Lucien Molino. Été 47 et le 27e congrès de l’UD

Marseille se trouvait, après la Libération, dans une situation difficile résultant des bombardements et des destructions de la guerre. C’est dans ces conditions que, par l’intermédiaire de Cristofol, Pierre Doize et de la CGT, les comités de quartiers organisèrent des équipes de choc volontaires travaillant le soir, les samedis, les dimanches et jours de fête : goudronnage de cours d’écoles, aménagement d’écoles maternelles et de jardins d’enfants, réfection des rues et des trottoirs, construction d’escaliers, pose de bancs sur les places publiques, élargissement d’un pont, mise en état d’un vieux lotissement. Les travailleurs bénévoles, aidés par la population, apprirent beaucoup de choses, y compris des faits scandaleux : le ministre socialiste Philipp obligeait la mairie à se procurer du ciment dans le Nord ou à l’Est pendant que notre ciment de Marseille et de ses localités allait à Bordeaux ou à Toulouse. La pénurie de ciment était énorme et, si nous en voulions, il fallait le payer mille deux cents francs de plus la tonne. C’est pour cela que nous avions décidé de la remise en activité d’une troisième usine à ciment moderne.

S’organiser, produire et revendiquer

Mais il fallut attendre octobre 1947. Les freins et les difficultés se multipliaient. Les services de production industrielle, encore dirigés par un socialiste, Lacoste, nous refusaient des bons pour le goudron alors que les raffineries de Berre en regorgeaient. Nous pourrions citer et multiplier les exemples qui permettaient ainsi aux travailleurs de voir ce qui se passait dans leurs propres usines ou ateliers.

Le gouvernement Ramadier, un autre socialiste, sabotait, par tous les moyens, l’élan de production et de renaissance du pays inscrit dans le programme du CNT dont on ne parlait plus.

Du 4 au 6 juillet 1947, le 27e congrès de l’Union départementale se déroula au centre Charles-Nédelec des Aciéries du Nord où 800 délégués participèrent pendant trois jours aux travaux.

Ce congrès nous donnait comme mandat de défendre non seulement le pouvoir d’achat des travailleurs, mais aussi l’indépendance et la paix. Les événements avaient modifié les problèmes politiques, économiques et sociaux. Pourtant, nous maintenions notre mot d’ordre de bataille de la production, alors que les minoritaires essayaient de déclencher des grèves en entraînant des jeunes.

De fait, la référence de l’action passée, à la grève générale insurrectionnelle confortait le courant majoritaire de la CGT dans sa condamnation de la grève des PTT ou autres. Les rapports préparatoires au congrès célébraient les exploits accomplis par les travailleurs des entreprises réquisitionnées, les mineurs, les équipes du gaz et de l’électricité, les métallurgistes, le bâtiment.

à suivre la semaine prochaine…

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