Tag: François Bayrou

  • À Toulon, une mobilisation le 16 juin pour que le 1er mai reste sanctuarisé

    À Toulon, une mobilisation le 16 juin pour que le 1er mai reste sanctuarisé

    Voilà 137 ans que la IIe internationale socialiste, réunie à Paris le 20 juillet 1889, a décidé de faire du 1er mai une journée de manifestation dédiée aux droits des travailleurs. Sanctuarisée au fil du temps, elle devint un jour férié et chômé en France en 1946, et est célébrée dans le monde entier en tant que Journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs.

    Une loi « au nom du profit »

    Sauf que cet acquis est aujourd’hui remis en cause. Il l’a d’abord été de manière diffuse par François Bayrou, qui, alors Premier ministre, proposait en juillet 2025 de supprimer deux jours fériés, sans les cibler précisément, pour générer des recettes supplémentaires dans le cadre du projet de budget 2026. En avril, son successeur, Sébastien Lecornu, a remis l’idée sur la table en autorisant « les boulangers indépendants artisans, les fleuristes indépendants artisans (à) ouvrir ce 1er-Mai ». De quoi ouvrir une brèche, après avoir repoussé, sous la pression syndicale, un projet de loi. C’est une proposition de loi qui sera examinée par le Sénat ce 16 juin examinera. Si elle se limite aux boulangers et fleuristes, le danger de la généralisation est réel.

    De quoi susciter la colère de l’intersyndicale Unsa-CGT-Solidaires-FSU dans le Var. « Après les retraites, les droits sociaux et les services publics, le gouvernement veut banaliser le travail le 1er-Mai au nom du profit et des lobbies économiques », dénonce-t-elle, appelant à se mobiliser ce même jour, à 12h, devant les locaux de l’Union patronale du Var.

    « Faire travailler davantage celles et ceux qui peinent à boucler les fins de mois ne répond en rien à l’explosion des prix [..], aux salaires qui stagnent et à la précarité qui gagne du terrain », pointent les syndicats, qui dénoncent également les manœuvres de « l’extrême droite, [qui] tente de détourner la colère sociale en désignant des boucs émissaires et en essayant de se mettre dans la poche du patronat. Elle vote contre les intérêts des salariés, les droits syndicaux, les solidarités ». Avant de conclure : « Le progrès social se construit par l’unité des travailleurs, pas par la division ! »

  • Pour les patrons, la stabilité plus que la réforme ?

    Pour les patrons, la stabilité plus que la réforme ?

    Face à l’incertitude politique, Patrick Martin avait tiré la sonnette d’alarme, lundi, inquiet du décrochage économique de la France. Le président du Medef, qui a ajourné son meeting contre la taxe Zucman du 13 octobre après la démission de Sébastien Lecornu, déplorait des « débats hors sol » et appelait à « une prise de conscience collective » de la classe politique. « Les incertitudes engendrées par cette instabilité et le manque de visibilité ne sont pas propices au développement du business », abonde Jean-Luc Chauvin, le président de la CCI Aix-Marseille-Provence. « Cette instabilité pèse lourdement sur l’économie réelle. Les chefs d’entreprise, notamment les TPE et PME, manquent de visibilité et d’anticipation », note de son côté Alain Gargani, le président de la CPME Sud, pointant les incertitudes fiscales, les changements d’aides publiques, les tensions sur la trésorerie ou des délais de paiement qui s’allongent en même temps que se durcissent les conditions d’accès au crédit. « Il devient très difficile de prendre des décisions stratégiques », reprend celui-ci.

    Si le coût de « l’indécision politique » chiffré « à 9 milliards de produit intérieur brut » par Patrick Martin le mettait en colère, celui de la suspension de la réforme, estimé à « des centaines de millions en 2026 et des milliards en 2027 » par le ministre de l’Économie démissionnaire Roland Lescure, semble moins l’effrayer. Au printemps, les patrons n’avaient pourtant rien lâché lors du conclave organisé par François Bayrou. « Notre intérêt direct, ce n’est pas ça. Aucune entreprise ne se battra pour la réforme des retraites », glisse le patron du Medef. « Mais on est responsable et on prend en compte les effets macroéconomiques. On a des déficits publics astronomiques et il faudrait, à ce moment-là, suspendre la réforme ? » Pour Amir Reza Tofighi, président de la CPME, la suspension de la réforme des retraites est un sujet de débat pour la présidentielle de 2027 : « Il faut faire attention aux compromis qui coûteront très très cher à la nation demain. »

    À l’Union des entreprises de proximité, qui « a toujours été favorable » à la réforme, Catherine Vales se montre pragmatique. Si dans le « chaos actuel » sa suspension peut « apaiser les tensions politiques », la présidente de l’U2P 13 estime que cela ne changera rien à long terme, mais concède : « Les petites entreprises, artisans, commerçants et professionnels libéraux n’en peuvent plus de supporter ces crises et de payer pour les atermoiements des gouvernements qui se succèdent à la vitesse de l’éclair. Nous prônons la solution qui apportera la stabilité dont notre pays à besoin et durablement. »

  • « Avec Lecornu, on est sur de la cosmétique sur le plan économique »

    « Avec Lecornu, on est sur de la cosmétique sur le plan économique »

    ENTRETIEN

    La Marseillaise : Depuis 2023, c’est la première fois que l’intersyndicale est réunie. Faut-il y voir le signe d’un mouvement social qui va durer ?

