Tag: Vaucluse

  • Le Festival d’Avignon ouvert sous le signe de la création et des inquiétudes budgétaires

    Le Festival d’Avignon ouvert sous le signe de la création et des inquiétudes budgétaires

    Dans la cité papale, des comédiens des compagnies du Festival Off, en costumes et chapeaux, affiches de leur spectacle sur le dos, déambulaient dans les rues, tractant auprès des premiers spectateurs, tandis que démarraient les premières pièces. « Il y a des spectacles pour tous les goûts », déclare le directeur du Festival Tiago Rodrigues. Selon lui, cette édition se veut une « célébration des arts vivants ».

    En marge de l’ouverture, plusieurs organisations professionnelles se sont inquiétées, dans une lettre à Emmanuel Macron, de voir les dotations prévues pour le second semestre annulées par l’État pour 28 structures du spectacle vivant, dont des opéras, deux théâtres parisiens, quatre orchestres. « Il n’y aura pas d’annulation de crédit. Il ne pourrait y avoir que des reports, a déclaré la ministre de la Culture, Catherine Pégard. Mais pour l’instant, nous nous battons pour que ça n’arrive pas. »

    La ministre était présente, ce week-end, enchaînant les rendez-vous (visite de FabricA, de la micro-école Inspire, de la Maison Jean-Vilar…). En présence d’António Costa, président du Conseil européen, Catherine Pégard a découvert l’installation « Relatum » de Lee Ufan, au Palais des Papes, avant d’assister à la première de Maldoror de Julien Gosselin, à la Cour d’Honneur. Programme qui tranche avec la visite éclair, l’an passé, de Rachida Dati, alors ministre de la Culture.

  • Les hôpitaux d’Avignon et d’Apt en vague de modernisations

    Les hôpitaux d’Avignon et d’Apt en vague de modernisations

    Mercredi dernier, deux événements importants concernant les hôpitaux publics du Vaucluse ont animé l’après-midi : un point d’étape sur le projet de modernisation de l’hôpital d’Avignon, marqué par l’inauguration du service de réanimation, puis la signature d’une convention pour l’établissement d’Apt, labellisé hôpital de proximité.

    À Avignon, rappelons que le centre hospitalier a engagé, il y a trois ans, un vaste plan de réhabilitation de 155 millions d’euros, « parmi les plus importants programmes de modernisation hospitalière actuellement engagés en France », souligne le centre hospitalier Henri-Duffaut. Baptisé Terrah 2030, pour Territoire d’Avignon – Hôpital 2030, le projet vient de livrer un nouveau service de réanimation (notre édition du 1er juin), qui a gagné 10 lits de plus (de 20 à 30). Une première phase inaugurée donc ce mercredi, devant quelque 100 personnes parmi lesquelles le directeur de l’Agence régionale de santé Yann Bubien, le préfet Thierry Suquet, le président de la Région Sud Renaud Muselier (Ren.) ou le maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD), récemment élu président du conseil de surveillance de l’hôpital.

    Après la réanimation, le projet Terrah prévoit, d’ici à 2028, la construction d’un bâtiment neuf d’hospitalisation permettant l’extension du centre de dialyse, un service néphrologie et un service infectiologie. Puis, en 2030, la réhabilitation de la tour de chirurgie, en 2032, l’agrandissement des urgences adultes [75 000 passages par an] et, enfin, en 2033, la réhabilitation des tours de médecine, qui abritent un peu plus de 400 lits de médecine et chirurgie de l’adulte.

    À Apt, à bloc derrière l’hôpital

    Dans la foulée de cette inauguration, le préfet et le directeur de l’ARS ont pris la direction d’Apt pour y retrouver notamment le maire (DVD), Jean Aillaud, et la présidente (LR) du Département, Dominique Santoni.

    « Le centre hospitalier du Pays d’Apt a été récemment labellisé “hôpital de proximité”, en reconnaissance de son rôle essentiel dans l’accès aux soins, la coordination des parcours et la réponse aux besoins de santé de la population de son secteur », peut-on lire dans la convention signée par l’ARS, le Département, la Région, la communauté de communes et la Ville d’Apt. Assez savoureux quand on se souvient que l’ARS a validé la fermeture du bloc opératoire et son transfert, en début d’année, à Cavaillon, malgré une immense mobilisation contre ce démantèlement.

