Faron : un livre blanc pour la protection du poumon vert

Prévention des incendies, accès aux pistes forestières, protection des espaces naturels, mise en valeur du patrimoine… L’Association de protection du Faron (ADPF) qui a obtenu le classement du site en 1991, après un long et âpre combat, entend contribuer à un vrai projet de gestion du massif toulonnais. C’est tout le sens du Livre blanc présenté à la presse vendredi matin au sommet du mont toulonnais.

Créée en 1983 pour s’opposer à de nombreux projets de promoteurs qui l’auraient défiguré, l’association n’a jamais cessé de défendre cet espace naturel. Elle veut continuer à sensibiliser et alerter les pouvoirs publics sur les menaces qui continuent de peser sur ce site de 440 hectares de forêt communale et 800 hectares de propriétés privées laissés pour bonne part à l’abandon. Et dénoncer les entorses à la loi qui sont légion. Comme la construction illégale du docteur Viard, un ancien élu Front national de la mairie de Toulon condamné en 1997 et 1998 qui a remis la bâtisse en état de ruine en 1998. Mais qui a rebâti en 2008. Une affaire qui dure depuis 1995.

Le président de l’ADPF Jean-Pierre Calistri a présenté ce Livre blanc comme un outil pour dessiner l’avenir en pointant la nécessité de la mise en place d’un véritable schéma directeur, accompagné d’un plan de gestion forestière à l’échelle du massif afin d’anticiper les risques, organiser les accès et trouver un équilibre entre la sauvegarde de la biodiversité et les interventions indispensables à la sécurité.

L’association souhaite notamment que le droit de préemption soit utilisé pour l’acquisition des parcelles privées afin de faciliter une gestion plus cohérente. Elle appelle aussi à mobiliser les collectivités et les financements susceptibles d’accompagner cette politique.

L’ADPF a pointé que certaines anciennes pistes de défense contre les incendies (DFCI) ne répondent plus aux besoins opérationnels des pompiers. « Les colonnes de véhicules de secours doivent pouvoir faire demi-tour », souligne Jean-Pierre Calistri. Et de poursuivre : « On ne peut pas se rabattre sur une intervention exclusivement aérienne », la nuit les actions devant en effet s’interrompre. Et dans un massif exposé au Mistral, les conséquences pourraient être catastrophiques. L’association plaide donc pour un programme pluriannuel de remise en état de ces pistes, accompagné d’une réflexion sur les réserves d’eau disponibles.

Elle souhaite également que soit étudiée la possibilité d’un Plan de prévention des risques d’incendie de forêt (Prif), susceptible, de renforcer les obligations d’entretien sur certaines parcelles privées.

L’association propose aussi que le Fort Faron vendu à la Ville pour un euro symbolique en 1985 soit entretenu et ouvert au public.

Appelé à disparaître, le zoo, lui aussi, pourrait évoluer en espace pédagogique présentant la faune, la flore et les milieux méditerranéens, et devenir un point de départ pour mieux comprendre le massif.

Le Faron pourrait ainsi raconter davantage son histoire, avec en plus une signalétique adaptée, tout en sensibilisant les visiteurs à la fragilité de son environnement.

Le président d’honneur et fondateur de l’association Michel Bonjardini rappelle enfin qu’un peu plus bas se trouvent des oliveraies et des vignes. Des zones agricoles qui ont fonctionné jusque dans les années 60. Encore une belle idée que seraient des remises en culture pour faire vivre ce mont toulonnais par une production locale estampillée.

La bonne nouvelle, c’est que la municipalité entend aussi, même si on ne connaît pas encore le retour de la consultation publique, préserver durablement ce patrimoine naturel et historique.

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