Tag: Var

  • La grève sur les rails contre la maltraitance

    La grève sur les rails contre la maltraitance

    Un cri du cœur pour alerter sur une « urgence sanitaire et sociale ».

    Les cheminots mettent, ce mercredi, les locomotives à l’arrêt à l’occasion d’un mouvement social qui s’annonce massif. Les quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF (CGT, FO, SUD et CFDT) ont accordé leurs klaxons pour réclamer un changement de braquet de leur direction. Du jamais vu depuis fin 2024 et de quoi rappeler les journées unitaires de la grève marathon contre la réforme ferroviaire de 2018. Il faut dire que l’heure est tout aussi grave pour la famille du rail : « rabotage des droits, pressurisation à l’extrême, dumping social à tous les étages », énumère la fédération CGT des cheminots. « Le message qu’on délivre est que le ferroviaire est à un tournant. […] Et l’unité syndicale dit l’importance que nous y accordons », explique Thomas Cavel, secrétaire général CFDT Cheminots en conférence de presse à Paris, ce mardi. Les syndicats pointent un cycle infernal de réorganisations au sein de la SNCF, entre ouverture à la concurrence et processus de filialisation. Et en lame de fond sa place comme service public ferroviaire : « La concurrence est un système qui met en péril les finances publiques. On investit sur le réseau ferroviaire via les bénéfices générés par les cheminots : ils paient donc, pour partie, l’outil de leur concurrent. »

    Des changements drastiques pour l’entreprise ancienne détentrice du monopole du rail en France et avec des conséquences qui le sont tout autant. « Les cheminots sont plus exposés qu’avant aux risques graves », développe François Tejedor, secrétaire général de la CGT Cheminots Paca. Plus que des accidents graves, les syndicats mettent en avant des drames : 13 suicides depuis le début de l’année. D’où l’alerte sociale : « On constate un mal-être en ce qui concerne le sens du travail, un malaise global, notamment dans l’encadrement : les réorganisations broient certains de nos collègues », confie à l’AFP, Fabrice Charrière, de l’Unsa Ferroviaire.

    Fortes perturbations

    sur le réseau

    Preuve de l’étendue de la colère cheminote : le secrétaire général de la CGT Cheminots Paca évoque un mouvement de grève particulièrement suivi : « Dans la région, il y a entre 80 à 90% de grévistes sur le personnel roulant, que ce soit contrôleurs ou mécanos. C’est 80% chez les conducteurs de TGV. »

    Concrètement, 1 TGV sur 3 circule ce mercredi, pour 1 train Intercités sur 2. Même principe pour les Trains express régionaux (TER). « La circulation des trains sera perturbée sur la région Sud » et « très fortement » pour les axes Les Arcs-Draguignan, Grasse-Vintimille et Nice-Breil-Tende, constate la Région Sud. Avec des lignes, comme celle de Marseille-Lyon avec 55% de circulation, ou Marseille-Aix avec seulement 45%. « Ça ne reflète pas le niveau de mobilisation […] la direction met toutes ses ressources pour minimiser la grève », nuance François Tejedor. En effet, nos confrères de l’AFP confirment que la SNCF « mobilise toutes ses ressources » en recourant notamment à des encadrants pour remplacer du personnel gréviste, comme le lui permet la loi.

    Pourtant, les cheminots en ont encore sous le pied. « C’est un coup de semonce, avec une temporalité réfléchie : on a proposé un mercredi pour rassembler tout le monde et ne pas faire de polémique », justifie François Tejedor. L’intersyndicale se rencontre le 11 afin d’ores et déjà évoquer la suite du mouvement. D’autant que Jean Castex joue la montre et ne prévoit de rencontrer les organisations syndicales que le 23 juin. De quoi laisser planer la menace d’une grève à un moment peut-être plus stratégique, comme les vacances d’été… « Les attaques se font plus pressantes, il faudra peut-être aborder les choses d’une manière un peu plus punchy », conclut François Tejedor.

    PAROLES DE CHEMINOTS

    Nathalie Marin, secrétaire générale de la CGT Cheminots, Toulon

    « On a un signal très alarmant avec treize suicides d’agents en 2026. Mais aussi des accidents mortels qui ont beaucoup impacté le moral des cheminots. Nous sommes également très inquiets de l’avenir de notre entreprise en tant que service public, qui n’est plus du tout d’ailleurs reconnu comme tel par nos directions, qui se voient très bien en entreprise commerciale, concurrentes même les unes des autres. La colère monte en réaction à cette perte de sens des missions du service public ferroviaire qu’on avait initialement et qui faisait avancer et vivre l’esprit cheminot. On réclame donc aujourd’hui l’arrêt des restructurations et des filialisations, ainsi que la hausse des salaires et la création d’un vrai 13e mois. »

    Propos recueillis par T.T.