    La convention, signée mercredi, était justement une sorte de contrepartie à la fermeture du bloc. La modernisation de l’hôpital prévoit la réhabilitation complète des unités de soins de longue durée, et de soins médicaux et de réadaptation. Le projet comprend également le triplement des lits de soins palliatifs, ainsi que la modernisation et l’extension de l’Ehpad La Madeleine, intégré à l’hôpital. Il sera doté de 14 places supplémentaires, pour une capacité totale de 80 places.

    Il y a un peu plus d’une semaine, en séance plénière, le conseil départemental de Vaucluse a voté une aide de 3 millions d’euros – sur les 6,2 millions du projet – pour l’extension de l’Ehpad et la rénovation de 27 places existantes. De son côté, la Région Sud a mobilisé 250 000 euros pour permettre l’installation d’un IRM et l’acquisition d’un mammographe « de dernière génération pour améliorer l’accès au diagnostic au plus près des habitants ».

  • Le Festival Off parade pour ses 60 ans

    Le Festival Off parade pour ses 60 ans

    Des centaines de compagnies, présentes parmi les 1 780 spectacles à l’affiche
    – contre 1 724 l’an dernier – dans 140 salles, ont donc défilé dans l’espoir aussi de glaner quelques premiers spectateurs. Un total de 27 000 représentations et 2,6 millions de billets sont mis à la vente dans ce titanesque festival jusqu’au 25 juillet qui, pour la deuxième année consécutive, aligne ses dates avec le In.

    À noter que pour fêter les 60 ans, une journée anniversaire est prévue le 14 juillet au village du Off (10h30-20h) avec plusieurs rencontres et débats *.

  • Barbecue et château gonflable, Raphaël Arnault investit les quartiers d’Avignon

    Barbecue et château gonflable, Raphaël Arnault investit les quartiers d’Avignon

    Barbecue, château gonflable ou encore pêche aux canards seront de sortie ce dimanche (12h-18h) à la Croix-des-Oiseaux pour une fête de quartier. À l’initiative, non pas la mairie ou le bailleur social, mais le député Raphaël Arnault, qui a déjà organisé dimanche dernier une manifestation similaire à la cité Louis-Gros. « Aujourd’hui, ces moments de convivialité sont devenus l’exception. À l’heure où le gouvernement organise l’austérité pour les services publics tout en préservant les privilèges des plus riches, où certains maires préfèrent crever des piscines de fortune ou instaurer des couvre-feux pour les jeunes plutôt que d’investir dans le vivre-ensemble, cette fête a un parfum de résistance », estime l’insoumis.

    Le parlementaire ne cache pas vouloir occuper le terrain face aux « mafias qui cherchent à s’implanter toujours davantage dans les quartiers populaires ». À Cavaillon ou à Orange, des narcotrafiquants avaient mené des opérations de notabilité avec des fêtes similaires ou distribution de fournitures scolaires. « Créer du lien, faire vivre un quartier, permettre aux habitants de se rencontrer, c’est déjà faire reculer le repli, l’isolement et les logiques de violence », estime Raphaël Arnault. Une initiative aussi éminemment politique, où LFI incite à s’inscrire sur les listes électorales et voter en 2027, où se profilent présidentielle et législatives. Lors des municipales, la cité Louis-Gros avait placé Mathilde Louvain (LFI) en tête mais avec seulement 27% de participation.

  • Lauréate d’un concours, une relique du XVIe va être restaurée

    Lauréate d’un concours, une relique du XVIe va être restaurée

    L’objet de toutes les attentions est à peine visible, ce mardi dans une salle de l’archevêché d’Avignon. « Il est fragile, on ne peut pas le relever et le mettre debout », expose François Fonlupt l’archevêque. Tout le monde est pourtant là pour voir le coffret reliquaire de Melchior Fallot. Un saint vestige de 1597, habituellement conservé à l’abri des regards dans la cathédrale Notre-Dame des Doms, et qui devrait prochainement retrouver de sa splendeur afin d’être rendu visible.

