Tag: Vaucluse

  • À Avignon, la baisse des subventions aux associations irrite la gauche

    À Avignon, la baisse des subventions aux associations irrite la gauche

    « Avignon possède une densité d’acteurs associatifs avec 2 000 structures, un pilier essentiel de la vie de la cité auquel nous réaffirmons avec force notre attachement. » En conseil municipal ce mardi soir, Vincent Fuchs, nouvel élu délégué à la vie associative, cajole les acteurs dont il a la charge. Ce qui ne l’empêche pas de leur réduire la voilure financière. Là où la Ville consacrait 10 millions d’euros par an, la majorité a sabré de 10% en moyenne les subventions pour le reste de l’année.

    « On revient à la normale d’il y a deux ans », justifie Vincent Fuchs, relevant « qu’avant les élections municipales les subventions avaient augmenté de 11%. » « À la veille d’une année électorale, c’est vrai que ce n’est pas du clientélisme », ironise le maire Olivier Galzi (DVD). Car l’octroi de subventions revêt souvent un caractère politique. Le planning familial, qui a vu le RN lui couper son soutien à Carpentras, ne dira pas le contraire. À Avignon, c’est « le budget contraint », selon Laurent Rochut adjoint au spectacle vivant, qui justifie cette baisse. Un mantra brandi tout au long des interventions des élus de gauche.

    Le club de volley

    en liquidation

    « Quels ont été les critères pour les associations qui ont été écartées ou ont connu une baisse plus drastique », demande Anne Gagniard (PS). Laurent Rochut assure qu’il s’est fondé sur les « suggestions du service culture » n’ayant pas encore eu le temps « de construire des indicateurs de critérisations ». « On ne peut pas sabrer comme ça et se défausser sur les services sans explication », se désole Anne Gagniard, ce mercredi lors d’un point presse. Certaines structures comme le Parcours de l’art ou l’Institut supérieur des techniques du spectacle sont impactées de plusieurs dizaines de milliers d’euros. « Les indicateurs ne sont pas clairs, vous coupez les pattes en pleine année sans livrer d’explication, il aurait fallu attendre l’année prochaine et prendre le temps de les rencontrer », déplore Rémy Blanc (PCF).

    Pour l’Avignon volley-ball, l’an prochain sera trop tard. Le club se voit amputer de 115 000 euros et devrait mettre la clé sous la porte. « La jurisprudence interdit toute collectivité locale à soutenir une association qui a des difficultés financières », se retranche Xavier Bourgue, adjoint aux sports, quand l’AVB avait mis en place un plan de redressement. Mais sans subvention, il n’est plus viable. « On aime les associations mais on ne peut pas donner de l’argent qu’on n’a pas, si ce n’est pas -10% aujourd’hui, dans deux ans ce sera -100% pour tout le monde », menace Olivier Galzi.

    Le maire s’agacera aussi de l’intervention de Khalid El Yousoufi (LFI), qui s’interroge sur le fait que les petites associations soient soumises « à un critère de laïcité et de neutralité » qui instaure, selon lui, « un pouvoir discrétionnaire et le retour du fait du prince ». « Balivernes », réplique le maire qui érige « en vertu cardinale » la laïcité mais ne répondra pas sur la neutralité.

  • Grand Avignon : un énarque nommé directeur de cabinet d’Olivier Galzi

    Grand Avignon : un énarque nommé directeur de cabinet d’Olivier Galzi

    Il y a deux mois, Olivier Galzi indiquait avoir confié le recrutement de son directeur de cabinet au Grand Avignon à un cabinet extérieur, ouvrant la voie à un profil technique pas forcément issu du sérail local.

    C’est chose faite depuis ce mercredi 1er juillet : Alexandre Planquette a pris ses fonctions. Agé de 40 ans, il arrive des Vosges, où il exerçait le poste de sous-préfet de Saint-Dié. Il avait été mis fin à ses fonctions, « à sa demande », par un décret du 10 juin. Cet énarque, passé par les préfectures de la Somme ou de la Haute-Loire, a déjà une expérience en cabinet politique : il a été conseiller en affaires régaliennes auprès de la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.

