Tag: Vaucluse

  • [Patrimoine] La double mission des remparts d’Avignon

    [Patrimoine] La double mission des remparts d’Avignon

    Il y a quelques semaines, 14 pupitres de lecture ont fait leur apparition tout le long des 4,6km des remparts d’Avignon. Ce « projet de mise en lumière historique et culturelle vise à réintégrer dans la mémoire collective ce monument essentiel d’Avignon que constitue son enceinte médiévale et en faire une source de connaissance dépassant le seul caractère historique de cette architecture », nous indique la municipalité. Un parcours où les « contenus évoquent l’histoire du monument mais également tous les usages qui s’y attachent, rappelant sa dimension sociale au sein de la Ville (foires et marchés, constructions adossées, épisodes des crues…) ».

    Manière pour les habitants, comme pour les touristes, d’en apprendre davantage sur ce joyau, progressivement classé Monument historique entre 1906 et 1937 avant d’être intégré au patrimoine mondial de l’Unesco en 1995 avec l’ensemble du centre-ville. De 8 mètres de haut, dotées de 36 tours et 55 échauguettes (tourelles) et de 27 points de passages (portes et poternes confondues), les remparts sont aujourd’hui une forteresse médiévale parmi les mieux conservées. D’abord circonscrites dans un périmètre du Rocher des Doms où se sont installées les premières populations, les forteresses se sont progressivement étendues en franchissant à partir de 1320 le canal de la Sorgue. La configuration actuelle a nécessité 16 ans de travaux de 1357 à 1373, principalement sous le pontificat d’Innocent VI.

    « La fonction initiale des remparts est la défense de la ville contre les attaques militaires extérieures », stipule la municipalité. Le symbole en est le Châtelet. Situé à l’entrée du pont Saint-Bénézet, ce bâtiment constitue le point stratégique du contrôle de la ville. Érigé au XIVe siècle, il est reconstruit en 1414 suite aux dégâts subis lors du deuxième siège du palais apostolique, au début du XVe siècle.

    Une armure en bois comme endiguement

    Le second rôle des remparts, toujours prépondérant, est de lutter contre les crues du Rhône. L’épisode le plus marquant remonte à juin 1856, où une vague de 1,50m fait céder plus de 30m de remparts au niveau de la porte Saint-Dominique et pénètre en centre-ville. Place Saint-Didier ou encore rue des Teinturiers de discrets témoins de cette crue permettent de mesurer le niveau d’eau. À l’époque, Napoléon III était venu en barque constater les dégâts. Désormais, la Ville veille à développer la culture du risque et familiariser la population au risque de crue. Depuis 2003 et la dernière grosse crue, le Rhône est régulièrement sorti de son lit sans non plus aller jusqu’à lécher les remparts. Très régulièrement, les services municipaux s’entraînent à disposer des batardeaux. Sur un peu plus de 2km, de la porte Saint-Lazare au passage piéton de la Petite-Hôtesse, chacune des portes et poterne possède sa propre armure : une double rangée de madriers mis dans des encoches dédiées à l’intérieur de laquelle est ensuite garni un mélange de terre et de fumier pour favoriser l’étanchéité.

    Lieu de vie (foires, et parking jusqu’à il y a dix ans), le tour des remparts a été transformé en voie douce végétalisée. Un tel patrimoine nécessite un entretien permanent, un peu comme pour la Tour Eiffel dont le chantier ne s’arrête jamais. Il y a 5 ans, les remparts ont fait l’objet d’un diagnostic sanitaire, structurel et historique, par une équipe composée d’architectes du patrimoine, d’un économiste de la construction et d’une historienne. Manière pour la Ville d’établir un programme pluriannuel de travaux d’entretien et de restauration sur au moins 10 ans. Il y a un an et demi par exemple, des morceaux de remparts s’étaient détachés côté extra-muros à Saint-Lazare, sans faire de victime. Dans les projets à long terme, jamais vraiment datés, il est toujours prévu de rouvrir partiellement au public le chemin de ronde.

