Tag: Vaucluse

  • [Sénatoriales] En Vaucluse, trois postes à la clé dans ce jeu des 7 familles en lice

    [Sénatoriales] En Vaucluse, trois postes à la clé dans ce jeu des 7 familles en lice

    Ce dimanche, les 1 318 grands électeurs vauclusiens devront départager 7 listes de 5 candidats pour désigner 3 sénateurs. Il y a six ans, 5 listes étaient en lice. La droite avait envoyé deux élus, partis sur deux listes distinctes, Jean-Baptiste Blanc (LR) et Alain Milon (LR), et la gauche un, Lucien Stanzione (PS). À 79 ans, Alain Milon ne rempile pas et préside le comité de soutien de Jean-Baptiste Blanc. Le Cavaillonnais est, sauf catastrophe, assuré d’être réélu au vu de la configuration des municipales, la droite ayant conservé ses bastions à Sorgues, Cavaillon, Apt ou L’Isle-sur-la-Sorgue. « Je suis très humble, rien n’est gagné », s’avançait-il, prudent, fin août à Gordes lors de la venue du président LR du Sénat, Gérard Larcher. En seconde de liste, Dominique Santoni, présidente LR du Département, peut légitimement espérer être élue même si plusieurs maires souhaiteraient plutôt la voir rester à la tête de Vaucluse plutôt que de filer au palais du Luxembourg.

    À Gordes, la droite sortante s’était évertuée à vanter son expérience et bilan, autant de pierres dans le jardin du maire d’Avignon. Car Olivier Galzi (DVD) a propulsé sa compagne et adjointe au maire Anaïs Hausmann en tête de liste du Bon sens des territoires. Un mouvement officialisé il y a deux semaines par le premier magistrat de la cité des Papes, se revendiquant hors des logiques d’appareils. Malgré une liste sans maire ni élus notoires, Anaïs Hausmann a reçu les soutiens d’Hervé Marseille (UDI), président du groupe centriste au Sénat, puis de Jean-Louis Borloo.

    Loin de ces querelles, l’extrême droite rêve d’obtenir son premier sénateur vauclusien. Thierry D’Aigremont, patron du RN 84, possède un socle de grands électeurs assez solide dans le sillage des victoires à Carpentras, Orange, Bédarrides ou Monteux. Ses adversaires, au premier rang duquel Lucien Stanzione (PS), estiment qu’un sénateur RN n’aura aucune utilité pour le Vaucluse et sera isolé au parlement. Le sortant socialiste, affaibli par les pertes de Carpentras et Avignon, a cette fois constitué une liste DVG et s’appuie sur son bilan et connaissance du terrain pour séduire au-delà de son spectre traditionnel. Un peu plus à gauche, Julien Gautier porte l’étendard insoumis. Enfin, Sylvie Viala, présidente du Modem 84, et Jade Escoffier (divers extrême droite), complètent le casting.

  • À Avignon, un service public en moins au quartier Saint-Jean

    À Avignon, un service public en moins au quartier Saint-Jean

    « Si ce bureau ferme, je sais pas comment faire. Si ça ferme, je devrais aller à celui du Pont des Deux Eaux, à 78 ans, c’est pas l’idéal », confie Nadine, 78 ans, devant le bureau de poste de son quartier, Saint-Jean, à Avignon. L’établissement fait partie des huit bureaux pour lesquels une « transformation » est prévue pour la période 2026-2027.

    « Transformer, ça veut dire que soit les horaires vont être réduits, soit que ça devient une agence communale ou encore que ça ferme », précise Bruno Verdi, secrétaire départemental Sud PTT, à l’occasion d’un rassemblement d’une trentaine de personnes lancé à l’initiative du PCF. Sont concernés, en plus de Saint-Jean, celui de la place Pie et ceux de Gordes, Rasteau, Lapalud, Saint-Saturnin-lès-Avignon, Fontaine-de-Vaucluse ou encore Jonquières. « Ici, c’est emblématique car on est en plein quartier prioritaire et le guichet humain permet de régler beaucoup de problèmes, notamment au niveau bancaire. Si on se bat comme à Saint-Ruf, on peut au moins gagner du temps », poursuit le responsable syndical. Ce dernier a rencontré les maires de Jonquières et Lapalud et espère rencontrer le maire d’Avignon.

