le maire RN veut-il expulser l’UL et l’UD CGT ?

    S.T. : Tout est parti en avril d’une manifestation de jeunes contre l’extrême droite pour laquelle la CGT, FSU, Solidaires et la CFDT ont affiché leur solidarité. Le maire Christophe Barthès a annoncé couper nos subventions et nous expulser des locaux. Le 5 mai, on reçoit un premier courrier pour justifier de notre titre d’occupation sous peine de procédure d’expulsion à compter du 13 mai. Il se trouve qu’il y a eu un quiproquo. En 2023, au moment de signer une nouvelle convention avec l’ancienne municipalité, on leur avait signalé des travaux à réaliser, du coup ils ne nous l’ont pas envoyée et on ne l’a pas signée. Ceci dit, on a des archives de 1938 qui indiquent qu’on est là depuis 89 ans !

    Une Bourse du travail sans syndicat, quel intérêt ?

    S.T. : Le but d’une Bourse du travail est d’y loger les syndicats, d’avoir un échange de coordination, de faire de la formation syndicale, économique et sociale (obligatoire pour les élus CSE) et d’accueillir les salariés sans représentation syndicale (entreprises de moins de 11 salariés). Or, les très petites entreprises (TPE) forment la majorité du tissu économique de l’Aude. On a aussi les inspections du travail qui nous envoient régulièrement des salariés pour les aider à monter leurs dossiers aux prud’hommes surchargés. On héberge aussi plusieurs boîtes aux lettres d’associations et les précieuses archives de l’Institut de l’Histoire sociale de la CGT.

    Pourquoi la CGT est-elle la seule ciblée ?

    S.T. : La LDH l’a été aussi. C’est une bataille idéologique. La mairie RN se cache derrière une soi-disant absence de titre. En fait, la CGT dérange car elle affirme ses valeurs de solidarité envers tous les salariés en disant que le RN c’est l’inverse : le repli sur soi, la haine de l’autre, la division des travailleurs et c’est pro-patronat. On invite les citoyens à être curieux. Le RN a voté contre l’augmentation du Smic, des pensions, contre l’indexation des salaires sur les prix. Contre toutes les mesures qui pouvaient donner du souffle aux salariés et retraités. Sans parler que ce parti, fondé par des anciens de l’OAS, est issu du fascisme. Le RN fait même du révisionnisme. Le 1er-Mai, il fête Jeanne d’Arc plutôt que les luttes des travailleurs. S’ils peuvent virer la CGT, ils continueront. On ne lâchera rien.

    Quelle est la date butoir ?

    S.T. : Un courrier nous a signifié notre sortie au 1er juin. On a une intersyndicale solide*. On a fait un courrier commun aux ministres du Travail et de l’Intérieur qui demande à ce que l’État prenne le dossier à bras-le-corps contre cette attaque des libertés syndicales et d’expression.

    * Un rassemblement intersyndical s’est tenu devant la mairie jeudi 28 mai.

  • À Port-de-Bouc, des ateliers pour aborder la retraite en toute sérénité

    À Port-de-Bouc, des ateliers pour aborder la retraite en toute sérénité

    « Pour parler de retraite, on aurait pu rester au rez-de-chaussée », plaisante cette néoretraitée, au moment de gravir les escaliers de la maison des services au public de Port-de-Bouc.

    La structure a accueilli un petit groupe de cinq personnes, mardi après midi, pour aborder en douceur les questionnements, craintes voire appréhensions du passage à la retraite. « Le but de ces ateliers est de vous faire réfléchir différemment sur cette période de vie qui doit être investie à fond », pose Céline Jauras, sophrologue et intervenante de Neosilver. Cinq séances d’accompagnement sont programmées jusqu’au 16 juin pour mieux cerner les enjeux du bien-être à la retraite, dans le cadre du dispositif « Pour bien vieillir », créé par l’ensemble des caisses de retraite.

    « On n’est pas juste vieux »

    Cette première séance pose les bases d’une méthode. Les retraités présents sont invités à livrer leurs moindres états d’âme, à la manière d’un groupe de parole. Si tous partagent l’idée d’un nouveau départ, Arielle, coiffeuse durant 48 ans, remarque « qu’il faut s’imposer quand même pour ne pas être mis en retrait. On a des choses à apporter, on n’est pas juste vieux », estime-t-elle.

