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  • Naziha Boulassel, la voix des quartiers populaires à Toulon

    Naziha Boulassel, la voix des quartiers populaires à Toulon

    C’est au départ comme cofondatrice du collectif Beaucaire, du nom de ce quartier populaire de l’ouest de Toulon, que nous l’avions rencontrée. La profondeur et la structuration de son discours de classe laissaient déjà entrevoir un engagement plus affirmé.

    La jeune femme, mère de trois enfants, vit depuis quinze ans dans ces tours HLM où les assignations à résidence rendent difficile l’accès à l’ascenseur social, de toute façon bien souvent en panne par ici.

    Naziha Boulassel est très vite convaincue de la nécessité de faire valoir ses droits et ceux de toutes les personnes partageant son quotidien. Elle s’oriente donc vers des études de juriste et, après avoir obtenu un master 1 en droit privé, s’engage dans le monde associatif. Puis, face à la difficulté de trouver un emploi pérenne, elle passe un CAP Petite Enfance. « C’est un corps de métier passionnant, puisqu’on participe à l’évolution des enfants, ce qui n’est quand même pas rien », confie-t-elle.

    Ce qui ne l’empêche pas d’exercer sa « vocation première » au sein du collectif pour faire prévaloir les droits des locataires et se battre, avec eux, pour une vie digne. « C’est ce qui m’anime réellement », insiste Naziha Boulassel. Une prise de conscience qui va lui faire franchir le pas pour prendre part à cette campagne des municipales. Elle précise : « Plus jeune, j’avais l’impression que tout ça me dépassait un peu, mais à travers le collectif, j’ai pris conscience qu’on était tous politisés d’une certaine façon, sans le savoir. De manière active, puisqu’on avait décidé de mener des actions et d’arrêter de laisser les autres parler et décider à notre place. »

    C’est pourquoi elle s’efforce aujourd’hui de faire comprendre aux habitants qu’ils sont mieux placés que quiconque pour porter leurs propres combats. Elle détaille : « Parce que même avec la meilleure des volontés, lorsqu’elle existe, les politiques ne peuvent pas comprendre notre quotidien. Ils ne savent pas ce que nous subissons. »

    Elle rappelle les multiples impacts du mal-logement, aussi bien sur la scolarité que sur la santé ou l’accès à l’emploi. Naziha Boulassel explique subir elle-même une triple discrimination : comme femme, comme personne d’origine maghrébine et comme habitante d’un quartier populaire. Des freins qui, selon elle, contribuent à ce que « les habitants des quartiers populaires perdent totalement confiance en la politique ». Et de poursuivre : « On espère que cela va changer et c’est ce dont nous sommes porteurss, avec Toulon en commun, mais c’est un travail qui va devoir être mené sur le très long terme. »

    La priorité, insiste-t-elle, « c’est de tout faire pour que les jeunes comprennent qu’ils sont des citoyens à part entière, qu’ils sont l’avenir du pays, et pas seulement des “jeunes des quartiers”. Pour cela, on doit commencer par leur donner la parole ». Elle insiste : « Il faut leur faire comprendre qu’ils ont la possibilité de pouvoir aspirer à autre chose que seulement le trafic, le rap ou le foot. »

    Naziha Boulassel évoque aussi le scepticisme de ses enfants face à son engagement militant. Il l’interroge : « Maman, tu t’intéresses à la politique, mais est-ce que ça va vraiment servir à quelque chose ? » Patiemment, elle essaie donc de leur inculquer que c’est effectivement en se levant de plus en plus nombreux qu’on peut faire advenir le changement. Pas question, en tout cas, pour elle, d’accepter son sort sans se battre.

