« La France soutient l’Arménie militairement », a assuré Lecornu

Il y a 111 ans, face à la volonté xénophobe et raciste de l’État turc qui a fait 1,5 million de morts, « pour les survivants, le seul horizon était l’exil », a rappelé Azad Balalas-Kazandjian, coprésident du Conseil de coordination des Arméniens de France Sud. À Marseille, ils ont trouvé « un arbre solide, un rempart, une ville qui refuse que le drame se répète ». Mais cette commémoration est marquée par l’actualité toujours brûlante dans le Haut-Karabakh.

Devant la stèle commémorative, vendredi, tous avaient en tête la guerre de l’Artsak, « où la même logique de panturquisme » anime le régime de Bakou, a souligné Aurore Bruna, coprésidente du CCAF Sud. « Devant ces morts, une seule chose nous juge, ce que nous faisons ou ce que nous ne faisons pas », a ajouté Azad Balalas-Kazandjian. Ni Marseille, ni la France ne peuvent regarder ailleurs. Des liens indéfectibles se sont tissés depuis l’arrivée des premiers exilés et la diaspora a compté parmi les héros de la résistance, a aussi rappelé le maire de Marseille (DVG), en évoquant Missak Manouchian, et assurant que « les Arméniens seront toujours ici chez eux ». Benoît Payan s’est aussi félicité que le canon Caesar ait été « livré à l’Arménie pour se défendre ».

Diplomatie et canons

« Quelque chose résiste : ce qui résiste c’est la mémoire », a estimé Martine Vassal. La présidente (DVD) du Département a souhaité « donner un visage à cette mémoire » en affichant, sur le parvis du CD 13, les portraits des 19 prisonniers politiques toujours retenus en Azerbaïdjan, alors que de nouveaux pourparlers sont en cours. En février dernier, la Région Sud avait également voté une motion pour la libération des prisonniers arméniens et son président, Renaud Muselier (Ren.), avait appelé le gouvernement français et les institutions européennes à mobiliser tous les leviers pour cela. Son vice-président, Ludovic Perney, a encore appuyé : « La Région a refusé d’accueillir à Isola 2000 une étape du Snowboardcross, dont l’office du tourisme d’Azerbaïdjan est le principal sponsor. »

« La France a prouvé à de nombreuses reprises sa fraternité, nous lui exprimons notre gratitude », a remercié le consul général d’Arménie Ara Mkrtchian. Ce lien doit encore se renforcer pour que l’espoir de libérer les 19 prisonniers arméniens des geôles d’Ilham Aliyev devienne réalité. « Si l’Arménie a survécu, elle vivra, a assuré le Premier ministre. La souveraineté d’un pays ami ne se négocie pas. C’est pourquoi la France soutient l’Arménie, diplomatiquement, mais aussi, depuis maintenant quelque temps, militairement. Des armes françaises sont envoyées régulièrement en Arménie. Des militaires français forment des militaires arméniens sur leur sol. »

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