Raz-de-marée démocrate et revers historique pour Trump

Une vague démocrate a déferlé, mardi, sur les bastions républicains lors des élections de mi-mandat, alimentée par la colère suscitée par la flambée des prix de l’énergie et par la guerre coûteuse et interminable contre l’Iran. Ce vote sanction constitue une humiliation personnelle pour le président américain de 80 ans, même s’il a dit ne pas se sentir visé, et hypothèque ses deux dernières années de mandat. L’entrée en fonction du nouveau Congrès le 3 janvier donnera aux démocrates une large marge d’action contre le président.

« Nous allons demander des comptes », a prévenu Hakeem Jeffries, chef des démocrates à la Chambre pressenti pour en devenir le premier président afro-américain. « Je suis super enthousiaste à l’idée que le changement arrive », a lancé Tracie Moore, cheffe d’entreprise quinquagénaire rencontrée par l’AFP à Atlanta, en Géorgie (sud-est).

« Récupérer notre pays »

« J’ai presque envie de pleurer. C’est tellement excitant. On va pouvoir récupérer notre pays », a déclaré Kathy Jackoway, une électrice du Texas célébrant l’élection de James Talarico, premier sénateur démocrate élu de l’État en près de 40 ans.

Les démocrates ont gagné sept sièges au Sénat, où ils disposeront d’au moins 54 élus sur 100. Mercredi, il restait encore deux sièges disputés dans le Mississippi et l’Alaska : le décompte pourrait prendre plusieurs jours. À la Chambre des représentants, ils disposeront d’une majorité d’au moins dix sièges, à 228 élus, selon les médias américains.

Pour Todd Belt, politologue à l’université George Washington, ces résultats marquent « un rejet fort de Donald Trump et de ses politiques ». La déroute des républicains a été alimentée par la colère des électeurs face au coût de la vie, tiré vers le haut par les droits de douane et la guerre en Iran, qui a fait flamber les prix des carburants et plonger la cote de popularité du président.

Donald Trump a assuré au New York Times qu’il accepterait le résultat des élections, mais s’est dit prêt, sur sa plateforme Truth Social, à utiliser son droit de veto contre les lois qu’adopteront les démocrates au Congrès. « Je ne considère pas que c’était dirigé contre moi », a affirmé le président-milliardaire de 80 ans dans une interview à Fox News, refusant d’endosser la responsabilité de la défaite.

À l’étranger, le Premier ministre britannique Andy Burnham a estimé que la défaite du Parti républicain devait pousser le monde à « s’unir » pour lutter contre le coût de la vie. Son homologue espagnol Pedro Sanchez a considéré que « la vague ultra » s’écroulait. Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a prévenu que ceux qui s’attendent à un changement de politique des États-Unis « se trompent lourdement ».

Les démocrates ont gagné jusque dans des états acquis aux républicains depuis des décennies. Le Kansas, qui n’avait pas élu de sénateur démocrate depuis 1932, a ainsi enregistré la victoire d’Adam Hamilton. En Caroline du Sud (sud-est), la démocrate Annie Andrews a ravi le siège de sénatrice à Darline Graham, choisie personnellement par Donald Trump pour succéder à son frère Lindsey Graham décédé en juillet. Au Texas, autre bastion conservateur, la dernière élection d’un sénateur démocrate remontait à 1988… un an avant la naissance de James Talarico. « Ce soir, nous avons battu Goliath », a déclaré ce séminariste presbytérien de 37 ans à Austin, aux côtés de Gina Hinojosa, élue gouverneure.

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