    Serge Ragazzacci : En tout cas on le souhaite. Pour cette première journée, on a eu 55 appels à la grève public/privé. Ce qui est sûr, c’est que les annonces de Bayrou le 15 juillet, qui faisaient suite au naufrage du Conclave sur les retraites, ont tout de suite créé les conditions de l’unité syndicale qui manquait depuis deux ans. Ça a été un détonateur. De la même manière qu’il n’avait pas appelé les partis politiques, Bayrou n’a pas consulté les syndicats de salariés. Tout le monde a parlé de la suppression des deux jours fériés mais il y a aussi la énième réforme de l’Assurance chômage, la question du déremboursement des médicaments avec les retraités – les « boomers » – pointés du doigt. Sans oublier la remise en cause de la monétisation de la 5e semaine de congés payés, des 35 heures… Sur ce budget, on est sur tout ce qui peut remettre en cause les conquêtes sociales des 50 dernières années.

    Cela signifie qu’après avoir accusé le coup en 2024, le moral des troupes syndicales est regonflé à bloc ?

    S.R. : Il y a eu un moment de flottement avec le passage de Bayrou. Mais tout le monde a compris que c’était pour maintenir le même cap, notamment la réforme des retraites qui est le catalyseur de toutes les colères depuis 2023. C’est cette réforme qui a conduit à la chute des différents gouvernements et a conduit aux échecs électoraux de la macronie et de ses soutiens. En tête de la plateforme revendicative figure toujours l’abandon de la réforme des retraites à 64 ans.

    La chute de Bayrou change-t-elle la donne ?

    S.R. : Son plan d’austérité n’est pas caduc. Pour l’instant la seule assurance que l’on a, c’est le renoncement à la suppression des deux jours fériés. Tout en réclamant de demander aux syndicats de trouver des rentrées d’argent. Pour le reste, il n’y a pas d’abandon global, c’est pour cela qu’on appelle à la mobilisation. On reste dans la même veine. Ils ont sorti les boucliers et les défenses anti-aériennes pour défendre les intérêts des plus riches via les 211 milliards d’euros annuels d’aides aux entreprises sans aucun contrôle ni contrepartie. Depuis quelques semaines, c’est haro sur la taxe Zucman [2% d’imposition sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros, Ndlr], dont on nous dit qu’elle générerait le départ des plus grandes fortunes qui se sont gavées comme jamais. Ils oublient qu’on est champions d’Europe de réversion des dividendes. La taxe Zucman, ce serait vraiment le minimum. Les pauvres, eux, sont toujours suspects. Comme s’ils allaient s’acheter des voitures de luxe et des Rolex avec leur allocation de rentrée scolaire. Contrôler ces 211 milliards aux entreprises par contre ce serait une atteinte à la liberté. Je constate qu’à ce jour, à part nous, personne au gouvernement ne parle des fermetures de boîtes et des licenciements alors même que 300 000 emplois sont sur la sellette. Bayrou s’en foutait et pour l’instant, Lecornu n’en parle pas.

    Sébastien Lecornu tente d’envoyer des signaux (jours fériés maintenus, fin des « privilèges à vie » des ministres). Cela va-t-il dans le bon sens ou est-ce de la poudre aux yeux ?

    S.R. : J’ai l’impression qu’on est sur de la cosmétique sur le plan économique. On parle d’un côté de ponctionner 40 milliards sur le dos du monde du travail et de l’autre de quelques millions d’euros… Il n’y a pas de commune mesure. Si c’est pour retirer des privilèges à 15 personnes pour justifier d’aller en massacrer des millions d’autres à coups de déremboursements médicaux et de remise en cause de l’emploi, on se rendra vite compte de la limite de l’effet d’annonce. Le sujet principal de notre pays, c’est que les salaires et les pensions n’ont pas été revalorisés, on n’a pas retrouvé le niveau de 2020. Le pouvoir d’achat reste une revendication essentielle. Si on veut remplir les caisses de la Sécu, la question des salaires et de l’égalité entre les femmes et les hommes, qui rapporteraient 6 milliards d’euros, fait partie de la solution. Des gens peinent à finir le mois. Si on veut relancer l’économie, il faut relancer la consommation, en recul avec l’inflation, la hausse des coûts de l’énergie avec par exemple la hausse de la TVA sur le gaz. Les gens continuent à perdre du pouvoir d’achat alors que les plus riches continuent de voir leur fortune augmenter. En 30 ans, le PIB de la France a été multiplié par deux mais pas le Smic. Les 500 plus grandes fortunes possédaient 9% de la richesse nationale, elles en contrôlent aujourd’hui 42%. Je pense qu’on peut leur en prendre un peu.

