Tag: Var

  • À Toulon, le transport public toujours source de polémique

    À Toulon, le transport public toujours source de polémique

    Après plus de vingt-cinq ans de bagarre devant les tribunaux et par presse interposée, le dossier tramway continue de défrayer la chronique après le nouveau recours déposé par le Collectif tramway contre la Déclaration d’utilité publique (DUP) du Bus à haut niveau de service (BHNS).

    Remise en selle durant toute la campagne des municipales par la gauche, l’alternative du rail n’a manifestement pas été enterrée par tout le monde, bien que la maire sans étiquette de Toulon Josée Massi, réélue au mois de mars, ait toujours été claire sur le sujet. Notamment lors du débat organisé par l’association Les Shifters qui rassemblait les cinq candidats. Il s’agissait de les interroger sur la politique qu’ils comptaient mettre en œuvre en matière de transport public et de réduction de la part de la voiture dans les déplacements.

    La première magistrate appelait à continuer à avancer. Consentant tout de même que « le coche avait peut-être été raté au début des années 2000 », lors de l’abandon du projet tramway par Hubert Falco après l’avoir fait voter précédemment à l’unanimité. Mais, face aux enjeux de mobilité, de pollution et de santé, « il était urgent de se décider dans une concorde collective »… avec « une méthode différente ». « La mienne est de comprendre, concerter et tout envisager », promettait-elle.

    Cela étant dit, insistait Josée Massi, le BHNS étant un projet déjà engagé et financé, notamment grâce aux 40 millions d’euros de subventions de l’État, « revenir en arrière créerait des retards majeurs et ferait perdre des années aux Toulonnais ». La solution retenue en revanche étant d’améliorer le projet « pour qu’il réponde pleinement aux besoins de mobilité » et de le compléter l’offre par d’autres moyens de transport, comme le RER métropolitain, ou encore les navettes maritimes.

    Erreur d’aiguillage

    Pour le collectif tramway et la Fnaut, pas question d’en rester là. Et de rappeler une fois encore qu’« avec près de 500 000 habitants, Toulon demeure l’une des rares grandes agglomérations françaises et européennes à ne disposer d’aucun transport collectif structurant en site propre ». Ce qui se traduit, insiste le monde associatif, par une part modale des transports publics qui atteindrait à peine 6%, alors que, pour une population comparable, le réseau de Montpellier transporte quatre fois plus de passagers par an, grâce à ses cinq lignes de tramway.

    Le dossier d’enquête publique du BHNS projette les 130 000 voyages quotidiens en 2038, soit en effet une part modale de seulement 5,9%. Un projet qui, pour la Fnaut, ne permettra pas de répondre aux enjeux de transition écologique.

    Le collectif tramway rappelle également qu’entre 2005 et 2010, près de 900 acquisitions foncières ont été réalisées et que, comme le reprend la Fnaut, « l’abandon du tramway au profit du BHNS n’a jamais été justifié par une comparaison complète et transparente des performances, des coûts et des capacités respectives des deux solutions ».

    Selon eux, au contraire, tous les indicateurs plaident en faveur d’un tramway en site propre, à la hauteur des besoins et des ambitions du territoire.

    On le voit le débat est loin d’être clos. Et pour plus de pédagogie le collectif tramway organise une réunion publique de présentation du recours engagé et à une réflexion sur le projet de transports en commun le 18 juin à 18h30 salle Frank Arnal, après leur assemblée générale.

  • Unis pour La Garde fait entrer un élu communiste au conseil municipal

    Unis pour La Garde fait entrer un élu communiste au conseil municipal

    Le déroulement d’une campagne est souvent à double tranchant. Il peut révéler les ambitions personnelles ou incarner une aventure humaine vectrice de lien au prisme de valeurs communes. C’est la seconde option que la liste d’opposition « Unis pour La Garde » a souhaité concrétiser en offrant un siège au Parti communiste, qui n’était pas représenté au conseil municipal.

