Tag: Vaucluse

  • La CGT veut une riposte culturelle face au RN

    La CGT veut une riposte culturelle face au RN

    Des États généraux face à un État toujours moins généreux. Un an après l’appel lancé par le PCF à la tenue de nouveaux États généraux de la culture, le sujet était, ce jeudi matin, au cœur d’échanges en plein festival d’Avignon. Avant une table ronde de représentants politiques de gauche sur le dossier, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, est montée sur scène au côté de Tiago Rodrigues, directeur du festival d’Avignon. Pour rappel, en toile de fond de cette 80e édition, les acteurs du spectacle vivant multiplient les alertes et mobilisations face au gel des dotations décrété par le gouvernement, laissant de nombreuses structures dans la panade. Une grande manifestation nationale est dans les tuyaux le 26 septembre.

    « Il y a beaucoup de travail pour relancer l’idée d’une culture populaire de qualité qui est aujourd’hui considérée au rabais car de masse », pose Sophie Binet en faisant écho au fait que l’ADN du festival est étroitement lié à l’avènement des congés payés et l’idée de proposer des spectacles accessibles à tous. À ses côtés, Tiago Rodrigues défend sa « mission de service public avec un accès à la création ». Portugais, le directeur du festival ne cesse de vanter le modèle culturel français, si envié à l’international. « Quand j’étais directeur du théâtre national de Lisbonne, j’ai réussi à faire passer la création d’un statut d’intermittent du spectacle au Portugal calqué sur celui qui existe en France », rappelle-t-il.

    Face au fascisme,

    « il faut faire rempart »

    Or, « les mâchoires des politiques d’austérité » sont là « avec des coupes budgétaires en cours d’année », dénonce Sophie Binet. En parallèle, s’ajoutent « le projet idéologique de l’extrême droite qui investit dans la culture » et « les attaques contre la liberté de création avec des discours populistes comme quoi la culture défendrait son petit entre soi bobo », alerte la dirigeante syndicale. Tiago Rodrigues se fait offensif. « On crée une atmosphère pour qu’un directeur ne pratique plus son droit à la liberté de création qui est inscrite dans la loi, il n’y a pas de neutralité, on est un festival progressiste, féministe, antiraciste… mais avec les baisses de subventions et les injonctions idéologiques, on prépare le terrain au fascisme, il faut faire rempart », monte-t-il au créneau, très applaudi.

    « Le plus grand danger est l’autocensure silencieuse, il y a besoin de jouer collectif », exhorte Sophie Binet. Manière de s’adresser aux représentants politiques de gauche qui ont pris la suite sur scène de ne pas (trop) se désunir car « même si l’extrême droite ne gagne pas, elle sera la première force d’opposition ». Une façon de faire passer le message aux représentants de gauche présents dans l’assistance de ne pas partir (trop) désuni à la présidentielle. Et à entendre Pierre Dharréville (PCF), Emma Rafowicz (PS), Sophie Taillé-Polian (Debout), Clémentine Autain (L’Après), Sarah Legrain (LFI) et même Raphaël Glucksmann (Place publique), croisé à l’extérieur du débat, on s’aperçoit que la culture est un dénominateur commun à gauche avec un même constat partagé et des réponses très partagées. « Dans nos aspirations à faire face au danger de l’extrême droite, il y a peu de domaines dans lesquels les discussions que nous avons se déroulent avec ce type d’initiatives communes », apprécie l’ex-député PCF Pierre Dharréville, un des instigateurs de ces États généraux. Et d’appeler à « ne pas regardez ailleurs, ça brûle ici ».

  • [C’est l’été] Les gorgones fantastiques de L’Isle-sur-la-Sorgue

    [C’est l’été] Les gorgones fantastiques de L’Isle-sur-la-Sorgue

    À partir de matériaux recyclés, de mousse expansive, d’éléments naturels, de peinture et surtout de ton imagination, tu inventeras des créatures étonnantes, mi-humaines, mi-animales, mi-objets. Comme dans les récits mythologiques, chaque création possédera ses propres pouvoirs, son caractère et son apparence unique.

    De 14h à 17h. 12 euros.

