Tag: Vaucluse

  • Le progrès en étendard à la fête de « La Marseillaise » à Avignon

    Le progrès en étendard à la fête de « La Marseillaise » à Avignon

    Sous les grands arbres couverts de lierre du parc des Libertés de l’île de la Barthelasse, à Avignon, les températures en hausse n’ont pas calmé les ardeurs de plusieurs centaines de personnes qui se sont réunies ce dimanche 24 mai à l’occasion de la Fête de La Marseillaise.

    Une occasion annuelle de se réunir, d’échanger, de débattre, de s’informer mais aussi, bien sûr, de faire la Fête. Une journée qui s’est lancée autour de 9 heures avec l’arrivée des militants des différentes organisations politiques et associatives. Café et huile de coude au menu pour mettre en place les stands. Très vite, ce fut déjà l’heure du repas autour d’un verre d’eau, de bière ou de vin selon les goûts. Et de trinquer avec quelques membres du Club de la presse de Vaucluse et sa nouvelle présidente Dominique Ghidoni, sous les ajustements acoustiques du groupe Reno Bistan qui a laissé entendre quelques extraits des chansons jouées au concert de clôture de 17 heures. Une belle conclusion, entre paroles en français ou en italien, pour chanter Monde de droite ou encore Una torta de riso, pendant que les quelques bambins venus avec leurs parents profitaient du château gonflable disposé pour l’occasion. Sans oublier, à l’heure de la digestion, la pièce Emballages, écrite par André Benedetto et jouée par la compagnie la Parole Rouge, critique acerbe du capitalisme mêlant humour et discours militant. Le tout sans oublier l’engagement anti-extrême droite de notre journal fondé dans la Résistance. « L’échéance de l’année prochaine va être très importante pour nous tous, pour le monde du travail, pour les progressistes, pour les Français, pour tous ceux qui vivent dans notre pays », rappelle Léo Purguette, président et directeur de publication de La Marseillaise, appelant à « relever la tête, être offensif » comme tente de l’être notre titre.

    L’occasion d’échanger

    Si les derniers mois ont été marqués par les élections municipales, la Fête était aussi l’occasion de se retrouver. « Je viens depuis trente ou quarante ans et c’est l’occasion de montrer nos actions » glisse Françoise Godefroy, vice-présidente de France Cuba en Vaucluse.

    Un moment aussi pour les différents partis de gauche présents d’échanger dans un cadre plus détendu. « Une journée agréable où on se retrouve sur l’essentiel », pointe Pascal Clemençon, secrétaire fédéral du PS en Vaucluse. « L’unité se fait lors de fêtes », ajoute Méliades Bey de l’Après. « On reste dans un moment de l’année où on peut échanger de manière informelle avec des camarades de diverses sensibilités des échéances passées et à venir pour lutter localement au-delà des quelques différences » ajoute l’insoumis Sylvain Nandan.

    « Si nous sommes ici, ce n’est pas seulement pour partager un moment festif. C’est aussi parce que notre époque exige de l’engagement, en particulier dans notre département. Contre l’extrême droite, contre la casse sociale, pour l’hôpital, pour la santé, pour l’éducation, pour le monde du travail, pour l’égalité, pour la dignité, pour l’écologie, pour le droit des femmes et de toutes les personnes discriminées, pour la solidarité internationale et pour la paix », a lancée en fin de journée Delphine Jordan (PCF).

    La fête continue… Rendez-vous le 27 juin à La Bâtie-Neuve pour la première Fête de La Marseillaise des Alpes !

  • Avignon : « Roulant et touristique », le parcours dévoilé

    Avignon : « Roulant et touristique », le parcours dévoilé

    Dans quatre mois, le 27 septembre, se courra
    le premier marathon d’Avignon. Une course, accompagnée d’un semi-marathon, dont les 3 500 dossards se sont arrachés en quelques heures (semi) et jours (marathon) début novembre. Si en fin année dernière, le parcours du semi-marathon avait été dévoilé, les organisateurs ont levé le voile mercredi dernier sur le tracé des 42,195km.