    Loïc Guigou, secrétaire CGT Cheminots, Vaucluse

    « On s’inscrit pleinement dans les revendications. Si heureusement ici nous n’avons pas été touchés par un suicide ou accident de travail, il y a beaucoup d’arrêts de travail liés aux risques psychosociaux. Par exemple, sur les conditions de travail et d’accueil des usagers, cela fait deux semaines qu’il n’y a plus de climatisation dans la gare TGV d’Avignon, ni aux guichets à Avignon centre. Plus largement, face à l’urgence climatique, les cheminots CGT ont élaboré un dossier décarbonation qui s’appuie sur l’étoile ferroviaire d’Avignon et le projet de Serm [service express régional métropolitain]. Le ferroviaire doit être le centre d’une offre multimodale cohérente, avec l’ouverture de gares et des personnels pour assurer un service public efficace et digne de ce nom. »

    Propos recueillis par F.C.

    Frédéric Michel, secrétaire SUD Rail, Marseille

    « Nous ne sommes pas en grève contre l’ouverture à la concurrence, on ne fait pas du patriotisme d’entreprise mais nous luttons contre le dumping social porté par cette ouverture et les conditions dans lesquelles elle se met en place. Si ça pouvait permettre d’améliorer nos conditions de travail et de rémunération, on ne s’y opposerait pas. Mais ce n’est pas le cas. Que ce soit les salariés de la SNCF, de ses filiales, ceux des entreprises privés, dans le trafic voyageurs ou le fret, c’est une grève de toute la branche ferroviaire. Ces entreprises tirent vers le bas pour répondre au marché. On n’est protégé nulle part et la SNCF est la première à mettre des filiales en place. Et on sera nombreux car derrière ce système il y a trop de cheminots qui sont endettés, trop de souffrance au travail. »

    Propos recueillis par M.G.

    Christophe Morard, secrétaire général syndicat CGT Cheminots, Miramas

    « Cela fait des années qu’on dénonce la fin du triage des wagons isolés, où chaque petite entreprise locale pouvait nous confier leurs wagons pour les trier et envoyer partout en France et en Europe. Ce n’est pas le plus rentable, car un train entier nécessite moins de matériel et de personnel. Mais c’est ce qu’on craint pour le Triage de Miramas avec la privatisation d’Hexafret et Technis [ex Fret SNCF, Ndlr] prévue pour 2028. Le wagon isolé faisait vivre notre Triage, on trie près de dix fois moins de wagons par rapport à avant l’ouverture à la concurrence. Pire, ArcelorMittal représente 30% du trafic du Triage, on est donc inquiets au vu de leurs difficultés. Il faut une volonté politique pour trier les wagons isolés et retirer des camions de la route. »

    Recueilli par An.M.

    Magali Sanchez, conductrice de train, secrétaire CGT Secteur de Veynes, Hautes-Alpes

    « On en demande toujours plus aux agents, il y a un mal-être général, avec plusieurs suicides depuis le début de l’année. Ça fait un peu penser à France Télécom et ce n’est pas bon signe. La direction fait la sourde oreille quand on veut mettre à plat tout ce qui dysfonctionne. Localement, on en voit les conséquences avec des manques d’effectifs qui créent des suppressions de train.

    Notre matériel devrait être remisé depuis quatre ou cinq ans. On a vraiment l’impression de jouer à la patate chaude entre la région Sud, et les différents pôles de la SNCF. Tout le monde se renvoie la balle, personne ne prend ses responsabilités, et les usagers le subissent. »

    Propos recueillis par A.F.

  • Tran To Nga, rescapée de l’agent orange témoigne

    Tran To Nga, rescapée de l’agent orange témoigne

    Quel meilleur témoignage qu’une rescapée de l’épandage de 80 millions de litres d’herbicides déversés, pendant la guerre du Vietnam par les États-Unis. Avec des enfants qui, pour la quatrième génération, continuent de lourdement pâtir de ce poison produit entre autres par les sociétés pétrochimiques américaines Monsanto-Bayer et Dow Chemical.

    Pour mémoire, la résistante vietnamienne a engagé un procès international contre ces firmes. Elle viendra notamment donner les dernières informations concernant son prochain rendez-vous au tribunal le 16 juin à Paris.

    Le comité varois de l’Association d’amitié franco vietnamienne (AAFV) expliquera son implication au bénéfice de ces enfants lourdement handicapés ou atteints de cancer. Notamment par l’achat, grâce au lancement d’une souscription, d’un troupeau de vaches destiné à un village du Sud, afin qu’ils aient accès à la viande fraîche et au lait. Mais aussi en essayant de créer plus de solidarité. Une école maternelle pour les enfants handicapés par la dioxine a également été construite ainsi qu’une de réserve d’eau potable.

    On sait maintenant combien ces poisons sont absorbés puis stockés dans les organismes et les conséquences sur le long terme et combien l’environnement est pollué par ces substances dangereuses. Un sinistre bilan sanitaire qui devrait conduire les politiques publiques à beaucoup plus de prudence.

  • Alice Rufo en visite ce lundi dans le Var

    Alice Rufo en visite ce lundi dans le Var

    Elle y a participé à une cérémonie au Mémorial des guerres en Indochine de Fréjus, l’un des dix hauts lieux de la mémoire nationale, qui accueille les dépouilles de militaires « Morts pour la France » entre 1940 et 1954. Elle a ensuite rendu visite au 7e régiment d’instruction et d’intervention de la sécurité civile de Brignoles, dont elle a découvert, via des ateliers, les missions de sécurité civile et de lutte contre les feux de forêt et les inondations, de gestion des risques technologiques et de décontamination.

