Toulon et ses cinq candidats confrontés à l’urgence climatique

Parmi les questions posées, celles dédiées aux transports publics a lancé la soirée. Les candidats ont été invités à se prononcer sur le Bus à haut niveau de service (BHNS) retenu par la Métropole, afin de dire s’il répond, selon eux, aux besoins de mobilité de la population, ou s’ils privilégient un mode plus capacitaire, tel que le tramway.

Pour la candidate d’extrême droite Laure Lavalette, « la montagne a accouché d’une souris », jugeant qu’« on est loin du transport du futur dont la métropole a besoin ». Mais pour elle, avant de réorienter l’investissement, « il faut qu’il y ait un consentement à la dépense et aux travaux ».

La maire sortante Josée Massi (SE) a appelé à continuer d’avancer. Même si elle consent qu’« on a peut-être raté le coche au début des années 2000 ». Mais, face aux enjeux de mobilité, de pollution et de santé, « il est urgent de se décider (…) dans une concorde collective ». Elle poursuit : « Il faut certes une méthode différente. La mienne est de comprendre, concerter et tout envisager. »

Désengorger la ville

Elle rappelle que le BHNS est un projet déjà engagé et financé, notamment grâce aux 40 millions d’euros de subventions de l’État : « Revenir en arrière créerait des retards majeurs et ferait perdre des années aux Toulonnais. » Ce qui ne l’empêche pas de vouloir l’améliorer « pour qu’il réponde pleinement aux besoins de mobilité ». Et de le compléter par d’autres moyens de transport, comme le RER métropolitain, ou encore les navettes maritimes avec la création de nouvelles liaisons vers le Mourillon, le Pradet ou Carqueiranne.

Pour la tête de liste de la gauche et des écologistes rassemblés, Magali Brunel, « il est urgent de régler ce problème des transports qui empoisonne les Toulonnais depuis des années. (…) Nous voulons désengorger ce centre-ville et favoriser la mobilité et l’attractivité économique. Pour ça, le BHNS n’est pas adapté », tranche-t-elle. La candidate des progressistes poursuit : « Il est trois fois moins efficace qu’un tram en termes de déplacement de voyageurs. Il est moins écologique, il est moins inclusif et il n’est même pas un site propre puisque 30% de son circuit se trouvera dans le trafic automobile. » Pour la cheffe de file de Toulon en commun, « le tram est la solution la plus raisonnable » et « la seule, en l’associant à la gratuité progressive des transports, à être en mesure de faire basculer des reports modaux ».

Isaline Cornil (LFI) reprend en grande partie le même argumentaire, soulignant que « le BHNS provoquera la suppression d’autres lignes, comme celle qui dessert la Beaucaire ». Elle propose d’améliorer le réseau Mistral existant en termes de fréquence et de disponibilité en soirée.

Celui qui semble avoir le moins travaillé la question est le sénateur Michel Bonnus, qui s’est borné à lire son texte. Il souligne que « la question des transports en commun soulève beaucoup d’intérêts ». Certes. Mais selon lui, « le débat ne doit pas être idéologique ». Après avoir vanté les mérites du BHNS, il admet qu’« il est indispensable de mesurer son efficacité avec des critères clairs ». Il conclut que « si les seuils de saturation sont atteints », il conviendra alors de faire évoluer un autre mode de transport.

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