    Réservations : 04.90.95.23.70

  • Succès de la navette Avignon TGV-Valréas

    Succès de la navette Avignon TGV-Valréas

    « Sa fréquentation est en constante évolution, passant de 930 voyageurs en janvier 2025 à 1 979 voyageurs en juin 2026 », se félicite la Région qui a dressé un bilan la semaine dernière à Malaucène. Ainsi, un véhicule de grande capacité de plus de 50 places, accessible aux personnes à mobilité réduite, a remplacé depuis le 1er septembre le car de 22 places initialement affecté au service. Cette ligne 924 circule toute l’année à raison de 2 allers-retours quotidiens du lundi au dimanche, y compris les jours fériés (sauf les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre).

  • [National de Valréas] De Laur en barre

    [National de Valréas] De Laur en barre

    Avec 460 triplettes, un cadre magnifique, un plateau exceptionnel, le National de Valréas n’en finit pas de grandir.

    Cette édition 2026 a été grandiose comme les lauréats Sébastien Rousseau et Patrick Laur. Ils ont réussi le tour de force d’enchaîner une finale de la Marseillaise et une victoire dans le Vaucluse. Un exploit d’autant plus retentissant qu’il a été réalisé face à des adversaires de grande qualité. En quart de finale, Yves Rakotoarisoa a subi le même sort qu’en demi-finale du Mondial la Marseillaise. Associé à Richard Feltain et Enryck Serge Begnis, le Malgache n’a jamais pu lutter à armes égales. Puis viennent Henri Lacroix, François N’Diaye et Jean Pierre Garibian sur le chemin de Rousseau. Tombeurs de Herbert Choppick, Dylan Rocher. Diego Rizzi en quart de finale, Lacroix et ses partenaires ont baissé pavillon après une partie à suspense et un carreau de Laur.

    Maître Capeleaud

    À 9 à 12 le Parisien à l’opportunité de gagner mais il faut faire carreau. Il réussit sa tentative. Un exploit qui valide le billet pour la finale.

    Dans l’euphorie et la forme du moment Patrick Laur, Sébastien Rousseau et Jilly Capeleaud dominent Theo Vaurs. Frédéric Bauer et Lahatra Randriamanantany après une finale d’excellente facture. Théo Vaurs et ses équipiers n’ont pas tenu la distance (6 à 12).

    Au-delà de la victoire on a pu constater la forme étincelante de Rousseau. La petite revanche de Laur, parfois décrié pour sa prestation lors de la finale de la Marseillaise, a mis les pendules à l’heure. Il faut dire qu’avec quatre jours sous la canicule avec 11 parties disputées, on peut être « absent » dans une finale de la Marseillaise.

    Enfin quel régal de voir tirer Jimmy Capeleaud. Un bras d’acier avec une régularité de métronome.

    Moins connu que ses pairs sur le circuit, le champion de Gironde est un véritable phénomène au tir. On n’a pas fini de parler de lui.

  • [C’est l’été] Les coups pleuvent aussi sur les planches du Festival Off d’Avignon

    [C’est l’été] Les coups pleuvent aussi sur les planches du Festival Off d’Avignon

    Deux frères

    Ils ont été élevés dans la même famille, ont tout partagé : deux frères comme les autres, sauf que… leur père brutalise l’aîné, Renaud. Les gifles pleuvent pour le plus minuscule prétexte, les coups frappent à la volée. René, le cadet, ne subit aucuns sévices. Que cache cette presque indifférence paternelle ? Pourquoi lui et pas moi ? s’interroge René. Toujours très complices, presque fusionnels, ils grandissent. Au fil du temps, leur connivence débusque par bribes tous les non-dits qui pourrissaient leur enfance, les violences subies mais jamais oubliées. Renaud Merviel a écrit ce vibrant hymne à l’amour fraternel d’où il exclut toute forme de jalousie. Il interprète lui-même le rôle de Renaud avec une fougue juvénile, une fervente complicité avec son partenaire qui le lui rend bien. Quelques notes de piano, un accord de guitare adoucissent le blouson en cuir noir qui matérialise la dureté d’un père malfaisant mais qu’on aime quand même ; « Après tout, c’est mon père » bougonne Renaud devant un paternel gisant à terre qu’il faut relever ou livrer à la police.