  • Ils dénoncent l’asphyxie de Cuba par les États-Unis

    Ils dénoncent l’asphyxie de Cuba par les États-Unis

    « Lobjectif premier, c’est de faire pression pour que nos députés se positionnent sur la situation à Cuba », martèlent Nicole Giraudi, présidente de France Cuba Marseille 13, et Alain Sicre, représentant de Cuba Coopération, alors qu’un débat sur le sujet doit avoir lieu ce jeudi 11 juin à l’Assemblée nationale. Tous deux font partie des organisations qui se rendront ce mardi devant la préfecture de Marseille. À leurs côtés, Moncada, le Mouvement de la paix et la Ligue des droits de l’Homme dénoncent eux aussi l’impact du blocus sur la population cubaine.

    « Il y a une impossibilité à vivre sur le sol cubain depuis les mesures prises par Donald Trump », se désole Nicole Giraudi. Ces nouvelles restrictions « empêchent l’approvisionnement du pays en pétrole, menacent de sanctions les entreprises étrangères qui travaillent à Cuba », et limitent les échanges touristiques. « Une asphyxie généralisée » qui s’ajoute au blocus en place depuis 1962, et qui impacte toute la population cubaine. « Ils n’ont plus que 2 à 4 heures d’électricité par jour, plus de médicaments, plus de systèmes de canalisation car ce sont des entreprises étrangères qui les installaient », souffle Alain Sicre.

    En plus de l’effondrement de l’économie, les associations craignent pour la vie des habitants. De nombreuses opérations urgentes sont reportées, l’eau n’est plus potable en raison des déchets qui s’accumulent. « Tout ça dans le silence de la France, qui est très timide sur le sujet. »

    Débloquer l’aide

    Si les associations locales poursuivent leurs actions, elles estiment aujourd’hui avoir atteint une limite. « On ne peut plus envoyer de conteneurs. On en a qui dorment dans des entrepôts, prêts à partir, avec du matériel médical, de la nourriture pour bébés… » Mais acheminer de l’aide est devenu quasiment impossible, notamment depuis que la compagnie maritime CMA CGM ne livre plus Cuba. « Il faut souligner les barrières mises à l’humanitaire. Ça ne peut plus attendre, on a besoin d’une volonté politique et de véritables coopérations », campe Alain Sicre.

    À quelques jours du débat prévu à l’Assemblée nationale, les associations espèrent obtenir des prises de position claires de la part des députés locaux. « Le gouvernement peut sanctionner, et dire que les entreprises françaises continueront de soutenir Cuba », estime Nicole Giraudi. De quoi rappeler que le sort de l’île dépend avant tout de la solidarité internationale.

    Un rassemblement à l’initiative du PCF Var mercredi à Toulon

    À la veille de la proposition de résolution portée par le PCF devant l’Assemblée nationale jeudi, la Fédération du PCF du Var appelle au rassemblement mercredi, à 17h30, place du Murier à Toulon. « Il est temps que la France se fasse entendre pour exiger la fin du blocus, la levée des sanctions américaines aux entreprises qui commercent avec Cuba, que notre pays rétablisse et développe des coopérations avec Cuba, et apporte de l’aide humanitaire », soutiennent les communistes varois. Cette mobilisation s’inscrit dans la lignée de leur engagement pour la cause, à l’image de la collecte de médicaments et de produits d’hygiène en faveur du peuple cubain organisée dans le département depuis le 11 avril. Une campagne qui « rencontre un grand succès », se félicite le PCF Var. Une distribution de tracts aura lieu en marge du rassemblement.
    Ad.B.

  • Un projet de Maison de la démocratie pour relancer l’intérêt pour la politique à Toulon

    Un projet de Maison de la démocratie pour relancer l’intérêt pour la politique à Toulon

    Elles veulent poursuivre sur leur lancée et œuvrer pour le débat démocratique. Engagées au sein de Toulon en Commun lors des élections municipales, Marie-Elise Vidal, 23 ans, et Charlotte Clementi, 28 ans, toutes deux militantes écologistes, ont lancé, dans l’entre-deux-tours, le mouvement « Jeunesse Populaire Toulonnaise », face au risque de voir le RN accéder au pouvoir, mais aussi avec la volonté de redonner une voix à la jeunesse face au « sentiment que la politique se fait sans eux. On s’est dit qu’il fallait un élan pour réveiller les consciences, et travailler sur la jeunesse car à Toulon, il n’y a pas cette dynamique présente dans d’autres villes », soutient Charlotte Clementi.

    Un lieu qui dépasse

    les clivages partisans

    C’est donc dans cette optique que les deux amies veulent aujourd’hui créer une Maison de la démocratie, « un lieu physique mais aussi conceptuel, où tous les citoyens peuvent débattre ». Une idée née de leur expérience de campagne : « On a constaté que les jeunes n’étaient pas très engagés, mais aussi qu’il y avait une méconnaissance globale des enjeux locaux. »

    Pour changer cela, et lutter contre l’abstentionnisme, « une des bases du projet », cultiver la confiance est primordial : « Il faut informer les gens, pour qu’ils se sentent écoutés, participent, comprennent les choses, et que les décisions ne soient pas simplement prises à la mairie », appuie Marie-Elise Vidal, qui voit en ce projet une possible rampe de lancement pour « des projets participatifs, où les gens seraient consultés sur ce qu’ils veulent mettre en place, dans leur rue, leur quartier ».