    Par ailleurs, un jeu de chaises musicales s’est opéré dans les cabinets d’Olivier Galzi. Comme nous le révélions (notre édition du 10 juin), la Ville d’Avignon a confirmé, ce mercredi, la nomination de Romain Lautier comme directeur de cabinet en mairie. Directeur de campagne lors des municipales, il était ensuite devenu chef de cabinet au Grand Avignon. Proche de l’ex-maire (UMP) Marie-Josée Roig, dont il fut chef de cabinet lors de son dernier mandat (2008-2014), il a aussi occupé ce poste auprès du président du conseil départemental Maurice Chabertc puis a pris la direction de Bollène comme dir’ cab’ d’Anthony Zilio de 2020 à 2025.

  • La situation chaotique des finances met presque KO la Ville d’Avignon

    La situation chaotique des finances met presque KO la Ville d’Avignon

    Le Festival d’Avignon ne commence que dans trois jours, mais une sacrée pièce théâtrale s’est jouée, ce mardi soir, au cours d’un conseil municipal fleuve. S’il y a eu plusieurs actes (administratifs), le point culminant a été atteint d’entrée sur la partie financière. « Vous êtes habitués du théâtre politique, moi non », lance, goguenard, Olivier Galzi à son opposition, alors que sous les fenêtres de l’hôtel de Ville, la colère gronde. Mais le maire (DVD) n’avait pas vraiment le sourire en évoquant, en préambule, le contenu de l’audit financier, commandé par ses soins et présenté vendredi à la presse.

    « Il y a 20 millions d’euros à trouver, chaque année, pour éviter le mur budgétaire en 2028 ou bien on éteint la lumière », martèle-t-il en redisant vouloir éviter « le levier fiscal » ou « les coupes dans les services publics ». Et alors qu’Anne-Sophie Rigault (RN) se délecte de la situation, rappelant que « depuis des années, je disais que les caisses étaient vides », elle redemande la mise sous tutelle, comme l’avait fait Marie-Josée Roig il y a 30 ans [ex-maire 95-2014]. « La tutelle n’est pas une fatalité, mais une possibilité qu’on essaye d’éviter », assure Olivier Galzi. Le couperet n’est pourtant pas passé loin, ce mardi soir, à l’issue des votes des comptes de gestion et administratifs 2025.

    Le sujet est très technique : le compte de gestion est rédigé par le comptable public, quand le compte administratif (CA) est lui établi par l’ordonnateur public, en l’occurrence le maire. N’acceptant pas « l’héritage », Olivier Galzi a annoncé s’abstenir sur le CA, laissant « libre choix » de vote à sa majorité. Le CA a été rejeté par 22 voix, et seulement 7 pour et 22 abstentions. Ce vote négatif entraîne de fait une saisie de la Chambre régionale des comptes par le préfet. Ce qui, bien souvent, entraîne la mise sous tutelle. Or, le compte de gestion ayant été approuvé et faisant foi, la Ville reste donc maîtresse de ses finances. Un point ayant tout de même entraîné un certain flottement dans l’assistance, Olivier Galzi retirant les délibérations suivantes ayant trait au budget 2026.

    « Il n’y a ni mensonge,

    ni maquillage »

    Avant ce vote, l’ex-majorité de gauche, sous la férule de David Fournier (PS), s’est escrimée à décrédibiliser les conclusions de l’audit. « Le trésorier public, qui a la compétence de l’État pour validation des finances d’une collectivité, a repris et validé toutes les opérations constatées au cours de l’exercice clos, il n’y a donc aucun mensonge, ni maquillage », affirme l’ex-adjoint à l’administration municipale, assurant qu’« en 2014, lorsque nous sommes arrivés aux responsabilités, nous avons trouvé une situation très complexe alors qu’aujourd’hui, elle est saine ». Olivier Galzi ne peut retenir un ricanement, le rebaptisant « David Copperfield », avant de s’agacer et citant plusieurs contre-exemples, sur le montant des dettes cumulées notamment. « Vous êtes absolument nul en gestion ! », accuse le maire.