    Une idée venue de Joëlle Antoine. En 3e position sur la liste menée par la socialiste Julia Peironet-Bremond, celle qui milite également dans les rangs du PS a proposé de démissionner à l’aube de son deuxième mandat dans une optique de plus grande représentativité. « On a mené une super campagne avec des personnes de tous horizons. J’ai des implications dans des associations, et je me suis dit que ce serait bien de laisser ma place eu égard à mes activités, car c’est une liste d’union sur laquelle les gens s’entendent », explique la principale intéressée.

    « On a mis la camaraderie en action »

    Une « union républicaine » et non pas une « union de partis », martèle Julia Peironet-Bremond, dans laquelle on retrouve des socialistes, des communistes, des radicaux, des non encartés, « et même des gens de droite », précise-t-elle. Pour la tête de liste, ce choix « matérialise une union sur le papier, et montre au PC de La Garde que cette campagne ensemble, ce n’était pas rien ». Et cela dépasse le cadre politique : « Il y a eu une franche camaraderie, et on a mis ce mot-là en action. Nous sommes fiers de voir que les valeurs républicaines nous portent tous ensemble face à la majorité LR et la liste RN. »

    C’est donc Filippo Signorino Gelo, 6e de la liste, et militant communiste depuis 40 ans, qui va, pour la première fois, siéger au conseil municipal : « Quand Julia a lancé la campagne, on a eu des discussions et un vote dans la section pour aller à sa rencontre. On était quatre communistes encartés dans la liste. On a accroché sur de fortes valeurs de gauche, donc on a fait un long chemin ensemble », résume le Lorrain d’origine, débarqué à La Garde en 1989, qui espère être « associé au conseil municipal dans un arc républicain dont j’exclus le RN. On est dans une configuration tripartite, mais avec une faible majorité. Les Gardéens ont voté pour une gestion partagée, il faut donc travailler ensemble pour l’intérêt citoyen ».

  • Au Centre pénitentiaire de la Farlède, une grève pour plus de sécurité après la prise d’otage d’une infirmière

    Au Centre pénitentiaire de la Farlède, une grève pour plus de sécurité après la prise d’otage d’une infirmière

    À l’entrée du Centre pénitentiaire de la Farlède, ce jeudi matin, trône une banderole sur laquelle on peut lire : « Prenez soin de nous comme on prend soin de vous. » Un message qui fait écho à la prise d’otage subie par une infirmière dimanche dernier, ressentie comme « une prise d’otage générale, qui a eu beaucoup de répercussions au niveau des salariés », décrit Ludivine, l’une des infirmières de l’établissement. Celles-ci se sont toutes réunies en blouses blanches, dès 7h, devant le centre pénitentiaire, répondant à l’appel à la grève des syndicats FO du Centre hospitalier Toulon-La Seyne (CHITS) et de l’établissement psychiatrique du Var.

    Un mouvement soutenu par les syndiqués FO Pénitentiaire avant leur prise de poste, la grève ne leur étant pas permise. Et qui pourra être reconduit « pour faire comprendre qu’on a besoin de réponse », affirme Jessica Michel, secrétaire générale FO CHITS, reçue ce vendredi par l’Agence régionale de santé (ARS), en compagnie de membres du personnel. « On va exiger de mettre la pression sur la direction du centre pénitentiaire pour mettre en œuvre les choses qu’on a demandées », promet-elle.

    Car selon la syndicaliste, cette situation aurait pu être évitée si les infirmières avaient été écoutées. Or, « on a toujours eu des réponses négatives de la part de la direction du centre, qui rétorque qu’on ne peut pas tout faire en milieu pénitentiaire. On peut l’entendre, sauf que la sécurité des agents est notre priorité, et que ce qu’on réclame est a priori faisable ».