    S’il sera protégé par une charte de respect des valeurs républicaines, de la tolérance et de la diversité, « ce qui pourrait de fait exclure certaines personnes », le lieu se voudra ouvert à tous, sans distinction d’âge, et au-delà des clivages partisans. Car il s’agira aussi de « comprendre pourquoi nous avons autant de désaccords, et pourquoi n’y aurait-il pas des choses pouvant nous rapprocher dans une politique de ville. On ne veut pas être reconnu à travers nos attaches partisanes. Chacun aura son espace », affirme Marie-Elise Vidal.

    Un concept basé sur des expériences similaires en place à Tours et Montpellier, par exemple, pour lequel les deux militantes espèrent un engagement de la mairie, avec qui un rendez-vous est prévu dans les jours à venir. « Il faut que ce soit ancré dans la vie toulonnaise. La mairie y a tout intérêt, pour inclure les citoyens et lutter contre le mécontentement », veulent-elles croire.

  • Logement social dans le Var : les partisans de « l’ordre » s’insurgent contre la loi

    Logement social dans le Var : les partisans de « l’ordre » s’insurgent contre la loi

    Depuis la présentation par le préfet la semaine dernière de sa stratégie pour augmenter la production de logements sociaux dans le département, afin de répondre aux besoins de la population, en termes de dignité pour commencer, les réactions d’hostilité ne se sont pas fait attendre. Comme si la droite et l’extrême droite si promptes à réclamer toujours plus de fermeté envers la jeunesse s’acharner à défendre avec presque autant de ferveur les maires hors la loi.

    Pour mémoire, le représentant de l’État annonçait aussi l’audience prochaine des premiers magistrats. L’objectif étant d’évaluer les résultats de l’application de la loi Solidarité et renouvellement Urbain (SRU) pour l’exercice 2023-2025. Ainsi que le volontarisme des élus aux manettes. Avec la ferme intention de réclamer à tous ceux qui continuent de traîner les pieds de s’engager dans une voie vertueuse au risque sinon de perdre la main sur la délivrance des permis de construire. Rien de scandaleux, au contraire. Puisque les récidivistes sont invités une fois encore à mieux faire. Déjà beaucoup trop pour le maire de Carqueiranne qui aussitôt crie à l’injustice.

    « Il m’a parlé comme à un enfant », déclare-t-il en conseil municipal (des propos rapportés par notre confrère Var Matin), faisant même planer la menace de démissionner. Le référent de la Fondation pour le logement Jean-Paul Jambon rappelle pour commencer qu’« en septembre 2020 Arnaud Latil alors fraîchement élu, fut déjà soumis à la question par la commission départementale pour l’exercice 2018-2019 ». Sur un bilan donc dont il n’était alors pas responsable, consent-il. Mais le militant logement de préciser, que lors de ces rencontres avec le préfet le maire n’aurait pas non plus laissé entrevoir d’emblée trop d’intérêt pour le logement social.

    À cela s’ajoute l’absence d’un Plan local d’urbanisme de la commune, insiste-t-il. Et ce malgré les propositions en 2024 de l’ancien préfet du Var Philippe Mahé qui proposait de mettre à sa disposition les services de l’État pour l’aider dans cette démarche.

    Aucun « volontarisme »

    « Contrairement donc à ce qu’il prétend avoir entrepris depuis 2020, le volontarisme ne semble pas avoir été à l’ordre du jour, et l’on peut comprendre l’agacement du préfet Babre chargé de faire appliquer la loi et de recourir aux moyens préconisés par le Ministre du logement dans sa dernière circulaire », juge Jean-Paul Jambon. Le militant logement, en profite d’ailleurs pour s’étonner de l’intervention du président du département Jean-Louis Masson (LR) venu à la rescousse du maire de Carqueiranne qui, selon lui, « défend avec détermination les intérêts de sa commune et de ses habitants ». Vraiment ? L’intérêt général n’est-il pas de répondre aux besoins de ses habitants ?

    Et de rappeler « une tribune conjointe des maires de MTPM en 2022 », du même acabit, fustigeant le préfet de l’époque Evence Richard, que Jean-Louis Masson traitait de « préfet servile », tout ça parce qu’il faisait appliquer la loi.

    Ce qui est un petit peu surprenant venant d’ancien un officier supérieur de la gendarmerie. La députée d’extrême droite Laure Lavalette est également montée au front, non pas pour défendre les intérêts des classes populaires, mais pour pilonner la loi SRU, « une stupidité sans nom, promulguée par la gauche ». Selon elle, les maires n’ont besoin de personne pour construire en respectant l’urbanisme, l’environnement et la demande sociale. Une blague ? Pour ce qui est de Carqueiranne, en 2023 on comptait 5,56% de logement sociaux contre 4,84% en 2002, soit une progression de 0,72% en 20 ans.

    Pendant que les demandes, elles, progressaient de 11,85% avec une tension de 14,4% c’est-à-dire une attribution pour 14 demandes. Sans commentaire.