    Le ton monte aussi avec un autre ex-adjoint (PS), Fabrice Tocabens, sans cesse interrompu dans son intervention. « Vous construisez votre discours dans une logique du chaos, alors que les services de l’État et la Chambre régionale des comptes disent des choses pas trop mal qui ne vous conviennent pas », relève-t-il. « Vous allumez un contre-feu de dramaturgie au lieu d’assumer vos choix politiques avec des postes sur la communication ou la police municipale », embraye Rémy Blanc (PCF), seul du groupe de Mathilde Louvain à avoir voté le compte administratif.

    Le vote du budget supplémentaire, retiré, et qui pourrait revenir au prochain conseil municipal, devrait en dire davantage sur les marges de manœuvre et orientations politiques.

  • Forte mobilisation contre la refonte du plan de circulation d’Avignon

    Forte mobilisation contre la refonte du plan de circulation d’Avignon

    À l’appel de l’association des Quatre-boulevards, de l’association Bien vivre à Saint-Ruf ou de parents d’élèves de l’école Marcel-Perrin, les manifestants ont bruyamment fait savoir leur opposition à la refonte du plan de circulation dans les Faubourgs. Une promesse de campagne du maire, Olivier Galzi (DVD), vite mise en œuvre. Pancartes ironiques sur le « non-sens » ou « Galzi à vélo » scandés par les présents, qui se sont largement fait entendre sous les fenêtres de la salle du conseil. « Nous sommes là pour demander un moratoire sur le démantèlement du plan Faubourgs et une véritable concertation », interpelle Valérie Vilette, présidente de l’association des Quatre-boulevards.

  • Conseil muncipal d’Avignon : pour LFI, « la vraie ruine est sociale »

    Conseil muncipal d’Avignon : pour LFI, « la vraie ruine est sociale »

    « Nous refusons que les arguments financiers servent à légitimer des coupes dans les services publics, il faut politiser les chiffres et les choix de la majorité ne vont pas vers les besoins sociaux », estime Mathilde Louvain au sujet de la « synthèse financière » présentée vendredi par Olivier Galzi (DVD). « Dans une mise en scène ridicule destinée à faire peur et justifier l’austérité, le maire découvre qu’Avignon est une ville pauvre », ironise Khalid El Yousoufi. Quand Olivier Galzi parle de « champ de ruines », l’élu LFI réplique que « la vraie ruine est sociale et écologique ». Le groupe reproche au maire d’être en partie responsable de la situation, sur la foi du rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC). « M. Galzi a fait le contraire des préconisations en embauchant des cadres, en gonflant la masse salariale avec des policiers municipaux, alors que la CRC dit que ce n’est pas un problème d’effectifs, mais de gestion interne », tance Oukacha Rtili.

  • Vaucluse : un parcours de 62 kilomètres à vélo inauguré

    Vaucluse : un parcours de 62 kilomètres à vélo inauguré

    Sur la route, les cyclistes amateurs pourront découvrir les 40 bornes blanches et jaunes qui jalonnent ce parcours dont le dénivelé positif s’élève à 1 495 m.

  • [Entretien] Anne-Cécile Dubois : « La justice souffre d’un manque de moyens »

    [Entretien] Anne-Cécile Dubois : « La justice souffre d’un manque de moyens »

    La Marseillaise : Pourquoi étiez-vous mobilisée, lundi, contre le projet de loi sur la justice criminelle ?

    Anne-Cécile Dubois : Même si le garde des Sceaux a retiré son article phare, qui n’est autre que le plaider-coupable criminel, il reste quand même neuf autres articles qui sont une catastrophe pour les droits de la défense, y compris pour les victimes. Ce texte porte atteinte à la présomption d’innocence et va à l’encontre de nos principes essentiels qui fondent notre droit. Avec, entre autres, le SAS de détention et toutes les nullités qui seront purgées si on ne le fait pas dans le délai, qui, du reste est raccourci. C’est vraiment bafouer l’État de droit. Comme d’habitude, alors que la justice souffre d’un manque de moyens, tant humain que financier, on essaye de cacher la poussière sous le tapis en disant « regardez ce que nous allons faire, ça ira beaucoup plus vite, ce sera bien mieux et plus efficace », mais il n’y a pas plus de magistrats ni de greffiers.

    Est-ce une question de moyens ?

