Dix kilomètres en solitaire dans les lacets
du Géant de Provence,
le Mont Ventoux, cher au poète Pétrarque qui en avait mesuré la dimension mythique.
Une ascension redoutée et redoutable. Tous les amateurs de vélo le savent pour l’avoir éprouvé. C’est l’exploit réalisé vendredi par la championne cycliste Kasia Niewiadoma, désormais vêtue de jaune. Nouvelle reine de la Grande boucle, elle devra défendre sa tunique ces deux prochains jours dans d’autres massifs
puis au bord de la Méditerranée à Nice,
pour un final qui s’annonce enlevé.
Sa performance éclaire une autre ascension, celle des femmes dans le sport et dans le cyclisme en particulier.
Lever les barrières
Si le temps de la misogynie est fort heureusement dépassé,
le sport féminin n’est pas encore totalement respecté. Le temps d’antenne, bien moindre que pour le Tour de France masculin, en témoigne. Même si le service public audiovisuel fait beaucoup pour mettre en lumière les sportives. Les résistances sont essentiellement économiques.
Ces barrières doivent être levées pour permettre aux plus jeunes d’accéder à des modèles. Une petite fille doit pouvoir se dire qu’elle aussi peut gravir des montagnes. Pour cela, elle doit voir l’exploit d’une Niewiadoma, entendre
le public l’encourager, admirer sa victoire,
les bras levés.
Le cyclisme est populaire car accessible. À ce titre, il convient de saluer le Département de Vaucluse et ses efforts pour offrir des pistes cyclables sécurisées et de qualité. Terreau de futures championnes sous le regard du majestueux Mont Ventoux.

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