    L’autre enjeu, c’est celui des services publics. La CGT donnera d’ailleurs des suites le 9 octobre avec une mobilisation nationale et dans l’Hérault sur les questions de santé et de Sécurité sociale. Du côté de l’intersyndicale, il y aura bien sûr des suites au 18 septembre…

    Si le mouvement citoyen « Bloquons tout » rebondit, l’intersyndicale envisage-t-elle des actions communes ?

    S.R. : Le 10 septembre, il n’y a pas eu que « Bloquons tout ». Ce mouvement ne souhaitait pas d’élargissement syndical mais à Béziers, Bédarieux ou Lodève, comme il ne se passait rien, la CGT avait déclaré un rassemblement. Ici ou là, on a déjà eu des contacts. On est sur un mouvement hybride. On n’est pas dans la situation des Gilets jaunes.

  • « Cette politique de l’offre ne marche pas »

    « Cette politique de l’offre ne marche pas »

    La Marseillaise : Quel est votre regard sur la mobilisation « Bloquons tout » du 10 septembre de laquelle Force ouvrière s’est tenue à distance ?

    Frédéric Souillot : On n’oppose pas les mobilisations. « Bloquons tout » était une mobilisation citoyenne, j’y ai d’ailleurs vu peu de revendications syndicales mais nous avions décidé que notre mobilisation serait le 18, et j’y ai appelé, sans m’opposer à ceux qui souhaitaient manifester le 10. Ce serait schizophrène pour un responsable syndical.

    Le succès du 10 septembre donne une dynamique à l’intersyndicale dans le cadre de cet appel au 18 septembre ?

    F. S. : Oui mais des mobilisations, il y en a tous les jours. Je pourrais parler de celle des salariés de Biscuits International en grève le 11 et qui ont obtenu ce qu’ils revendiquaient. Ce mardi, il y a une marche en Loire-Atlantique, en direction des ARS contre les courriers d’économie sur l’hôpital public. FO a déposé un préavis de grève du 1er septembre au 30 novembre parce que les mobilisations construisent celles du 18 à laquelle ne manque aucune organisation.

    Cette intersyndicale vous rappelle celle de 2023 contre les retraites ? Vous sentez la même dynamique ?

    F. S. : Il est écrit sur la feuille de route que m’ont donnée les syndicats au congrès qui m’a mis en place en 2022 : l’unité la plus large possible. Et bien là, en termes d’organisation syndicale elle ne peut pas l’être plus. Et pour Force ouvrière, j’ai appelé à la grève reconductible à partir du 18. Donc il va y avoir des AG le soir, il y en a déjà qui se déroulent avant la mobilisation, pour savoir ce que l’on fait après.

    Vous appelez à la grève reconductible, qu’est-ce qui justifie une telle intensité dans la mobilisation ?

    F. S. : Pour éviter le concours Lépine des mauvaises idées, et qu’à chaque fois on présente juste la facture aux travailleurs. Que dit le communiqué intersyndical ? On veut plus de justice fiscale, plus de justice sociale et la fin des budgets d’austérité.

    Et ça nécessite quelque chose de fort ?

    F. S. : Oui, il faut montrer à ceux qui réfléchissent au budget qu’on n’est pas d’accord avec ces budgets d’austérité.

    Pourquoi n’avoir pas rencontré Sébastien Lecornu avant le 18 ?

    F. S. : Parce que je ne souhaitais pas que ça brouille les ondes vis-à-vis de ceux que nous appelons à se mobiliser, notamment par la grève et par la grève reconductible. Et puis on ne me demande pas mon avis, quand on choisit un Premier ministre. Je rencontrerai Sébastien Lecornu après, je vous l’annonce, ce sera le 22 septembre.

    Avec quelles revendications, sans déflorer ce que vous allez lui dire ?

    F. S. : Plus de justice fiscale, plus de justice sociale et l’abandon du projet de budget d’austérité de François Bayrou.

    La réforme des retraites et le retour aux 62 ans, est aussi une condition obligatoire pour discuter ?

    F. S. : La revendication de FO, reste l’abrogation de cette réforme, aujourd’hui encore plus qu’hier. Nous avions 49,7% de ceux qui liquidaient leurs retraites qui n’étaient plus en emploi, on est passé à 50,3%. Comme quoi, cette réforme ne répond à rien. Nous ne sommes pas assez nombreux à travailler : on a le plus bas taux d’emploi des 15-25 ans et des 55-64, selon la norme OCDE. Il faut trouver des solutions pour contribuer à la cohésion sociale de la République.

