Deux dirigeantes syndicales de premier plan, Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU, Fabienne Rouchy, secrétaire confédérale de la CGT et un responsable national du PCF, Igor Zamichiei ont échangé leurs points de vue à la veille de la rentrée qui compte déjà près d’une dizaine de dates de mobilisations. Le 29 septembre conjuguera notamment une grève à l’appel de l’intersyndicale de la fonction publique sur la question des salaires et une manifestation nationale des sapeurs-pompiers exigeant plus de moyens et d’effectifs après un été infernal, aggravé par les effets du dérèglement climatique.
« Pour nous les moyens pour les services publics et les salaires sont les deux faces d’une même pièce. C’est la dernière rentrée de Macron, donc forcément une rentrée spéciale », rappelle Caroline Chevé pour la FSU. « L’extrême-droite risque de récupérer cette colère qui est dans le pays, c’est à nous le mouvement social de la capter pour en faire quelque chose », abonde Fabienne Rouchy de la CGT qui insiste : « À la rentrée, on va dans l’unité syndicale, se mobiliser le plus possible sur le budget. Le gouvernement a renoncé sur le doublement des franchises médicales, il faut qu’on arrive aussi à les faire reculer sur la désindexation des retraites. »
Igor Zamichiei souligne l’importance d’entendre « d’entendre la voix des travailleurs, leurs représentants. Jamais on n’a autant parlé de la valeur travail et jamais on n’a eu un travail autant dévalorisé. On ne vit plus dignement de son travail dans ce pays. L’affrontement capital travail est de plus en plus violent ». Pour lui, il est essentiel de dénoncer l’imposture sociale de l’extrême droite : « RN et macronistes se sont retrouvés pour refuser de taxer les yachts de plus de 20 mètres mais il est question dans le même temps de s’en prendre aux retraités. »
Les trois intervenants se rejoignent sur un constat : la question sociale est intimement mêlée à la question écologique. « Juillet a été le mois le plus chaud de toute l’histoire des mesures de température. Qui travaille dans les champs ? Dans les cuisines ? Sur les chantiers ? Qui vit dans des logements surchauffés ? Ce sont les travailleurs. Il y a besoin de planifier la rénovation des logements, du bâti scolaire, des bases de lutte anti incendies… Le capitalisme est incapable de relever ces défis », martèle Igor Zamichiei.
Selon Caroline Chevé, « l’été fait exploser au grand jour ce que l’on sait depuis longtemps : la réalité du réchauffement climatique et le retard pris sur son atténuation. Pour adapter le bâti scolaire c’est 5 milliards d’euros par an pendant 10 ans. C’est beaucoup mais à mettre en regard des 211 milliards de cadeaux faits aux grandes entreprises, ce n’est pas tant que ça ».
« Ce n’est pas la planète qu’il faut sauver, c’est l’espèce humaine », affirme Fabienne Rouchy pour qui « il faut une planification pour anticiper et prévenir les effets du réchauffement climatique. Est-ce que c’est cohérent que Total énergies perçoive des aides publiques ? Il y a des filières entières à reconstruire, il faut décarboner les industries. »
Les deux syndicalistes appellent à mettre en échec l’extrême droite « porteuse d’un projet de réforme constitutionnelle d’une grande gravité » en « en menant le débat sur les lieux de travail à partir des sujets qui préoccupent nos collègues » sans s’exonérer d’une critique des errements d’une certaine gauche. « François Hollande a beaucoup banalisé l’extrême droite durant son quinquennat. Le Parti communiste a tout son rôle à jouer dans la période », conclut Fabien Rouchy.
Ce sera le fil rouge des deux prochains jours de l’université d’été du PCF et de l’allocution de Fabien Roussel ce samedi.

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