    La surpopulation, facteur d’insécurité pour tous

    Les mesures demandées, dès lors : la création d’un troisième poste d’infirmière le week-end – elles n’étaient que deux au moment de l’incident -, et le renforcement du dispositif de sécurité. Cela, au moyen de portiques de sécurité positionnés devant l’infirmerie, d’un système d’alarme silencieuse déclenchable à tout moment contrairement aux alarmes sonores pouvant faire davantage dégénérer les situations. Mais aussi par un réaménagement des bureaux, avec l’installation d’alarmes, et un positionnement dos à la porte pour que les soignants puissent s’enfuir plus rapidement, chose qui a déjà commencé à être mise en place cette semaine.

    Derrière ces demandes, une réalité : celle d’un système carcéral à bout de souffle, où la surpopulation (130% à la Farlède, 850 détenus pour 660 places) « met en jeu la sécurité de tous, des détenus comme des personnels pénitentiaires et génère des pertes de qualité, bien évidemment », déplore Marion, l’une des infirmières. Pour autant, elle et ses collègues n’ont jamais pensé à exercer ailleurs, elles qui évoluent dans ce milieu par vocation et humanisme au nom de « l’accessibilité aux soins pour tous, à ces personnes-là qui sont au ban de la société ». Des détenus sur lesquels elles refusent de jeter l’opprobre : « Ils sont à nos côtés et sont généralement les premiers à nous protéger », appuie Ludivine.

    Au-delà de ces revendications, le manque de reconnaissance financière est également déploré par les soignants, à qui l’on octroie seulement une famélique prime de risque de 90 euros bruts mensuels : « Une revalorisation nationale du salaire infirmier est attendue depuis des années. Est-ce que la vie d’un soignant en détention vaut 90 euros, pour soigner des gens qui, comme on a pu le voir, peuvent nous prendre en otage ? », demande Ludivine.

    Des questions adressées aux pouvoirs publics à travers une lettre ouverte, alors que les syndicats ont sollicité une entrevue avec le préfet (jusqu’ici restée sans réponse), et que des échanges auront lieu entre les directions des établissements de santé et du centre pénitentiaire, les 24 et 25 juin.

  • [Droits des étrangers] À Toulon, on réclame le simple respect du droit

    [Droits des étrangers] À Toulon, on réclame le simple respect du droit

    Le premier obstacle étant le passage obligé par la plateforme numérique, que le collectif appelle le mur numérique tant il est pour beaucoup difficilement franchissable. Avec au final pour beaucoup des délais légaux d’instruction qui ne sont absolument pas respectés. Ce qui engendre pour les personnes des droits sociaux brutalement coupés, la perte du contrat de travail ou de son inscription à France Travail. « Il y a 60 000 étrangers dans le Var qui sont ou vont être confrontés à un moment ou un autre de leur parcours à ce type de sanction », dénonce Olivier Duluc, écrivain public dans l’accès aux droits. « Je reçois tous les jours des gens qui à cause de cela ne peuvent pas renouveler leur contrat de travail, dans le meilleur des cas », ajoute Jean-Pierre Kaspereck (CGT). Et de poursuivre : « Dans le pire des cas, ils sont exploités honteusement parce qu’ils n’ont pas de papiers. Parfois même sans être payés. »

    Autour de la table chacun y va de son témoignage, tous plus invraisemblables et choquant les uns que les autres.

    Thomas Boudier (AIDES), raconte l’histoire de cette femme, dominicaine, âgée de 65 ans qui est séropositive au VIH, en demande de titre de séjour. « Elle vient de le recevoir après avoir attendu dix mois. Mais comme il est d’un an seulement : il expire dans deux mois à peine. Et comme on ne guérit pas du VIH, elle va devoir le renouveler perpétuellement. » Ou encore le parcours de cette jeune artiste lesbienne camerounaise, qui faisait de la musique sur sa sexualité. À la fois donc « un peu réfugiée politique » et séropositive au VIH, elle adresse en parallèle une deuxième demande au titre d’étranger malade.