    En filigrane, la crainte de l’isolement est présente. « Tout ce qu’on avait envisagé pour la retraite est tombé à l’eau lorsque je me suis retrouvée veuve », relate Marie-Paule, retraitée depuis deux ans. Même écueil pour Jeanine, « c’est compliqué d’être toute seule », confie-t-elle. Michel, retraité de l’industrie, trouve son compte malgré une maladie de 10 ans et une greffe. « Le sport m’apporte beaucoup et amène des connaissances. Le foyer de personnes âgées aussi, comme l’office de tourisme », partage-t-il.

    Le partage est un premier rempart à la peur.

  • Au bar l’Antre des jeux de Gap, les soirées coinche font carton plein

    Au bar l’Antre des jeux de Gap, les soirées coinche font carton plein

    Ce lundi soir à l’Antre des jeux, rue Notre Dame, les cartes glissent sur la dizaine de tables mises en place pour l’occasion. Sur chacune d’entre elles, deux binômes s’affrontent à la coinche, variante de la belote. Depuis 2022, le succès de ces soirées gérées par des bénévoles sans structure formelle ne se dément pas. Ce soir, Pierrette et Bernard, couple de retraités, sont venus pour la première fois. « C’est mieux que de rester chez soi devant sa télé, c’est l’occasion de jouer et de voir du monde, savoure ce dernier. Et puis on habite en centre-ville, on peut facilement venir… – Même si ce n’était pas le cas je t’y traînerai ! »,réplique Pierrette. Pour elle, c’est « vital » de sortir et de « voir de nouvelles têtes, de tout âge ». D’ordinaire, elle joue en ligne mais « c’est beaucoup plus impersonnel et il n’y a pas de discussions », explique-t-elle.

    Face au couple, Pierre est venu avec son binôme, Antoine, tous deux trentenaires. Après avoir fait connaissance, la partie démarre. « À la base j’étais venu jouer aux échecs une fois quand je suis arrivé à Gap, et, maintenant je viens à chaque soirée coinche et à l’Antre des jeux une à deux fois par semaine, explique-t-il. Je pourrais jouer à la maison, mais venir ici, ça aide les commerces du centre-ville, ça permet de garder la ville dynamique et puis, à force, on reconnaît des têtes. »

    Une activité chaque soir

    Pour l’Antre des jeux, le bar à jeux de société qui accueille une soirée coinche par mois, cela permet aussi de développer une clientèle fidèle, qui cherche plus qu’un bar classique. « On attire beaucoup une communauté de trentenaires qui veulent sortir sans craquer leur PEL, explique Joris, responsable du bar. Il n’y a pas tant d’endroits que ça où sortir alors on voit bien qu’on reçoit des clients qui veulent un peu se sentir à la maison. »

    Entre les soirées de découverte de jeux de société le mardi et le jeudi soir, les tournois de cartes à collectionner le week-end, les soirées des collectifs de jeu de rôle et la coinche, le bar, ouvert en 2023, a réussi à se créer un petit écosystème de groupes plus ou moins formels qui l’animent. « Concrètement, il n’y a pas un soir où il ne se passe rien », explique Joris. Un deal gagnant-gagnant qui se poursuit. Après un une soirée au bar le Pop Culture le mercredi 6 mai, les joueurs reviendront à l’Antre des jeux le lundi suivant, à 19h, comme toujours.

  • Les retraités ne lâchent pas leur droit à la santé

    Les retraités ne lâchent pas leur droit à la santé

    « Il y a 73% des gens qui ont renoncé au moins une fois à un soin ces cinq dernières années, c’était 63% en 2024 et 68% en 2025 », rappelle Corinne Vialle, responsable syndicale FGR FP 13. Accès à la santé, pensions, services publics : les retraités ne sont pas à la fête. Rassemblés au pied des escaliers de Saint-Charles, les retraités venus des six départements de la région ont défilé jusqu’en préfecture pour porter une demande d’audience au Premier ministre.