  • Ils réclament justice pour toutes les Lyhanna

    Ils réclament justice pour toutes les Lyhanna

    Marseille

    Lundi soir, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le palais de Justice pour rendre hommage à Lyhanna et dénoncer ce que beaucoup perçoivent comme une « impunité » face aux violences « à répétition ». Banderoles et panneaux : plusieurs structures telles que le Collectif enfantiste, Femmes solidaires ou Sud Éducation manifestent à l’unisson. Sur la place, les cris de « Justice pour Lyhanna ! » ont rythmé le rassemblement.

    « J’ai peur pour mes enfants », confie Rosanna pour qui ces actes ne sont « ni une erreur, ni un manque de moyens, c’est juste un manque de considération de la part des politiques actuels ». Élodie Boussarie, enseignante à Marseille et militante au syndicat Sud Éducation, partage, elle aussi, ce sentiment d’écœurement : « Je suis présente pour témoigner de ma colère envers le gouvernement qui détruit les services publics et qui aujourd’hui a l’air de s’offusquer qu’il y ait des dysfonctionnements au sein de l’Éducation nationale et de la Justice. » Cette enseignante souhaite que les financements de ces services soient optimisés afin de former tous les professionnels à ces sujets. Pascaline Lécorché, adjointe au maire de Marseille et déléguée à l’Éducation, rappelle que « nous sommes là pour Lyhanna, mais aussi pour toutes les Lyhanna. Car le sujet des violences sexistes et sexuelles est fondamental ». C’est pourquoi, « la Justice devrait se saisir rapidement des faits et instaurer une relation avec les autres corps de métiers, afin qu’une liste noire existe et que les personnes suspectées ne soient pas réembauchées dans d’autres établissements, au contact des enfants », avance l’adjointe au maire. « Ce n’est pas l’histoire d’un homme mais bien celle d’une société qui peine à écouter ses enfants », rappelle la représentante de Sud éducation lors de sa prise de parole.

    Aix-en-Provence

    Colère dans la foule. « Il aura fallu quoi, qu’une petite meure, dans des conditions que j’imagine atroces, pour qu’on réalise que ce gars-là était dangereux. Il faut que nos enfants meurent ? » s’indigne Laura. Cette mère de deux enfants, belle-mère de deux autres, vient faire entendre sa colère, comme les centaines d’autres personnes rassemblées sur le parvis du palais de Justice. L’appel a été lancé par l’association Mouv’Enfants. Ils sont pères, mères, sœurs, grands-parents. « Je suis contente de voir qu’il y a des hommes ce soir. J’avais peur que le combat ne soit que féminin. Ça manquait cruellement. » Pendant près d’une heure, la foule compacte s’est rassemblée pour rendre hommage à Lyhanna, 11 ans, dont le corps a été retrouvé à Fleurance, dans le Gers. Son assassin présumé, est désormais visé par neuf affaires. De quoi cristalliser l’indignation de la foule. « C’est à se demander pourquoi il faut autant de cas de plaintes. Pourquoi la justice ne met rien en action ? Ce n’est pas possible de ne pas protéger les enfants, qui sont l’avenir. On veut briser l’avenir ? » demande Julien. Pour Amandine, c’est une première manifestation, motivée par le « on n’en peut plus. Ma fille a 11 ans. Je n’ai pas besoin d’en dire plus ». À côté d’elle, Nelly regrette que la mobilisation ne soit pas plus forte. « Notre société n’a pas conscience de l’enjeu de protéger nos enfants. » La mobilisation, silencieuse, jusqu’à une minute de silence, a rapidement laissé place à l’indignation générale. « Darmanin, dehors ! », se lance la foule. Et entonne, en huant : « Victime, on te croit. Violeur, on te voit ! »

    Martigues

    « Pour celles qui prennent la plus lourde des peines, pour les victimes de ton système, je t’accuse et j’assume. » Les paroles de Suzanne entonnées par la chorale du collectif féministe l’Émeute rieuse prend tout son sens à Martigues ce lundi soir, où un féminicide a eu lieu quelques jours plus tôt.

    Plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées devant le tribunal. Plusieurs pancartes ont été réalisées pour l’occasion. Des politiques, comme « Lyhanna ne serait pas morte si la protection de l’enfance avait de vrais moyens », « protégez les enfants et les femmes, écoutez, subventionnez, formez, abritez… » ou plus confus, comme « l’inaction judiciaire tue », ou encore « justice complice ».

    « Ces horribles féminicides de Lyhanna nous ramènent toujours à la réalité de cette société patriarcale qui excuse les violences sexistes et sexuelles et ne protège pas ses enfants » recentre le conseiller départemental (PCF) Gérard Frau, arrivé en avance. « Je ne supporte pas que Macron et Darmanin disent que ce n’est pas une question de moyens. Mais forcément qu’il y a des erreurs quand les services publics sont pressurisés ! » tance l’élu, assurant que « la solution est de faire voter la loi-cadre portée par les associations féministes, réclamant 2,6 milliards d’euros pour des tribunaux dédiés et la formation des agents au contact ».

    Le maire (PCF) Gaby Charroux, venu avec son équipe municipale, demande cette « loi qui protège ». Mais aussi de « démarrer l’éducation des petits garçons dès la maternelle, le plus tôt possible, pour arrêter cette domination de l’homme sur la femme ».