    Dans cette tranche de vie, Renaud Merviel dénonce sans fioriture le traumatisme des enfants battus et parvient à écrire une comédie où l’on sourit souvent devant cette bouffée d’optimisme qui ne demande qu’à se développer pour en faire une grande pièce. Alain Degois dit Papy, leur metteur en scène, pourrait bien l’y aider.

    Rosalinde

    Bon, d’accord les conditions de la représentation ne sont pas optimales : une cour aménagée en théâtre avec gradins et coques en plastique, une scène avec de grands panneaux noirs en guise de coulisses, et début et fin du spectacle en plein jour, avec bruits de la rue adjacente… Les comédiens sont obligés de porter la voix à un niveau tel qu’il leur est difficile de jouer les nuances. Pourtant la pièce Rosalinde aurait exigé une intimité très british pour cette histoire inventée par James Matthew Barrie, adaptée par Anne-Hélène Landaret, truffée de didascalies qu’une voix enregistrée égrène en douceur. Dans un salon cossu, méridienne et fauteuil de velours bleu ciel, tapis, service à thé anglais, s’avachit Madame Page, 40 ans, et sa domestique Madame Quickly… Ambiance alanguie dynamitée par l’arrivée d’un fougueux jeune homme, fan de Béatrice Page, fille de madame, comédienne. Rosalinde (clin d’œil à Shakespeare) parle avec ironie du vieillissement, des apparences, avec une légèreté un peu factice. Les comédiens, malgré les difficultés dénoncées, s’en sortent à merveille dans une mise en scène de Mélanie Le Duc, élégante et voluptueuse. On la déguste comme un bonbon anglais.

    « Deux Frères » :
    tous les jours sauf jeudi, à 13h
    au Théâtre de l’Oriflamme.

    « Rosalinde » :
    tous les jours sauf mercredi,
    à 18h55 dans la cour du Roi René.

  • France travail, CGT ou CE font aussi leur Festival

    France travail, CGT ou CE font aussi leur Festival

    Pendant trois semaines, jusqu’au 25 juillet, Avignon bat au rythme du spectacle vivant avec notamment quelque 1 780 pièces programmées par le Off dans 140 salles. Si parmi ces lieux d’accueil, on compte énormément de théâtres éphémères, plusieurs structures éloignées initialement du milieu culturel font aussi leur Festival.

    À l’instar de la CGT, dont la secrétaire générale Sophie Binet est d’ailleurs ce jeudi à Avignon où elle débattra (10h30) dans le cadre des États généraux de la culture. Depuis 18 ans, au sein des locaux de la Bourse du travail, le syndicat programme six pièces dans une salle dédiée pouvant accueillir une cinquantaine de spectateurs (notre édition du 7 juillet). « La culture a toujours été indissociable de l’activité syndicale », juge Fred Laurent, directeur du théâtre de la Bourse du travail, à la programmation forcément engagée socialement. « Dès sa création, la grande aventure du festival d’Avignon s’est inscrite dans la dynamique de grandes conquêtes sociales de la Libération : protection sociale, services publics, maîtrise nationale de secteurs économiques déterminants, institution des comités d’entreprise, émergence de politiques culturelles publiques et décentralisation théâtrale, nouvel essor de l’éducation populaire… c’est pour toutes ces raisons, que la CGT a entretenu avec le festival de fortes complicités », rappelle-t-il. Un combat criant d’actualité alors que le secteur culturel se mobilise contre les coupes budgétaires et que l’extrême droite gagne du terrain. « Il nous faut encore plus dénoncer les menaces qui planent sur la culture et le spectacle vivant, avec la montée des extrêmes droites et l’arrivée possible du RN au pouvoir », prévient Fred Laurent.