    Des reculs et de nouvelles attaques. Derrière la banderole unitaire des retraités, Claude Mas, responsable USR CGT 13, sait que les mobilisations sont « nécessaires pour sans cesse faire valoir nos droits, nos conquis sociaux. Le pouvoir avait été contraint de reculer sur l’abattement fiscal, la revalorisation des pensions, l’année blanche… Mais il a remis ces points à l’ordre du jour une fois le budget voté ». C’est donc à nouveau en battant le pavé que les retraités exigent d’être entendus. Santé, pensions, pouvoirs publics, « tout est lié, souligne Patrick Prigent, de la FSU. Comment se soigner correctement quand de plus en plus de médicaments ne sont plus remboursés, quand on habite dans un secteur où se creuse un désert médical, où les services publics de proximité disparaissent, avec des pensions qui ont perdu trois mois entre 2017 et 2024 ? ».

    Dans les rangs, les retraités de l’énergie et les cheminots sont très présents. « EDF, SNCF, PTT… que des services publics qu’on a démantelés, vendu à la découpe au privé et maintenant, l’État ne maîtrise plus les prix », déplore Tommy. « Beaucoup d’entre nous touchent moins de mille euros de pension. Pour les femmes, c’est 64% », regrette aussi Bernard, ancien postier venu des Alpes-de-Haute-Provence pour défendre « un droit à une Sécurité sociale basée sur le système de solidarité ». À ses côtés, Katia Veyran, la secrétaire adjointe de l’USR CGT 04, fait le compte des dégradations : « 40 lits supprimés à l’hôpital de Manosque, tout autant à Digne où un service pneumologie ferme…et les mutuelles sont de plus en plus chères. »

    Pas de santé

    à l’américaine

    Thierry Mallet a aussi fait le trajet depuis le Vaucluse, département particulièrement touché par les déserts médicaux. Il note bien « les efforts faits par les collectivités qui prennent des mesures pour attirer les médecins dans les endroits les plus éloignés des hôpitaux, avec ici une maison médicale, là une aide à l’installation ». Mais ces morceaux de sparadraps ne suffisent pas à combler la plaie béante dont souffre le système de santé public « depuis qu’on lui demande d’être rentable, note le retraité. Et pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste, faut avoir des mois devant soi ». Parmi ces « nantis » que ne cesse de pointer le gouvernement, Antoine et Suzanne, deux militants niçois, témoignent d’un accès aux soins rendus de plus en plus difficile : « On renonce aux loisirs, puis aux soins, parce que nos mutuelles de plus en plus chères ne les prennent pas en charge à 100%. On renonce même à se nourrir correctement. »

    Le reste à charge du patient est largement évoqué dans le cortège, qui mène les retraités jusqu’à la préfecture. Secrétaire de l’Unirs Solidaires, Roselyne Garcia questionne : « Pourquoi à 64 ans la prévention s’arrête et à 75 ans, on ne fait plus de dépistage du cancer du côlon ? » La militante refuse « de laisser ce gouvernement nous entraîner vers un système à l’américaine ». Jean-Pierre, retraité de la pétrochimie nucléaire, a fait le trajet depuis Barcelonnette et, devant le manque de mobilisation de la population sur ces questions, regrette un peu « l’individualisme qui a gagné sur les valeurs de solidarité ». Mais, devant la préfecture, deux lycéennes, également en lutte, saluent le cortège en applaudissant.

  • Cinq syndicats de retraités de Paca dans la rue pour la santé

    Cinq syndicats de retraités de Paca dans la rue pour la santé

    Le gouvernement Lecornu continue de serrer la vis sur la protection sociale dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Alors qu’une demande d’audience auprès du Premier ministre a été déposée au niveau national, les organisations syndicales de retraités – Solidaires, CGT, FSU, la FGR/FP et LSR – se rassemblent pour une manifestation qui prendra son départ au pied des escaliers de la gare Saint-Charles. Ils défendent les trois piliers de leurs revendications : « Retraites – santé et protection sociale – services publics. »

    Bien vieillir, en bonne santé avec des retraites dignes. Les syndicats de retraités n’ont de cesse de ferrailler pour exiger de l’état le droit à la protection sociale à laquelle ils ont contribué durant des décennies de travail. Sébastien Lecornu s’était engagé, devant l’Assemblée nationale, à ne pas augmenter les franchises médicales. Il a décidé, par décret, d’augmenter au 1er mars 2026, le forfait hospitalier de 15% et le forfait patient urgence de 33%.

    Asphyxie des hôpitaux

    « Six milliards en moins pour la santé, c’est plus de fermetures de lits, moins d’accès aux soins. Ce budget confirme l’asphyxie financière des hôpitaux, le milliard de ponction sur les mutuelles et le maintien des exonérations patronales », dénonce l’USR CGT des Hautes-Alpes, qui pointe les politiques de droite et d’extrême droite qui « fragilisent la solidarité, attaquent les associations, réduisent les moyens des services publics ».