    A.-C.D. : On a le même nombre de magistrats qu’au siècle passé ! Sauf qu’en 1915, on n’était pas 68 millions d’habitants. C’est un problème de moyens, les juridictions souffrent. Ils souhaitent une justice rapide, sans avoir les moyens de cette rapidité. C’est comme le choc carcéral, l’idée première était que même les courtes peines devaient être effectives et effectuées. Un prévenu est condamné, il a 15 jours de prison et directement il est incarcéré. Mais il n’y a pas de place en prison ! On est à un taux d’occupation de 180% à Avignon avec des matelas par terre sous 39 degrés. Il faut cinq à six ans pour former un magistrat. Les greffiers, c’est du même acabit. L’administration pénitentiaire, c’est pareil. Même si on avait les structures, de toute façon, on n’aurait pas les moyens humains.

    Exigez-vous le retrait du texte ?

    A.-C.D. : Le retrait pur et simple. Il n’y a pas de négociation. Je ne vois pas comment on pourrait faire autrement. On est désormais dans une justice de flux. Sauf que là, on ne parle pas de boîtes de conserve, mais d’êtres humains. Il faut du temps pour la justice, pour un procès, surtout pénal. Tant pour les prévenus ou accusés – si on est devant une cour d’assises ou une cour criminelle départementale (CCD) – que pour les victimes, ça a un vraiment une fonction cathartique.

  • La forte augmentation du tarif de l’eau suscite des remous

    La forte augmentation du tarif de l’eau suscite des remous

    La mesure était dans les tuyaux depuis la fin de la mandature précédente, mais avait été ajournée, en décembre dernier, face au risque de rejet de la délibération. Il est vrai que voter une augmentation du tarif de l’eau et d’assainissement d’environ 20% n’est pas populaire. Comme révélé dans nos colonnes (notre édition du week-end), le Grand Avignon a approuvé, ce lundi soir en conseil communautaire, une hausse de sa part perçue sur la facture d’eau, à compter du 1er août.

    « C’est douloureux, on n’aurait aimé ne pas le faire, mais on n’a plus le choix », confesse Patrick Sandevoir, vice-président (DVD) en charge de l’eau et de l’assainissement. Entre pédagogie et (presque) début de mea culpa, celui qui s’occupait déjà de cette délégation, lors du précédent mandat, rappelle que la part communautaire n’a pas évolué depuis 2019. Si la hausse du tarif eau ne concerne que la moitié des communes (à savoir celles gérées par le Grand Avignon en délégation : Roquemaure, Sauveterre, Pujaut, Villeneuve, les Angles, Avignon, Morières et Jonquerettes), la part assainissement frappe bien l’ensemble des 16 communes de l’agglomération. Ainsi, pour une consommation moyenne type de 120 m3 par an, la facture augmente de 78 euros par an. « On sera à 3,90 euros le m3, soit bien en dessous de la plupart des villes, le prix moyen est de 4,89 euros dans le Vaucluse », essaye de faire avaler Patrick Sandevoir.

    En creux, le vice-président regrette de ne pas avoir pu faire lisser cette hausse depuis plusieurs années. « Sans mauvais jeu de mots, l’eau électrisait le débat », glisse-t-il à l’issue de la séance. « Des décisions auraient dû être prises et ne l’ont pas été », abonde Olivier Galzi, président (DVD) du Grand Avignon. « Cela fait 3 ans que je tire la sonnette d’alarme, les besoins en investissement sont de 6 millions d’euros par an pour l’eau et 7 millions pour l’assainissement, là on est juste en capacité de faire 3 millions d’euros au total, donc on a annulé des travaux », déplore Patrick Sandevoir au micro. Et de lister la litanie de renouvellement de canalisations. « Par exemple à Entraigues, il faut 800 000 euros pour raccorder la nouvelle prison au réseau, dont 500 000 euros pris en charge par l’État, il faut rapidement enclencher le premier coup de pioche », illustre-t-il.