    Vous parlez d’un « budget de la violence sociale ». Qu’est-ce qui incarne cette brutalité ?

    F. S. : Elle vient du fait que la facture est juste présentée aux travailleurs. Les deux jours fériés n’étaient qu’un chiffon rouge, car dans le même temps sur l’assurance chômage, on nous demande de réduire encore les droits des demandeurs d’emploi, de responsabiliser les travailleurs en affection longue durée, de multiplier par deux les jours de carence… ça s’appelle de la violence sociale. Les aides publiques aux entreprises, on n’est pas contre mais on veut juste que la première condition ce soit l’emploi. Quand le patron de Total dit « j’ai touché par an 4 milliards de CICE, je n’en avais pas besoin, je peux les rendre », allons-y. Quand on verse des dividendes aux actionnaires, je ne parle pas de bénéfices, on n’a pas besoin d’aides publiques. L’allègement général de cotisation jusqu’à 1,6 Smic va continuer de paupériser les salariés. Cette violence sociale est toujours là.

    Sur les salaires et le pouvoir d’achat, quelles mesures vous défendriez ?

    F. S. : La consommation des ménages, c’est 56% de notre produit intérieur brut et quand ils ont de l’argent, ils consomment. Donc augmenter les salaires avec le dégel du point d’indice pour les fonctionnaires qui représentent 20% de l’effectif salarié en France, et un coup de pouce au Smic.

    Réduire les avantages des Premiers ministres, ce n’est pas un peu une mesure cosmétique ?

    F. S. : Économiquement, c’est cosmétique. Mais c’est juste montrer l’exemple par le haut. C’est la même chose sur la justice fiscale et la remise en place de l’impôt progressif pour que les plus grosses fortunes et patrimoines soient amenés à contribuer. C’est 1 800 familles en France et tous les ans, on atteint un nouveau plafond record. C’est la multiplication des dividendes aux actionnaires… La politique de l’offre ne marche pas.

    Vous êtes en meeting à Marseille, ce 16 septembre pour leur dire quoi ?

    F. S. : Depuis 2022, je fais ma rentrée dans la plus grande Union départementale de Force ouvrière. Je vais dire tout cela, appeler à la mobilisation, expliquer les choses, rappeler qu’en 2017 notre Sécurité sociale était à l’équilibre et que c’est cette politique de l’offre qui a démonté nos systèmes de protection sociale collective.

    Un mot sur le contexte marseillais avec cette scission chez les territoriaux de FO. Quelle est votre position ?

    F. S. : Certains pensent représenter le syndicat mais le culte de la personnalité n’a jamais rien apporté à personne et surtout pas aux travailleurs qu’il représente.

  • « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent »

    « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent »

    Vivre bien de son travail et être au service des usagers : les travailleurs du secteur de l’énergie, en grève depuis le 2 septembre, notamment à Marseille, conjuguent défense des salaires et du pouvoir d’achat. Un combat essentiel alors que, comme l’a révélé
    le Secours populaire, 39% des Français ont du mal à payer leur facture d’électricité.

    Cette lutte, déterminée et joyeuse, pétrie de générosité et de solidarité, les énergéticiens l’inscrivent dans la durée, au moins jusqu’au 18 septembre. Une journée où l’ensemble des syndicats appellent à
    la grève, dans les entreprises et les services publics, et aux manifestations dans la rue.

    Provocation

    Une date décidée après l’annonce, au mitan de l’été, d’un budget 2026 frappé du sceau de l’austérité : quelque 44 milliards d’euros d’économies à trouver au prétexte d’une dette insoutenable selon l’ex-Premier ministre François Bayrou, remplacé cette semaine par un macroniste pur jus, Sébastien Lecornu, ex-ministre des armées.

    Cette antienne de la dette est une provocation inouïe pour les travailleurs et leurs représentants. Elle est aussi l’illustration de l’échec cuisant de la politique pro-business d’Emmanuel Macron. Car l’assèchement des budgets publics et, par conséquent
    le creusement de la dette publique, sont
    le direct des cadeaux fiscaux faramineux aux possédants, au détriment des travailleurs.

    En réponse,
    le mouvement social, méprisé par la macronie, exige la justice sociale, la justice fiscale et veut faire plier ce pouvoir minoritaire. Il incarne parmi les plus beaux vers de Victor Hugo : « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent. »

  • « Le présidentialisme est la cause de la crise de régime »

    « Le présidentialisme est la cause de la crise de régime »

    La Marseillaise : Pourquoi François Bayrou s’est-il fait hara-kiri ? Est-ce une demande du président Macron ?