    Dans ses recherches d’économies budgétaires, l’Ondam, (Objectif national de dépenses d’Assurance maladie), qui fixe toutes les dépenses de santé et de protection sociale, est augmenté d’à peine 3,3%. « Il ne tient pas compte de l’inflation, ni des nouveaux besoins, maladies chroniques, perte d’autonomie… », précise Rolselyne Garcia. La secrétaire générale de l’Unirs Solidaires 13 estime qu’il « faudrait au minimum 5% pour maintenir ce qui existe ».

    Les retraités en ont assez d’être désignés comme les responsables du déficit national. Leur réalité est toute autre : 60% d’entre eux ont une pension inférieure au Smic, 27% touchent moins de 1 000 euros de retraite, et parmi eux, 74% sont des femmes. Ils battront le pavé, ce jeudi, dans le cadre d’un mouvement national décliné en régions, pour exiger la revalorisation des pensions, un accès aux soins pour tous, des services publics sur tout le territoire et un financement de la Sécurité sociale basé sur les cotisations sociales.

  • Un après-midi musical et intergénérationnel au Rove

    Un après-midi musical et intergénérationnel au Rove

    Les trois comédiennes et le comédien-musicien de la compagnie « Après la pluie » ont offert un spectacle à la fois émouvant et joyeux, mêlant chansons, jeux de scène et instants de complicité avec le public. Un moment suspendu qui a su toucher les résidents, ravis de cette parenthèse artistique.

    Les textes chantés, au cœur de la représentation, s’inscrivent dans la démarche profondément humaine portée par la compagnie. Depuis 2009, celle-ci intervient auprès des enfants et adolescents du service d’hémato-oncologie de la Timone, à Marseille, en les invitant à créer leurs propres textes, reflets de leurs personnalités et de leurs talents.

    De ces ateliers naissent des paroles sensibles et authentiques, véritables fragments de vie. Cette année encore, les artistes ont parcouru, semaine après semaine, les chemins parfois secrets de la Timone – et d’ailleurs – pour recueillir ces mots précieux. Le spectacle présenté au Rove s’est ainsi nourri de ces récits intimes, comme un carnet de souvenirs, d’expériences et de rêves partagés avec le public.

    Ce bel après-midi a également été marqué par la participation des élèves de la classe de Florence Scotto. Engagés dans un projet scolaire autour du lien intergénérationnel, les enfants ont pleinement contribué à la réussite de cette rencontre, apportant fraîcheur, énergie et sourires.

    Parents, élus et acteurs du monde éducatif et médico-social étaient également présents pour partager ce moment convivial, parmi lesquels Michel Bartoli, premier adjoint, Francis Montalban, adjoint, Elodie Tassitro, directrice de l’établissement, Sylviane Medina, directrice de l’école, ainsi que l’ensemble du personnel aidant et soignant de l’établissement.

  • Mobilisés pour le maintien d’Orange à Saint-Mauront

    Mobilisés pour le maintien d’Orange à Saint-Mauront

    Ils y travaillent, y ont travaillé et ne veulent pas entendre parler de la disparition d’Orange à Saint-Mauront (3e). Métro national, devant les grilles du site, une centaine de personnes se sont rassemblées, ce mardi 3 mars, à l’appel de la CGT pour le maintien de l’entreprise, installée là depuis 1974. Des techniciens sont aussi venus en soutien depuis le Vaucluse ou les Hautes-Alpes. Après une première fermeture en novembre suite à une rixe à proximité, la direction Sud-Est de l’opérateur avait décidé de fermer de nouveau, le 8 janvier, après des impacts de tirs sur la façade. Même si la préfète de police avait indiqué que « tout [laissait] à penser que ces faits [s’étaient] produits en dehors des heures ouvrables ».