    Moins de missions

    Une ribambelle d’élus de gauche étaient également présents. Devant les manifestants, le conseiller d’opposition municipal et départemental Rémy Blanc (PCF) est venu apporter son soutien. Et rappelle que « l’agence communale ou un bureau de tabac remplit beaucoup moins de missions qu’un bureau de poste ».

    Oukacha Rtili, élu d’opposition (LFI) avignonnais, pointe de son côté « la responsabilité de l’État qui poursuit sa politique anti-service public ». « Ici, ils sont très prévenants. Ils prennent du temps pour nous et dire qu’il n’y a pas de fréquentation, c’est faux car il y a tout le temps du monde quand je viens », ajoute Roselyne, habitante du quartier.

  • [Week-end] La beauté de la nature sur grand écran à Vedène

    [Week-end] La beauté de la nature sur grand écran à Vedène

    « Le festival a été créé pour sensibiliser à la nature par la beauté du monde », lance en ouverture de présentation Anouk Mégy, fondatrice et présidente de l’association de sensibilisation à la nature par l’image « Le Caracal », à propos de l’événement Escapades en Vies Sauvages qui se tient ces 25, 26 et 27 septembre à Vedène.

    À la salle l’Autre Scène, ce ne seront pas moins de neuf longs-métrages et quatre courts-métrages qui seront présentés au public. On y suivra la vie du rollier d’Europe, oiseau migrateur rare et méconnu, en pleine garrigue languedocienne avec L’oiseau bleu, la vie secrète du rollier d’Europe. Une diffusion en présence du réalisateur. Ou 4 saisons au royaume du panda qui sera diffusé sous les étoiles dans le parc Bardi. Et aussi, dans D’autres terres plus douces, sans frontières, le périple de plus de 6 000 kilomètres d’une jeune grue cendrée de l’Estonie à l’Éthiopie. Sans oublier le très beau Mobula, la légende des diables qui montre le rassemblement de dizaines de raies Mobula au large de la Corse.

    « En pleine évolution »

    Un événement qui gagne en notoriété. « C’est un peu le Cannes des films de nature », s’enorgueillit une des membres de l’association. L’an dernier, presque 2 000 personnes ont assisté à une diffusion. « On commence à être connus à un point où on nous fait des propositions directement », illustre Anouk Mégy.

    Mais il n’y a pas que des films au programme. À commencer par une conférence sur les zones humides du sud de la France par le parrain de cette 4e édition, Jean Jalbert. Le directeur général de l’Institut de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes, la « Tour de Valat », va lors de cette rencontre « inviter le public à mieux comprendre la richesse de ces milieux fragiles et l’importance de leur préservation », expliquent les organisateurs. « Pour moi, c’est important de partager cette passion commune de la nature à un moment où la nature est sous pression de toutes parts », explique Jean Jalbert. Il y aura aussi William Travers, bénévole pour l’association d’étude des requins et raies en Méditerranée Ailerons, qui va parler de la raie Mobula. Un documentaire sur une expédition de trois chercheurs venus observer un rassemblement de cette espèce méconnue au large de la Corse sera présenté lors du festival.

    Finances fragiles

    Pour autant, le succès grandissant ne permet pas encore une sécurité financière. « On est à la recherche de mécènes privés pour continuer », glisse la présidente. « C’est absolument nécessaire de montrer aussi localement que la nature est présente partout et qu’il faut la protéger. Le Grand Avignon n’est pas en reste avec des dizaines d’espèces remarquables que peu connaissent », poursuit-elle, évoquant un projet de plusieurs courts-métrages sur les oiseaux de Grand Avignon qui devait éventuellement se poursuivre. Mais la communauté de communes a coupé les financements, avançant la rigueur budgétaire.

    Programme complet et billetterie sur lecaracal.fr ou au 06.61.10.16.58

  • Vaucluse : le réseau électrique doit s’adapter au réchauffement climatique

    Vaucluse : le réseau électrique doit s’adapter au réchauffement climatique

    Au sein de la base aéronautique de RTE, gestionnaire d’une partie du réseau de transport d’électricité français, la chaleur, encore bien présente en cette fin septembre avec 30 degrés affichés ce vendredi 25 septembre, se voit aux traces de transpiration des employés qui s’occupent des hélicoptères. Et si les hommes en souffrent, le réseau aussi.