    « Socialement, ce n’est pas acceptable »

    Si, dans l’opposition, personne ne remet en cause la nécessité d’investir sur le réseau, la gauche dénonce « le coup de semonce considérable pour les ménages les plus pauvres », relève Mathilde Louvain. « Socialement, ce n’est pas acceptable, embraye Rémy Blanc (PCF). Il va y avoir une double peine pour les foyers qui vont subir cette hausse et ne seront pas en capacité de la payer donc ils subiront des pénalités de retard [30 euros]. » L’élu avignonnais pointe aussi le « non-sens écologique » de la hausse. Car, effet pervers du contrat avec le délégataire privé, la part perçue par l’Agglo est liée à la quantité d’eau consommée. Or, celle-ci diminue. Ainsi, « on sanctionne les conduites vertueuses », souligne Rémy Blanc. « Tout ça car le contrat avec Suez a été mal négocié, c’est désastreux », se désole Marie-Anne Bertrand (L’Après), quand David Fournier (PS) aurait souhaité « une tarification par paliers en fonction des revenus ». Patrick Sandevoir rappelle l’existence de chèques eau, dispositif pour les personnes en difficulté.

    Beaucoup d’élus, même dans l’exécutif, à l’instar de Jacques Demanse, maire (PCF) de Sauveterre et vice-président en charge de la transition énergétique, ont appelé à un travail plus étroit avec le Collectif de l’eau. Une dizaine de militants était présente en amont de la séance, avant d’y assister, pour interpeller les élus. « C’est un coup de massue pour les usagers, on convient qu’il y a de gros investissements, mais il aurait d’abord fallu faire un bilan et justifier de tels investissements », estime Bernard Coron, vice-président du Collectif de l’eau.

    La délibération a été approuvée, malgré les votes contre de la gauche et de certains élus RN.

  • [Entretien] Gilbert Garrel : « On démasque l’extrême droite par l’histoire »

    [Entretien] Gilbert Garrel : « On démasque l’extrême droite par l’histoire »

    L’ancien cheminot était l’invité, jeudi, de l’assemblée générale de l’IHS CGT de Vaucluse, à Entraigues (lire ci-contre). Dans un département où le RN est bien implanté, il a animé un débat sur les combats de la CGT contre l’extrême droite.

    La Marseillaise : La CGT a toujours été hostile à l’extrême droite. Pourquoi et comment lutter contre sa progression dans le monde du travail ?

    Gilbert Garrel : L’institut est là pour démasquer l’extrême droite par l’histoire. Depuis toujours, ce que porte l’extrême droite est contraire à ce que défend la CGT : un syndicat internationaliste, pour des valeurs de solidarité, contre toutes les formes de nationalisme de l’extrême droite. On organise ce genre de débat et, surtout, sa diffusion pour démontrer la supercherie de l’extrême droite qui essaie aujourd’hui d’avoir un discours ouvriériste, social. Sur le côté plus présent, il faut mettre en évidence les votes du RN qui s’opposent au progrès social comme sur l’opposition à la revalorisation du Smic ou des retraites indexées sur l’inflation, à la création du Smic européen, à la nationalisation d’ArcelorMittal ou encore le RN qui a laissé passer la loi sur le travail le 1er-Mai.

    Cette dichotomie est-elle encore plus prégnante en regardant l’histoire ?

    G.G. : Historiquement, il y a eu des connivences entre le patronat et l’extrême droite. Dès le début du syndicalisme, le patronat crée les syndicats jaunes, les briseurs de grève. Dans l’entre-deux-guerres, il crée la Confédération française du travail, des nervis de l’extrême droite qui traquaient les syndicalistes, qui obligeaient par la force les travailleurs immigrés à briser les grèves. Dans cette continuité, sous Pétain, il y a l’interdiction des confédérations et du droit de grève. Pendant la guerre d’Algérie, l’OAS a été une force contre la CGT, avec notamment une attaque contre l’UD CGT à Pau. La naissance de Le Pen et du Front national sont promues avec le poujadisme, c’est-à-dire des forces d’extrême droite alliées au patronat. Chaque fois que le patronat se rend compte que la droite classique risque de perdre, que la gauche peut passer, il se tourne vers l’extrême droite pour garantir ses intérêts. La peur du rouge, c’est historique. On retrouve ça aujourd’hui avec le Medef qui reçoit Jordan Bardella. Historiquement aussi, il y a une connivence patronat/extrême droite sur le nationalisme : au lieu de chercher l’ennemi du côté du capital, on va le chercher du côté des travailleurs immigrés pour détourner le regard des ouvriers. L’extrême droite, dans son histoire, a toujours su se métamorphoser et adapter son discours pour gagner les classes populaires. Syndicalement, nous avons un rôle pour éclairer et montrer à miroir comment l’histoire peut se reproduire.