    Car ce coffret, inscrit aux Monuments historiques il y a un an et demi, a été lauréat du concours « Le plus grand musée de France ». Une initiative, portée par la fondation de La sauvegarde l’art français, qui a permis de décrocher une dotation de 8 000 euros, financée par l’assureur Allianz. « Accompagner, protéger, transmettre : c’est notre raison d’être d’assureur, qui s’applique ici au patrimoine culturel », fait valoir, Astrid de Latour, responsable du pôle projets 360 chez Allianz. Même le préfet est de la partie. Thierry Suquet confie avoir participé au vote, aiguillé par le service départemental qui traite des Monuments historiques.

    Financer un protocole

    de restauration

    Cette somme de 8 000 euros « va permettre d’entamer des études pour un protocole de restauration qui doit ensuite être validé par les Monuments historiques », détaille Blandine Silvestre, déléguée épiscopale à la conservation des trésors du diocèse d’Avignon. Le coffret est d’ailleurs actuellement entre les mains d’un artisan d’art spécialisé, Philippe Hazaël-Massieux. « Il a reçu un traitement préventif car il était infesté d’insectes xylophages », précise Blandine Silvestre qui s’est engagée « dans un marathon » sur cette restauration dont elle ne se hasarde pas à fixer un calendrier final.

    « On ne peut pas dire que ce coffret soit un chef-d’œuvre de l’histoire de l’art, mais c’est un rare témoignage d’un pèlerinage en terre sainte d’un apothicaire avignonnais au XVIe siècle, une richesse patrimoniale religieuse qu’il est de notre responsabilité de restaurer et présenter », développe François Fonlupt. Le coffret est, semble-t-il, toujours resté à Avignon, conservé pendant plusieurs siècles au Carmel jusqu’à sa fermeture en 2023, avant que l’archevêché ne le récupère. Le coffret contient des pierres disposées dans un coffret en noyer compartimenté. Le reliquaire s’ouvre en deux volets décorés d’estampes religieuses, tandis que le centre abrite une croix en bois d’olivier posée sur une cupule d’albâtre et protégée par une vitre teintée.

  • Le ministre des PME et du Commerce à la découverte de Blachère Illumination

    Le ministre des PME et du Commerce à la découverte de Blachère Illumination

    Ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, Serge Papin était en visite à l’entreprise Blachère illumination, ce jeudi. Un événement pour l’entreprise mondialement connue et labellisée entreprise du Patrimoine vivant, dont le fondateur, Jean-Paul Blachère, est décédé en décembre 2025 .

    À son arrivée, le ministre a été accueilli par Christine Blachère et son mari Romain. Ils ont d’abord visité les ateliers de ferronnerie, de câblage et celui dédié aux guirlandes françaises. L’occasion de souligner que ces dernières rencontrent un joli succès avec 5 000 vendues cette année, le double de l’année précédente.

    La visite s’est poursuivie dans le « show room », lieu où chaque année le public peut voir les créations de l’entreprise, notamment à l’occasion des fêtes de fin d’année.

    Christine Blachère et son mari ont fait un historique de la création de l’entreprise et ont évoqué Jean-Paul Blachère, le fondateur. Ils ont aussi présenté la fondation Blachère sur l’Afrique, sujet qui a suscité l’intérêt du ministre, à qui un ouvrage consacré à la fondation a été remis.. Le ministre a ensuite rappelé son action pour l’industrialisation des entreprises, en présence du préfet, du maire d’Apt Jean Aillaud (DVD) et de Jacqueline Bouyac, vice-présidente de la Région.

    Plus tôt dans la matinée, le ministre avait également visité l’usine Charles et Alice, spécialisée dans la conception de desserts aux fruits, à Monteux, et rencontré des chefs d’entreprise et des élus locaux pour discuter des enjeux de pouvoir d’achat et de compétitivité.

  • La SNCF veut rendre sa police ferroviaire plus efficace

    La SNCF veut rendre sa police ferroviaire plus efficace

    Tout sourire, Jean Castex déboule en gare centre d’Avignon, ce jeudi, ravi d’avoir emprunté la Virgule qui assure la liaison avec la gare TGV. Le PDG de la SNCF se remémore l’histoire de ces gares, à l’époque où il était secrétaire général de la préfecture de Vaucluse, au début des années 2000. Mais l’ancien Premier ministre époque Covid est surtout là pour signer une convention de partenariat avec le parquet d’Avignon et la police nationale pour le compte de sa police ferroviaire [Suge, pour service de surveillance générale de la SNCF].