    Avignon

    Un peu plus de 200 personnes étaient mobilisées ce lundi 8 juin devant le tribunal d’Avignon pour rendre hommage à Lyhanna.

    À l’ombre des remparts de la cité des Papes, les pancartes avec des messages de « ras-le-bol » ou « un enfant n’est jamais consentant » se mêlaient à d’autres plus provocatrices telles que « la justice est du côté des violeurs » ou « moins de Darmanin, plus de moyens ». C’est avec émotion que Sara et Darla, responsables du Collectif Enfantiste de Vaucluse, ont pris la parole conjointement pour dénoncer les « défaillances de la société » tout en pointant du doigt l’enceinte du tribunal. « L’enfant devrait représenter l’avenir. Nous refusons que l’émotion et l’action s’arrêtent là. Chaque enfant mérite protection et que son intégrité soit reconnue », poursuivent-elles. Ce, juste après que Muriel Trichet, du collectif féministe Nous Toutes 84, a tenu à préciser que les organisations présentes « sont contre la peine de mort » et que « les appels à tuer les gens ne seront pas acceptés ».

    Dans la foulée de ces prises de parole, les participants se sont empressés de traverser la route afin de se rassembler devant les portes du tribunal dans la fumée de quelques fumigènes. « Comment accepter un tel bide, un tel abandon. Il n’y a aucun mot pour décrire un tel deuil » pointe les responsables associatives. « Il faut vraiment que le gouvernement prenne compte l’ampleur de ce qu’il faut faire. Plus de 100 000 cas de violences sexuelles par an. Il faut qu’il s’en empare comme cela a été fait avec le terrorisme » pointe Julien Gélas, venu manifester avec ses enfants.

    Toulon

    « Lyhanna, où que tu sois on t’aime ! Tu n’es pas morte pour rien ! » Le cri du cœur de cette maman, saisie d’un admirable courage pour témoigner des violences subies par sa fille et qui attendent encore une réponse pénale trop longue à venir, embue les yeux des quelque 500 Toulonnais et Toulonnaises venus dire leur colère devant le tribunal judiciaire lundi soir. Ce sont aussi eux qui ont donné la force, dans un élan de solidarité trop rare en cette période de désunion, à celles et ceux qui ont, comme elle, dans un mégaphone, osé se libérer d’un fardeau si lourd à porter. « Car comme l’a dit le maire de Fleurance, ce n’est pas la goutte d’eau qui fait déborder le vase, mais celle qui le renverse ! », clame Marie Giudicelli, du collectif féministe toulonnais la Raje.

    Chacun avait une bonne raison d’être là. Sur le t-shirt de Maéva, il est écrit « 1 enfant sur 5 ». Comme l’effroyable proportion de victimes d’inceste, un crime qu’elle a elle-même subi. « Je me mobilise pour mes enfants comme pour les autres. » Flore, elle, n’est pas une habituée des rassemblements populaires. « Mais la vie se charge de savoir nous abandonner. Ma conscience m’a portée jusqu’ici », affirme-t-elle.

    Les couleurs politiques, elles, n’existaient plus. Pendant 1h30, le consensus les a effacées. Celui qui appelle à « exiger une justice qui a les moyens de faire son travail et une loi qui nous protège », s’époumone Marie Guidicelli. Car « ce que les responsables politiques appellent dysfonctionnement, c’est un système de domination patriarcale ! » Un système qui a laissé périr une victime de trop.

    Digne-les-Bains

    Près de 200 personnes se sont rassemblées lundi soir devant le tribunal de Digne pour exprimer leur soutien à la famille de Lyhanna et demander que le gouvernement prenne ses responsabilités et promulgue une loi intégrale sur les violences.

    La présidente de l’association des élues des Alpes-de-Haute-Provence s’est interrogée sur « comment détecter et venir au secours de ce système qui s’essouffle par manque de moyens financiers ». « Les dossiers sont mis dans des armoires, classés sans suite pendant que des enfants meurent et sont violés », a déploré Audrey, professeure.

    « Nous n’acceptons plus que les noms de ces enfants deviennent de simples faits divers et que l’on oublie jusqu’au prénom suivant. Nous refusons le cycle de larmes, de déclarations et d’inaction », a lancé Philippe Bekalarek, militant venu de Château-Arnoux-Saint-Auban. « Combien d’enfants ont souffert pendant que les adultes détournaient le regard ? », s’est-il interrogé, exigeant « des peines réellement exécutées » et « un suivi strict des délinquants sexuels ». « L’État doit agir avant le drame et pas après les obsèques », a-t-il conclu.

    Plusieurs élus de Digne et de Sisteron étaient présents. Interrogé par une manifestante à ce sujet, le maire de Digne a répondu que la ville avait conventionné avec l’association les Papillons pour prévenir les violences sur les enfants.

  • [Logement] Dans le Var, Jean-Louis Masson dénonce un « passage en force »

    [Logement] Dans le Var, Jean-Louis Masson dénonce un « passage en force »

    Le ton monte. Le préfet du Var a présenté, mercredi, sa stratégie pour augmenter la production de logements dans le département (notre édition du 4/06). Simon Babre a notamment affiché sa fermeté vis-à-vis des maires qui ne respectent pas les objectifs de la loi avec, par exemple, droit de préemption urbain sur les fonciers. Le préfet a annoncé avoir signé un arrêté pour récupérer la compétence de délivrance des permis de construire de Carqueiranne (un peu plus de 9 000 habitants).