    Optimiste, Naziha est convaincue que la prise de conscience est à portée de main. Et de conclure : « Je suis consciente que ce changement ne se fera pas d’un claquement de doigts, mais par petits pas. Et si tout le monde s’y met, on peut au final faire de grandes choses avec de petits pas. »

  • Place publique soutient la liste « Hyères Avenir »

    Place publique soutient la liste « Hyères Avenir »

    À Hyères, la gauche unie ne l’est finalement pas complètement, du moins si l’on étend l’alliance jusqu’au centre gauche. Après avoir quitté en juillet 2025 la liste « Hyères, unie à gauche », conduite par Caroline Moulin (Les écologistes), Place publique Var s’est en effet rangée derrière Nicolas Massuco et la liste citoyenne (SE) « Hyères Avenir ». Ses responsables s’en expliquent : « Nous partageons le respect des institutions, l’attachement aux valeurs de la République et le rejet des extrémistes. Nous appelons les sociaux-démocrates à nous rejoindre pour un projet juste et tourné vers l’avenir. »

    LFI dans le collimateur

    Avec cette position, les représentants du parti de Raphaël Glucksmann souhaitent se démarquer de « Hyères, unie à gauche », qu’ils considèrent comme « essentiellement portée par LFI. Le PS s’étant retiré, nous sommes la seule liste qui porte les valeurs sociales-démocrates ». Quand bien même la tête de liste en face est écologiste et que les colistiers proviennent de différents horizons (PCF, l’Après, Génération.s, Debout !, REV). « Certes, mais LFI est largement représentée, avec un numéro 2 REV [Rachid Setouty, Ndlr.] affilié », soutient Pascal Colin, co-chef de file PP à Hyères. Des propos auxquels Caroline Moulin a répliqué : « M. Massuco se dit PRG, mais s’affiche sans étiquette, ratisse au centre droit, et dit “ni droite ni gauche” dans ses discours. Et puis, est-ce que la social-démocratie a porté ses fruits par le passé ? On est la liste de gauche et écologique hyéroise, et là-dessus, on reste ferme. »

    De son côté, « Hyères Avenir » entend néanmoins porter des orientations écologiques, dont « une réduction des constructions et l’accélération de l’opération Grand Site de Giens », ainsi que la promotion de « l’agroécologie et les circuits courts ». Sur le volet social, Place publique affirme que la liste défendra « des actions fortes auprès des mineurs pour réduire les inégalités sociales », en instaurant « l’égalité réelle hommes-femmes dans tous les domaines de la vie locale » et en « favorisant le vivre-ensemble et les liens intergénérationnels ».

  • Le Geres met en valeur les femmes agricultrices

    Le Geres met en valeur les femmes agricultrices

    Trop souvent invisibilisées, précaires et peu reconnues, les agricultrices n’en sont pas moins des garantes essentielles de notre alimentation. C’est pourquoi l’ONG environnementale Geres les met en avant à travers une série de quatre portraits de travailleuses (deux Bucco-Rhodaniennes, une Varoise, une Vauclusienne). « L’objectif était de valoriser les expériences quotidiennes et les perspectives des agricultrices de la région », explique Olivia Pelestor, chargée de programme agriculture et sensibilisation au Geres. « On ne s’intéresse à elles que depuis 1959. Avant, on en parlait via les couples, mais très peu des femmes elles-mêmes malgré leur énorme travail. »

    « Générer une conscience » quant aux difficultés

    Mais pour la porteuse du projet, « il est important de ne pas les visibiliser en tant que femmes, mais pour leur travail. Elles participent à la souveraineté alimentaire, à maintenir le patrimoine local avec la viticulture, l’oléiculture… Et elles s’engagent dans des pratiques agroécologiques, plus résilientes au niveau climatique. »

    Et même si pour elles, l’agriculture est « un métier passion », il n’en reste pas moins « physique et nécessite beaucoup d’investissements. Elles travaillent presque tous les jours, avec un manque de soutien financier des institutions », déplore Olivia Pelestor, d’autant plus que les quatre agricultrices travaillent dans le domaine du bio et « doivent justifier leurs prix, en expliquant leur travail, leurs pratiques. » La chargée de programme pointe aussi « les à-côtés », tels que « les remplacements difficiles pendant la grossesse » et « les retraites parfois en dessous de 350 euros. Il est important d’en parler pour générer une conscience citoyenne. »