    Comme le rappelle Gilles Odone, directeur délégué de RTE, « les fortes chaleurs ont un impact sur la consommation d’électricité, mais ça a aussi un impact, ça on le sait moins, sur la capacité des lignes ». Une adaptation du réseau est donc nécessaire. Les dernières installations, qui ont une durée de vie d’environ 80 ans, doivent être adaptées à une augmentation de 4 degrés d’ici l’année 2100. Un programme de plus de 24 milliards d’euros est lancé pour adapter le réseau sur les 15 prochaines années.

    Les hautes températures rencontrées cet été ont aussi comme conséquence de détendre les câbles, qui parfois sont longs de plusieurs centaines de mètres. L’une des missions quotidiennes des hélicoptères est de contrôler l’état et la proximité avec des obstacles de ceux-ci à l’aide, entre autres, de radars. Une mission pour l’heure inaccessible aux drones, bien plus économiques. Ce, alors que RTE est le premier opérateur de drones en France. « La réglementation se durcit en France et les longs vols sont compliqués à mettre en place », concède Stéphane Duval, directeur des Services et Travaux Héliportés (STH). Les 100 000 kilomètres de lignes sont contrôlés chaque année.

    Lutte contre les incendies

    La gestion des incendies fait aussi partie du quotidien des pilotes d’Airtelis, filiale de RTE. Depuis 2020, des hélicoptères Super Puma sont mis à disposition de la Sécurité civile de juin à septembre afin d’intervenir rapidement sur les feux. Pendant l’été 2026, 300 missions ont été effectuées dans ce cadre. Dont, par exemple, l’important incendie dans la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne). Mathieu, pilote de RTE, est ainsi parti 7 jours cet été pour aider les pompiers sur place, avec un officier pompier à son bord. « On n’éteint rien tout seuls, on est une aide, on doit avoir l’autorisation pour chaque largage », détaille-t-il.

  • Le marathon d’Avignon dans les starting-blocks

    Le marathon d’Avignon dans les starting-blocks

    Organiser un marathon demande autant, voire plus, de préparation que de courir 42,195 km. Après avoir ouvert les inscriptions en novembre dernier, le top départ est imminent. « On a hâte d’y être, de voir ce bel événement avec un affect important puisqu’on est du territoire », souligne Bertrand Delhomme, coorganisateur avec Christophe Cecco. Les deux Vauclusiens sont déjà à la manœuvre sur des courses dans le département mais changent de braquet avec cette première édition du marathon, mais aussi du semi.

    Depuis plusieurs jours, la température sportive monte en ville avec de grandes affiches roses annonçant l’événement, des panneaux d’information indiquant les restrictions et un marquage au sol du parcours avec une trace rose (marathon) et orange (semi). Et comme pour un départ, beaucoup de monde s’est pressé ce vendredi après-midi devant l’espace Jeanne-Laurent pour l’ouverture du village et le retrait des dossards. Parmi les premières, Pascale qui repart même avec plusieurs dossards. « J’ai récupéré celui des copines de l’équipe féminine de Pujaut [Gard, côté Grand Avignon], on est six au total à participer au semi », indique-t-elle.

    Au total, 4 000 coureurs s’élanceront dimanche depuis la gare centre jusqu’au centre de loisirs de la Barthelasse et un parcours roulant. 2 400 sont inscrits sur le marathon (départ 9h) et 1 600 sur le semi (départ 8h). « Il y a 1 350 Vauclusiens et 300 Avignonnais mais 85 départements et 15 nationalités sont représentés dont beaucoup d’Allemands et de Belges », détaille Bertrand Delhomme. L’organisation est aussi rendue possible par la mobilisation des services municipaux, impliqués dans la logistique, sécurisation et nettoyage. « Cela va être exceptionnel, la météo aussi », prédit Xavier Bourgue, adjoint aux sports, saluant aussi la participation de partenaires privés (NGE) mais aussi de 550 bénévoles. « Pensez à eux tout au long du parcours, faites-leur un sourire et remerciez-les », invite Bertrand Delhomme.

