À Gardanne, retour à gauche « difficile, mais possible »

Lors du premier tour de ces municipales, Hervé Granier, maire sortant (LR), est arrivé en tête avec 43,5% des suffrages, suivi de Jean-Marc La Piana (DVG), 36,4%, et Bruno Priouret (RN), 19,9%. Avec un taux d’abstention en 2026 de 43,76%, les électeurs sont plus nombreux à ne pas s’être déplacés qu’en 2014, où il avait atteint 36%. C’est dans cette réserve de quelque 7 000 abstentionnistes que les candidats entendent aller à la pêche aux voix.

En 2020, la division de la gauche avait profité à Hervé Granier qui avait remporté les municipales avec un taux de 35,74% (2 580 voix). Et c’est en affichant une confiante sérénité que le maire sortant aborde le second. Il s’est estimé « très largement plébiscité au premier tour », alors que 665 voix le séparent de son adversaire à gauche. Le candidat de droite, en dépit de décisions de gestion contestables, a convaincu 4 091 électeurs, tandis que la liste Ensemble, changeons de cap pour Gardanne-Biver, réunissant un large spectre de personnalités à gauche et portée par Jean-Marc La Piana, a été créditée de 3 426 voix. C’est plutôt l’abstention qui semble avoir été profitable au maire sortant.

Prendre soin

« On sait qu’entre le 1er et le 2nd tour, il peut y avoir 5 à 10% d’écart de pourcentage de votes. Si cet écart nous est favorable, on peut gagner », ne désarme donc pas le docteur Jean-Marc La Piana. Le spécialiste des soins palliatifs, fondateur de la Maison, ami de Roger Meï, maire historique de Gardanne entre 1977 à 2020, a réussi l’exploit de réunir sous sa bannière toutes les sensibilités de gauche de Gardanne et Biver. Cette liste d’union n’a pas encore eu l’heur d’augurer un revirement de Gardanne-Biver vers sa gauche historique. Mais après la déception du premier tour, l’équipe a redoublé d’effort pour se lancer à la reconquête des électeurs. Cette liste offre la seule alternative à la droite et à l’extrême droite dans la commune. « C’est possible, a considéré le candidat, difficile, mais possible. » Pour Claude Jorda, élu communiste sortant, il n’y a pas d’autre option : « Nous avons besoin d’une ville protectrice et fraternelle. »

Du côté du RN, « ça va se jouer entre M. Granier et moi » s’est avancé Bruno Priouret devant nos confrères de La Provence. Si l’extrême droite a connu une progression par rapport à 2014 où le candidat du Front national Clément Lepoittevin avait obtenu 15%, dépasser la barre des 20% ne semble ici heureusement pas aussi simple que son représentant l’imagine.

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