    Paul Alliès : Je ne suis pas dans les secrets présidentiels ni gouvernementaux. Je me souviens de l’épisode de l’installation de Bayrou qui s’est imposé à Macron qui n’en voulait pas. Le résultat est pathétique, sa gestion sur la forme comme sur le fond est ridicule. C’est 9 mois d’une baudruche qui se dégonfle. Bayrou a été inventé par l’élection présidentielle [2002, 2007, 2012, Ndlr], sinon il n’aurait pas existé. On a cette habitude en France où ceux qui échouent reviennent deux ou trois fois. La présidentielle rend tout le monde fou. Autour de l’idée de « l’extrême centre », on réinvente sans cesse l’idée d’un homme qui réconcilierait les extrêmes ou les évacuerait hors du champ politique mais c’est l’échec total. Macron a choisi des Premiers ministres issus des plus petites formations de l’Assemblée nationale, plutôt que le Nouveau Front populaire arrivé en tête le 7 juillet 2024. Ça a été le début de l’aveu d’une crise de régime.

    Pourquoi n’est-ce pas une énième crise politique mais une véritable crise de régime ?

    P.A. : Pour trois raisons. D’abord on a une Constitution bonapartiste qui a prouvé qu’elle est élastique et qui a promu le Président de la République au sommet de tous les pouvoirs. Premier problème : nous n’avons plus de Bonaparte, de de Gaulle ou de Mitterrand, qui ont épousé l’habit présidentiel, pour occuper un tel statut. Macron est un nain par rapport à ces figures présidentielles ! Deuxièmement, nous n’avons pas comme aux États-Unis par exemple, un système équilibré avec des contre-pouvoirs. En France, le président peut tout faire, tout déséquilibrer. On s’en aperçoit depuis un an mais cela ne date pas d’hier. À cela s’ajoute un usage abusif par le chef de l’État des dispositions constitutionnelles : la dissolution, la nomination du Premier ministre, le sursis de 2 mois accordé à Gabriel Attal… Le mal a été aggravé. Enfin, on a un blocage du pays par le haut, par un présidentialisme augmenté sans précédent. Prétendre qu’il n’y a pas de crise de régime parce qu’il reste des pouvoirs dans les mains du président de la République, c’est se tromper de thermomètre ! Le présidentialisme est la cause de la crise de régime. Le pays ne supporte plus cette situation. Ce régime ne peut plus contenir la société qu’il doit gérer.

    Le tripartisme d’aujourd’hui accroît-il le besoin de refonte
    de notre constitution
     ?

    P.A. : C’est parfaitement vrai. Il y a un état de sénescence du régime politique de la Ve République qui a été créée, écrite et mise en pratique à une époque révolue (1958). Nous sommes les seuls en Europe à avoir un système aussi archaïque et exotique. Aucun membre de l’Union européenne ne pratique ainsi le présidentialisme où le Parlement n’existe pas. Prenez l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne même la Pologne ou la Hongrie : ils ne peuvent pas connaître une crise telle que nous la connaissons. Il y a des solutions parlementaires, avec des pouvoirs donnés au Parlement et au gouvernement qui en est issu. De sorte que leurs Premiers ministres peuvent trouver des compromis. La culture du compromis est rendue possible ou pas par les institutions. Comment voulez-vous que cela soit possible en France ? Le scrutin majoritaire à deux tours est la pire des choses. Cela fait des décennies qu’on réclame une proportionnelle, Bayrou aussi et il n’a rien fait alors qu’une simple loi suffit. Là vous avez un système qui sélectionne les candidats avec les partis, passent des accords programmatiques qui empêchent tout compromis avant la Présidentielle. Or, aujourd’hui, (avec le tripartisme), il n’y a plus de majorité. Emmanuel Macron peut dissoudre mais cela ne changerait rien, à moins que le RN n’obtienne la majorité absolue. Ce serait encore pire. Le droit de dissolution a changé de nature, Macron l’a enterré.

    La Ve République pourrait-elle constituer elle-même un danger pour la démocratie dans les mains de l’extrême droite ? On pense à l’article 16 sur les pleins pouvoirs au président…

    P.A. : La seule qui depuis deux élections se pose en défenseuse inconditionnelle de la Ve République, c’est Marine Le Pen. Elle répète qu’on a le meilleur régime politique au monde. Elle s’active comme Sarkozy qui banalise le RN pour faciliter l’accès de Bardella à Matignon. Le Pen fait l’apologie de la Ve République et a 16 projets de révision de la Constitution pour transformer le régime présidentialiste en régime hyper-présidentialiste, autoritaire, accéléré par la crise que nous vivons.

    Comment une VIe République pourrait-elle rééquilibrer les pouvoirs et protéger la démocratie et les droits fondamentaux ?