    Les portraits dès le 8 mars sur www.geres.eu

  • Saint-Cyr à gauche dévoile son plan logement et transports

    Saint-Cyr à gauche dévoile son plan logement et transports

    Pour leur avant-dernier meeting, Sylvie Vinceneux et Saint-Cyr à gauche se sont penchés sur le logement et les transports, deux de leurs engagements phares. Un programme basé sur « la concertation », pour « un logement accessible à tous. » À ce titre, la liste milite pour la relance du logement social, à « 9% aujourd’hui alors qu’on devrait être à 25, ce qui fait payer à la ville une amende de 570 000 € par an ! », pointe la candidate.

    Outre celui-ci, Saint-Cyr à gauche veut renforcer le prêt locatif aidé d’intégration et le bail réel solidaire pour les plus précaires, l’encadrement des loyers, la taxation des résidences secondaires (45% des logements saint-cyriens), la limitation des Airbnb, ou encore la création de logements pour les saisonniers et d’une deuxième résidence seniors.

    « L’OAP Pradeaux Gare ne pourra pas se faire »

    Pour les transports, la candidate veut mettre en place « un véritable plan », qui comprendra la « réactivation de la ligne St-Cyr – La Ciotat », en bus et en navette maritime, des « navettes électriques à la demande pour seniors et PMR », ainsi qu’un stationnement « qui ne doit pas être augmenté mais revu » avec des zones bleues, et une limitation de la gratuité « pour éviter les voitures ventouses » dans certaines zones, telles que le parking de la gare.

    C’est d’ailleurs dans ce quartier de la gare que se tenait la réunion publique, pour aborder la question des orientations d’aménagement et de programmation (OAP) Pradeaux-Gare. Lancé en 2014, le projet n’avance pas, alors que la commune a obtenu la construction du pôle d’échange multimodal de la LNPCA Marseille – Nice, terminus du « RER toulonnais », en 2020 : « Le maire a voulu faire financer par la SNCF le réseau viaire autour de la gare, en espérant qu’elle allait s’occuper de l’acquisition des terrains pour aménager la gare, et qu’il puisse asseoir son programme immobilier autour », précise Joël Duret, l’un des colistiers. Mais la cinquantaine de familles qui doivent être expropriées, faute d’accord avec la mairie « qui propose des prix 30 à 40 % en dessous du marché », ne l’entendent pas ainsi et empêchent toute avancée. « Le projet ne pourra pas se faire », certifie Joël Duret. Et comme, par définition, l’OAP ne met « rien par écrit qui engage la mairie », elle pourra être entièrement redéfinie par la future municipalité. De son côté, Saint-Cyr à Gauche la fera valider par référendum.

  • Les progressistes au service de l’intérêt général à Six-Fours

    Les progressistes au service de l’intérêt général à Six-Fours

    La politique nous concerne tous c’est notre présent, notre futur, notre vie, ne la laissons pas à d’autres », commence le chef de file de Six-Fours à gauche, Pascal Cabras, en rappelant que « l’abstention est la pire des défaites ».

    Pour le syndicaliste apparenté communiste « les citoyens doivent redonner un nouveau souffle à la démocratie », et arrêter de laisser les autres décider à leur place.

    L’occasion de rappeler que la liste de rassemblement des progressistes leur donne justement l’opportunité de faire entendre leurs voix et refuser « l’entente bilatérale entre une droite extrême et une extrême droite ». En notant que 70 % des votes au conseil municipal sont communs à la majorité LR et au RN.

    Et de lancer : « Nous sommes la seule opposition présente au conseil municipal depuis 2020, la seule liste qui lutte pour une ville juste solidaire et durable, avec une orientation écologiste et sociale profitable à tous nos habitants. »

    « L’entre-soi c’est terminé ! »

    Avec un certain nombre d’atouts pour changer la donne, comme celui de regrouper toutes les composantes de la gauche et des écologistes.