    C’est dans ce contexte que le président du Département du Var, Jean-Louis Masson (LR), publie un communiqué, dimanche, intitulé « Logement : oui. Passage en force : non » : « J’apporte tout mon soutien à Arnaud Latil, maire de Carqueiranne (…). Personne ne conteste la nécessité de construire des logements. Mais cette politique ne peut se faire contre les territoires (…). » Il ajoute : « Les maires (…) doivent être écoutés et respectés, non placés devant le fait accompli. Je défends le principe d’un dialogue fondé sur la concertation et le respect des collectivités locales. L’avenir de nos communes ne se décide pas par injonction, mais par la coopération. »

  • Bordeaux hors de la course au titre, le RCT 9e du Top 14

    Bordeaux hors de la course au titre, le RCT 9e du Top 14

    Un dernier multiplex dingue et une immense surprise. La saison régulière de Top 14 a rendu son verdict et, si le Stade Toulousain disputait paisiblement cette dernière journée, ce n’était pas le cas pour la plupart des équipes. Finalement, Montpellier a décroché sa qualification pour les demi-finales du Top 14 en dominant Lyon, samedi, lors de la dernière journée de la saison régulière, alors que Pau et le Racing 92 s’affronteront lors des barrages tout comme le Stade Français et La Rochelle. Pour rappel, les demi-finales se joueront au Vélodrome de Marseille les 19 et 20 juin.

    Les Montpelliérains ont validé leur deuxième place grâce à un succès étriqué à Lyon
    (28-25) et joueront en demi-finale contre le vainqueur du barrage entre le Stade Français (3e) et La Rochelle (6e) alors que l’équipe qui sortira victorieuse du duel entre Pau (4e) et le Racing 92 (5e) défiera le triple champion en titre toulousain.

    L’autre sensation de cette 26e journée vient de Bordeaux, où le double champion d’Europe en titre s’est incliné 34-31 contre Clermont et doit faire une croix sur une qualification en phases finales. Devant de dix longueurs à la pause (24-14), les Girondins se sont rapidement effondrés au retour des vestiaires. Plummer a inscrit la pénalité de la gagne à la 77e minute, ce qui a donc condamné l’UBB. Les Bordelo-Béglais, finalistes du Top 14 lors des deux dernières saisons, terminent à la huitième place. Un tremblement de terre au niveau national.

    Le Stade Français s’est incliné à La Rochelle 27-22 mais le point de bonus défensif glané lui permet de conserver la troisième place. Les Parisiens retrouveront les Maritimes mais cette fois-ci sur leur pelouse, cette victoire permettant aux Rochelais de se hisser à la sixième place.

    Pau, facile vainqueur de la lanterne rouge Montauban
    (71-35), aura aussi l’avantage du terrain en barrage puisque les Béarnais recevront le Racing 92, victorieux lors de cette dernière levée face à Toulouse. En bas du classement, la 13e place de barragiste était d’ores et déjà destinée à Perpignan, qui connaît depuis la fin d’après-midi de samedi son adversaire en barrage dimanche prochain (18h). L’Usap se déplacera sur la pelouse de Provence Rugby, pour tenter de conserver sa place dans l’élite du rugby français.

    Toulon termine par

    une défaite à l’extérieur

    Le Rugby Club Toulonnais n’avait plus rien à jouer lors de cette dernière journée de Top 14, tout comme son adversaire, Castres. En déplacement dans le sud-ouest, les Varois se sont inclinés sur le score de 38 à 21. Toulon a été malmené au cœur de la première période avec trois essais concédés. Le CO a compté jusqu’à 17 points d’avance avant l’heure de jeu, puis son 2e ligne Guillaume Ducat a reçu un carton rouge direct pour jeu dangereux. Avant la sirène, les deux formations se sont répondu avec chacune un passage dans l’en-but adverse. Le Castres Olympique a donc finalement conservé ses 17 longueurs de marge pour obtenir une dernière victoire à domicile cette saison. Au classement, le RCT se classe 9e à 13 points des phases finales. Les Castrais les suivent avec 55 points au compteur.

    Toulon a donc réalisé un exercice 2025-2026 particulier. Longtemps à la traîne en championnat, les Varois n’ont jamais réussi à accrocher le wagon des playoffs. 3e la saison dernière et seulement battu par l’UBB en demi-finale, le RCT a dégringolé au classement en un an. Une année à deux visages, finalement, avec des prestations en Top 14 loin des espérances mais un dernier carré de Coupe d’Europe atteint. En Champions Cup, les hommes de Pierre Mignoni ont failli battre le grand Leinster et rejoindre Bordeaux en finale. Cette épopée a marqué le groupe, mais cette saison aura un goût d’inachevé. Place au changement avec Franck Azéma, futur entraîneur principal à Mayol.