    P.A. : Avant d’évoquer la VIe République, il y a deux articles de notre Constitution à modifier qui changeraient beaucoup de choses, notamment à cette crise de régime. L’article 8 empêche que l’Assemblée fasse elle-même le choix du Premier ministre, c’est un pouvoir discrétionnaire et exclusif du président qui choisit en grand seigneur, en monarque. Et ensuite, c’est le président qui gouverne ! Le Parlement doit choisir le Premier ministre. Et quand il vote la défiance, proposer le nom d’un remplaçant. De même, la révocation du Premier ministre doit revenir à l’Assemblée. Deuxièmement, l’article 12. Là encore, la dissolution ne doit pas être à la discrétion totale du chef de l’État qui peut en faire une menace, un chantage vis-à-vis de l’Assemblée.

    La VIe République est un vaste sujet que l’on avait travaillé avec Arnaud Montebourg. On souhaitait la promouvoir à partir de la présidentielle, sans supprimer l’élection du président au suffrage universel direct, comme dans 12 pays européens, avec un régime parlementaire derrière. La demande de la société est telle qu’il faut trouver des médiations, des structures intermédiaires de pouvoir, de véritables référendums d’initiative citoyenne. Le problème c’est comment passe-t-on à la VIe République ? Mélenchon fait du tam-tam dessus, c’est devenu un programme pour les jours de fête où lui gouvernerait pendant 6 ans le temps de changer de régime. Le slogan VIe République est devenu un cache-sexe de pratiques pas toujours démocratiques. À l’entendre, c’est lui ou les fachos. LFI repart sur la voie de la destitution qui, en réalité, est impraticable. Le seul cas d’un départ de Macron avant la fin ce serait la démission que seul de Gaulle avait incarnée.

    La pression de la rue peut-elle obliger Macron à enfin changer de politique voire à quitter son poste ?

    P.A. : La psychologie de Macron est très particulière. On l’a vu pendant les Gilets jaunes. À chaque issue possible par le compromis, il prend la voie inverse. S’il y avait un mouvement social important comme pour les retraites -pas besoin du grand soir- alors je pense que Macron, qui ne pourrait plus faire passer ses oukases, ses petits trafics à l’Assemblée avec son micro parti, devrait démissionner.

    « La France est le seul pays en Europe avec un système aussi archaïque »

  • La rupture est dans la rue

    La rupture est dans la rue

    Des centaines de manifestations, occupations de ronds-points, piquets de grève dans les entreprises publiques et privées, blocages de collèges, lycées et universités, pacifiques et responsables dans leur écrasante majorité, ont donné le coup d’envoi, partout en France et massivement dans notre région, de l’irruption dans le débat public de la question sociale et de l’exigence d’une réponse à la hauteur : la justice sociale après huit ans de politique macroniste, honnie et impopulaire tant son caractère ultra-libéral a appauvri les ménages.

    Huit années terribles pour le monde du travail et la cohésion de la société. La réforme inique des retraites, passée en force au mépris de son rejet par les Français, demeure l’acte le plus sombre d’une politique du chaos tournée vers les plus aisés et contre les citoyens.

    Rompre avec la régression sociale

    Mais la macronie a-t-elle entendu ? Nous pouvons sérieusement en douter avec la nomination à Matignon de Sébastien Lecornu, ministre balayé comme François Bayrou après le refus de la confiance, le 8 septembre.

    Le nouveau Premier ministre n’a pas eu un mot, ce mercredi, pour les mobilisations populaires. Il a néanmoins déclaré qu’« il va falloir des ruptures, et pas que sur la forme, et pas que dans la méthode, des ruptures aussi sur le fond. » S’il n’a pas été plus loquace, la rue, elle, lui a envoyé un message limpide : « Oui » pour rompre avec cette politique de régression sociale que Sébastien Lecornu soutient depuis 2017. Sa nomination a donné du carburant au mouvement social qui entend s’inscrire dans la durée. Aujourd’hui, la rupture est dans la rue.

  • Sébastien Lecornu consulte à défaut de pouvoir gouverner

    Sébastien Lecornu consulte à défaut de pouvoir gouverner

    Un premier ministre défait devant l’Assemblée nationale, François Bayrou, a donc passé les clés de Matignon à un de ses ministres démissionnaires, Sébastien Lecornu, mercredi. L’ex-ministre des Armées, macroniste de la première heure, avait été nommé la veille par Emmanuel Macron, retranché à l’Élysée.

    « L’instabilité politique commande à l’humilité et à la sobriété », a déclaré, faussement modeste, le nouveau Premier ministre, lors de la passation entre ces deux soutiens historiques du locataire de l’Élysée, au cours d’une prise de parole de trois minutes. Un signe de fébrilité ? Au même moment, des manifestations se déroulaient sur tout le territoire dans le cadre du mouvement « Bloquons-tout » contre la politique antisociale d’Emmanuel Macron.