    Résultat, son dossier est bloqué, sous prétexte qu’il ne serait pas possible de faire deux demandes à la fois. Une affirmation qui vient d’être démentie le 5 mai par le Conseil d’État. « Ce qu’on réclame c’est juste l’application de la loi, c’est un minimum », conclut Guy Cochennec du Collectif Migrants. Ce n’est pas le représentant de l’État dans le Var qui pourra sur ce point le contredire.

  • Malgré le report de son appel, le collectif Stop LGV ne lâche rien

    Malgré le report de son appel, le collectif Stop LGV ne lâche rien

    Après le rejet de son recours contre le projet de nouvelle ligne à grande vitesse entre Marseille et Nice, le Collectif Stop LGV Sud Sainte-Baume avait décidé de faire appel. Et il devra attendre, puisque l’audience, qui devait se tenir le 23 juin, a été reportée par la Cour administrative d’appel de Marseille.

    Les LGV, projets contestés

    Partie remise pour le collectif, créé en 2012, dont le combat, engagé depuis 14 ans, se mène sur la longueur. Et qui, en dépit des avancées du projet, continue d’invoquer le bon sens et la responsabilité. « Malgré la situation financière catastrophique de la France, les besoins croissants de financement du parc nucléaire pour la décarbonation, et les dépenses engagées pour le renforcement des moyens militaires eu égard aux tensions guerrières aux portes de l’Europe et au Moyen-Orient, l’État ne remet toujours pas en cause les projets pharaoniques de lignes nouvelles TGV », se désole Didier Cade, président de Stop LGV Sud Sainte-Baume.

    Car la ligne nouvelle Provence-Alpes-Côte-d’Azur (LNPCA, de son nom officiel) n’est pas la seule à défrayer la chronique. Citons l’historique Lyon-Turin, qui suscite de vives oppositions depuis des décennies, ou plus récemment le projet Toulouse-Bordeaux-Paris, contre laquelle 85 maires du sud-ouest ont signé une tribune commune, après que le Premier ministre Sébastien Lecornu a jugé ce projet « irréversible » début mai.

    En ce qui concerne la LNPCA, « un recours contre la déclaration d’utilité publique a été déposé » rappelle Didier Cade. Celui-ci dénonce les positions du président de la Région Sud PACA Renaud Muselier, alors que des solutions moins onéreuses existent : « Il ne fait rien pour décarboner la ligne Marseille Briançon et pour désenclaver la Provence verte vers Marseille, Aix, Toulon et Nice, tout en refusant la réouverture de la ligne Carnoules-Gardanne pour un coût minime par rapport à la ligne nouvelle. »

  • À Toulon, profiter de la mer en toute sécurité

    À Toulon, profiter de la mer en toute sécurité

    Ça y est, c’est reparti pour un tour. Tout est fin prêt pour accueillir en parfaite sécurité estivants et Toulonnais sur les plages du port du Levant, toutes équipées et accessibles aussi aux personnes à mobilité réduite (PMR) grâce à des fauteuils adaptés.

    C’est au poste principal de secours de la plage du Mourillon que le dispositif de surveillance des baignades a été rappelé mercredi matin en présence de la maire de Toulon Josée Massi (SE). Cent quarante trois sapeurs-pompiers et 25 saisonniers répartis sur les 6 postes de secours sur les anses de Pipady, la Mitre, Le Mourillon et Méjean veillent ainsi sept jours sur sept, jusqu’au 31 août inclus, à ce que les vacances ne se transforment pas en cauchemar. Ils disposent pour cela de tous les moyens nautiques pour réagir au plus vite, tels qu’un jet-ski, des embarcations semi-rigides et une vedette. « Ce qui permet d’avoir une action en moins de 7 minutes jusque sur les communes de La Garde et du Pradet », précise le lieutenant Lucas Mulet.

    La prudence reste de mise

    L’occasion d’ailleurs pour les sapeurs-pompiers de délivrer une nouvelle fois les messages de prévention d’usage en rappelant que lors de la saison estivale 2025, 2 000 interventions ont été comptabilisées. Cela allait de la simple piqûre de méduse ou d’oursin jusqu’au malaise. Mais aucun décès n’a été déploré l’année passée sur les plages toulonnaises.