    Un temps de latence pour affiner le parcours mais aussi et surtout laisser passer le temps des élections et que la nouvelle municipalité donne quitus. « Il n’y avait pas d’obstacle, personne n’arrête un marathonien, confie le maire Olivier Galzi (DVD) lors du point presse à l’hôtel de ville. Le projet est sérieux, organisé par des passionnés et s’inscrit dans notre ambition d’avoir de grands événements sportifs qui comptent et font rayonner Avignon. »

    « Nous sommes heureux de voir que le projet est attendu », apprécie Bertrand Delhomme, co-organisateur avec Christophe De Cecco, tous deux déjà à la manœuvre du semi-marathon du Ventoux. Et alors que les inscrits sont sur les rangs depuis 6 mois, Bertrand Delhomme reconnaît l’impatience grandissante des coureurs dans l’attente du parcours. « Il sera roulant et touristique », promet Christophe De Cecco qui, « depuis un an », étudie toutes les options possibles. « On a dû faire des concessions mais on a trouvé un bon compromis », juge-t-il.

    Une seconde édition

    pour fin février

    Comme déjà annoncé, les coureurs s’élanceront depuis la gare centre pour un tour des remparts jusqu’à la porte Saint-Lazare et plusieurs kilomètres dans l’intra muros (rues Carreterie, Guillaume-Puy, place des Corps Saints, passages devant le palais des papes et l’hôtel de ville) avant d’en ressortir vers Saint-Roch pour rejoindre le pont d’Avignon puis ensuite l’île de la Barthelasse. Un gros quart du parcours sera donc urbain puis le reste très nature mais « 100% bitume » dans le poumon vert et fluvial avignonnais. « Il fallait des routes larges, il y aura quelques lignes droites et allers-retours », admet Christophe De Cecco, tout en promettant lors de ces points de rencontres « une ambiance musicale et beaucoup d’encouragements ».

    Si les organisateurs ont, en vain, essayé de se diriger vers l’île de l’Oiselet, « la Barthelasse est une vraie plus-value », estiment-ils. Comme pour le semi marathon -dont les 13 premiers kilomètres seront communs avec le marathon-, l’arrivée sera jugée le long du Rhône sur les allées Marie-Josée-Roig. Quelque 15 nationalités différentes seront représentées ainsi que 90 départements français. Pour l’heure, un tiers des inscrits sont Vauclusiens. La donne pourrait évoluer puisque 500 nouveaux dossards (300 pour le semi et 200 pour le marathon) ont été remis à la vente vendredi.

    Sans attendre la tenue du premier marathon, les organisateurs ont confirmé avoir déjà acté une seconde édition dès fin février 2027. « L’idée est d’en faire l’un des premiers marathons de l’année et concurrencer ceux d’Espagne, tout en positionnant ce rendez-vous dans une période assez creuse pour la ville », fait valoir Christophe De Cecco, déjà « convaincu que cette 2e édition attirera encore plus de monde ». Notons aussi que la course se veut solidaire : mercredi un chèque de 10 580 euros a été remis au fonds de dotation Av’ence, qui finance « des projets améliorant l’accueil, le confort et le bien-être » à l’hôpital d’Avignon.

  • Vaucluse : sur la corde raide, les centres sociaux jouent collectif

    Vaucluse : sur la corde raide, les centres sociaux jouent collectif

    Poser la question, c’est déjà y répondre. Il y a deux ans et demi, la fédération des centres sociaux de Vaucluse avait organisé une table ronde en mode alerte face aux risques de disparition de structures, au nombre de 30 en Vaucluse (centres sociaux et espaces de vie sociale confondus). Est-ce que cela a été suivi d’effets ? Silence gêné et partagé chez Salima Ezzahri et Benoît Leroyer, tous deux co-délégués de la fédération, questionnés au lendemain de l’assemblée générale de la structure, tenue mardi dernier. « On développe la résilience », commente dans une litote Benoît Leroyer.

    Manière polie de dire que la situation globale ne s’est pas améliorée. En juillet dernier par exemple, la fédération s’était émue d’une baisse de dotations de 400 000 euros de la part du conseil départemental. Et « l’environnement socio-économique, l’instabilité politique suite aux municipales » drainent plus d’inconnues que de certitudes. Sans procès d’intention, la fédération attend de voir quelle va être la position de la nouvelle majorité RN à Carpentras, où sont installés 4 centres sociaux. Restrictions budgétaires, précarité croissante des publics et tension permanente des équipes ont été ciblées lors de l’AG par Elsie Guillaume, présidente de la fédération. « Ce qui nous tient, c’est l’intelligence collective, de faire ensemble », a-t-elle prévenu.