    « On va y arriver, il n’y a pas de chemin impossible », a ajouté Sébastien Lecornu, conscient de ne pas disposer, comme son prédécesseur, de majorité à l’Assemblée nationale.

    « Des ruptures sur le fond »

    Sans développer sa pensée, il a annoncé « des ruptures sur le fond » et des changements « dans la manière de travailler avec nos oppositions ». Il a aussi dit vouloir s’attaquer « au décalage entre la vie politique du pays et la vie réelle » qui devient « préoccupant ». Mais il n’a pas eu un mot pour le mouvement social en cours ni évoqué le prochain budget, dont les grandes lignes ont été dévoilées le 15 juillet par François Bayrou, avec 44 milliards de coupes budgétaires. C’est sur la base de cette cure d’austérité que le président du Modem a chuté, le 8 septembre, en engageant sa responsabilité devant les députés.

    Le premier geste politique du 5e Premier ministre de ce second quinquennat a été de débuter par des tractations avec ses soutiens, issus d’un « socle commun » de plus en plus fragilisé. Il a ainsi reçu, mercredi après-midi, Gabriel Attal, secrétaire général du parti Renaissance et président du groupe des députés Ensemble pour la République. En dépit de ses rancœurs envers le chef de l’État, qui l’avait débarqué sans ménagement de Matignon en décidant de dissoudre l’Assemblée nationale, le 9 juin 2024, Attal a assuré le Premier ministre, dès sa nomination, de son entier soutien : « Il est essentiel que les forces politiques se mettent autour de la table pour donner un budget à la France, assurer une stabilité pour les 18 prochains mois et garantir le respect de l’ordre dans notre pays. »

    Ont suivi dans le bureau de Matignon, Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains, ministre de l’Intérieur démissionnaire, et Laurent Wauquiez, président du groupe LR à l’Assemblée nationale. Deux hommes qui représentent un parti dont la moitié des députés a refusé la confiance à Bayrou. Retailleau, qui tient à rester place Bauveau, sort affaibli de cette fronde des députés de droite.

    Dans la foulée, le nouveau Premier ministre a aussi déroulé le tapis rouge à un ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe, aujourd’hui président du parti Horizons et dont les ambitions présidentielles sont limpides. « Sébastien Lecornu me paraît avoir les qualités pour essayer d’amener autour de la table des gens qui ne feront pas exactement ce qu’ils souhaitent, mais qui pourront s’entendre pour éviter que la France aille plus mal. » a-t-il déclaré, le 9 septembre, sur TF1. Sur le fond, la politique pro-riches n’est remise en cause par aucune des formations du socle commun.

    Les gauches prêtes

    à censurer

    Pour ne pas immédiatement sauter, Sébastien Lecornu va devoir composer avec les gauches et notamment le PS. Il recevra les représentants des partis et des groupes de gauche (pour l’heure la FI ne serait pas invitée) dans les prochains jours. Si c’est pour nous dire que “tout change pour que rien ne change”, nous censurerons », prévient le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Pour arracher la passivité des socialistes, Lecornu fera-t-il des concessions ? Le choix d’Emmanuel Macron de le nommer à Matignon ne semble pas le suggérer. Quant à l’extrême droite, Jordan Bardella dit attendre « une rupture » et n’agite pas de censure a priori, mais avance l’obsession de son parti en demandant le durcissement de la politique migratoire.

    Les syndicats seront aussi reçus. Ils comptent s’appuyer sur le mouvement social, amorcé ce mercredi et qui se poursuivra le 18 septembre, pour exiger la justice sociale pour tous et la fin de l’austérité.

  • Bayrou-Lecornu : une passation en pleine tempête sociale

    Bayrou-Lecornu : une passation en pleine tempête sociale

    Renversé par l’Assemblée nationale lundi 8 septembre, François Bayrou a quitté Matignon ce mercredi 10 septembre en fin de matinée en laissant les clés au nouveau locataire, Sébastien Lecornu. L’ancien ministre des Armées, macroniste de la première heure, avait été nommé mardi par Emmanuel Macron. « L’instabilité politique commande à l’humilité, à la sobriété », a déclaré le nouveau premier ministre lors d’une allocution éclair alors que des manifestations se déroulent dans tout le territoire dans le cadre du mouvement « bloquons tout » contre la politique d’Emmanuel Macron.

    « On va y arriver, il n’y a pas de chemin impossible », a ajouté Sébastien Lecornu, conscient de ne pas disposer, comme son prédécesseur, de majorité à l’Assemblée nationale. Sans entrer dans les détails, Sébastien Lecornu a annoncé « des ruptures sur le fond » et des changements « dans la manière de travailler avec nos oppositions ».

