Un tel scénario laisse forcément de gros regrets. Auteur de deux essais dans les 25 premières minutes du match, sans oublier l’avertissement puis l’exclusion d’un joueur adverse quelques minutes plus tard, Provence Rugby semblait disposer d’une main plus qu’idéale pour obtenir le précieux sésame qu’il convoite depuis quelques saisons : l’accession en Top 14.
Mais la paire d’As que les Aixois avaient entre leurs mains à ce moment de la partie a nettement et progressivement perdu de sa valeur lorsque Perpignan, lanterne rouge du plus haut niveau national, a retrouvé de la confiance devant les plusieurs centaines de supporters qui ont fait le déplacement en Provence.
Le rêve s’est donc rapidement transformé en cauchemar pour le capitaine Zafra et ses coéquipiers, déjà passés à côté d’une occasion de monter en Top 14, samedi dernier au stade Ernest-Wallon, à Toulouse, lors du match pour le titre de Pro D2 face au RC Vannes (14-18).
Déjà menés au score à la mi-temps, les Noirs n’ont pas résisté à l’endurance des Catalans, plus opportunistes devant la zone d’en-but aixoise. Cette défaite condamne Provence Rugby à rester en Pro D2 la saison prochaine. « Il faut accepter qu’ils aient été plus forts que nous, même s’ils n’ont rien fait pendant 50 minutes », lance Philippe Saint-André, manager de l’institution aixoise, conscient que son équipe est « encore jeune » et « manque d’expérience ».
Comme il l’a rappelé, seuls trois de ses pensionnaires ont connu une finale dans leur carrière. Et aucun d’entre eux n’a vécu un « access-match ». À l’heure où Perpignan a remporté son quatrième barrage d’accession en cinq saisons.
Derrière la déception, qui pouvait clairement se lire sur le visage du manager provençal, se cachait une réelle fierté. « Le club grandit », martèle Saint-André en évoquant plus globalement l’état d’esprit de ses joueurs sur l’ensemble de la saison. « J’ai particulièrement apprécié le leadership qu’ont incarné certains d’entre eux. Malgré 18 blessés, on a pris des coups et on n’a rien dit. Ils ont été incroyables d’investissement et de détermination. Je pense que la saison prochaine sera meilleure que cette saison », poursuit l’ancien sélectionneur du XV de France (2011-2015), qui vivait son premier mandat à la tête d’une formation de Pro D2.
« Provence Rugby a prouvé qu’elle est devenue une terre de rugby », souligne Laurent Labit, manager de l’USA Perpignan, persuadé que ses protégés ont fait la différence en seconde période grâce à des séquences longues. « Il fallait arrêter de faire des fautes stupides pour éviter à Provence de connaître un second souffle », ajoute l’ex-arrière du Castres Olympique. Institution que les Catalans, portés par leur fan-base mythique, retrouveront dès septembre en Top 14.
PROVENCE RUGBY 24 (10)- PERPIGNAN 47 (14)
Match d’accession en Top 14
Stade Maurice-David, à Aix-en-Provence (8 574 spectateurs)
Arbitre : V. Blasco Baque
Essais : Jalagonia (20’), Zafra (25’), Drouet (59’), Pifeleti (73’) pour Provence ; Yalo (36’, 51’), Former (39’), Oviedo (43’, 77’), Ruiz (65’), De La Fuente (80’) pour Perpignan
Transformations : Vareiro (59’, 73’) pour Provence ; Allan (37’, 40’, 43’, 51’, 77’, 80’) pour Perpignan
Carton jaune : Zafra (37’), Bituniyata (42’) pour Provence : Tetrashvili (16’) pour Perpignan
Carton rouge : Malolo (32’) pour Perpignan
PROVENCE RUGBY : Vareiro – Lapègue, Bituniyata, Finau (Lucas, 62’), Drouet – (o) Muntz, (m) Coville (Cazenave, 75’) – Gambini, Jalagonia (Tuisue, 33’), Harrison (Okuya, 43’) – Youyoutte (Rodda, 49’), Zafra (cap) – Francis (Ndiaye, 49’), Latterade (Pifeleti, 51’), Julien (Vernet, 43’).
Entraîneur : Sébastien Fouassier
PERPIGNAN : Allan – Joseph (Ruiz, 34), Duguivalu, De La Fuente (cap), Forner (Devaux, 18’) – (o) McIntyre (Petaia, 66’), (m) Hall (Ecochard, 63’) – Van Tonder (Le Corvec, 40’), Oviedo, Hicks – Gray (Tuilagi, 53’), Tanguy (Yato, 28’) – Brookes (Ceccarelli, 53’), Malolo, Tetrashvili.
Entraîneur : Mathieu Cidre

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