« On a vécu beaucoup de péripéties cette année avec notre déménagement du Dock des Suds », rappelle d’emblée Nathalie Solia, directrice de la Fiesta des Suds, au dernier étage de la tour La Marseillaise.
Le point culminant idéal pour observer l’agitation immobilière qui cerne Arenc et les quartiers limitrophes, à deux rues du Dock des Suds. La terre d’adoption pendant plus d’un quart de siècle de Latinissimo, l’association organisatrice de la Fiesta des Suds, qui en a été chassée au printemps dernier par l’établissement public Euroméditerranée pour des projets toujours incertains. Autant de bâtons dans les roues essuyés par l’association Latinissimo et la Fiesta des Suds, dont la 34e édition investit, comme depuis 2018, l’esplanade du J4.
« Même si le monde de la culture connaît un avenir incertain, nous sommes plus déterminés que jamais à proposer des musiques qui rassemblent », résume celle qui est à la tête de cet événement dont les trois coups sonneront jeudi 9 octobre, lors d’une soirée où Morcheeba occupera la tête d’affiche. Depuis la deuxième partie des années 1990, dans la foulée de Massive Attack, un groupe symbolique du trip-hop, genre électro né en Angleterre et habité par des samples de la musique afro-américaine. « Le premier morceau qu’on m’a envoyé était “Call for love”, issu de l’album Escape the Chaos », situe Frédéric André. Sorti cette année pour célébrer les 30 ans du groupe, un opus qui a donné le la de cette édition. Le programmateur de la Fiesta des Suds justifie : « On veut partager des émotions avec le maximum de gens. Depuis que je suis petit, on entend parler que de crises, mais très peu de discours d’un avenir commun ».
Pour reprendre le titre de Morcheeba, un « appel à l’amour » qui infuse le programme avec des artistes telles que la soulwoman Enchantée Julia, ou la mitrailleuse de tendresse rap et punk, Uzi Freyja, toutes deux programmées le premier soir.
également à l’affiche du soir inaugural, Dabeull et ses onze musiciens raviveront la flamme funk des années 1970-1980, inspiré notamment par des groupes style Bar Kays ou Imagination, comme il a pu le confier à RFI. Une ribambelle d’artistes ayant pour dénominateur commun de « procurer de l’émotion au public », dixit Frédéric André, qui énumère encore des messagers du « love » du 10 octobre : le rappeur Youssoupha avec son dernier album Amour suprême, le projet électro-rock maroco-tunisien Aïta mon amour. Sans oublier le guitariste Keziah Jones. Que dire encore de la date du 11 octobre, avec « l’amour en barres » prodigué par Kassav’, groupe antillais qui a préfiguré le zouk en 1980. Une nuit décidément placée sous les auspices du déhanchement de bassin, avec les « ambassadeurs » du Shatta – genre aux lignes de basse puissantes dérivé du dancehall – Blaiz Fayah et Bamby.
« Nous sommes un festival populaire et exigeant. On n’est pas là pour servir de la soupe aux gens sous prétexte qu’un artiste fait beaucoup d’entrées », souligne Frédéric André. Un credo encore plus perceptible le 12 octobre avec « la Fiesta du dimanche », diurne et « plus familiale ». Un événement gratuit irrigué de concerts comme celui de La Cité des minots, avec la chanteuse slovaque et tzigane Marcela, « accompagnée par 80 enfants des écoles Peyssonnel 1 et Malpassé – Les Oliviers », précise Andy Burle, responsable des actions culturelles au Nomad’ Café. « La Fiesta du dimanche est un après-midi de découvertes, musicales mais pas que, avec une ludothèque, des ateliers en tous genres et une grande battle de hip-hop », complète sa chargée de production, Marion Bergé-Lefranc.

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