    « Le premier réseau social »

    Un message qui a pu être délivré l’été dernier lors de la venue de l’ancienne ministre de la Ville, Juliette Méadel, qui s’était rendue au centre social de la Croix-des-Oiseaux. « Il est indispensable de réfléchir nos alliances et nos partenariats entre structures de l’animation de la vie sociale car nous ne trouverons pas les réponses en étant seuls, campe Salima Ezzahri. Il devient urgent de construire une stratégie pour prévenir les risques de crises. » La fédération veut aussi faire de la pédagogie. « Le centre social est la pierre angulaire sur son territoire et joue un rôle central entre plusieurs acteurs associatifs ou institutionnels. Souvent on nous regarde comme un centre de loisirs où on fait du tricot pour les mamies, mais c’est vraiment plus large que ça, on est des acteurs clés de la cohésion sociale, de l’inclusion et de la démocratie locale », développe la co-déléguée.

    « On accompagne de manière globale les habitants en leur donnant une place première, abonde Benoît Leroyer. Ça nécessite une agilité qui n’est pas connue et, avec les difficultés évoquées, met les équipes en tension. » Les centres sociaux sont quasiment tous situés en quartiers prioritaires. « À part deux, tous sont à moins de 200 mètres d’un point de deal », souligne le co-délégué, entraînant, de fait, des questions de sécurité pour les quelque 420 salariés et 1 400 bénévoles œuvrant à l’année dans ces structures. Pour autant, pas question de lâcher le terrain. « Par rapport à la précarité grandissante, le repli généré par une société en fragmentation, les centres sociaux sont plus que jamais utiles : ce sont encore des lieux où il fait bon vivre, où les gens se croisent, où on réfléchit ensemble, où on est d’accord de ne pas être d’accord, bref le premier réseau social », conclut Benoît Leroyer.

  • À Eurenco Sorgues, les gendarmes évacuent les grévistes

    À Eurenco Sorgues, les gendarmes évacuent les grévistes

    En conflit social (avec FO) depuis plus de quatre mois avec la direction d’Eurenco pour, entre autres, des augmentations salariales, une dizaine de militants du syndicat, qui manifestaient contre le licenciement d’un salarié syndiqué, ont été évacués de l’entrée du site ce mercredi 20 mai par des gendarmes vers 17h après avoir été contactés par la direction de l’entreprise, pour laisser entrer des camions devant les livrer. La section vauclusienne du syndicat et sa secrétaire générale, Laurence de Villèle, dénoncent dans un communiqué ce jeudi 21 mai « une répression syndicale inacceptable ainsi qu’une atteinte au droit de grève ».

    Alors que la préfecture de Vaucluse assure que des camions, en attente depuis 7h du matin, « transportaient des matières dangereuses qui devaient impérativement entrer sur le site », la CGT condamne cette décision « instrumentalisée par la direction d’Eurenco, décomplexée face à des travailleuses et travailleurs qui luttent pour des augmentations de salaires et contre la criminalisation de l’action syndicale ».

    Une lettre ouverte au préfet a également été adressée ce 21 mai. Tout en dénonçant des décisions de l’entreprise, comme les sanctions de salariés, comme constituant « une mesure de discrimination et de répression syndicale », elle regrette le manque d’échanges avec la préfecture. « Nous constatons avec colère qu’alors que le patronat semble bénéficier d’une écoute attentive des services de l’État, l’Union départementale CGT de Vaucluse n’a, pour sa part, jamais été reçue par vos services malgré de multiples demandes de rendez-vous restées sans réponse », pointe le syndicat dans sa lettre ouverte. Et estime que le rôle de l’État « ne peut être de soutenir implicitement des pratiques antisyndicales ni de participer à la répression d’un mouvement social légitime ».

