Le compte à rebours est enclenché, les heures du gouvernement Bayrou sont comptées. Lundi à 15h, le Premier ministre montera à la tribune de l’Assemblée pour demander la confiance des députés. Vers 19h, leur verdict tombera.
Sauf énorme surprise, la sentence est déjà connue : face aux veto annoncés de la gauche et de l’extrême droite, le locataire de Matignon sait que la fin de son bail est imminente. Et ce même si les députés LR se prononceront eux en ordre dispersé, leur chef Laurent Wauquiez ayant donné dimanche matin une « liberté de vote » à son groupe. En contradiction avec l’appel du patron du parti, Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, à soutenir le gouvernement Bayrou (lire page 22).
De son côté, François Bayrou défend sa cause sur tous les plateaux, en insistant sur l’urgence du « surendettement » de la France, qui justifie à ses yeux l’effort budgétaire de 44 milliards d’euros. Message de plus en plus adressé à son successeur, tant le centriste semble s’être résolu à son départ forcé. « Il faudra bien trouver quelqu’un d’autre de toute façon », a-t-il admis samedi soir sur France 5, espérant « que le combat que nous avons mené (…) soit porté, poursuivi et si possible imposé ». Charge au chef de l’État de trouver le profil idoine.
Pour l’heure, Emmanuel Macron « n’a pas tout à fait décidé » et « cherche encore la bonne solution sur le casting comme sur le fond », glisse un visiteur de l’Élysée. Dans l’entourage du président, peu envisagent toutefois qu’il nomme le socialiste Olivier Faure, qui a revendiqué en début de semaine « les places gouvernementales aujourd’hui occupées » par la droite et le centre.
Mais le premier secrétaire du PS doit aussi tenir compte du refus farouche des insoumis d’accompagner sa stratégie, qualifiée d’« escroquerie ». Dénonçant « la grande tambouille » de « la coalition de tout et n’importe quoi », Jean-Luc Mélenchon a prévenu samedi : « Nous ne sommes candidats à aucune autre place, sinon à la première pour tout changer. » Tourné vers l’élection suprême, le triple candidat malheureux à la présidentielle rêve d’en provoquer une autre avant 2027, grâce à la motion de destitution que les députés LFI s’apprêtent à déposer. Avec l’intention affichée de s’appuyer sur la colère sociale pour précipiter les événements, dès mercredi avec le mouvement « Bloquons tout », puis avec la mobilisation syndicale du 18 septembre.
« Ce n’est pas une question de casting, mais de politique de fonds », a martelé dimanche encore Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT qui soutient la mobilisation du 10 septembre et s’inscrit en fer de lance de la journée du 18. « Il y en a assez des manœuvres politiciennes et des tentatives de passer en force par Emmanuel Macron, dont le seul objectif c’est de maintenir sa politique », a-t-elle ajouté. Pour les plus riches.
« Ce n’est pas une question de casting mais de politique
de fond. »

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