  • Christophe Bouillon : « Ne pas faire l’impasse sur les petites villes »

    Christophe Bouillon : « Ne pas faire l’impasse sur les petites villes »

    Le maire (DVG) de Barentin (Seine-Maritime) était jeudi soir à Avignon pour une rencontre avec des maires et élus vauclusiens. L’occasion de poser leurs attentes avant la présidentielle.

    La Marseillaise : Quel rôle joue l’APVF et quel est le sens de votre venue à Avignon ?

    Christophe Bouillon : L’association est un réseau qui s’adresse aux communes entre 2 500 et 25 000 habitants. C’est un lieu de ressources qui permet de se nourrir de l’expérience des territoires que l’on représente. On n’est pas simplement du côté des problèmes, on est aussi du côté des solutions. Les solutions, je m’en nourris tous les jours, mais d’abord auprès de mes collègues, ici à Avignon mais aussi demain [vendredi] dans le Gard ou l’Hérault. La force d’un réseau c’est important. Ça permet aussi à des maires de dire « je ne suis pas tout seul ». Je suis élu en Normandie mais heureux de savoir qu’ici, on a quasiment les mêmes sujets, les mêmes centres d’intérêt et sans doute les mêmes solutions.

    Vous avez engagé un tour de France en vue d’interpeller les candidats à la présidentielle. Quelles sont vos priorités ?

    C.B. : La conviction que l’on a, c’est que les défis se jouent dans les petites ou moyennes villes, où vivent 26 millions de Français. On ne peut pas traiter la question du vieillissement de la population, des enjeux d’accès aux soins, de transition écologique et énergétique, de mobilité… si on ne passe pas par les petites villes. C’est même là que se joue le basculement de ce pays : le sentiment d’abandon, de mépris y est très fort et nourrit une certaine forme d’extrême. Si on se destine à devenir président, on ne peut pas faire l’impasse sur les petites villes, il faut être dans les radars des différents candidats à la présidentielle. En ce moment, ils nous font la danse du ventre en disant « parrainez-nous », nous, on a envie de dire « engagez-vous pour les petites villes ». Le but c’est d’ici à octobre de mettre sur la table des premières propositions. S’il y avait une priorité, ce serait d’avoir plus de liberté. Le prochain président devra poser un acte de confiance vis-à-vis des territoires, en disant « on sait qu’un euro dépensé sera un euro utile, on vous donne les marges de manœuvre suffisantes pour adapter le pays ». Il y a besoin de simplifications, aujourd’hui, on crève des procédures trop longues et la multiplication des normes.

    Vous parliez aussi de « situations kafkaïennes » mais aussi qu’être maire était « épanouissant ».
    Ce n’est pas contradictoire
     ?

    C.B. : Maire, c’est l’anagramme d’aimer. Même s’il y a des violences faites aux élus, on reste parmi les élus qui sont les plus appréciés. On ne fait pas ça par hasard, il y a un lien très fort avec le territoire. La plus belle des récompenses, c’est quand on voit que tel ou tel projet a rempli sa fonction. Le côté décourageant, en effet, c’est quand on est confronté à un État tatillon, à des procédures à n’en plus finir. Il y a des risques parfois qui sont réels. Mais quand on fait la balance, ça penche plutôt côté épanouissement que côté découragement.

  • Avignon, la piscine Pierre-Reyne en plein remous

    Avignon, la piscine Pierre-Reyne en plein remous

    Le Grand bain à Pierre-Reyne, ce n’est pas pour demain. Fermée pour travaux depuis avril 2025, la piscine du centre-ville devrait être prête à la fin août. Mais on imagine mal Olivier Galzi, maire (DVD) et Cécile Helle (PS), qui l’a précédé et a initié le chantier, se lancer dans un ballet aquatique commun le jour de la réouverture. Une date encore inconnue à ce stade. « Les crédits nécessaires à son fonctionnement (personnel, entretien, énergie, etc.) n’ont pas été inscrits au budget par l’ancienne équipe municipale », nous répond, à nouveau, la Ville. En précisant que « le rejet du compte administratif par le conseil municipal empêche, pour l’instant, l’adoption d’un budget supplémentaire qui permettrait de couvrir ces besoins ».