  • Une douche révolutionnaire inventée à Avignon lauréate du concours Lépine

    Une douche révolutionnaire inventée à Avignon lauréate du concours Lépine

    La douche, certains y vont à reculons, d’autres peuvent y passer une heure, mais très peu profitent des premières gouttes froides, voire glacées, avant que l’eau ne soit à la température souhaitée. Un moment désagréable, mais aussi un gaspillage de parfois plusieurs litres d’une ressource de plus en plus rare. C’est à cela que la colonne de douche Opty-O, inventée par Simon Lillamand et qui a gagné la médaille d’or, prix de la mairie de Paris au concours Lépine de la Foire de Paris, tente de répondre.

    Dans ses ateliers, dans la pépinière d’entrepreneurs Créativa du Grand Avignon, l’inventeur se réjouit de cette récompense et la voit comme « une reconnaissance du travail accompli ». Avec l’objectif d’une industrialisation à plus grande échelle. Et pour ce faire, il faut donc des moyens. « Comme toutes les entreprises, on a besoin d’une levée de fonds dans une situation économique pas très facile. Il faut convaincre des investisseurs pour poursuivre le développement », confie-t-il dans son local encore quelque peu encombré après le retour de la capitale.

    320 euros d’économies

    Le système paraît sur le papier simple, « mais c’est évidemment plus compliqué que cela », glisse l’ingénieur. Avant de vouloir se laver, l’utilisateur de la douche Opty-O doit appuyer sur un bouton afin de lancer le système. À l’intérieur de cette sorte de boîtier, l’eau froide inutilisée est stockée et un voyant vert s’allume lorsqu’un détecteur note que l’eau est chauffée, ce qui signifie que l’on peut commencer à se doucher sans problème de température. L’eau trop fraîche est ensuite réinjectée au fur et à mesure dans le système. « Il faut l’utiliser directement car sinon, l’eau croupit et devient inutilisable », poursuit Simon Lillamand. D’après ses calculs, pour une famille de quatre personnes, l’économie annuelle serait comprise entre 160 et 320 euros par an. Soit un retour sur investissement en plus ou moins trois ans. Un « système lumineux pédagogique » est également intégré dans l’appareil afin d’inciter les utilisateurs à diminuer la durée sous les jets. D’après l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, le temps passé en moyenne sous la douche est de neuf minutes, alors que cinq minutes suffisent.

    Une invention qui peut potentiellement concerner tout le monde. Et qui, comme la plupart des bonnes idées, pousse à se demander pourquoi personne n’y a pensé avant. « Eh bien, il y a déjà eu des tentatives. Mais dans les brevets déjà déposés, il manquait plusieurs éléments que l’on a pu ajouter », explique l’inventeur. Pour l’heure, les premières commandes et les rendez-vous s’enchaînent. Avec notamment des hôtels et des lieux d’accueil qui s’intéressent de plus en plus à ce système qui laisse entrevoir de belles économies d’eau et d’argent. « L’objectif de la première année était de prouver que le produit fonctionne et qu’il trouve son marché. Aujourd’hui, nous avons des colonnes installées, des retours utilisateurs très positifs et une production désormais intégrée à Avignon. La prochaine étape est d’accélérer fortement la distribution », insiste le fondateur d’Opty-O. Pour l’heure, une cinquantaine de colonnes ont pu être installées.

  • La mère des batailles

    La mère des batailles

    Depuis six ans, La Marseillaise progresse. Davantage de ventes, d’abonnés, de rayonnement, de résultats commerciaux, d’événements…

    C’est à vous qu’elle le doit. Vous qui la lisez aujourd’hui et qui l’avez défendue hier lorsque la crise Covid l’avait poussée dans le précipice.

    Elle a redressé la tête, rénové son site internet et son siège historique, lancé une appli mobile, créé de nouveaux événements, battu le record de participation au Mondial La Marseillaise à pétanque. Elle a pris la décision de s’associer avec le journal culturel Zébuline mais aussi de revenir dans le Vaucluse en 2022. Plus récemment, elle s’est lancée à la conquête des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes en février dernier. Elle a ouvert de nouveaux locaux à Montpellier, siège de son hebdomadaire d’Occitanie.

    Extrême fragilité

    Ce dynamisme porté par les efforts des salariés de notre journal et le dévouement sans borne des Amis de La Marseillaise est une grande fierté.

    Il démontre le formidable potentiel d’un journal porteur des valeurs du Conseil national de la Résistance, indépendant des puissances d’argent mais ne règle en rien notre extrême fragilité.

