« La lumière, vous inquiétez pas, ça vient du cœur. » La soixantaine de convives attendus ce mardi 27 janvier pour le repas des ateliers cuisine, dans le local de l’association Jeunes Renaissance, à la Paternelle (14e), font contre mauvaise fortune bon cœur. Faute de pouvoir accéder au compteur, ils vont manger dans le noir. Fadela, présidente de l’association, ne cache pas sa colère. Lorsqu’elle a pris la suite de son frère, décédé en 2020, « on nous avait promis un bail », assure-t-elle. Elle occupe le bâtiment, propriété du bailleur social de la Ville, Marseille Habitat, dans le cadre d’une convention avec l’association Schebba, elle officiellement locataire des lieux. « On a ensuite appris qu’ils devaient partir le 31 décembre, mais l’état des lieux, prévu le 5 janvier, n’a pu se faire », raconte Fadela. Problème : la cuisine et le compteur, situés dans la partie occupée par Schebba, ne sont pas accessibles.
Projections de films, cours du code de la route, de mathématiques, soutien scolaire… « On fait comme on peut » malgré « le froid et les infiltrations d’eau », résume Fadela. Les murs lépreux confirmant ses dires.
À ses côtés, Yahya insiste sur son rôle crucial pour la communauté kurde « très représentée ici ». Jeunes Renaissance, « c’est de l’or, les mamans issues de la première génération ne peuvent pas aider leurs enfants aux devoirs », témoigne-t-il. Avec 200 familles adhérentes, des habitants des alentours sont là.
Dans une réponse en date de ce mercredi, la direction de Marseille Habitat précise que le local est mis à disposition depuis 2004 par Schebba, qui souhaitait résilier le bail avant de finalement vouloir poursuivre ses cours de FLE (Français langue étrangère). Une discussion ayant été initiée avec le bailleur, les clés n’ont pas été rendues. Pour les travaux de remise en état, ils ne seraient pas « opportuns » dans la mesure où vont être entamés en mai prochain les travaux de rénovation de la Paternelle, 17 millions d’euros investis, avec une livraison prévue un an et demi plus tard. Et d’inviter les deux associations à s’entendre.
« Nous sommes convaincus de l’utilité de leurs actions, il n’y a pas de sujet là-dessus », tempère Audrey Gatian, présidente de Marseille Habitat et adjointe (PS) aux mobilités et à l’éducation populaire, consciente qu’il faut revoir un accord qui « ne tient plus », dans un climat de tension entre les deux associations. « On va trouver une solution », espère-t-elle, confiante, rappelant que « sur la Paternelle, on a vécu des moments tellement compliqués ». Une référence au calme revenu après le démantèlement en 2024 d’un point de deal qui rapportait jusqu’à 200 000 euros par jour. Pour ce qui est de l’état du local, « si on avait pu résilier le bail avant, on aurait fait le nécessaire mais nous intervenons dès qu’il y a un problème », affirme l’élue.

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