El Kabir M’Saidie Ali, âgé de 20 ans au moment des faits et qui niait son implication, est resté impassible au moment où la Cour d’assises d’appel des Alpes-Maritimes a prononcé sa peine, assortie d’une période de sûreté de 22 ans. En première instance, il y a 2 ans, devant les assises des Bouches-du-Rhône, il avait été condamné à 25 ans de réclusion pour séquestration accompagnée d’actes de torture et de barbarie.
La victime a un parcours cabossé. Issu d’une famille réfugiée de République démocratique du Congo, placé dès l’âge de 2 ans, l’adolescent avait fugué à 16 ans de son foyer de Chartres (Eure-et-Loir) pour rejoindre Marseille et se « faire de l’argent facilement ». C’est l’été 2019, il arrive dans la deuxième ville de France, se fait engager dans un quartier. Il est interpellé, placé dans un foyer, d’où il fugue. En sortant, il va récupérer la drogue qui n’avait pas été saisie et tente de la revendre pour son compte dans la cité Félix-Pyat. « idée suicidaire », selon un enquêteur.
Vite repéré, il est battu, entraîné dans un ancien local associatif où de nombreux jeunes se succèdent pour frapper ou regarder. Le soir tombant, il est ligoté à une chaise, les vêtements arrachés, les yeux bandés, un bâillon dans la bouche… et longuement torturé.
Une quarantaine de brûlures de cigarettes, des brûlures au chalumeau au niveau des parties génitales… La douleur est telle que l’adolescent a raconté aux enquêteurs avoir essayé d’avaler son bâillon pour en finir. Il est secouru par un grand du quartier. « Il n’a plus de moteur, selon son avocat, Me Xavier Torré. C’est un mort-vivant. »
Entre 2022 et 2023, un jeune de 17 ans et trois jeunes majeurs, impliqués à des degrés divers dans son calvaire, ont été condamnés à des peines de 5 à 10 ans de réclusion. Accusé d’être l’un des deux principaux tortionnaires – le second n’a pas pu être formellement identifié – M. M’Saidie « a sa place dans le box », avait insisté l’avocate générale, requérant une peine de 30 ans de prison.

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