Une journée noire : c’est ce que promet l’intersyndicale CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC, CFTC et FA-FP pour ce mardi 29 septembre. La grève nationale à laquelle ils appellent concerne les trois versants des services publics, soit la fonction publique d’État, territoriale et hospitalière. Et pour cause : pour la quatrième année consécutive, le gouvernement prépare un nouveau gel du point d’indice des fonctionnaires, visant une économie de 2 milliards d’euros sur le dos de ceux qui font fonctionner le pays. Un véritable coup de massue au moment où l’inflation ne cesse d’augmenter dans un contexte de hausse des prix des carburants. « Depuis 2017, les fonctionnaires ont déjà perdu plus de 16% de pouvoir d’achat », arguait la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, au lendemain de l’annonce du Premier ministre. C’est ainsi que partout en France, une journée noire se profile. À l’heure où nous écrivons ces lignes, la CGT recense 174 rassemblements dans tout le pays.
Preuve de la colère qui gronde, les dix syndicats de France Travail se joignent à la grève, une première depuis 2018. De leur côté, les sapeurs-pompiers, éreintés par une saison d’incendie inédite, poursuivent leur mobilisation. Les agents rejettent l’austérité promise par l’exécutif.
Alors à deux jours de la présentation du budget, tous les yeux sont rivés sur le gouvernement. Dans l’entretien au Figaro du 18 septembre, le Premier ministre prépare les esprits : « Le projet de loi de finances que je propose contiendra un effort budgétaire d’environ 54 milliards d’euros, dans la stabilité fiscale. » Et ce, afin de ramener le déficit public à 5% du PIB. Pire que les annonces formulées moins d’une semaine plus tôt par le ministre de l’Économie Roland Lescure, qui, au journal le Parisien, tablait sur un « effort » d’« au moins 30 milliards d’euros ». Si la macronie s’en prend une nouvelle fois aux services publics et ses agents, il réduit le rendement de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises de 8 à 5 milliards d’euros, et la limitant à celles qui réalisent plus de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires par an.
De plus, le gouvernement prévoit, dans la même copie, d’augmenter de 6,4 milliards d’euros l’enveloppe dédiée aux Armées et de 800 millions d’euros celle de l’Éducation nationale. À croire que pour les macronistes, tous les services publics ne se valent pas.
Les attaques fusent de toutes parts. Dans une note publiée le 21 septembre, la Cour des comptes appelle à un « effort sur la masse salariale », préconisant notamment de ne pas remplacer les départs en retraite estimés à 408 000 entre 2026 et 2032. Seraient exclus de ce calcul des ministères dont des créations d’emplois sont prévus à travers les lois de programmation à savoir : justice, intérieur, armée et recherche. Et puis, tant pis pour l’hôpital et l’école !
Dans ce contexte, la rue doit s’exprimer et faire basculer le rapport de force. La dernière mobilisation d’ampleur de la fonction publique remonte au 5 décembre 2024, au lendemain de la chute par la censure du gouvernement de Michel Barnier. Quelque 200 000 personnes s’étaient rassemblées partout en France. Cette journée a valeur de test avant la mobilisation nationale prévue le 17 octobre. Les organisations syndicales veulent maintenir la pression à six mois de l’élection présidentielle, alors que certains des candidats déclarés continuent à taper sur les fonctionnaires, les piliers de notre pays.

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