  • À Avignon, l’intersyndicale espère une « journée noire » mardi

    À Avignon, l’intersyndicale espère une « journée noire » mardi

    Depuis plus de trois ans et les immenses manifestations contre la réforme des retraites, il est rare de retrouver un aussi large front syndical appelant à une journée d’action commune. En l’occurrence ce mardi dans la fonction publique. Dans le Vaucluse, le cortège a rendez-vous à Avignon (10h30) au départ du cours Jean-Jaurès jusqu’au Palais des papes. « On appelle à une journée noire, elle sera réussie si plusieurs services publics sont à l’arrêt, des écoles fermées », campe Laurence de Villèle, secrétaire générale de l’UD CGT 84. Un message délivré ce vendredi lors d’un point presse au sein de l’UD CFDT, en présence de FO, la FSU, Solidaires et l’Unsa.

    Les syndicats réclament une revalorisation des salaires et redoutent que les services publics soient davantage sacrifiés dans le prochain budget d’austérité. « Faire mieux avec moins, je ne sais pas comment on fait », ironise Laurence de Villèle pour qui les services publics sont une sorte de valeur refuge pour tous en ces temps de crises. « Ce n’est pas la dépense publique qu’il faut réduire, c’est l’injustice fiscale qu’il faut combattre », défend la représentante CGT, en faisant allusion aux « 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises en 2023 [selon une commission d’enquête du Sénat] ».

    Des salaires en dessous

    du Smic

    « Qui sont les vrais assistés dans ce pays ? », questionne faussement Alice Raimundo, secrétaire adjointe de la FSU. La prof des écoles dénonce « les cadeaux fiscaux aux plus riches » et plaide notamment pour la taxe Zucman « qui aurait rapporté 20 milliards d’euros et permettrait d’augmenter les salaires de 10% ». L’intersyndicale s’émeut de la paupérisation dans la fonction publique. « Il y a 56 branches qui sont en dessous du Smic avec des indemnités de compensation, rappelle Étienne Raoul, délégué FO 84. Depuis 2000, l’inflation a progressé de 58% quand le point d’indice n’a bougé que de 15,95%. » Exemple criant de cette précarité, les AESH [accompagnant d’élèves en situation de handicap], « qui ont un temps partiel imposé sur la base du Smic », rappelle Étienne Raoul. « Bien souvent ce sont des femmes qui subissent cette discrimination salariale, abonde Pascale Battaglia, trésorière de l’Unsa 84. Avant, c’était le 2e salaire du foyer, aujourd’hui beaucoup de femmes vivent seules et portent leur famille à bout de bras. »

    « L’austérité ne marche pas, si on augmente les salaires c’est, derrière, de l’argent dépensé dans l’économie à l’inverse des cadeaux fiscaux pour rentiers », peste Florent Ponzo, secrétaire CFDT santé. Des décisions qui « conduisent au délabrement du service public, cela pousse les gens hors du champ républicain qui se tournent alors vers le RN, un leurre casé avec le capitalisme », décrypte Laurent Derbès, secrétaire adjoint Solidaires des finances publiques. Une position contre l’extrême droite unanimement partagée, hors FO qui applique une stricte neutralité politique.

  • Sensibilisation aux dangers de la route au Département de Vaucluse

    Sensibilisation aux dangers de la route au Département de Vaucluse

    Objectif premier, « sensibiliser les agents des centres routiers aux risques liés à la conduite dans le cadre professionnel et personnel, au travers d’ateliers pratiques animés par des professionnels de la sécurité routière », précise la collectivité. Mais il y avait un côté plus festif. Car cette journée a aussi été choisie pour célébrer les 30 ans du Campus sécurité routière. Chaque année, un peu moins d’une dizaine de collèges sont choisis pour des ateliers de prévention. Depuis 1996, 130 000 collégiens ont été sensibilisés.