    Pascal Cabras a dit également la fierté d’être soutenu par le parti communiste, en rappelant toutes les avancées sociales dont il a été le moteur et sa résistance aux heures de la déshonorante de la collaboration.

    «  Avec un parti communiste à 28 %, nous avons obtenu la Sécurité sociale. Avec un FN à 30 %, nous aurons bientôt la retraite à 67 ans », met-il en garde.

    Concernant le programme, Pascal Cabras a insisté sur l’urgence de s’attaquer à la crise du logement, en notant qu’il manque 2 842 logements sociaux dans la commune pour se mettre en conformité avec la loi. Un retard assumé par la municipalité sortante puisque relevant d’« un choix purement dogmatique ».

    Et de poursuivre : « Nous remplacerons l’entre-soi par la mixité sociale ! »

    Pour autant, pas question de construire de manière anarchique ni d’empiéter sur les zones agricoles ou sensibles qui seront au contraire sanctuarisées. Mais plutôt de densifier le centre-ville.

    La création d’un centre de santé a également été mis en avant ainsi que des places de crèches municipales avec une tarification progressive.

    Il en est également d’une maison de retraite municipale adaptée et d’un service de pompes funèbres lui aussi géré par le public. Un changement de cap au service de l’intérêt général, cette fois.

  • Toulon, mauvaise élève où la gauche veut faire mieux

    Toulon, mauvaise élève où la gauche veut faire mieux

    Épinglé mauvaise élève en matière de droits des femmes par le rapport d’Oxfam, la municipalité toulonnaise ne dispose d’aucun adjoint chargé de l’égalité pas plus que de délégation. Or, dans le cadre de la campagne, la présence des femmes en tête de liste atteint des sommets avec 4 sur les 6 principales emmenées par des candidates.

    En lice, Magali Brunel (PS) pour une liste d’union à gauche, Josée Massi (DVD), maire sortante, Isaline Cornil (LFI) et Laure Lavalette pour l’extrême droite, avec des programmes diamétralement opposés en matière de droits des femmes et d’égalité. La première souhaitant justement mettre en place une délégation, augmenter le budget alloué à un planning familial en grande difficulté car confronté à une baisse de subvention qui met en péril 40% de ses lieux d’accueil (notamment dans la Provence verte). Magali Brunel promet aussi un soutien financier au CIDDF (Centres d’information sur les droits des femmes et des familles).

    L’insoumise Isaline Cornil dénonce elle aussi les coupes budgétaires, estimant que les droits des femmes passe par le maintien des services publics de santé de proximité. Elle propose un accompagnement social renforcé et un soutien aux associations locales qui œuvrent en la matière.

    À droite, Josée Massi résume elle la question à la petite enfance, l’aide aux familles et à l’accompagnement social. Elle entend également mettre le paquet sur la « tranquillité publique » pour permettre aux femmes d’occuper l’espace public.

    Engagée dans les mouvements pro-vie, la députée RN Laure Lavalette a elle voté contre l’inscription du droit à l’IVG dans la constitution en 2022 et prévoit de confier en cas de victoire à Mélanie Auzoux, Miss Var 2025, la vie étudiante, de la jeunesse et des droits des femmes.

    Plus de féminicides

    dans le Var qu’ailleurs

    Plus largement, dans un département particulièrement touché par les féminicides, avec des chiffres 7 fois et demie plus importants que dans le reste de la France en 2024 s’inquiétait dans nos colonnes la directrice générale de l’association AFL-Transition et 5 070 victimes de violences intrafamiliales dont 75 % des femmes en 2025, la question reste cruciale.

    Des maisons des femmes santé ont vu le jour, dont une à Toulon en janvier 2024 après celle de la Seyne en 2021. Plus d’une centaine de femmes ayant été accueillies sur les sites de Sainte-Musse et de l’hôpital George Sand. Deux maisons de protection des familles (MPF) ont également été créées à La Valette et à Draguignan, plus de 1 700 policiers et gendarmes ont été formés à l’accueil des victimes de violences intrafamiliales dans le Var.