    Alors que l’extrême droite et son projet haineux menacent plus que jamais, et dans la bataille culturelle qui s’engage, un journal comme le nôtre est indispensable.

    Sans vous, sans votre mobilisation, il peut disparaître brutalement. Abonnez-vous, diffusez La Marseillaise, donnez-lui les moyens de ses ambitions pour peser dans la mère des batailles, celle de l’information alors que les fake news et le projet de guerre de tous contre tous porté par l’extrême droite sature l’espace médiatique.

    En avant La Marseillaise !

  • Alexandre Basquin : « Nous sommes à l’ère d’un totalitarisme numérique »

    Alexandre Basquin : « Nous sommes à l’ère d’un totalitarisme numérique »

    Aux côtés du sénateur écologiste Thomas Dossus, du député LFI Pierre-Yves Cadalen et du secrétaire fédéral du PS 84 Patrick Blanès, Alexandre Basquin participera dimanche à l’un des temps forts de la Fête de La Marseillaise à Avignon : un débat sur le numérique et son impact sur la démocratie.

    La Marseillaise : Quel sera le sens de votre propos dimanche ?

    Alexandre Basquin : Tout d’abord, comme sénateur je fais partie du groupe d’études numériques et suis membre d’une mission d’information sur l’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle. Mais au-delà du Sénat, j’essaye de rendre la question du numérique citoyenne et politique. J’ai publié, en mars, un essai « Numérique, stop à l’exploitation ». Je dois être l’un des seuls parlementaires de France à ne pas avoir de réseaux sociaux. J’ai toujours eu une petite méfiance face à ces outils. Depuis que je les étudie, c’est devenu une défiance : ce qu’on nous faisait croire comme étant une liberté nouvelle est avant tout une forme d’aliénation. Le modèle économique des géants du numérique fait qu’il faut que vous soyez de plus en plus longtemps sur les écrans, à polariser les contenus, de manière à monétiser votre attention et à piller vos données personnelles. Nous sommes les pantins de grands marionnettistes que sont les gens du numérique. Une forme d’ère de totalitarisme numérique. Très loin de la création d’Internet, porte publique ouverte sur le monde, qui avec l’arrivée des fournisseurs d’accès privés est devenu un monstre numérique, qui nous exploite à des fins économiques, commerciales et politiques.

    Dans cette jungle, la régulation est-elle illusoire ?

    A.B. : Chacun est libre d’utiliser les outils qu’il souhaite. J’ai porté l’idée d’une COP du numérique comme ce qui existe sur la COP environnementale. J’essaie d’éveiller un peu les consciences en disant « Ne croyez pas que vous êtes libres sur ce type d’outils, parce que derrière, il y a des enjeux algorithmiques qui font qu’on vous oriente de manière à ce que vous consommiez toujours plus ». Les études montrent que sur le réseau social X, un mensonge se répand 6 fois plus vite qu’une vérité. Je ne crois pas à une forme de régulation pour la simple raison que ces géants du numérique sont extrêmement puissants et pratiquent un lobbying fort auprès des instances européennes. Ces GAFAM pèsent plus que le PIB de certains États. Face à cela, notre force, c’est le collectif. Ces géants sont au pied d’argile et ne vivent qu’à travers nos usages. Si demain les 3,4 milliards d’utilisateurs de Facebook s’en vont, tout s’écroule. Alors c’est peut-être utopiste et idéaliste. Il y a quand même des prises de conscience. En France, le fait qu’on avance sur l’interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans, quand on voit tous les effets néfastes sur notre jeunesse en termes d’isolement et de santé mentale, est un bon premier signe bien qu’insuffisant.

    En quoi est-ce un danger pour la démocratie ?