    Un dispositif déjà à l’œuvre dans une dizaine de territoires. Le principe doit à la fois rendre plus confortable le parcours des victimes, tout en simplifiant les procédures pour les agents de la police ferroviaire. « L’enjeu, derrière cette simplification, est de permettre à nos agents d’être plus sur le terrain et moins dans la paperasse », expose Jean Castex. Sur 3 200 agents en poste sur le réseau national, une brigade de 35 est affectée à Avignon. Il est important de souligner que la convention porte sur des interpellations en flagrant délit lors d’incidents à bord de trains, que ce soit agressions, violences sexistes ou vol de valises.

    Là où, jusque-là, la police ferroviaire devait enclencher une procédure assez lourde, devant être entendue par l’officier de police judiciaire par exemple, désormais, un protocole a été établi, qui reste évidemment dans le cadre légal juridique. « C’est très pratico-pratique avec un rapport d’observations type car parfois, il pouvait manquer des informations dans le passage de relais entre la Suge et la police, ce qui ne permettait pas au parquet de pouvoir caractériser l’infraction », détaille la procureure d’Avignon, Stéphanie Aouine.

    Le passager devra toujours déposer une plainte, mais pourra, par exemple, récupérer sa valise plus rapidement là où la rétrocession pouvait être longue. « On essaye d’immobiliser les gens le moins possible alors qu’ils sont déjà contrariés comme victimes et perturbés dans leur voyage », souligne Stéphanie Aouine.

    Canicule : comment la SNCF s’adapte

    Ce week-end marque le premier grand départ des vacances estivales avec 15 000 trains en circulation, ce vendredi. Le tout dans un contexte météo caniculaire. « Lors du précédent épisode, on a maintenu 9 trains sur 10 avec un taux de régularité de 80% », souligne Jean Castex. Pour viser le 10/10, le PDG de la SNCF annonce « qu’en 2028, on va augmenter de 30% le remplacement des caténaires ». « Il faut rendre nos voies plus solides, les caténaires, c’est ma hantise car certaines ont 40 ans d’âge et sont sensibles à la chaleur, pouvant entraîner l’arrêt du train faute de jus ». Des épisodes de train longtemps à l’arrêt avec des passager suffoquant ont marqué les esprits. Autre avancée, l’arrivée de TGV nouvelle génération [TGV-M en circulation à partir de septembre], équipés de batteries capable de prendre le relais en cas de panne de courant « et maintenir le chauffage, la clim voire amener le TGV en gare suivante à allure réduite », promet Jean Castex.

  • [Entretien] Cécile Helle : « Je suis surprise, l’attaque du maire est extrêmement violente »

    [Entretien] Cécile Helle : « Je suis surprise, l’attaque du maire est extrêmement violente »

    Sollicitée par La Marseillaise, l’ancienne première magistrate a accepté de sortir de la « réserve » qu’elle s’impose depuis qu’elle n’est plus en responsabilité. Et ce, afin de rétablir sa vérité financière après les lourdes accusations sur sa gestion portées par son successeur Olivier Galzi (DVD).

    La Marseillaise : Quelle a été votre réaction quand vous avez entendu Olivier Galzi dire que « la Ville est un champ de ruines » ?

    Cécile Helle : J’ai mûrement réfléchi avant de sortir de mon silence. Je comprends qu’il y ait une théâtralisation dans la mise en scène, mais outrancière. Il faut savoir raison garder et ramener sur la réalité des chiffres. En 2014, on avait fait un audit, mais on n’avait pas cherché à l’exploiter politiquement. La différence aussi par rapport à nous quand on est arrivé, c’est que là, il y a un rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) qui est tombé quasiment au même moment que l’audit. C’est cela qui prévaut, avec des magistrats indépendants qui ont analysé la situation financière de la ville de 2019 à 2024. On peut leur faire confiance. Ils ont aussi posé un certain nombre de questions sur le budget de 2025, même s’ils n’en ont pas formellement rendu compte dans leur analyse.