  • Les sales méthodes de l’extrême droite à Toulon

    Les sales méthodes de l’extrême droite à Toulon

    Sans revenir sur l’emballement médiatique provoqué et attisé par la fachosphère suite à l’enregistrement frauduleux et à la diffusion des propos tronqués du colistier de Toulon en Commun Philippe Leroy, dans lequel il évoque l’enfant handicapée de la tête de liste RN, la sauvagerie de la réponse et les menaces de mort rappellent à qui voudrait l’oublier quelles sont les pratiques de l’extrême droite.

    « Hélas, ce n’est pas le premier mauvais coup de cette campagne. Il y a deux semaines notre local était vandalisé par un individu cagoulé qui heureusement a été pris en flagrant délit par la police nationale et le lendemain des sympathisants venant à une réunion publique que nous organisions, ont été photographiés à leur insu par des colleurs d’affiches du RN », rappelle la tête de liste Magali Brunel.

    Et d’ajouter : « Une nouvelle plainte a été déposée pour ces faits extrêmement graves, dont on sait jusqu’où ils peuvent mener. »

    Pourquoi ces gens qui prétendent vouloir se dédiaboliser se rabaissent-ils à de telles pratiques ? On se souvient de cette enseignante que Laure Lavalette avait jetée en pâture à la haine en diffusant sur les réseaux sociaux un enregistrement clandestin dans lequel la prof d’université commente du point de vue du droit et pendant son cours un tract de La Cocarde étudiante : un syndicat d’extrême droite. Comme on n’a pas oublié non plus les messages homophobes, antisémites et racistes postés par l’ancien attaché parlementaire de la députée RN, débranché dès que l’affaire a été ébruitée. Bien sûr. Une élue de la République qui dans un message nous reproche d’être « aveuglés par [notre] militantisme ».

  • [Entretien] Stéphane Sacco : « Nous sommes prêts à gérer La Seyne »

    [Entretien] Stéphane Sacco : « Nous sommes prêts à gérer La Seyne »

    La Marseillaise : Vous multipliez les réunions publiques et les rencontres avec la population, quelle est l’ambiance sur le terrain ?

    Stéphane Sacco : Franchement, la dynamique est excellente : nous avons fait salle comble partout et je sens une véritable attente de la part des habitants auxquels nous montrons que nous sommes prêts à gérer la ville en leur montrant des propositions claires, réalistes et surtout chiffrées. Nous insistons également sur fait que nous serons également des élus actifs et porteurs des projets seynois à l’échelle de la Métropole pour enfin faire bouger les choses.

    Quels sont les points forts que vous mettez en avant et qui font particulièrement réagir ?

    S.Sa. : Sur la mobilité et l’aménagement du port par exemple : je détaille notre projet de recouvrement de la première panne. C’est la seule solution de bon sens pour fluidifier la circulation et régler ce problème d’inondations que l’on connaît trop bien. J’en profite aussi pour rappeler, puisqu’il devrait passer par là, que pour nous le seul TCSP capable de répondre aux besoins de la population et de réduire la part de l’automobile, c’est le tramway. On voit bien aujourd’hui que le Bus à haut niveau de service est une aberration.

    Et bien sûr, je réaffirme que le projet de tunnel, c’est définitivement non pour nous.

    Je présente également notre grand projet de la « Maison de l’industrie et de la mer » pour offrir aux Seynois et à nos associations un vrai lieu de vie et de mémoire.

    La lutte contre le logement indigne est également une de vos priorités ?

    S.Sa. : Bien entendu, et là encore il faut rappeler le retard pris par la ville dans la rénovation du centre ancien alors que les crédits du NPNRU, le Nouveau programme national de renouvellement sont disponibles depuis des années et qu’il y a urgence à entreprendre les travaux de réhabilitation pour loger les habitants correctement, recréer une véritable mixité sociale et redynamiser le commerce du centre-ville.