    Sébastien Lecornu devait recevoir mercredi après-midi les responsables des partis du « socle commun » : à 14h30, Gabriel Attal, secrétaire général du parti Renaissance et président du groupe des députés Ensemble pour la République ; à 15h30, Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains, ministre de l’Intérieur démissionnaire et Laurent Wauquiez, président du groupe LR à l’Assemblée nationale. Dans la foulée, le premier ministre recevra également Edouard Philippe, président du parti Horizons. Les représentants des partis et des groupes de gauche au parlement devraient aussi être reçus dans les prochains jours ainsi que les représentants des syndicats et du patronat. C’est à l’issue de ces consultations que le locataire de Matignon, le 7e depuis 2017, le 5e depuis le second quinquennat, proposera son gouvernement à Emmanuel Macron.

  • Macron maintient son cap et nomme Lecornu à Matignon

    Macron maintient son cap et nomme Lecornu à Matignon

    Venu de la droite, fidèle de Macron depuis son entrée au gouvernement en 2017, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a été nommé Premier ministre par Emmanuel Macron, mardi peu avant 20 heures, François Bayrou ayant déposé sa démission en début d’après-midi. Un François Bayrou qui lui avait d’ailleurs « soufflé » le poste en décembre dernier, menaçant le président de la République de retirer les centristes du fragile camp présidentiel s’il n’accédait pas à Matignon. Neuf mois après, les désirs macronistes s’accomplissent. La passation de pouvoirs aura lieu, aujourd’hui, à 12h.

    Emmanuel Macron « l’a chargé de consulter les forces politiques représentées au Parlement en vue d’adopter un budget pour la Nation et bâtir les accords indispensables aux décisions des prochains mois.
    à la suite de ces discussions, il appartiendra au nouveau Premier ministre de proposer un gouvernement au président de la République », précise la présidence dans un communiqué.

    « Le Président tire la dernière cartouche du macronisme, bunkerisé avec son petit carré de fidèles », a immédiatement réagi Marine Le Pen sur X. Un agacement de façade. Car Sébastien Lecornu coche bien la case d’acceptabilité par l’extrême droite, avec laquelle il a de réguliers rendez-vous comme l’a révélé Le Canard enchaîné en avril dernier, pointant un dîner officiel à l’Hôtel du ministère des Armées et mentionnant d’autres rencontres plus officieuses. Comme il séduit la droite, dont il est originaire. Le chef des Républicains, Bruno Retailleau, a d’ailleurs immédiatement dit qu’il souhaitait « trouver des accords » avec le nouveau Premier ministre.

    Proche de Darmanin

    Proche de Gérald Darmanin et d’Édouard Philippe, il revendique comme fait d’arme d’avoir fait adopter, à la quasi-unanimité, la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030, en hausse de 40% par rapport à la précédente. Originaire de Normandie, petit-fils de résistant, il a un temps pensé faire Saint-Cyr, mais s’est lancé très jeune en politique. Sa carrière a débuté à droite, à l’UMP puis chez les Républicains (LR), battant plusieurs records de précocité. Assistant parlementaire à 19 ans, il devient en 2008 le plus jeune conseiller dans un cabinet ministériel – celui de Bruno Le Maire aux Affaires européennes – puis en 2015, le plus jeune président d’un Département, l’Eure, devenu un fief puissant de l’extrême droite, après avoir été maire de sa ville, Vernon. Propulsé au gouvernement à 31 ans, il passe par plusieurs ministères : l’écologie, les Collectivités, l’Outre-mer, puis les Armées.

    « Ses jours sont déjà comptés »

    Cet homme de droite et farouchement macroniste est donc nommé la veille d’une journée de mobilisation citoyenne et syndicale afin de réclamer un changement de cap. Le message est clair. Il n’aura pas lieu. « Aucune prise en compte de l’avis des Français », déplore le sénateur communiste Ian Brossat, avant d’ajouter : « À peine nommé, ses jours sont déjà comptés. Rendez-vous dans la rue ». Emmanuel Macron « prend le risque de la colère sociale légitime et du blocage institutionnel du pays », a dénoncé le PS, dans un communiqué. « Seul le départ de Macron lui-même peut mettre un terme à cette triste comédie du mépris du Parlement, des électeurs et de la décence politique », a de son côté réagi le leader insoumis, Jean-Luc Mélenchon. Tandis que la patronne des écologistes, Marine Tondelier, a dénoncé sur BFMTV une « provocation » et « un non-respect total des Français », estimant que « tout ça va mal se terminer ».

    « Orgueil, le plus fatal des conseillers humains » : l’adage de Musset s’applique à Lecornu comme il s’est décliné avec Bayrou et Barnier, qui étaient sûrs de parvenir à maintenir le cap. Lui qui avait coanimé les « grands débats » avec Macron après le mouvement des Gilets jaunes se voit manifestement comme l’homme de la situation. La rue va très vite lui montrer que non.