    Ce budget supplémentaire pourrait se faire au mieux lors du prochain conseil municipal fixé le 24 septembre. Resterait ensuite à faire fonctionner cette piscine, dont la fréquence est soumise au bon vouloir de la majorité et des marges de manœuvre financières qu’elle souhaite y donner. Car, bien malgré elle, la piscine Pierre-Reyne est devenue, aux yeux d’Olivier Galzi, un des symboles d’une « gestion absolument irresponsable ». Le bassin mitoyen de la cité scolaire Mistral a été cité plusieurs fois par le maire dans son chapelet d’exemples pour taper fort sur l’état des finances laissé par la précédente majorité : « On a mis 3,4 millions d’euros pour la réhabiliter, très bien, pas de problème. Mais qu’est-ce qui est prévu en fonctionnement ? Zéro. On n’a pas un sou pour payer l’électricité, l’eau, le chauffage, un mec pour surveiller le bassin. »

    Une accusation dont s’est dédouanée l’ancienne maire, Cécile Helle, dans nos colonnes. « On avait bien précisé que le budget primitif présenté en décembre offrait un cadre global avec les grandes orientations, rappelait-elle. J’assume le budget sur le premier trimestre, mais pas la suite. Vu que la piscine allait rouvrir au plus tard en septembre, c’est au nouveau maire de calibrer la dépense de fonctionnement qui est liée à la réouverture de cet équipement. » L’ex-édile précisait alors que plusieurs scénarios de fonctionnement global des bassins municipaux étaient établis et budgétés avec des versions a minima et a maxima. Libre ensuite au maire de trancher.

    Des budgets toujours malléables sur l’année

    En février, lors d’une visite de chantier, Cécile Helle livrait d’ailleurs un message prophétique, en valorisant son bilan sur les piscines qui ont toutes fait l’objet d’une vaste réhabilitation, de même que le stade nautique : « J’espère que l’équipe qui arrivera sera dans la même gestion que nous, même si cela nécessitera un haut fonctionnement soutenable. » Entre les fortes accusations d’Olivier Galzi et les démentis apportés par Cécile Helle, la réalité est bien moins binaire. Et ce à la lecture des deux derniers budgets annexes des activités aquatiques. Ces outils donnent une somme globale, ventilée sur plusieurs postes de dépenses, mais ne fixent pas au centime près une ligne dédiée au coût de chaque maître-nageur dans telle ou telle piscine.

    Si l’on reprend le budget 2025 de fonctionnement, 2,51 millions d’euros étaient prévus au titre de la gestion des 4 piscines (hors stade nautique). « Ces dépenses intègrent les frais courants et récurrents indispensables aux activités aquatiques (eau, énergie, personnel) », précise la Ville. Un an plus tard, pour le budget 2026, cette somme est quasi similaire à 2,59 millions d’euros. Dans le détail, on constate toutefois une forte baisse sur le volet énergie/électricité, qui passe de 1 million d’euros à 426 000 euros. Sur une autre ligne, les charges de personnels progressent un peu, en un an, de 3,26 à 3,37 millions d’euros.

    Il faut préciser que ces budgets sont votés en décembre sur la base de prévisions et font l’objet de plusieurs ajustements classiques, comme le suggérait Cécile Helle. Par exemple, sur le million d’euros finalement budgété pour l’énergie/électricité, seuls 706 000 euros avaient initialement été provisionnés. Le budget d’une Ville, c’est un peu comme celui d’un ménage : prévisions, gestion d’imprévus et surtout choix politiques.