    A.B. : Les enjeux démocratiques sont importants et de deux ordres. Le premier, c’est l’utilisation des outils numériques à des fins d’ingérence étrangère, de manipulation électorale, de cybercriminalité. En 2024, 80% des élections qui ont eu lieu dans le monde ont été impactées par l’intelligence artificielle avec des manipulations à grande échelle dans le cadre des réseaux sociaux. Le second enjeu, c’est par rapport à la philosophie des géants du numérique eux-mêmes, qui ne veulent qu’une chose : que nous soyons isolés devant nos écrans. Ils honnissent toute forme de solidarité, de collectif. Si vous êtes plusieurs en train de discuter sur une terrasse de café, vous n’êtes pas devant votre écran d’ordinateur. Tout est fait à travers l’économie de l’attention pour que vous soyez toujours plus devant vos écrans pour alimenter leur caisse à profit. Mais au-delà de ça, ils portent aussi une philosophie politique. Par exemple, Mark Zuckerberg [fondateur de Facebook] ou Elon Musk [propriétaire d’X], sont des libertariens. Ils portent en étendard la liberté individuelle avant toute autre considération, y compris avant la démocratie. Ils sont contre toute forme d’État-nation et luttent contre toutes les régulations qu’on peut leur imposer. Donc, c’est vertigineux, extrêmement effrayant. Cela participe d’un mouvement antidémocratique. Parce que demain, des vidéos seront montées de toutes pièces et vous n’allez plus distinguer le vrai du faux. Et dans une démocratie, en période électorale, ça peut amener à des comportements extrêmement violents.

  • On fait la fête ce week-end samedi à Toulon et dimanche à Avignon !

    On fait la fête ce week-end samedi à Toulon et dimanche à Avignon !

    Samedi 23 mai

    Fête de La Marseillaise Var. Toulon, plages du Mourillon

    entrée gratuite

    De 10h à 20h30. Expositions, village du monde, féministe, librairie, animations, jeux d’enfants, guinguette, restauration rapide. Lectures, fresques, animations, poésies. Concert Chichi et Banane de 12h30 à 14h30. 13h Repas des Amis de La Marseillaise à 15 euros Entrée, rôti et son flan de légumes, tartelette – Servi à table. Concours de boules doté. 2 euros par personne. 16h Débat « la paix » avec Vincent Boulet expert, dirigeant du Parti de la gauche européenne et Richard Roméo-Giberti, secrétaire général de l’Union départementale CGT du Var, animé par Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise. 19h Tremplin groupes locaux.

    https://www.fetelamarseillaise83.fr

    Dimanche 24 mai

    Fête de La Marseillaise Vaucluse. Avignon, île de la Barthelasse, parc des Libertés

    entrée gratuite

    10h30 Débat « Le rôle social du roman noir » avec hommage à Roger Martin, auteur et chronique littéraire de La Marseillaise, décédé brutalement en janvier en présence des auteurs Philippe Pivion, Antoine Blocier et Philippe Paternolli. 12h Prise de parole de Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise. Restauration de 10 à 15 euros. 14h15 Théâtre « Emballages », pièce d’André Benedetto interprétée par la compagnie La Parole Rouge. 15h15 Débat « La démocratie mise en péril par le numérique ? » Avec Alexandre Basquin, (sénateur PCF), Pierre-Yves Cadalen (député LFI), Thomas Dossus (sénateur LE), Lucien Stanzione (sénateur PS). 17h prise de parole de Delphine Jordan (PCF) Concert, Reno Bistan, Chansons politiques, poétiques et humoristiques. Suivi de la Chorale Sauvage.

    Et la fête continue en juin dans les Alpes…

    Samedi 27 juin

    Fête de La Marseillaise Alpes. La Bâtie-Neuve, La Carline

    entrée prix libre

    De 10h à 1h du matin. Débats, bar, restauration concerts punk rock et métal. Groupes Los Fralibos, De Mist, Airain, scène ouverte…

    Contact : 06.76.27.84.73.

    ILS Y SERONT…

  • À Avignon, des mamans d’élèves victimes de haine raciste

    À Avignon, des mamans d’élèves victimes de haine raciste

    Un nouvel exemple de haine raciste en ligne vient toucher Avignon. En janvier, le nouveau-né Zaïd, premier bébé de l’année dont La Provence s’était fait l’écho, avait subi un torrent abject de commentaires racistes et violents. Cette fois, c’est une publication de Vaucluse Matin qui a servi de défouloir haineux sur la page Facebook du titre.