    Vous vous inscrivez en faux avec les données avancées par Olivier Galzi ?

    C.H. : Je suis surprise de cette analyse. Les villes ont l’habitude d’être accompagnées par des cabinets qui font régulièrement des prospectifs financiers avec des scénarios alarmistes. Chacun des budgets qu’on a eu à construire, ça a été des combats. Quand on a des convictions, comme nous, pour porter un haut niveau de service public, pour être sur des politiques de solidarité et de soutien au pouvoir d’achat des familles, tout en préparant la ville aussi à la transition climatique, à travers un haut niveau d’investissement, il faut y aller, ne pas avoir peur de l’adversité et surtout ne pas refuser l’obstacle. Quand j’ai rencontré Olivier Galzi lors de la passation de pouvoir, c’est un point sur lequel je l’avais alerté en le prévenant qu’il fallait vraiment être en première ligne pour piloter et suivre le budget. Quant aux chiffres avancés, il y a non seulement le rapport de la CRC, mais aussi le compte administratif 2025. On sort avec une épargne brute qui est à 21,5 millions d’euros et un excédent de 18 millions d’euros. En 2025, on a réussi notre plus haut niveau de désendettement à 2,4 millions d’euros, ce qui était une des exigences de la CRC. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de points d’alerte, mais est-ce ça la faillite ?

    Le maire dit qu’il y a eu 5 millions d’euros de glissement du budget 2025 non payées vers 2026.

    C.H. : Je n’ai pas les éléments. Je n’ai eu aucune alerte de ce point de vue là, y compris lorsque j’ai refait une réunion sur le budget en mars, où j’avais demandé des documents pour qu’il y ait un dossier transmis au futur maire. Je n’ai eu aucune alerte des services, ni du comptable public, ni du préfet [Olivier Galzi met en avant un courrier signé par le préfet et le directeur des finances publiques qui fait état de mauvais indicateurs], avec qui j’ai déjeuné en tête à tête à la mi-février. Chaque année, il y a des reports. C’est de la gestion des comptabilités, mais au début de chaque mois de décembre, on arrête ce qu’on appelle les mandatements, donc de payer les factures. Et ce, à la demande du comptable public. Et donc nécessairement, tout ça glisse sur l’année suivante.

    Quid aussi, par exemple, de l’absence de fond pour faire fonctionner la piscine Pierre-Reyne, qui doit rouvrir cette année après travaux ?

    C.H. : On avait bien précisé que le budget primitif qui était présenté en décembre offrait un cadre global avec les grandes orientations. J’assume le budget sur le premier trimestre, mais pas la suite. Vu que la piscine allait rouvrir au plus tard en septembre, c’est au nouveau maire de calibrer la dépense de fonctionnement qui est liée à la réouverture de cet équipement. Je l’ai fait quand on a rouvert les piscines Jean-Clément et Chevalier de Folard. Quand pendant l’été, on décide de ne pas ouvrir toutes les piscines, c’est dans un souci d’une gestion financière soutenable du budget annexe des activités aquatiques. Il faut trouver ensuite un juste équilibre. J’avais fait travailler les services sur différents scénarios et ce que ça représente en dépenses de fluides, de ressources humaines. C’est bien le rôle d’un maire que de piloter au plus près les budgets.

    Cette description apocalyptique sert-elle à préparer les esprits à des renoncements ou privatisations ?

    C.H. : Je pense que c’est un habillage pour sûrement ensuite instaurer une politique d’austérité et vraisemblablement de privatisations. Si on prend la cantine [service remunicipalisé par Cécile Helle en 2015], la Ville ne dépense pas plus aujourd’hui que ce qu’elle dépensait quand elle versait une contribution à Scolarest [délégataire privé]. Et entre-temps, on a assuré une meilleure qualité alimentaire aux enfants, en baissant les tarifs en trois temps. Plus généralement, pendant 12 ans, on a réussi à construire des budgets, y compris dans des contextes où l’adversité était encore plus forte qu’à l’heure actuelle, comme en début de second mandat avec les crises sanitaires et énergétiques. On a assumé un haut niveau de subventions aux associations [diminuées de 10% au conseil municipal de mardi] et d’investissement sans jamais augmenter les impôts.