  • Vaucluse : les vignerons réclament une année blanche pour reprendre leur souffle

    Vaucluse : les vignerons réclament une année blanche pour reprendre leur souffle

    La « bonne surprise » des vendanges ne masque pas pour autant les difficultés chroniques du secteur viticole. Ce jeudi à Orange, Céline Barnier, présidente de la fédération des vignerons indépendants de Vaucluse, a délivré un message contrasté. « Le volume et la qualité [des vendanges] sont au rendez-vous, la plupart des vignerons sont satisfaits avec un rendement estimé à +10 à 20% en un an », annonce la viticultrice installée à Sarrians.

    Malgré la chaleur et quelques épisodes de grêle, les vignes se sont bien portées, épargnées aussi par les maladies. Reste désormais « à commercialiser ce joli volume », pour les 400 domaines viticoles de la fédération [11 000 hectares et 47 appellations] qui produisent encore à 75% de vin rouge, même si la part du blanc est passée en 10 ans de 3 à 12%. Problème, « les caisses sont vides », déplore Céline Barnier. « On réclame une année blanche bancaire, où on ne rembourse aucun encours de dette et de capital, c’est le seul moyen pour retrouver de la trésorerie et un peu de souffle », espère la présidente. Une demande au niveau national est en train d’être adressée au ministère de l’Agriculture.

    « 90% des exploitations ont des difficultés, cet encours bancaire du milieu viticole, c’est 7 milliards d’euros dont 10% en Vaucluse, chiffre Pierre Saysset, directeur de la fédération des vignerons indépendants 84. Ça ne coûterait que 145 millions d’euros à l’État mais derrière, cela nous permettrait de continuer à faire notre métier et faire travailler les autres secteurs de l’embouteillage, des plants de vignes… » Taxes Trump à l’export, gel, conséquences des différents conflits en Ukraine ou en Iran, ce cumul pèse lourd pour les viticulteurs, déjà frappés par la baisse de consommation de vin. « Il est systématiquement diabolisé, or c’est un élément qui fait partie de notre culture, avec modération, ce n’est pas un danger suprême », estime la présidente de la fédération.

    Dans ce contexte, l’arrachage de vignes se développe. De 300 hectares l’an dernier, les intentions en Vaucluse pour 2026 sont à 1 240 hectares. Olives, pistaches, amandes, grenade, aloe vera sont autant de cultures porteuses aujourd’hui. « On ne réclame pas de l’argent pour être sous perfusion mais pour s’adapter et ensuite vivre de notre travail », conclut Céline Barnier.

  • [Entretien] Raphaël Arnault : « Le bon sens, pour Galzi, ce n’est que vers la droite »

    [Entretien] Raphaël Arnault : « Le bon sens, pour Galzi, ce n’est que vers la droite »

    La Marseillaise : Comment se passe votre rentrée politique ?

    Raphaël Arnault : C’était très centré sur la circonscription parce que l’Assemblée nationale reprend plus tard, cette année, à cause de dissensions au sein du bloc macroniste, qui est en train de se désintégrer, se désagréger, plus la campagne présidentielle arrive. Ce qui n’est pas plus mal, parce que souvent, on est assez frustré de ne pas avoir assez de temps pour ça. On a eu plusieurs angles de bataille. Comme les barbecues populaires. C’est l’occasion d’aller directement à la rencontre des citoyens qui nous disent que sans ce genre de moments, ils ne seraient pas allés à la rencontre de parlementaires. Ce n’est pas avec trois merguez qu’on efface ce qu’il s’y passe, mais on veut montrer le lien que l’on y trouve. On est allés aussi en dehors de la circonscription, comme à Carpentras, pour faire état de ce qu’il se passe dans une mairie RN et montrer qu’il y a une capacité de résistance. Sans oublier la sortie de mon livre, la semaine prochaine, qui raconte 10 ans de militantisme qui débouchent à la députation. Avec ce que c’est, aussi, d’être dans ces institutions, avec tous les bouleversements qu’il y a pu avoir. En deux ans de mandat, j’ai l’impression d’en avoir avalé quinze !

    Comment vous projetez-vous sur les neuf prochains mois ? Serez-vous candidat à votre succession ?