  • Avignon : la Ville placée en réseau d’alerte financier

    Avignon : la Ville placée en réseau d’alerte financier

    Depuis trois semaines, la situation financière de la Ville fait l’objet de tous les commentaires depuis que la nouvelle majorité s’est émue du « champ de ruines » laissé, selon elle, par Cécile Helle (PS). Un sujet qui a fortement animé le dernier conseil municipal, à la lumière du rapport de la chambre régionale des comptes (CRC), poussant même l’ex-maire à sortir de sa réserve.

    En refusant d’adopter le compte administratif, la majorité avait ouvert la voie à une prise en main par les services de l’État sans aller jusqu’à la mise sous tutelle. À la place, la Ville vient d’être placée en réseau d’alerte des communes en difficulté financière. Le préfet en a informé le maire dans un courrier du 16 juillet, suite à deux réunions il y a près de dix jours.

    Un dispositif qui, en soit n’a rien d’exceptionnel, où chaque année des Villes, agglo ou départements y entrent et sortent. Reposant sur 4 critères (autofinancement, endettement ou potentiel fiscal), ce réseau, créé en 1993, est « un instrument interne à l’administration, destiné à améliorer la prévention des difficultés de certaines collectivités ». Il démontre toutefois une santé financière souffreteuse. « Depuis plusieurs mois, de nombreux indices d’une dégradation de la situation financière de la commune d’Avignon sont apparus. Le rétablissement des comptes ne pourra être atteint sans le renforcement de la maîtrise des process comptables et financiers (notamment en matière de dépense) et par la régularisation des opérations comptables », indique la préfecture dans une note co-signée avec la direction des finances publiques, et que la municipalité a fait part à la presse.

    Selon les services de l’État, « la commune doit contenir ses charges de fonctionnement, en particulier ses charges de personnel et ses charges financières pour retrouver un autofinancement qui doit être consacré au remboursement de la dette, qui reste le problème majeur et prioritaire ». En tenant compte des budgets annexes, elle s’élève à 216 millions d’euros. Autre écueil aux yeux des finances publiques, la chute de trésorerie (-57 % en deux ans), « générant des relations compliquées avec les fournisseurs en attente de paiement ». Enfin, un point apporte de l’eau au moulin de la majorité qui avait dénoncé les nombreuses charges de 2025 qui se retrouvaient sur le budget 2026, « un montant qui ne semble pas correspondre à un niveau sincère des engagements existants de la part d’une commune de cette taille ». Tout en pondérant que « seule la commune peut connaître le montant des rattachements à effectuer en raison du service fait dont le comptable public, n’a pas, par principe, connaissance ».

    Dans ce contexte, préfecture et direction des finances publiques sont aux côtés de la Ville pour mettre en place « un plan de redressement ». Dans un communiqué, la municipalité se targue d’avoir eu « raison de refuser de cautionner les comptes de l’ancienne gestion » lors du conseil municipal le 30 juin. Sur un ton moins vindicatif que précédemment, la majorité Galzi assure que « la transparence totale sur l’état réel des finances de la ville est et restera la règle, les Avignonnais ne doivent pas payer les errements et la mauvaise gestion de la municipalité précédente ». Qui ne devrait pas manquer de réagir.

  • [C’est l’été] Murder party dans les vignes à Vacqueyras

    [C’est l’été] Murder party dans les vignes à Vacqueyras

    Parcourez les ruelles à la recherche d’indices pour démasquer le coupable au départ de la place de la Pousterle. Munis d’un livret-guide, vous serez plongés dans une intrigue captivante en interrogeant des suspects stratégiquement placés
    le long du parcours. Vous aurez aussi l’occasion de déguster les délicieux vins de la destination « Autour des Dentelles de Montmirail », alliant ainsi les plaisirs.

    Dès 18h.
    Entre 15 et 20 euros.

  • [C’est l’été] Un livre pour tous les comédiens

    [C’est l’été] Un livre pour tous les comédiens

    L’Acteur face à son jeu est un condensé de méthodes diverses pour travailler intelligemment son « métier » d’acteur. Le propos est clair, judicieusement agencé. Chacun peut y puiser ce qui lui manque, ce qu’il recherche sans le savoir. Brigitte Fossey, Isabelle Adjani le cautionnent. Un ouvrage qui devrait figurer dans toute bibliothèque de « théâtreux ».