    Plus globalement, quel bilan tirez-vous des 100 premiers jours de votre successeur ?

    C.H. : Je ne cherche pas à commenter. Je pense avoir renvoyé l’image d’une maire soucieuse du devenir de sa commune, de l’accompagnement de ses concitoyens et qui a essayé de faire au mieux dans le contexte qui est celui de la ville d’Avignon : à savoir une ville pauvre où il y a 30% de ménages qui vivent sous le seuil de pauvreté, où il y a 36% de logements sociaux, où on a un revenu moyen par habitant qui est de 13 000 euros, quand dans les villes de la même strate c’est 17 000 euros. Croire que la gestion d’une ville comme Avignon est facile, c’est se fourvoyer. En 2022, on a eu une année budgétaire extrêmement compliquée : je suis allée chercher, avec les dents, un total de 4 millions d’euros dont 1 en toute fin d’année, après un déjeuner avec la Première ministre. Alors c’est sûr, moi, je n’en ai pas fait un selfie sur le perron de Matignon.

    On ne vous a pas entendu sur le résultat des municipales. Y voyez-vous un rejet de votre bilan ?

    C.H. : Je ne l’ai pas analysé comme ça. Parce que la liste conduite par David Fournier n’a pas été battue par un grand nombre de voix [40,62 % contre 38,01%]. Bien sûr qu’il y a un regret qu’il n’y ait pas eu une continuité politique. Et quand je vois la manifestation mardi [devant le conseil municipal contre le démantèlement du plan Faubourgs], je me dis qu’il y a quand même des gens qui se sont reconnus dans ce qu’il s’est fait pendant 12 ans, et qu’il ne faut pas simplement aller voir sur les réseaux sociaux ou écouter les gens qui habitent dans l’agglomération, mais pas dans la ville-centre.

    Quelle est désormais votre journée type ?

    C.H. : Je suis redevenue une citoyenne d’Avignon. Je n’ai pas vocation à revenir sur le devant de la scène. Je l’avais bien précisé et je n’ai pas changé d’avis. En voyant l’attaque extrêmement violente de la part du maire actuel, il fallait rappeler certaines choses. Il y a toute une temporalité de la part de M. Galzi où il tape sur les prédécesseurs, mais là, maintenant, on va voir ce qu’il est capable de faire sur le budget 2027. Y compris sur le plan pluriannuel d’investissement [PPI] qu’il va devoir construire sur tout son mandat. Je serais intéressée de voir ce qu’il va proposer, là où il va mettre les priorités et qu’il nous apporte la démonstration qu’il a un vrai projet, une vraie sensibilité aux enjeux environnementaux et aussi voir ses choix en termes d’accompagnement des Avignonnais dans leur vie quotidienne et leurs difficultés.

  • David Fournier dénonce « l’esbroufe et l’outrance » du maire d’Avignon sur les finances

    David Fournier dénonce « l’esbroufe et l’outrance » du maire d’Avignon sur les finances

    Le groupe de gauche Ensemble et solidaires au conseil municipal, issu de la liste de David Fournier (PS), est revenu, ce mercredi en fin de journée, sur la brûlante question des finances d’Avignon. Et ce au lendemain d’un conseil municipal jugé « fantasque » par David Fournier alors que la Chambre régionale des comptes (CRC) a rendu officiellement son rapport sur la gestion de la Ville (2019-2024). « La situation s’est stabilisée entre 2023 et 2024 mais demeure fragile en raison de la dynamique des charges et du poids de la dette », synthétise la CRC.

    Depuis vendredi dernier, la nouvelle majorité conduite par Olivier Galzi s’attelle à décrire un état des finances apocalyptique sur la foi d’un audit. « Dans des termes outranciers, le maire dévoile des choses dérangeantes en se fondant sur une entreprise privée qui n’a aucune compétence officielle pour vérifier des comptes et établit des vérités qui sont contredites par le trésorier public », assène David Fournier, qui, comme en séance mardi soir, réaffirme que la « situation est saine ».