    L’article, du 12 mai, relate l’alerte de cinq mamans d’élèves déléguées de l’école maternelle des Grands-Cyprès, en colère face à la vétusté de l’établissement. S’ensuivent près de 500 commentaires. Non pour appuyer leur combat, mais pour s’en prendre au voile que portent les mamans sur la photo. « C’était des commentaires comme “avec leur torchon sur la tête”, “mais est-ce qu’on est à la sortie d’une école ou d’une mosquée ?” », confient à Ici Vaucluse Halima, qui « en a pleuré » et Maryam, deux des mamans visées par les messages racistes et islamophobes.

    Vaucluse Matin revient ce jeudi sur l’affaire et a, depuis, retiré la publication en ligne, l’article et la photo restant consultables. Les mamans annoncent le dépôt imminent d’une plainte. « Les gens se cachent derrière des comptes et se croient inatteignables, mais on a fait des captures d’écran, on ne laissera pas passer », assurent-elles. Mardi, elles ont reçu la visite et le soutien du député LFI Raphaël Arnault, qui compte saisir la procureure, et des élus municipaux insoumis, Oukacha Rtili et Khalid El Yousoufi. « Le racisme et l’islamophobie ne sont pas des opinions, ce sont des violences qui fracturent notre société et cherchent à intimider ceux qui prennent la parole », réagit le député. Même tonalité pour le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), pour qui « tous ces actes sont intolérables et doivent faire l’objet d’une enquête rapide et approfondie ».

  • Le chantier de Bonpas dépollué et dans les clous

    Le chantier de Bonpas dépollué et dans les clous

    Au milieu d’une cinquantaine d’agents du Département de Vaucluse, vêtus de gilets jaunes et orange fluo, une grande benne remplie à ras bord de pneus trône, ce jeudi 21 mai, à proximité du chantier du carrefour de Bonpas. À quelques mètres de là, un camion-grappin ramasse des dizaines de sacs-poubelles déposées le long de la route menant aux travaux. Le tout s’inscrit dans le cadre d’une vaste opération de nettoyage et de dépollution du site, menée en parallèle des aménagements routiers.

    Une « opération coup de poing », comme la qualifie Isabelle Pacaud, cheffe du service Politique et expertise en infrastructures routières, en charge de l’opération. Les abords des 800 mètres de voirie, qui mènent également au marché aux puces d’Avignon situé à quelques dizaines de mètres, ont été défrichés et nettoyés par des agents des routes, mais aussi par des volontaires « des bureaux » issus d’autres services, ainsi que par des employés du groupe Vinci. « C’est un fléau commun. Chaque jour, nos agents ramassent en moyenne 10 kg de déchets par kilomètre », assure Jérôme Pissonnier, directeur d’exploitation adjoint de Vinci Auvergne-Rhône-Alpes. Un peu plus de 6 tonnes de déchets ont été ramassées, dont des centaines de pneus, le coin étant connu comme un « dépôt sauvage », regrette Dominique Santoni.

    « C’est un éternel recommencement. C’est un site reculé et loin de la ville, donc, certains ne s’embêtent pas », glisse Isabelle Pacaud, qui demande du civisme et espère que « la police pourra attraper les contrevenants ». L’élue départementale évoque de son côté la mise en place de panneaux préventifs lors d’une prise de parole devant les agents. « Oui, c’est plus cher de déposer en déchetterie, mais on est tous sur la même planète. Beaucoup trop de gens cèdent à la facilité. On met notre pierre à l’édifice et on espère que cela aura un effet papillon », poursuit Dominique Santoni.

    Fin en 2027

    L’occasion est également propice pour faire un point sur l’avancée des travaux de ce « principal point noir du trafic routier » en Vaucluse, selon le conseil départemental. Et « on avance bien, sans retard », assure la présidente, qui estime que le chantier sera bien terminé en 2027, sans pouvoir préciser « si ce sera plutôt en juin ou en septembre ». Avec des échéances importantes qui arrivent dans les prochaines semaines, comme l’ouverture à venir, en juillet, de la bretelle Avignon Sud, qui va relier le péage de l’A7 à la Cité des Papes et devrait fluidifier la circulation, d’après les services départementaux. Mais, aussi, des discussions autour de la mise en place d’un parking de covoiturage à proximité de ce même péage, avec Vinci, ce qui « va avancer durant cet été », assure l’élue. « À part ça, pas de ralentissements particuliers. Pour l’instant, ça fonctionne », conclut-elle.