Il est à peine 17h ce vendredi sur la place d’Armes, baptisée pour l’occasion place de la Paix, et les militants des différentes organisations syndicales, politiques et associatives finalisent sur leurs stands les derniers préparatifs pour recevoir le public et l’informer. Le Village de la paix prend vie. Ça y est, panneaux, brochures et journaux sont en place : le débat va pouvoir commencer. Et il y a déjà du monde.
Les premiers visiteurs s’arrêtent pour discuter dans ces espaces consacrés au débat et à la bataille des idées. En ligne de mire la militarisation en cours des esprits ciblant prioritairement les jeunes jusque dans les établissements scolaires, et l’économie de guerre qui fait flamber les budgets de l’armement au détriment de ceux des services publics comme la santé et l’éducation pourtant essentiels pour l’avenir de la nation et l’émancipation de ses citoyens.
« Quand le droit international est bafoué, quand les guerres se multiplient, quand l’impunité des puissants devient la règle, cela nourrit aussi les attaques contre les libertés publiques et syndicales. Les militants sont parfois licenciés, menacés, poursuivis », prévient Richard Roméo-Giberti, le secrétaire général de l’Union départementale de la CGT.
« Nous vivons un moment où la guerre semble redevenir la norme, alors que le droit international et la diplomatie devraient être nos premières armes pour construire la paix », explique Stéphane Sacco (GRS). Le responsable politique d’ajoute : « La paix repose aussi sur la justice sociale, la solidarité et le respect de chacun. »
Même son de cloche pour Nadine Nazzi (PCF) qui pointe les politiques d’austérité subies par les populations pendant que « des dizaines de milliards d’euros sont détournées vers l’achat d’avions ou de systèmes de missiles, enrichissant les actionnaires de l’armement au détriment de l’hôpital public, de l’école ou de la transition écologique ».
Dans son intervention, Isaline Cornil (LFI) a rappelé que, lors de son discours aux armées, Macron a déclaré que la France est prête à défendre « la liberté et le droit », « au prix du sang s’il le faut ». Et de tacler, donc : « C’est sûrement au nom de la défense de la liberté et du droit que l’État français a couvert les livraisons d’armes et d’équipements à Netanyahou qui assassine le peuple palestinien. C’est évidemment toujours au nom de la liberté et du droit que le gouvernement français a refusé d’approuver la suspension des accords entre l’Union européenne et Israël. » Et de conclure en citant Boris Vian : « S’il faut donner son sang, allez donner le vôtre, vous êtes bon apôtre, monsieur le président. »
Sur la scène, la prise de parole organisée par le président de La Marseillaise, Léo Purguette, a commencé. Le secrétaire national du Mouvement de la Paix, Alain Rouy, expliquant comment la France pourrait prendre la tête, en tant que puissance nucléaire, d’un mouvement de désarmement, puis aller vers une nouvelle manière d’envisager les relations internationales, à savoir la « coopération », un mode de sécurité collective ou de sécurité commune. Tout un programme.
C’est plus tard au rappeur marseillais K-Méléon qu’est revenu le privilège de clôturer la journée en chantant la paix.

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