    Ce qui fait dire à Olivier Neri, secrétaire général de la CGT Télécoms 13, que tout cela n’est que prétexte. « On ne sait pas encore quelle est la vraie raison de cette décision, cela n’est pas possible qu’un opérateur historique, pour un problème de sécurité, ferme », estime le syndicaliste, rappelant que 35 millions d’euros ont été investis à Saint-Mauront en « même pas deux ans ». Sans remettre en cause le « sentiment d’insécurité », il l’affirme : « En 8 ans, on recense deux agressions. » Il dénonce les effets d’un discours d’extrême droite de la part de « certains syndicats ». En clair, la CFE-CGC dont le président, Sébastien Crozier, comparaît la situation « au même phénomène il y a 15 ans, dans une réserve d’Indiens qui s’appelle la Seine-Saint-Denis ».

    Depuis janvier, les salariés travaillent de chez eux toute la semaine ou s’inscrivent sur des sites de coworking loués par Orange. « Un retour des activités tertiaires (…) n’est pas envisagé. Le site est néanmoins pérenne car il va continuer à abriter les activités techniques », nous indique la direction, précisant avancer « en parallèle dans la recherche d’un ou deux sites complémentaires, à Marseille, pour l’ensemble des équipes tertiaires ». Après en avoir fermé ou vendu une bonne partie, rappelle la CGT.

    Manque de lien social

    Terminal des câbles sous-marins, le site de Saint-Mauront reste stratégique. Et a aussi toute sa place dans le quartier. Des habitants soutiennent les manifestants ce matin-là. « Ils ont bien raison. Et nous alors, on y vit bien ici », commente une riveraine. Jean-Paul et Monique, anciens de ce qui était alors France Télécoms, acquiescent. « Vous vous rendez compte, 1 000 salariés, c’est une perte immense pour le quartier », s’inquiètent-ils. Olivier Neri se souvient, lorsqu’il jouait « au foot avec des équipes de Félix-Pyat », que les directeurs aidaient les clubs en donnant des équipements. « Cela ne se fait plus depuis 10 ans et on est en train de le payer », pense-t-il, pointant le « manque de lien social entre Orange et le quartier ».

    Pour Jérémy Bacchi, sénateur PCF des Bouches-du-Rhône, « une fois de plus, on fait le choix de reculer face au narcotrafic plutôt que de résoudre le problème ». Et de déplorer qu’on déménage des locaux « en laissant le quartier sans réponse ». Pour lui, la disparition d’Orange s’inscrit aussi dans la fuite des services publics, s’indignant qu’il puisse y avoir « des ghettos dans notre ville ».

    Sur la même longueur d’onde, Jean-Marie Angeli (PCF), adjoint au maire de secteur, s’inquiète du « mauvais signal envoyé » et fait le parallèle avec la fermeture du bureau de poste derrière la mairie centrale. « Autant d’emplois de proximité en moins, qui font pourtant vivre le quartier », dénonce l’élu, précisant que la direction d’Orange et le préfet vont être interpellés. Alladine Abdallah Salim, tête de liste LFI aux municipales dans le secteur, se dit lui aussi inquiet, mais estime qu’il est encore possible d’en sortir « par le dialogue et la concertation ». En attendant, la CGT Télécoms prévoit d’autres rassemblements.

    « Ils ont bien raison. Et nous alors, on y vit bien ici »

  • Debout face au péril RN : à Marseille, les retraités CGT réclament du progrès social

    Debout face au péril RN : à Marseille, les retraités CGT réclament du progrès social

    « Les retraités sont porteurs d’une mémoire des luttes sociales. Ils connaissent le recul des libertés que pourrait amener la montée de l’extrême droite au pouvoir. » Sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Marseille, Jean Pugens, membre du bureau de l’Union syndicale des retraités CGT des Bouches-du-Rhône (USR CGT 13), martèle que « les prochaines échéances électorales doivent s’inscrire dans le progrès social ». Et pour cela, l’organisation, « forte de ses 4 600 syndiqués retraités dans le département », mène une opération coordonnée avec des points presse dans toute la région. « Nous tenons à informer la population sur ce que vote l’extrême droite en France. Elle semble vouloir faire le bonheur du peuple, on sait que c’est faux », développe le syndicaliste retraité. Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional CGT Paca, appuie la démarche : « L’extrême droite cible la région pour se développer, avec cette action coordonnée de l’USR, cela montre que la CGT intervient dans le débat public. »