    Vous alertez aussi sur le fait que l’extrême droite se diffuse par plusieurs canaux médiatiques.

    G.G. : Oui, elle a cette capacité à revisiter l’histoire à sa manière. L’extrême droite s’accapare des réseaux, des médias pour permettre une large diffusion de son discours. Par exemple, si on prend la Cité de l’histoire sous l’arche de la Défense à Paris, c’est Amaclio productions qui la gère et la détient, dirigée par l’extrême droite [François Nicolas]. Et si vous allez dans ce musée, qu’est-ce que vous retrouvez ? Hitler a sauvé l’Allemagne du risque du communisme, Pétain a sauvé les juifs français… Tout cela avec le soutien de la Région Île-de-France où on envoie des lycéens. On aussi Pierre-Édouard Stérin, derrière son label des plus belles fêtes de France. Sous l’aspect traditionaliste, on dit qu’il y a les Français de souche, les bons Français, et puis il y a l’ennemi, l’étranger. Alors que l’histoire de France s’est construite dans le multiculturalisme.

    André Castelli reconduit président

    S’il fut le fondateur de l’Institut d’histoire sociale CGT de Vaucluse il y a 40 ans, André Castelli a laissé la présidence pendant ses années d’élu PCF avant d’en reprendre la tête il y a trois ans. Il a été reconduit président, jeudi, à l’issue de l’assemblée générale. « On compte près de 100 adhérents, c’est l’un des plus importants de la confédération », souligne-t-il. Parmi les rendez-vous de l’année, la préparation des 90 ans du club des cheminots de Vaucluse. « On envisage aussi de nouer un partenariat avec le secteur universitaire pour que les étudiants se nourrissent de l’histoire du travail et des travailleurs du département », projette André Castelli.

  • Finances, circulation, cours d’école… conseil tendu en vue

    Finances, circulation, cours d’école… conseil tendu en vue

    Chaud dedans et chaud dehors. Le conseil municipal se réunit ce mardi (18h, Hôtel de ville) avec 55 délibérations à l’ordre du jour. Un menu très chargé autour des différents bilans financiers 2025, le rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) sur la gestion de la Ville, l’adoption du règlement intérieur ou les subventions aux associations revues à la baisse.

    Le tout alors que le maire a dévoilé, vendredi, un audit sur les finances municipales qu’il a commandé à son arrivée et dont l’analyse est déjà remise en cause par l’opposition de gauche. « Un champ de ruines », a pesté Olivier Galzi (DVD), accusant l’ancienne majorité d’avoir manipulé les comptes, préparant ainsi les esprits à la rigueur. Ce lundi matin, « face à l’état catastrophique des finances dont nous héritons » et « la nécessité de faire d’immenses efforts collectifs pour éviter le naufrage », il annonce revenir sur l’augmentation des indemnités de ses adjoints qui avait fait polémique en ouverture de mandat (+35%). De 1 200 euros bruts, les adjoints étaient passés à 1 700 euros. Selon nos calculs, ce revirement permet une économie de 120 000 euros par an. Soit la moitié de travaux pour végétaliser les cours d’écoles.

    Une comparaison loin d’être anodine puisque la Ville vient de geler le programme Fraich’ cours. Cet été, seule l’école Louis Gros sera végétalisée contre six prévues initialement. « Une seule a été budgétée. Donc aujourd’hui, les parents d’élèves qui vous disent “la mairie ne fait pas les travaux pour les cinq cours que vous avez promis”, oui, c’est vrai. Merci, Madame Cécile Helle [ex-maire], merci, Joël Peyre [ex-élu aux finances] », se dédouane Olivier Galzi. En amont du conseil municipal, des parents d’élèves sont attendus pour marquer leur désapprobation. Ils seront aussi accompagnés par plusieurs collectifs et associations opposés à la refonte du plan Faubourgs de circulation routière.