« Partir, pour moi, était naturel, je ne pouvais plus rester ici sans rien faire », affirme Alima Boumediene-Thiery. Ancienne eurodéputée et sénatrice écologiste, l’avocate a embarqué à bord de Persévérance, un bateau qui bat pavillon français avec pour ambition de rejoindre la bande de Gaza et mettre fin au blocus israélien. Au moment où elle témoigne, la flottille longe les côtes grecques en direction de la Turquie, l’un des points d’étape et de rendez-vous des activistes. « Notre objectif, bien sûr, c’est de poursuivre, quels que soient les risques, jusqu’au bout », martèle-t-elle, consciente des dangers encourus.
Quelques jours auparavant, les autorités israéliennes ont intercepté, dans les eaux internationales, une vingtaine de navires humanitaires de la Global Sumud Flotilla et détenu plus de 170 militants sur un bateau-prison, où ils auraient été battus. La plupart ont depuis été relâchés. Deux militants brésiliens et espagnols sont toujours en détention. Leurs gouvernements respectifs ont appelé à leur libération. « Israël est non seulement un État criminel, mais aussi un État voyou, un État pirate. C’est absolument interdit dans le droit international, mais aussi dans le droit maritime, d’intercepter des bateaux dans les eaux internationales. Et il est interdit de monter sur un bateau qui a un pavillon étranger », soulève Alima Boumediene-Thiery.
Elle fait par ailleurs état de drones qui survolent le navire depuis des jours, ce qui renforce sa détermination. « Ça fait 40 ans que je manifeste et 20 ans que je me rends en Palestine régulièrement. Voilà 3 ans qu’il y a un génocide sous nos yeux, on doit briser ce silence et mettre nos États au pied du mur pour les forcer à réagir et couper tout lien avec Israël pour l’isoler », pousse-t-elle.

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