    Un bilan exceptionnel, salué par la maire de Toulon Josée Massi, qui rappelle les actions volontaristes mises en place par la Ville qui n’est peut-être pas pour rien dans ces résultats exceptionnels. Dans les écoles, notamment. « L’objectif c’est que tous les enfants à la sortie du primaire sachent nager ; c’est très important dans une zone de bord de mer comme la nôtre », précise-t-elle.

    Tout cela étant dit, reste à chacun à faire sa part pour ne pas se mettre en danger. « On ne peut pas mettre une personne derrière chaque enfant ou chaque baigneur. Tout le monde doit aussi prendre ses responsabilités », rappelle la 1ère magistrate.

    Les précautions d’usage sont donc à observer. Comme celle de ne pas rentrer d’un coup dans l’eau quand elle comme aujourd’hui à 17 °C, rappelle-t-elle.

    Les parents sont également invités à ne pas ménager leur vigilance, pour la surveillance de leurs petits pour lesquels le drame peut se dérouler avec seulement 20 cm d’eau.

    Et les nageurs téméraires qui pèchent parfois par un excès de confiance en leurs capacités de revenir sur le rivage après un long parcours de nage, sont invités eux aussi à la prudence. Les accidents n’arrivent pas qu’aux autres.

    Sinon, tout est prêt pour permettre à tous de passer un très bon été. De la plaine de jeu et des aires de pique-nique récemment inaugurées aux abords des restaurants nouvellement végétalisés, jusqu’au parking de 1 300 places totalement gratuit que beaucoup nous envient. L’occasion de rappeler que ça n’a pas toujours été le cas, pas en tout cas lorsque l’extrême droite était aux manettes du Port du Levant.

    La remarque pourrait paraître ici inappropriée. Sauf que d’occasion on ne doit jamais manquer pour rappeler quels sont les principes de chacun sur la gestion de l’espace public. Étant entendu aussi que chaque fleur qui pousse est un événement éminemment politique.

    Les plages du Mourillon doivent rester ce lieu ouvert à tous, populaire, où même les Toulonnais qui ne partent pas se sentent un peu en vacances, comme se plaît à le rappeler Josée Massi.

  • Après une saison décevante, le RC Toulon veut apprendre de ses erreurs

    Après une saison décevante, le RC Toulon veut apprendre de ses erreurs

    L’anecdotique défaite (38-21) sur le terrain de Castres, samedi, a sonné le glas d’un exercice 2025/2026 délicat pour le RC Toulon. « Je n’aurais qu’une envie, c’est que la saison redémarre dès maintenant pour changer les choses », confie Pierre Mignoni. Mais le manager devra malheureusement rester sur ce qu’il définit comme « une saison clairement pas aboutie ». Avec 12 victoires, un match nul et 13 défaites, pour une 9e place finale, on est effectivement loin des ambitions affichées de top 4, voire mieux. « C’est un échec que j’assume complètement. Mais, si tu regardes la saison dernière, il n’y a qu’une équipe du top 6 qui se qualifie à nouveau. Ça montre la difficulté de notre championnat », souligne l’entraîneur varois.

    Pour expliquer cette déconvenue, ce dernier invoque « le sort. Sans chercher d’excuse, on n’a pas été épargnés, avec des joueurs importants blessés de longue durée ». Le staff médical n’est pas mis en cause, malgré les changements qui vont y être opérés pour la reprise, « liés à des choix de vie ». Les choses avaient pourtant plutôt bien démarré « On a eu un début de saison correct, voire plus à domicile, on a très bien démarré à l’extérieur à Montpellier, retrace l’homme fort du RCT. Puis on a manqué de beaucoup de consistance dans certains secteurs. La saison d’avant, on prenait un point par-ci par-là, quatre parfois. Là, on en a énormément perdu, ce qui fait qu’il en manque beaucoup. »