    Un mur d’offres d’emploi pour les artistes

    Dans un registre à la philosophie similaire, la caisse centrale des activités sociales (CCAS) des industries électriques et gazières – soit le plus gros comité d’entreprise de France – a mis sur pied son propre festival, très étroitement lié à celui d’Avignon dont il est partenaire. Jusqu’à ce vendredi sur l’île de la Barthelasse se déroule la 24e édition du festival Contre courant. « Depuis 80 ans, les activités sociales défendent une conviction profondément moderne : la culture, comme les vacances et les loisirs, ne doit être un privilège pour personne, expose Anthony Juan, président de la CCAS. Contre courant en est l’incarnation la plus vivante : le spectacle vivant n’est pas un luxe, mais un bien commun, un espace de rencontre, de dignité et de partage qui nous rassemble, par-delà les langues et les frontières. » Dix-huit spectacles y sont programmés autour de 105 artistes. Des représentations gratuites pour les adhérents de la CCAS et à 10 euros pour les personnes extérieures.

    Un service public phare s’investit aussi dans le Festival : France travail. Pas en mettant sur scène des spectacles mais, en partenariat aussi avec le Festival, en organisant plusieurs ateliers, rencontres et permanences jusqu’à ce vendredi. Ce jeudi (10h30-12h30) se tient notamment une table ronde intitulée « Être humoriste aujourd’hui : panorama d’un genre en pleine évolution ». « Être au cœur du festival permet d’être au plus proche des professionnels du spectacle et aux équipes spécialisées d’accompagner professionnels et employeurs de la filière culturelle », souligne Astrid Focké, experte régionale culture à France travail. Un mur d’offres d’emploi est ainsi affiché à l’ISTS (institut supérieur des techniques du spectacle).

    La Banque alimentaire se met au Off

    Pas de répit estival pour la Banque alimentaire de Vaucluse, car « la précarité alimentaire n’a hélas pas de vacances », souligne l’association dont les besoins augmentent de 10 % chaque année (64 000 bénéficiaires). La structure, spécialisée dans la collecte et logistique de dons alimentaires, profite de la visibilité du Festival pour faire connaître ses activités. Une collecte alimentaire est ainsi installée au Village du Off, où « les festivaliers sont invités à déposer des dons alimentaires dans un caddie déposé à l’entrée du village, en privilégiant les protéines végétales et les conserves de poissons », précise la Banque alimentaire. Ce partenariat a été conclu dans le cadre de la RSE [responsabilité sociétale des entreprises] de AF&C, l’association qui chapeaute le Off. La Banque alimentaire a aussi mené des ateliers ludiques sur l’alimentation au Village Tadamm consacré aux enfants.

  • [C’est l’été] Visite guidée à Pernes-les-Fontaines

    [C’est l’été] Visite guidée à Pernes-les-Fontaines

    Grâce à cette visite guidée de deux heures vous pourrez en apprendre davantage sur les coutumes, le folklore et les légendes de la région en découvrant les musées de la ville comme le musée du costume et le musée des traditions.

    De 10h15 à 12h15.

    Comptez 5 euros pour les adultes, 2,50 euros pour les étudiants et gratuit pour les – 18 ans.

    Infos et réservations : 04.90.61.31.04

  • [C’est l’été] À Avignon, les bibliothèques sortent de leurs murs

    [C’est l’été] À Avignon, les bibliothèques sortent de leurs murs

    Des IdeasBox sont déployées : de grosses caisses transportées en camion comprenant livres, matériel pour faire du dessin ou autres activités créatrices, jeux de société, voire tablettes et jeux vidéo. Et quelques surprises…
    Un concept familial, qui attire aussi les centres aérés en matinée et les associations en soirée. Jusqu’au 24 juillet, les Ideas box ont lieu tous les jeudis (9h30-12h) au square Indochine et tous les vendredis (9h30-12h) au parc Chico-Mendès. Trois soirées (18h-20h) sont encore programmées : le 21 juillet au parc de l’Abbaye St-Ruf, le 28 juillet au parc du Château de la Barbière, et le 4 août au parc Colette.

  • Malgré les coupes drastiques, la MJC de Monteux poursuit ses activités

    Malgré les coupes drastiques, la MJC de Monteux poursuit ses activités

    En début de semaine dernière, la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Monteux annonçait réunir en urgence un conseil d’administration suite à la coupe drastique de subventions par la nouvelle municipalité RN (notre édition du 10 juillet). La structure, qui propose entre autres des cours de langue, théâtre, danses ou dessins, a vu son aide passer de 45 000 à 5 000 euros.