    Le sujet de la piscine a refait surface opportunément en conseil municipal, vous devez être questionné sur le sujet…

    S.Sa. : Je suis effectivement interpellé sur la question de la piscine comme celle du cinéma d’ailleurs, deux équipements dont ne dispose pas la 2e ville du Var. Je suis très clair : je prends acte du refus du conseil municipal concernant le projet du maire sortant, qui était beaucoup trop nébuleux et trop coûteux. Notre priorité reste de rouvrir un véritable équipement. Mais en attendant, l’urgence, c’est l’apprentissage de la natation pour nos écoliers. Le ponton flottant de l’ancienne municipalité est inadapté, voire dangereux. Dès la rentrée de septembre, nous mettrons donc en place des camions-piscines pour que nos enfants puissent apprendre à nager en toute sécurité.

  • Deux emplacements en vue pour le nouveau stade du RCT

    Deux emplacements en vue pour le nouveau stade du RCT

    À l’heure où certains nouveaux stades sont construits en périphérie des villes (Lyon, Lille…), à Toulon, hors de question d’éloigner le stade du centre-ville. Deux sites sont ciblés par le club : la Tour Royale et Pipady. Ceux-ci offrent l’avantage « d’être en bord de mer », argumente la directrice générale du club Jessica Casanova, qui présente « un stade carte postale. Là, on est différent, on est Toulonnais, on vit grand, tout en restant au cœur du territoire, pas dans une zone industrielle à 20 km. Ces lieux-là sont chargés d’histoire et respectent l’ADN. On ne trahit personne ».

    Mais en pratique, il faudra obtenir le déclassement du domaine public militaire pour une partie du site de la Tour Royale, et du domaine public maritime naturel pour Pipady. Et en ce qui concerne le second, Josée Massi a déjà placé ses pions pour son projet de « Central-Park à la toulonnaise », « Mayol à Pipady », obtenant, en septembre, l’autorisation d’un plan de constatation de la limite du domaine public maritime naturel, et d’une demande de déclassement de certaines emprises attenantes. Magali Brunel, elle, veut lancer le projet Méd in Toulon, avec une promenade jusqu’au Mourillon « pour rendre la mer aux Toulonnais », en rehaussant les quais pour les protéger de la montée des eaux.

    « Un pôle d’attraction extraordinaire »

    Quoi qu’il en soit, ce nouveau stade est imaginé avec une capacité de 18 à 20 000 places, avec, pour objectif, de devenir un atout économique majeur pour la ville, pas seulement pour le club. Moderne, écoresponsable, doté d’espaces générateurs d’activité (restaurant, boutique, salle de séminaire, palais des congrès…), il répondrait à une partie des exigences du projet Massi et saura accueillir d’autres événements que les matches du RCT : congrès d’affaires, concerts et spectacles, expositions, autres sports collectifs comme le football en cas de montée du Sporting, événements annexes (finale de pro D2, XV de France…). « Ce sera un pôle d’attraction extraordinaire qui motivera les venues à Toulon », martèle Martin d’Argenlieu.

    Selon lui, ce nouveau Mayol pourrait être investi dans les 3 à 5 ans suivant la validation du projet. « Il appartient aux élus de reconnaître l’urgence, de s’engager à lancer des études dès le début de la mandature, de placer l’intérêt de Toulon au-dessus de tout », conclut Bernard Lemaître, qui promet que « le futur maire nous aura à ses basques ».

  • L’emblématique Stade Mayol s’invite dans le débat à Toulon

    L’emblématique Stade Mayol s’invite dans le débat à Toulon

    C’est un sempiternel sujet, qui refait forcément surface à quelques jours des élections municipales : celui du stade Mayol, « très important pour la ville, au-delà du cadre du sport », affirme Bernard Lemaître, le président du RC Toulon. Une enceinte dont l’impact économique demeure majeur (243 emplois, 21,5 millions de chiffre d’affaires annuel), mais qui semble avoir atteint ses limites : classé 14e et dernier stade de l’élite du rugby français selon une étude du Midi Olympique, Mayol parvient « péniblement à 5 millions (8e total du Top 14) de CA annuel sur les hospitalités, quand nos concurrents font jusqu’à 13 millions », déplore Bernard Lemaître.