    Notamment avec un début d’année 2026 compliqué : « On a eu 19 blessés à partir de janvier. J’ai dû utiliser les mêmes joueurs. De suite après, on a été vraiment dans le dur. On a perdu des matches à domicile comme celui de Clermont qui nous éclate. » Ce qui lui fait dire qu’« il faudra mieux gérer la période du Tournoi, l’an prochain, en espérant moins de blessés. Ça a été des semaines très difficiles. »

    Un staff remodelé, les jeunes au cœur du projet

    Elles l’ont aussi été sur le plan personnel, avec ce burn-out déclaré après le revers contre l’ASM Clermont : « J’ai beaucoup appris. Ça a été une accumulation de plusieurs années où je n’ai pas bien fait les choses. Ce n’était pas confortable pour les joueurs, mais ça leur a permis de se resserrer. Ensuite, on a fait un beau parcours européen, ça nous a redonné du carburant. »

    Une nouvelle énergie qui a mené le RCT jusqu’en demi-finale de Champions Cup, l’une des rares satisfactions de la saison : « Ça faisait une dizaine d’années qu’on n’était pas arrivés là. On était là, dans le dernier carré des meilleures équipes d’Europe, en sortant d’une poule très difficile, puis en battant les Stormers et Glasgow. »

    S’il regrette la non-qualification pour la saison prochaine, Pierre Mignoni voit en la Challenge cup « une compétition qui demande moins d’énergie et permet plus de rotation, une gestion différente ». Dans cette optique, même s’il aurait préféré un meilleur équilibre avec « des leaders trop peu souvent alignés ensemble », mais qui ont « pris la mesure des choses », la progression des jeunes joueurs, qui « ont beaucoup joué, tenu la baraque dans des moments difficiles et pris beaucoup d’expérience », est une autre satisfaction. Pour poursuivre dans cette direction, le club a constitué des groupes de performance, à savoir « une cellule des joueurs rouges, composée d’éléments très proches de l’équipe pro, et une cellule rouge minot, pour des plus jeunes également très suivis ». Avec la promesse « de revenir avec des jeunes qui ont la dalle. Ils ont un état d’esprit incroyable », salue le directeur du rugby du RCT.

    Un poste qu’il continuera d’occuper dans un staff remodelé, marqué par l’arrivée déjà annoncée de Franck Azéma, de retour dans un rôle d’entraîneur principal en charge des trois-quarts, et celle d’Alex Codling, en provenance du Munster, dans le rôle d’entraîneur des avants. Côté joueurs, Huw Jones, Rabah Slimani, Apete Narogo, Gaël Fickou, Judicaël Cancoriet, les frères Luka et Tana Keletaona, et Junior Kpoku, transféré définitivement, seront les nouveaux visages d’un groupe qui reprendra le chemin du RCT Campus le 16 juillet, avant la grande reprise du top 14, le 5 septembre.

  • À Toulon, l’accueil du 115 pour les sans domicile fait peau neuve

    À Toulon, l’accueil du 115 pour les sans domicile fait peau neuve

    Donner des moyens d’action adaptés aux besoins. Voilà l’enjeu de la rénovation et de l’agrandissement des locaux du Service intégré d’accueil et d’orientation
    (Siao-115) du Var, inauguré en grande pompe mardi en présence du préfet Simon Babre. Un investissement chiffré à 1,38 million d’euros, dont 850 000 pour les nouveaux locaux, qui a permis de faire passer le bâtiment de 110 à 287 m². « En 2012, on a commencé notre action dans 20 m² », rappelle Sylvain Renouf, directeur des opérations d’Itinova, groupe associatif sanitaire et social gestionnaire du Siao-115 du Var.