    En clair, le syndicat espère « convaincre le maximum de retraités de ne pas basculer à l’extrême droite », comme le résume Claude Mas, secrétaire générale de l’USR CGT 13. « Les retraités prennent leurs responsabilités comme citoyens, au-delà d’appeler à voter pour les forces progressistes, on a aussi des retraités qui s’engagent dans des listes », développe-t-elle. De quoi faire le lien avec la position de l’Union départementale CGT 13 (UD CGT13) rappelée par le secrétaire de l’organisation, François Canu : « La CGT est indépendante des partis politiques, mais n’est pas neutre, elle a toujours pris ses responsabilités. »

    La marina d’Allisio ne passe pas

    Les syndicalistes prennent des exemples concrets de « l’imposture sociale du RN ». « L’extrême droite vote contre la hausse du Smic à l’Assemblée, elle vote la réduction de 4,9 milliards les dotations pour les collectivités », explique François Canu. Et de prendre un exemple local : « Quand Franck Allisio [candidat RN à la mairie de Marseille, Ndlr.] propose de faire une marina sur le port de Marseille, alors que l’industrie dans le département est déjà en difficulté. C’est la preuve qu’ils ne sont pas dans le camp des travailleurs. » L’UD CGT 13 a justement développé cette position dans un communiqué de presse dans la journée et dénonce : « La transformation des Bassins portuaires de Marseille en marina de la Joliette à la tour CMA révèle une vision fondée sur la spéculation immobilière et des marinas de prestige. » Et pointe une « menace directe sur l’équilibre industrialo-portuaire de la ville et les 17 000 familles qui vivent de cette activité ». Claude Mas conclut : « ça aura un impact négatif sur l’emploi industriel et donc sur les pensions de retraite. L’économie du tout-tourisme ne fait pas vivre. »

  • L’État veut faciliter l’accès au logement pour ses agents

    L’État veut faciliter l’accès au logement pour ses agents

    Difficulté pour se loger, manque d’attractivité, service public menacé… Pour le ministre de la Fonction publique, David Amiel, il s’agit de revoir l’équation dans des territoires où la pression foncière et le manque de logements sociaux pèsent lourds dans le budget des fonctionnaires. À la cité des douanes, au cœur de la Belle-de-Mai (3e), il a pu découvrir a contrario que la vie était plutôt agréable pour les agents. Au sein de cet ensemble de 11 bâtiments en pleine rénovation, qui abrite les douaniers depuis 1904, « on vit bien », résume Franck Testanière, directeur interrégional des douanes qui fait office de guide, même si, depuis le Covid, le quartier est « passé de populaire à difficile » nuance un des habitants.

    Le taux d’occupation des 200 logements habitables sur 240, du T2 au T4 avec des loyers accessibles, de 300 à 500 euros par mois, est de 100% poursuit le directeur, pour moitié des douaniers actifs et retraités, le reste étant dévolu aux autres fonctionnaires de Bercy. Deux bâtiments abritent des étudiants du Crous. Un « modèle innovant » se félicite le ministre… Rendu possible quand l’État n’a pas vendu les bijoux de famille, comme dans les Alpes ou le Vaucluse glissera au passage le directeur interrégional.

    Diagnostics territoriaux

    Mais « il y a une mobilisation générale du gouvernement pour le logement des agents publics, dont beaucoup sont des travailleurs en première ligne, ceux que l’on avait applaudis pendant la crise sanitaire et qui ne parviennent plus à se loger à une distance raisonnable de leur travail », assure David Amiel. Et de mettre en avant une proposition de loi portée par le groupe Renaissance pour leur faciliter l’accès au logement. « En parallèle, il y a la mobilisation des préfets pour trouver des solutions », complète-t-il, en permettant les réservations de logements sociaux, en faisant du logement intermédiaire ou temporaire.

    Dans une circulaire, le ministre va leur demander des « diagnostics territoriaux précis par métiers, par fonction publique ». Sur notre territoire, le travail a déjà été réalisé au niveau régional, avec l’Insee. Les besoins sont « criants à Marseille ou dans les Alpes-de-Haute Provence où il y a peu de biens à louer », indique le ministre. Des indications qui demandent à être « affinées au niveau départemental », précise Isabelle Épaillard, préfète déléguée à l’égalité des chances. Convenant que la tension est forte sur le logement social, elle souligne aussi « des signaux favorables » avec « une reprise du nombre d’agréments en 2025 », elle compte sur la loi, les gros projets de rénovation urbaine et de réhabilitation des co-propriétés dégradées à venir. Les préfets doivent rendre leur copie d’ici fin avril pour l’état des lieux, fin juin pour des actions ciblées.