    Pas assez pour un club qui ambitionne de redevenir une place forte du rugby français, élément phare de l’identité toulonnaise, et qui se doit donc de jouir d’un stade d’une autre envergure, « pour le rayonnement et l’attractivité économique d’une ville moyenne comme Toulon. Il faut qu’on prenne des décisions rapidement », presse le président du RCT.

    L’objectif premier était de rénover le stade : « On a fait un travail avec des experts pendant plus de 6 mois. On a été rattrapé par l’actualité », explique Martin d’Argenlieu, directeur général adjoint du club. Au cours des 18 derniers mois, Mayol a connu des alertes de sécurité importantes : la pluie, tout d’abord, a conduit au report de deux rencontres et montré les limites de l’infrastructure, totalement inondée en septembre face à La Rochelle. Si bien que la Ligue nationale de rugby a menacé de délocaliser de futurs matches en cas d’alerte orange météo.

    Rénovation plus chère qu’un nouveau stade

    Autre problème majeur : en marge de travaux sur l’éclairage l’an dernier, des fragilités ont été repérées dans la structure de la tribune Lafontan, ensuite fermée en partie pendant plusieurs mois. « Il faut un diagnostic de solidité, on aurait pu avoir un morceau de béton dans la tribune », alerte Martin d’Argenlieu. « S’il faut remettre des étais, on en mettra. On n’a aucune autre alternative que de jouer à Mayol. Il faut tenir le temps d’un nouveau projet. »

    Car l’étroitesse et l’impossibilité de s’étendre sans toucher aux infrastructures à proximité (routes, immeubles, parking, palais Neptune, centre commercial…) complique l’idée d’une rénovation. La norme GEEM (Grands Équipements à Exploitation Multiple), référentiel national de sécurité des stades de plus de 15 000 places, impose des obligations impossibles à tenir (12 m d’espace libre autour du stade, 4 cages d’escalier pour les secours contre zéro aujourd’hui ; infirmerie et PC sécurité de 100 m², aire de stationnement pour les secours impossibles à créer…). Sans parler de l’impossibilité de couvrir les tribunes à cause de la structure existante, car le stade est bâti sur une zone marécageuse, rendant périlleux l’ajout de poids supplémentaire.

    Une rénovation coûterait 400 millions d’euros. Un nouveau stade 200 millions. Un argument dont la direction veut se servir pour convaincre les candidats à la mairie « d’abord méfiants, puis, je pense, progressivement séduits », avance Bernard Lemaître. « Les obstacles du Mayol actuel font réfléchir, tout comme la création d’un outil phare qui n’existe pas » (lire par ailleurs). Pour l’instant, la maire sortante Josée Massi a affirmé son opposition, arguant avoir « investi 8 millions en deux ans pour le stade » et « discuté d’un plan sur 6 ans avec le président. Où trouver le foncier et les 200 millions ? », demande-t-elle. Un avis partagé par Michel Bonnus, pour qui « il n’y a pas débat : on ne déplace pas Mayol ». Même son de cloche pour Isaline Cornil (LFI) : « Un enfant sur deux en 6e ne peut courir plus de 5 minutes. De nombreux équipements sont à rénover ou à créer. 200 millions, c’est trois fois le total annuel des investissements de la ville ! » La candidate RN Laure Lavalette, elle, se montre ouverte à l’idée si nécessaire. À gauche, Magali Brunel veut agir « en concertation et en responsabilité » et « par étapes. D’abord mettre le stade en sécurité, construire un bâtiment hospitalité devant, puis évaluer le modèle économique et les véritables besoins des acteurs ».