    Là où Olivier Galzi insiste sur le fait que le rapport de la CRC s’arrête en 2024 alors que les dérapages auraient eu lieu en 2025, David Fournier soutient que la CRC a mis le nez dans les comptes 2025 « sans rien trouver à redire car le compte administratif n’était pas voté ». Un compte rejeté mardi qui va entraîner une période de latence, où la CRC va prendre la main pour vérifier la conformité des dépenses et recettes sans aller forcément à la tutelle. « Ce qui sera intéressant, c’est si, la CRC nous demande d’intégrer au budget supplémentaire les dépenses qui auraient dû être intégrées en 2025, analyse Olivier Galzi, questionné à l’issue de la séance. À ce moment-là, la question sera de savoir si on met des recettes en face… »

    David Fournier renvoie, lui, au 1,4 million d’euros de dépenses nouvelles engagées par la majorité et redoute que l’audit serve d’alibi permanent à opérer des restrictions. « Il prépare des décisions impopulaires avec une externalisation et privatisation des services », prédit Samir Allel, conseiller départemental écologiste.

  • Une expérimentation pour retraiter le protoxyde d’azote

    Une expérimentation pour retraiter le protoxyde d’azote

    Ces derniers mois, des accidents de la route meurtriers ont montré que le conducteur avait consommé du gaz encore dit hilarant, contenu dans des bonbonnes de protoxyde d’azote. Une substance largement détournée et ultra consommée que le législateur s’attelle à punir en créant un délit d’inhalation de protoxyde d’azote et d’un délit de transport. En attendant, le fléau reste entier avec un impact sur la santé et l’environnement.

    « Chaque bouteille mal gérée a un impact écologique, industriel et sanitaire », brosse William Bouquet. Le maire (DVG) d’Entraigues-sur-la-Sorgue était l’hôte, ce mercredi, d’une grande opération de présentation d’un dispositif global de lutte contre ce fléau au sein de l’écopôle, un centre de tri des déchets économiques et industriels géré par Suez.

    La multinationale a initié, il y a un peu plus d’un an, une expérimentation qui serait unique en France, reposant sur trois volets : d’abord détecter, via l’intelligence artificielle, la présence de ses bonbonnes au sein des ordures ménagères. Puis, une étude sociologique pour avoir une cartographie des points chauds où l’on retrouve le plus de bouteilles afin de mener des opérations de sensibilisation (sécurité routière, services de l’État, syndicats de déchets, associations, festivals…). Enfin, une solution industrielle qui permet d’extraire le gaz résiduel contenu dans les bouteilles pour le décomposer en dioxygène et diazote, deux gaz naturellement présents dans l’air, et ensuite relâchés dans l’atmosphère. Car le protoxyde a un pouvoir 300 fois plus réchauffant que le Co2. « Ce gaz hilarant porte mal son nom, 2/3 de nos sites de traitement des déchets en France ont connu des incidents à cause des bonbonnes, engendrant entre 35 et 40 millions d’euros de surcoût », fait valoir Xavier Girre, directeur général de Suez, qui a investi 300 000 euros sur cette expérimentation.

    50 euros pour retraiter une bouteille

    En Vaucluse, quelque 30 000 bouteilles sont arrivées en 2025 à l’unité de valorisation Novalie de Vedène. Et cette année, il y a déjà eu autant d’incidents que sur tout 2025. « Les bouteilles explosent dans les fours, cela a entraîné 400 heures d’arrêt à Vedène, il y a donc une problématique sur la filière de tri, sans parler du risque pour la santé des opérateurs sur site », alerte Olivier Galzi, président (DVD) du Grand Avignon. Car la préfecture est aussi mobilisée sur le sujet, ayant pris, fin avril, un arrêté de consommation de protoxyde sur toute la journée et tout le département. « Ce sujet est un poison », rappelle Thierry Suquet, dont les services mènent des contrôles visant notamment les épiceries de nuit, lieu de vente très prisé [environ 70 euros la bonbonne classique]. Résultat, police et gendarmerie se retrouvent avec plus de 5 500 bouteilles sur les bras, à ne pas savoir qu’en faire. Quelque 200 ont d’ailleurs été amenées au centre d’Entraigues. Actuellement, il faut compter 50 euros pour
    retraiter une bonbonne… Définitivement pas hilarant.