Franck Rhit, Gilet jaune
« On se mobilise ce samedi pour le pouvoir d’achat et contre la vie chère. On arrive à bout, à un point de rupture car on ne s’en sort plus financièrement ! On ne sait plus comment faire les courses, ni payer le loyer. Les gens n’y arrivent plus : certains ne font qu’un repas par jour, mettre de l’essence n’est plus possible… J’habite dans les quartiers Nord et depuis mon balcon, je vois la misère tous les jours. On va aussi être mobilisé avec les lycéens, car ce sont nos enfants qui ont été massacrés ces derniers jours. On veut leur dire qu’ils ne sont pas seuls. »
Eustache, lycéen à Montgrand
« On a, depuis le début, la volonté de sortir notre mouvement lycéen du monde de l’éducation nationale. On soulève une problématique, le manque de moyens des services publics, qui concerne tout le monde. On a donc cherché à créer un lien avec le monde du travail et on a le devoir de rejoindre aussi ceux qui se sont mobilisés en 2018, dans le mouvement des Gilets jaunes. Une mobilisation populaire qui partait d’en bas, portée par des gens pas forcément affiliés à des partis ou des syndicats. La nôtre part aussi de là. Après, on dit le «17 octobre», mais c’est à partir du 17. On espère que ça va continuer. »
Valérie Stolla, gynécologue
« Je crois en la convergence des luttes et je crois qu’il faut changer de modèle de société. Ce samedi, je manifeste par solidarité avec les lycéens, les travailleurs précaires et ceux du service public. Mais aussi avec la volonté de protester contre l’anéantissement des services publics, contre la vie chère, contre les politiques d’austérité. En tant que gynécologue, je vois aussi le secteur de la santé qui se dégrade, la privatisation des soins, les déserts médicaux… Le système libéral veut nous faire croire qu’il n’y a plus d’argent pour la Sécurité sociale, alors qu’on sait très bien que de l’argent, il y en a. C’est une question de choix politique ! »
Michel Debruyne, syndicaliste CGT
« Cette journée du 17 octobre est importante parce que c’est d’une certaine façon l’aboutissement de convergences revendicatives. Aujourd’hui, on est dans une réalité où la jeunesse pousse un cri de libération. Et ses revendications, quelque part, convergent avec celles du monde du travail. Il est donc important d’essayer de trouver le chemin unitaire pour marcher ensemble. Comme ce samedi, à Brignoles, où l’appel est lancé par la CGT, FSU, Solidaires, Confédération paysanne et aussi la FCPE et l’UPI, pour manifester avec les lycéens. »
Thomas Raso, Co-porte-parole de la Confédération paysanne 05
« À la Conf’, nous sommes en raccord avec les revendications portées le 17 : contre la vie chère et la flambée des prix des carburants. On s’oppose aussi au profiteur de guerre Total, qui fait des milliards de bénéfices sur le dos des usagers. En plus du carburant, pour les agriculteurs, il y a la hausse des prix des engrais, depuis le début de l’année, et c’est de pire en pire cet automne. Ça nous pèse énormément. Notre syndicat défend l’idée que seule l’alliance avec la société civile peut permettre aux agriculteurs de s’en sortir. »
Hélio, étudiant
« Quand l’appel a été lancé, les revendications déjà annoncées témoignaient de la grande précarité qui touche les classes prolétaires. On voit, ce 17 octobre, une grande convergence des luttes avec énormément de profils différents mobilisés. Parmi eux, nous, les jeunes. Déjà en action depuis septembre, sur nos lycées, facultés, écoles et lieux de travail. Nos revendications ne sont pas irréalisables ou stupides comme on pourrait nous le faire croire, mais résultent bel et bien d’un droit à une éducation et à des formations gratuites et non soumises aux inégalités sociales, décentes, ainsi que du droit à un avenir et à un niveau de vie dignes. »
Philippe Sénégas, membre de la Ligue des Droits de l’Homme
« Nous appelons au rassemblement sur plusieurs motifs. D’abord, celui de la solidarité aux mobilisations lycéennes et étudiantes. Leurs revendications nous semblent légitimes. Ensuite, l’affaiblissement considérable des services publics nous semble être un vrai motif de rassemblement, de protestation et de proposition. J’ajouterais une troisième raison : face aux débordements policiers, aux violences qui se sont manifestées récemment, il nous faut rappeler que liberté de manifester, d’exprimer son opinion, est une dimension absolument nécessaire à la démocratie. »
Camille, lycéenne à Bonaparte
« La mobilisation de samedi va permettre d’éviter l’essoufflement du mouvement que nous craignons avec les vacances scolaire et de continuer à se motiver. Nous ne sommes pas liés aux Gilets jaunes et refusons toute récupération, surtout de la part de militants d’extrême droite, mais le fait d’être présent va donner plus de portée à notre voix. Cette date permet de rassembler professeurs, lycéens et d’autres revendications que les nôtres, pour être beaucoup plus nombreux dans les rues. Il est important de réunir des opinions qui convergent vers le fait qu’on rencontre des problèmes sur nos conditions d’études, de travail, de vie. »
Cédric Volait, responsable de la CGT Santé 04
« On a des mobilisations diverses et variées qui émergent, que ce soit sur le climat, les lycéens, des mobilisations plus sociales et syndicalistes, plus citoyennes, Gilets jaunes… Il y a différentes colères qui se multiplient, et en face, on a un pouvoir qui ne répond pas aux attentes, aux revendications. Ce qui manque aujourd’hui, c’est une convergence des différentes colères, qui sont nombreuses. On a besoin d’une mobilisation qui dure, au-delà des journées de mobilisation traditionnelles, on a besoin de continuité entre les différentes mobilisations. »

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