    Réuni jeudi dernier, le conseil d’administration a décidé, pour l’heure, de ne rien changer et « de reconduire l’ensemble des activités proposées, dans les mêmes conditions tarifaires qu’aujourd’hui », annonce la MJC dans un communiqué. « Cette décision traduit la volonté de ne pas faire peser cette baisse de subvention sur les familles, notamment les plus modestes, et de préserver l’accès de tous aux activités de la MJC », poursuit l’association.

    Un choix rendu possible par une situation financière saine avec des fonds propres d’environ 130 000 euros. C’est paradoxalement cette manne conséquente qui est mise en avant par le maire Patrice de Camaret (RN) pour justifier la forte baisse, car, selon lui, la Ville doit soutenir les associations les plus fragiles financièrement. « La MJC tient à rappeler que ces réserves correspondent à environ six mois de trésorerie d’avance, un niveau conforme aux bonnes pratiques de gestion pour une association employeuse, et une condition explicitement exigée par ses partenaires financiers, dont la CAF, pour garantir la pérennité de ses financements », précise l’association fondée en 1964.

    Si ce premier coup peut être amorti, il y a de quoi être inquiet à l’avenir après « cette décision intervenue sans concertation préalable qui déséquilibre et fragilise notre modèle économique », relève la MJC tout en « affirmant sa pleine disponibilité pour engager un dialogue constructif ».

  • À Avignon, le monde culturel maintient la pression sur le gouvernement

    À Avignon, le monde culturel maintient la pression sur le gouvernement

    C’est malheureusement une pièce à succès qui se joue lors de ce Festival d’Avignon. Avec dans la mise en scène un gouvernement austéritaire et comme acteurs principaux et victimes les professionnels du spectacle vivant. Après une manifestation jeudi dernier devant l’hôtel de Ville et avant une agora ce jeudi 16 devant le palais des Papes, une nouvelle mobilisation s’est tenue ce lundi soir, également sur la place papale. « On construit un mouvement unitaire en intersyndicale avec des organisations d’employeurs et de salariés », pose Joris Mathieu, coprésident du Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac).

    À ses côtés, la CGT spectacle, le Synavi (syndicat national des arts vivants), Scène ensemble ou le collectif Livrer bataille. Tiago Rodrigues, directeur du festival, se joint aussi au mouvement. « Le service public de la culture est un patrimoine démocratique, ce festival n’est pas possible sans lui, à partir du moment où ce service public est en danger, on est tous en danger », estime-t-il. Sa voisine de tribune est l’une de ses prédécesseurs à la tête du festival, Hortense Archimbault. L’actuelle directrice de la MC 93 [Maison de la culture de Seine-Saint-Denis] confie n’avoir « jamais affronté ça en 22 ans ». Le ça en question : le gel de dotations par l’État pour le second semestre mettant en péril de nombreux spectacles et donc d’activités pour les artistes. « Je ne veux pas déprogrammer et renier la confiance accordée aux artistes et au public, en faisant cela, je crée un gros déficit pour ma structure », assume-t-elle. Et ce « alors qu’il y a une forte demande sociale pour le spectacle vivant avec jamais autant de monde dans les salles ».

    Un « saccage délibéré

    des services publics »

    « Nous n’accepterons pas de mourir en silence », prévient Delphine Lalizout, coprésidente du Synavi. L’intersyndicale pose trois revendications : un moratoire urgent sur ces coupes budgétaires, la création d’une commission interministérielle en lien avec les collectivités territoriales pour mener une vraie concertation, et porter à 1% minimum la part de la culture dans le budget de l’État. « Une catastrophe sociale s’annonce avec un grand mépris du gouvernement qui ne nous a pas concertés », s’insurge Ghislain Gautier, secrétaire général adjoint de la CGT spectacle qui brandit la menace d’une grève. « On exige une prise en considération du gouvernement d’ici au 16 juillet, avoir au moins un rendez-vous, sinon on discutera des modalités d’action qui peuvent aller jusqu’à la grève », annonce le représentant syndical.

    Si pour l’heure il ne s’agit que d’une hypothèse, « c’est l’exécutif qui, par son mutisme, son mépris et son saccage délibéré des services publics, en porterait la responsabilité », conclut Joris Mathieu.