    L’acteur face à son jeu, 220 pages, Éditions Glyphe – 26€

    En vente à la Librairie du Spectacle, 82 rue Bonetterie à Avignon

  • [C’est l’été] La Combe de Curnier, le canyon de Bédoin

    [C’est l’été] La Combe de Curnier, le canyon de Bédoin

    À vélo mais aussi à pied par de multiples chemins possibles. Mais on n’est pas obligé de rallier le Ventoux pour se dépayser. La preuve avec une randonnée d’un peu moins de 10 km qui serpente dans la Combe de Curnier. Entre deux parois rocheuses, un immense air frais salvateur envahi la marche, qui peut s’avérer toutefois cahoteuse. Par moments, il faut presque
    se contorsionner pour parvenir à se frayer un chemin dans les gorges. D’une difficulté moyenne, la randonnée dure environ 3h30 sur une boucle au départ des Colombets. Plusieurs points de vue sur le Ventoux ou la plaine du Comtat valent le détour.

  • Avignon : un ultime adieu rendu à Christine Lagrange

    Avignon : un ultime adieu rendu à Christine Lagrange

    L’ancienne conseillère municipale (2008 à 2026) de gauche est décédée brutalement le 7 juillet, des suites d’un AVC. Si depuis de multiples hommages lui ont été rendus
    -la Ville ouvrant en mairie un cahier de condoléances- plusieurs élus, actuels ou anciens, étaient présents ce jeudi pour saluer la mémoire de celle qui fut aussi conseillère régionale et encore candidate, en mars dernier, sur la liste de David Fournier (PS). Ce dernier était présent, tout comme le sénateur Lucien Stanzione (PS), les conseillers départementaux Sophie Rigaut (PS), Laurence Lefevre (DVG) et Samir Allel (EELV), l’ex-premier adjoint Claude Nahoum, André Castelli (PCF) ou Michel Bissière (DVD). Amine El Khatmi et Anne Gagniard ont, eux, prononcé l’oraison.

  • Sophie Binet en soutien des grévistes du Cloître à Avignon

    Sophie Binet en soutien des grévistes du Cloître à Avignon

    En démarrant leur grève il y a près de deux semaines, les salariés de l’hôtel du Cloître Saint-Louis comptaient bien sur l’effet festival pour booster leur mobilisation. On a vu la semaine dernière Jean-Luc Mélenchon venir les soutenir puis, ce jeudi, Sophie Binet. La secrétaire générale de la CGT est restée près de 45 minutes à s’entretenir avec quelques-uns de la dizaine de grévistes de l’établissement 4 étoiles mitoyen du siège du festival In. Et ce quelques heures avant une réunion à la demande de l’inspection du travail, tenue en début d’après midi avec la direction *, qui n’a pas débouché sur des mesures suffisantes aux yeux des salariés, qui maintiennent leur mouvement. « Il y a eu des propositions pour augmenter les salaires de maximum 2% uniquement pour juillet et août en avançant la hausse prévue en septembre par les grilles de convention collective », relate Carlos Acha Moreno, secrétaire de l’UL CGT d’Avignon.

    « Plus la grève dure, plus ça va se voir, je commence à être expérimentée pour conseiller les patrons, sourit Sophie Binet. Tant que le dialogue n’est pas ouvert, les revendications se durcissent, pour la direction comme pour les salariés, il vaut mieux que le travail reprenne le plus vite possible. » « Personne ne veut la mort de l’hôtel », reprend-elle sous l’approbation des salariés, se disant « choquée » que les grévistes aient à réclamer des frigos ou des machines. « La CGT est bien implantée dans des hôtels de luxe à Cannes ou Paris où les salariés ont eu droit à 100% de leur rémunération en chômage partiel, on peut vous mettre en contact avec les camarades », propose Sophie Binet.