  • Le cancer, révélateur des inégalités sociales

    Le cancer, révélateur des inégalités sociales

    Les études se succèdent et se ressemblent : les maladies chroniques frappent davantage les personnes aux revenus modestes. C’est le cas du diabète, des maladies du foie ou du pancréas, ainsi que des maladies psychiatriques et respiratoires chroniques. Le cancer, première cause de mortalité en France avec plus de 160 000 décès chaque année, faisait jusqu’à présent figure d’exception, touchant pauvres et riches de manière indifférente. Une étude menée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publiée en février, a toutefois révélé « un lien extrêmement fort avec la situation des individus, notamment sociodémographique », expose Thomas Wanecq, directeur général de l’institution.

    Ces inégalités se manifestent notamment dans la localisation des cancers, c’est-à-dire au niveau des organes touchés par la tumeur cancéreuse. La Drees s’est basée sur les quatre cancers les plus répandus dans le pays : ceux du sein, de la prostate, du poumon et le cancer colorectal.

    Le cancer du poumon est l’un des exemples les plus frappants. Entre 2013 et 2020, les hommes appartenant aux 10% les plus modestes avaient un risque 2,2 fois d’en développer un que ceux des 10% les plus aisés. C’est l’un des cancers associé à certains facteurs connus et considérés comme évitables, comme le tabagisme, l’exposition à l’amiante, ou encore l’alimentation et l’exposition au soleil.

    À l’inverse, les femmes les plus aisées sont davantage atteintes de cancer du sein. Les chercheurs l’expliquent par des facteurs dits « protecteurs » chez les femmes les plus modestes, « notamment le fait d’avoir des enfants plus tôt, et probablement un accès historiquement plus tardif et moindre aux premières contraceptions hormonales orales, dont on sait qu’elles avaient été un peu surdosées et ont pu constituer un facteur de risque », détaille Hadrien Le Mer, chef de projet EDP-Santé*, l’un des coauteurs de l’étude.

    Limiter les risques

    par la prévention

    Les inégalités se retrouvent également dans la gravité du cancer. Selon les auteurs, les plus modestes développent plus souvent des cancers associés à de moindres chances de survie et subissent des formes plus agressives. « À structure par âge et sexe comparables, les 10% les plus modestes présentent un risque 1,7 fois plus élevé de développer un cancer de mauvais pronostic que les 10% les plus aisés », notent-ils.

    Les chercheurs mettent aussi en avant un recours au dépistage plus élevé chez les catégories les plus aisées. « Les plus modestes ont moins souvent recours que les plus favorisés » aux trois dépistages nationaux, en raison de freins financiers, mais aussi informationnels et liés au rapport aux soins, avance une précédente étude de la Drees, citée plus haut.

    Dès lors, « le risque de développer un cancer déjà métastasé au moment du diagnostic est 2,3 fois plus important chez les plus modestes que chez les plus aisés lorsque la localisation est dépistable ». Lorsque ce n’est pas le cas « les inégalités d’incidence de cancers déjà métastasés disparaissent quasi intégralement ».

    « Ces résultats mettent en évidence que les inégalités sociales face au cancer se construisent à plusieurs étapes : l’exposition aux facteurs de risque, le recours au dépistage et la précocité du diagnostic. Ils suggèrent que les populations les plus défavorisées bénéficient moins des avancées en matière de prévention, ce qui pourrait contribuer ainsi au maintien des inégalités sociales de santé », conclut l’étude.

    * Échantillon démographique permanent (EDP), géré par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), avec des informations issues du Système national des données de santé (SNDS), géré par la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam)

    REPÈRES

    L’association Sept à la rencontre des publics les plus éloignés du soin à Marseille

    À Marseille, l’association Sept (Santé et environnement pour tous) se déplace à la rencontre des habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) pour leur proposer des dépistages du cancer du sein, du cancer du col de l’utérus et du cancer colorectal, ainsi que des actions de sensibilisation et de rattrapage vaccinal. Les médiateurs interviennent lors de distributions alimentaires, devant les locaux de la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie) ou encore à des arrêts de bus, au plus près des personnes « qui n’ont pas du tout recours aux soins, des travailleurs pauvres ou des sans-papiers », explique Yazid Atallah, président de l’association, qui lutte contre les inégalités d’accès aux soins. Sept dispose également d’une antenne à Avignon, où se tiennent des permanences de dépistage tous les vendredis de 9h à 12h.

    Un centre de dépistage du cancer du sein à Cavaillon

    Le centre hospitalier de Cavaillon s’est doté, en octobre dernier, d’un échographe « dédié » à l’échographie mammaire. Cette acquisition intervient dans un contexte de recul du dépistage du cancer du sein dans le département. « Avec 39%, le taux de participation à la campagne de dépistage 2023 est en net recul. Le Vaucluse se positionne parmi les dix départements les moins participatifs au programme national », regrette le centre hospitalier, dans un communiqué.

    Toulon participe au programme « Impulsion »

    L’hôpital Sainte-Musse de Toulon fait partie des établissements sélectionnés pour participer au programme pilote de dépistage du cancer du poumon « Impulsion », auquel participe la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ce programme de recherche vise à préparer la mise en place d’un futur dépistage organisé à l’échelle nationale, explique l’Agence régionale de santé (ARS) Paca. Un test est proposé sur un site dédié afin de déterminer si un dépistage est nécessaire.