Lagune de Thau : un plan pour protéger la grande nacre

Alors que depuis 2016 un parasite décime les populations de grandes nacres dans une grande partie de la Méditerranée, au point que ce coquillage endémique emblématique des fonds marins méditerranéens est classé en danger d’extinction, la lagune de Thau fait figure d’exception. De sanctuaire. On y recense en effet plus de 100 000 individus de ce bivalve géant, qui peut atteindre jusqu’à un mètre de hauteur, « ce qui confère au territoire une responsabilité particulière pour la connaissance et la préservation de l’espèce », souligne le Syndicat mixte du bassin de Thau (SMBT).

Fort de cette responsabilité, le SMBT a lancé en 2025 et pour deux ans un projet collectif baptisé “Recrue”, terme qui désigne les jeunes grandes nacres, dont l’objectif est de collecter, à des fins de préservation, des spécimens captés grâce à un réseau de conchyliculteurs volontaires. « Le projet est né de l’observation d’un conchyliculteur de Loupian qui a remarqué la présence de jeunes grandes nacres – de quelques centimètres seulement – fixées sur son matériel d’élevage d’huîtres », rapporte le SMBT. Qui a donc décidé de structurer, en partenariat avec le Comité régional de la conchyliculture de Méditerranée, la communauté scientifique et plusieurs acteurs du territoire, une démarche permettant leur collecte.

Les grandes nacres de Thau s’exportent dans le Var

Les jeunes grandes nacres récupérées dans les installations conchylicoles de la lagune de Thau sont ensuite soit stockées sous la table conchylicole du lycée de la mer Paul Bousquet, soit transférées en bassin à la station marine de Sète, soit mises à disposition de projets scientifiques ou encore intégrées à des démarches de conservation, lorsque les conditions sont réunies. « L’objectif est de mieux connaître cette espèce et de contribuer à sa protection, dans un cadre scientifique et réglementaire strict », indique le SMBT.

Une nouvelle étape de ce projet, soutenu financièrement par France nature environnement (FNE) à hauteur de 35 000 euros, a été franchie le 19 mars dernier avec le transfert, pour la première fois, d’une vingtaine de spécimens issus de la lagune de Thau vers l’île varoise des Embiez, au large de Six-Fours-les-Plages. « Ces individus vont désormais permettre de mener des travaux de recherche (analyse de résistance) et de test de transplantation », explique le SMBT.

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