Seule une négociation avec Ho Chi Minh, représentant le gouvernement réel du Vietnam, aurait mis fin au conflit. Le gouvernement français s’y refusait et cherchait en vain une « solution de rechange » avec l’ancien empereur Bao Daï.
Le 25 juin 1950 débuta la guerre de Corée. Deux États avaient été créés. La Corée du Nord devenait une démocratie populaire tandis que la Corée du Sud était soutenue par les USA et la Chine nationaliste. Dans l’Afrique noire sous domination française, l’agitation grandissait malgré la répression. Il en était de même au Maroc et à Madagascar. En Tunisie, les forces nationales réclamaient la révision des statuts du protectorat imposé par la France en 1881.
Allions-nous vers un troisième conflit mondial ?
En 1952, des troubles sérieux éclataient dans toute I’Afrique du Nord, en Algérie notamment, pays qui bientôt entrera dans la guerre de libération. L’Égypte, elle, rompit le traité qui la liait à la Grande-Bretagne et entendit récupérer la zone du Canal de Suez. Quelques mois après, I’ONU dut proclamer |’indépendance de la Libye. Pour la CGT, la lutte pour la paix devenait une question fondamentale. Allions-nous vers un troisième conflit mondial ?
Les guerres coloniales et notamment la guerre du Vietnam ne pouvaient laisser la classe ouvrière indifférente, elle était directement concernée ainsi que d’autres couches sociales. Dès lors, la lutte pour la paix allait s’amplifier même si elle n’engageait pas spontanément, il faut le reconnaître. Il nous a fallu faire de gros efforts pour convaincre les travailleurs du danger de guerre, démasquer les responsabilités dans les syndicats, surmonter l’apolitisme longtemps entretenu par FO et la CFTC, lier l’action pour la paix aux préoccupations journalières et à la lutte pour les revendications économiques et sociales.
Les précieux enseignements du 28e congrès confédéral, du 27 mai au 1er juin 1951, font que je garde de ce congrès un souvenir inoubliable. Ce fut d’abord le congrès de mon élection au bureau confédéral qui m’a permis de travailler avec un militant remarquable dont les conseils me furent très utiles pour mes nouvelles tâches, Benoît Frachon. Il me disait souvent : « Premièrement, avoir une confiance absolue en la classe ouvrière, en la possibilité de la conduire à la victoire. Deuxièmement, la clarté dans la formulation des revendications et des mots d’ordre. Troisièmement, la plus importante, l’unité de la classe ouvrière et enfin le renforcement dans tous les domaines de la CGT qui est une condition du développement et du succès des luttes. » Ce qui me marqua dans son discours d’ouverture, ce fut tout ce qui concernait les luttes pour la paix, pour les libertés. Les luttes pour l’indépendance nationale et les luttes pour les revendications se trouvaient de plus en plus mêlées.
à suivre la semaine prochaine…

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