    Car parmi les inquiétudes des grévistes figure la fermeture de l’hôtel pour travaux sans réel calendrier ni rémunération complète, et sans réponse lors de la réunion ce jeudi avec l’inspection du travail. « On nous a déjà interdit d’aller travailler à la concurrence », glisse Anna, commis de petits-déjeuners, qui, plus globalement, « n’a jamais connu un tel dédain en 20 ans ». « On n’a eu aucune augmentation autre que le cadre légal, il n’y a pas de 13e mois non plus », peste Ali, plongeur, à cheval aussi sur le Grand hôtel, autre établissement du groupe. Pour lutter contre les fortes chaleurs, des petits ventilateurs portatifs ont été reçus. « On doit les tenir d’une main, c’est très pratique pour travailler », préfère en sourire un salarié.

    * Qui n’a toujours pas répondu
    à nos sollicitations

  • [C’est lété] L’opéra investit le Off avec « La Vie de Bohème »

    [C’est lété] L’opéra investit le Off avec « La Vie de Bohème »

    Les plus grands et les plus populaires opéras ont piqué l’imagination de metteurs en scène que les morts de Carmen, Traviata, Liù, Tosca et autres Mimi, ont toujours fascinée. Trempées dans le mélodrame, ces héroïnes meurent dans d’immortelles arias que nul ne songerait à critiquer. Car l’opéra n’entend pas refléter la réalité, il échappe au quotidien, à la médiocrité de nos petites vies. Il veut transporter interprètes et public dans un ailleurs sublime que les voix et l’orchestre exaltent à l’envi. On pleure volontiers à l’opéra. Non pas de tristesse mais du bonheur physique, impalpable, qui tressaille dans notre corps.

    Olivier Desbordes, mentor de la compagnie Opéra Éclaté la bien nommée, a mis plusieurs fois en scène La Bohème de Puccini, c’est dire s’il connaît l’ouvrage dans la moindre note. Il a décidé d’en gérer une adaptation pour des scènes moins ambitieuses et convaincre ainsi les spectateurs novices en la matière, que l’opéra est un art à la portée de tous, à condition d’y entrer sans préjugés, et de se laisser embarquer dans un voyage hors du réel. Avec La Vie de Bohème, il opte pour une version qui réunit de jeunes chanteurs et musiciens bourrés de talent : certains passent d’un instrument à l’autre, d’autres d’un rôle chanté à un violoncelle. Voilà la preuve que nos jeunes artistes n’ont rien à envier à leurs aînés, même si certains rétorqueront que chanter un rôle entier exige plus de métier. Après tout, n’ont-ils pas toute la vie devant eux ? Oublions le XIXe siècle (la création de La Bohème date de 1896), enfilons blousons cloutés, vestes pailletées et guitares électriques façon années 70-80. Les quatre jeunes gens, artistes affamés mais armés d’une solide détermination à être reconnus, volontiers bambochards, brûlent d’un même Fureur de Vivre. L’arrivée de la petite couturière Mimi court-circuite le cœur de Rodolphe. L’aventure amoureuse est en marche. Puccini aime les fins tragiques qui comblent son appétit pour les généreuses envolées lyriques sur d’intenses lignes mélodiques.

    La représentation qu’il nous est donné de voir à Avignon est une intéressante approche d’une œuvre gorgée des sèves de l’amitié et de l’amour. Les voix sont tout à fait agréables, l’orchestre assure avec panache, la mise en scène papillonne au gré des rythmes et des émotions où se glissent quelques anachronismes (merci Dalida et le disco au Palace !). Si les duos, si célèbres, paraissent un peu longuets c’est qu’il leur manque cette distance avec le public, indispensable pour en goûter toute la saveur. Ne doutons pas que cette Vie de Bohème sortira de sa chrysalide dans une salle mieux adaptée. À Avignon, nous en avons eu la primeur, réjouissons-nous et profitons-en.

    « La Vie de Bohème », tous
    les jours sauf jeudi à 18h10
    à la Nouvelle Étincelle.