    R.A. : Là, il y a la bataille du budget à l’Assemblée nationale. Ça va pouvoir permettre de faire des parallèles avec ce qui se passe aussi ici, en circonscription. Ces neuf prochains mois, il ne faut pas se mentir, on va être beaucoup tournés vers la présidentielle. Le fait est que toute la vie politique, y compris à l’Assemblée nationale, va être aspirée. Forcément, ça vient perturber un peu un mandat. En tant que député, par exemple, j’étais mobilisé sur la question de la crèche à l’hôpital d’Avignon, sur la fermeture des bureaux de poste, de la question des services publics de façon générale. Ces luttes sont liées. Pour la suite, je répète souvent que c’est un choix collectif, au niveau local et national. Tout sera à rediscuter selon les enjeux politiques et le bilan qu’on porte. Mais ce serait une immense chance de pouvoir mener ce combat-là.

    Vous êtes régulièrement attaqué, notamment par le maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD). Comment réagissez-vous à ces attaques ?

    R.A. : Je serais inquiet si un personnage comme Olivier Galzi jugeait ma députation convenable, alors même que je défends une réelle alternative aux politiques menées depuis des années. De fait, il s’est lié d’amitié très forte avec le Rassemblement national, d’une part pour prendre le Grand Avignon, mais aussi politiquement, on voit qu’il y a des choses qui vont dans ce sens. Il y a une droite macroniste radicalisée et une extrême droite qui insensiblement s’affichent, et il se situe un peu entre les deux. Il vagabonde. Le bon sens, pour lui, c’est que vers la droite. Toute l’extrême droite me tape dessus depuis maintenant le début du mandat. Là, encore une fois, on a un nouvel acteur qui a décidé d’appuyer sur le même créneau, littéralement. Je ressens de l’inquiétude chez les habitants. Le peu de projets un peu positifs qui étaient en cours sont relégués à, soi-disant, plus tard.

    On a l’impression pour beaucoup que Jean-Luc Mélenchon est un repoussoir, parfois plus que Marine Le Pen. Comment l’analysez-vous ?

    R.A. : Jean-Luc Mélenchon fait peur à des gens qui ont de grands intérêts économiques liés à l’exploitation. Mais encore une fois, c’est plutôt positif. Ce qu’on observe sur le terrain, ce n’est pas ça. Dans les milieux populaires, non, Mélenchon n’est pas du tout considéré comme un repoussoir, bien au contraire. Maintenant, il est certain que pour gagner le pays, il va falloir s’adresser à des gens qui pensent qu’ils n’ont pas intérêt à se lier à un projet de rupture. Je pense à ceux qu’on appelle la classe moyenne, je n’aime pas trop ce terme, parce que ça ne veut un peu plus rien dire. Lorsqu’on dit que l’on va un peu redistribuer de la richesse en taxant comme il se devrait les quelques milliardaires qu’il y a dans ce pays, il y a des gens qui gagnent 4 000 euros et qui pensent qu’ils seraient liés à ça. Non, ils ne sont pas liés à la condition des milliardaires, loin de là.

    On est à un peu plus de six mois après l’affaire Quentin Deranque. Qu’en retenez-vous ?

    R.A. : Il y a eu une déferlante médiatique et des attaques politiques très fortes. Forcément, ça vient perturber une histoire militante, la question de l’antifascisme, la question aussi de la peur de l’extrême droite à ce moment-là, qui aurait pu prendre un dérapage très, très dur. Cela a aussi permis de se remettre en question sur tout un tas d’aspects. Quel antifascisme on veut, quelle limite on lui donne ou encore reconnaître qu’il a pu y avoir de grosses erreurs. Mais par contre de ne pas céder face à des gens qui voulaient réhabiliter des néo-nazis, qui voulaient réhabiliter la violence de l’extrême droite comme si ce n’était rien. Et de ce point de vue là, je pense que le pays a tenu bon.

  • Des tensions au lycée Briand d’Orange

    Des tensions au lycée Briand d’Orange

    Ils dénoncent notamment une « baisse du pouvoir d’achat du personnel », due à l’arrêt du remboursement des frais de déplacement pour visiter les élèves en stage ou à l’arrêt de l’indemnité ZEP. Mais aussi des problématiques de chaleur et d’inclusion scolaire, avec un manque d’AESH.