Montpellier et Sète, à chacun son renouveau

Il y a une vie après l’or olympique. Longtemps à la traîne, l’équipe de France de volley connaît son âge d’or. Avec un double titre suprême au JO de Tokyo, puis surtout à Paris en 2024. La génération Ngapeth, avec l’ex-Sétois Tonuitti et le Montpelliérain Le Goff, n’est pas éternelle. Le nouveau patron italien des Bleus : Andréa Giani l’a bien compris.

À la fin de l’été, l’équipe de France, dépourvue de ses cadres trentenaires, s’est hissée en finale de l’Euro, perdue devant la Pologne (3-1), et a posé les jalons pour un héritage. Et le renouvellement des générations sans trou d’air.

L’équipe de France va bien. Malgré l’exil de ses pépites dans les championnats les plus relevés et lucratifs, les clubs d’ici aussi. Montpellier, champion en titre, et l’Arago Sète, et son « Barrou » remis à neuf, vivent chacun de leur côté un renouveau plutôt excitant.

Longtemps dans l’ombre de Montpellier Handball, Montpellier Rugby ou de la Paillade, le MHSC-Volley s’offre une ère moderne. Avec deux titres conquis en 2022 et 2026, une présence en Ligue des champions, il brise un long passage à vide depuis 1975 et s’installe à nouveau au sommet du volley français. Pour contester plus que jamais l’hégémonie de Tours.

Après son précédent titre, apogée de la remise à niveau de son ex-entraîneur Olivier Lecat, le MHSC-Volley, construit sur les vestiges du Muc, avait vécu un contrecoup avec une saison décevante. Fort de cette expérience, peut-il éviter cette décompression à la suite de son 9e titre ?

Le propriétaire Olivier Nicollin, le président délégué Jean-Charles Caylar, et l’ex-entraîneur Loïc Le Marrec, promu directeur sportif, ont tout fait pour préserver leur effectif. Avec le capitaine international Nicolas Le Goff comme pierre angulaire. Remis d’une blessure à une épaule, dispensé des travaux forcés estivaux avec les Bleus, Le Goff (34 ans) affiche une relative fraîcheur. Le géant est plus jamais la figure d’une équipe attendue à Tours, Tourcoing, Chaumont…

L’énigme repose sur la remise en question du champion, l’indisponibilité jusqu’à Noël du capitaine argentin Ezequiel Palacios, opéré d’un bras, et sur l’adhésion du nouvel entraîneur Ricardo Martinez, néophyte à ce niveau. Un vrai défi pour lui, mais aussi pour tout un club.

« Je le suis depuis un petit moment. Il a plein d’atouts : il est Français, il bosse bien, il est déjà au point sur le plan tactique et il a une grande valeur humaine. Quand on vient ici, c’est pour gagner », explique Loïc Le Marrec.

L’Arago Sète se remet à flot. Il éponge les dettes pour mieux se reconstruire. Les collectivités territoriales, et notamment Sète Agglopôle, sont venus à la rescousse d’un club cerné par les ennuis financiers. Achat de la maison Adrien-Paillole, en guise futur centre de formation, fuite de partenaires majeurs, pertes de la billetterie pendant la reconstruction de la Halle du Barrou ont plongé au bord du gouffre le club du président Alain Bilicki. L’aide exceptionnelle de l’Agglo à hauteur d’un montant de 176 983 euros « nous permet de clôturer l’exercice 2025-2026 à l’équilibre et de répondre aux obligations de reconstitution de la moitié des fonds propres fixées par la DNACG. J’y vois la marque d’un attachement à l’Arago, mais aussi une responsabilité : continuer à représenter ce territoire et à y développer notre sport. La situation a parfois été très tendue. Mais, j’ai voulu préserver l’essentiel : notre projet sportif, notre centre de formation, notre secteur amateur et la place de l’Arago au plus haut niveau. Ces quatre années, nous les avons traversées. Elles sont derrière nous et je suis aujourd’hui tourné vers l’avenir », a expliqué le président sétois.

L’effort financier oblige l’Arago Sète à répondre sur le parquet. À confirmer sa présence en demi-finale du championnat au printemps dernier. L’entraîneur italien Flavio Bertini va devoir assumer l’attente de toute une ville malgré le départ au dernier moment de son passeur finlandais : Nooa Marttila, clé de voûte de l’équipe sétoise.

L’Arago Sète a mis la main sur un nouveau meneur de jeu : l’Argentin Nicola Lazo engagé dans l’urgence.

Malgré ce chamboule-tout, l’Arago Sète aspire à revivre les play-off. Au bout de sa 50e saison au plus haut niveau dans l’écrin du Barrou.

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