Effacées durant des décennies de l’histoire officielle écrite par des hommes de l’aventure et de la recherche spatiale (laissons le mot « conquête » au va-t-en-guerre et néocoloniaux), les femmes attrapent la lumière à la faveur de la médiatisation de Sophie Adenot, 44 ans, un enfant. La sortie dans le vide spatial de la première française accueillie au sein de la Station spatiale internationale (ISS) est un événement. Une sortie vertigineuse comme elle en témoigne dans nos colonnes. Et un grand saut dans le vide et en « milieu hostile » pour reprendre les mots de Sophie Adenot.
Parle-t-elle, en creux et inconsciemment, de la place des femmes dans les sciences dites « dures » ? Aujourd’hui, des efforts sont faits pour ouvrir les portes des disciplines scientifiques aux filles. Mais elles ont encore peu de modèles pour s’inspirer. C’est désormais fait grâce à Sophie Adenot, qui a envoyé un message fort aux écoliers.
Ne jamais
se décourager
Ne jamais se décourager. C’est le sens de son propos. Et c’est bien. Mais il faut aussi que l’ensemble des dispositifs éducatifs suivent et que, par exemple, les mathématiques ne soient plus la matière sélective, mais une discipline pleinement apprivoisée par les enfants. Cet accès à la culture scientifique est d’autant plus important à promouvoir que les phénomènes extrêmes entraînent les pires théories du complot. Les femmes se sont battues pour devenir des scientifiques et aller dans l’espace. C’est une des frontières qu’elles ont franchies. Ce soir, en tournant le regard vers l’ISS, visible à l’œil nu dans notre galaxie. Nous penserons à Sophie Adenot, la pionnière.

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