« Garamaudo est une nouvelle référence internationale de mosasauridé »

La Marseillaise : En quoi cette nouvelle espèce de mosasauridé – « Garamaudo bauciensis » – est-elle importante ?

Thierry Tortosa : Elle est définie à partir d’un nouveau spécimen qui constitue une référence taxinomique à l’international pour les mosasauridés vivant en eau douce. Tous les scientifiques qui découvriront un nouveau fossile de ce cousin éloigné du varan contemporain des dinosaures pourront venir le comparer. Jusqu’à présent, il n’y avait qu’une référence de ce type : une espèce découverte en Hongrie. Garamaudo bauciensis est la deuxième, et nous avons la chance qu’elle soit en Provence.

Que nous apprend-elle sur l’évolution de cet animal ?

T.T. : Elle montre que les mosasauridés adaptés à l’eau douce sont peut-être plus communs qu’on le pensait. De plus, elle combine des caractères primitifs hérités de formes terrestres et d’adaptations à la vie aquatique. Elle conserve des membres lui permettant de se déplacer sur la terre ferme, mais plus réduits, tandis que la densité élevée de ses os indique une adaptation à la vie en eaux peu profondes.

Comment cette évolution a-t-elle eu lieu ?

T.T. : Nous ne connaissons pas assez d’espèces pour le dire. Est-ce que ce sont des mosasauridés marins primitifs qui se sont adaptés à la vie peu profonde en eau douce ? Ou des espèces terrestres qui se sont adaptées à la vie aquatique directement en eau douce ? Durant le Crétacé supérieur, l’Europe est un archipel d’îles et la Provence appartient à une île qui va jusqu’à la péninsule ibérique. Beaucoup d’histoires évolutives sont possibles.

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