    Un agrandissement proportionnel à l’intensification de l’action sociale dans le département et la France entière, « dans un contexte de précarité qui augmente », évoque ce dernier. « Nos missions touchent des enfants, des hommes, des femmes mais aussi de plus en plus de personnes âgées. »

    Une hausse des demandes de 22% en 2025

    Les chiffres de l’année 2025 illustrent cette situation. Le Siao-115 du Var a ainsi reçu 96 722 appels, et a pu en traiter 69 697, soit un taux de prise en charge de 72%. Il a instruit 23 969 demandes de logement (16 991 ont abouti) soit +22% par rapport à 2024, et un total de 1 758 personnes hébergées dans les 943 places de logement qu’offre le Département. Et au-delà des demandes d’hébergement d’urgence, les besoins en logement durable augmentent aussi fortement. À cet égard, « 541 personnes ont pu bénéficier d’un logement adapté [destiné aux personnes dans l’incapacité de se procurer un logement décent et adapté à leurs besoins, Ndlr] », « 889 personnes en recherche d’hébergement d’urgence d’un logement social », en plus des « 535 places supplémentaires créées en intermédiation locative [système qui permet, grâce à l’intervention d’un tiers social, de faciliter la relation entre le locataire et le bailleur, Ndlr] », précise le préfet.

    L’agrandissement des locaux permettra d’aller encore plus loin. « Grâce à cela, on a pu revoir notre organisation, en découpant le département en quatre secteurs (Brignoles, Toulon, Draguignan et Fréjus Saint-Raphaël) qui bénéficient chacun d’un espace de travail », explique Anne-Laure Bertacchini, directrice du Siao. Et de fait, d’offrir « un meilleur confort de travail », avec notamment des espaces de réunion, pour des employés sur le pied de guerre 24h sur 24, 7 jours sur 7, au service du bien commun.

  • Les soutiens à Cuba refusent de baisser les bras

    Les soutiens à Cuba refusent de baisser les bras

    Ils sont une soixantaine, drapeaux et pancartes dans les mains, à afficher leur soutien à Cuba. « On est là pour revendiquer la liberté des peuples à vivre dignement. La situation actuelle, c’est un non-respect de l’humain », témoigne Josette Biancheri, secrétaire générale adjointe à l’Union syndicale des retraités (USR) CGT 13.

    Devant la préfecture des Bouches-du-Rhône, les voix dénoncent « l’impérialisme de Donald Trump ». Sabrina Manca, secrétaire de l’Union départementale CGT 13, s’indigne : « Certes il n’utilise pas les bombes, mais il sème la misère, la famine et met le peuple à l’agonie. » Un avis partagé par Nicole Giraudi, présidente de France Cuba Marseille 13 : « Depuis janvier et les nouvelles mesures, il n’y a pas d’énergie, plus de transports. C’est un désastre réel. »

    Garder espoir

    Malgré la situation, les militants ne se découragent pas, et voient d’un bon œil la discussion qui se tiendra jeudi 11 juin à l’Assemblée nationale. « Au moins, ce sera mis dans le débat. Ça informe les gens, donc ça permet de faire pression », espère Robert, participant au rassemblement. Micro à la main, Nicole Giraudi accable le gouvernement : « On a écrit à Monsieur Macron, qui a toujours fait la sourde oreille. On continuera. C’est crucial d’être debout avec les Cubains. »

    Et les organisations insistent avant tout sur la solidarité. « Nous allons interpeller les compagnies maritimes pour débloquer l’envoi de conteneurs et de matériel à Cuba », promet Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Port de Marseille. Et Nicole Giraudi de conclure : « Trump dit que le fruit sera mûr et tombera. Et bien le fruit continue de résister, malgré tous les aléas. »

    Rassemblement mercredi à Toulon

    À la veille du débat sur la résolution portée par le PCF à l’Assemblée nationale jeudi, la Fédération du PCF du Var appelle au rassemblement mercredi, à 17h30, place du Murier à Toulon. « Il est temps que la France se fasse entendre pour exiger la fin du blocus, la levée des sanctions (…) et apporte de l’aide humanitaire », lancent les communistes varois.

    Ad.B.

  • à Toulon, ensemble pour refuser l’école de la précarité

    à Toulon, ensemble pour refuser l’école de la précarité

    « On est mobilisés pour les AESH qui sont indispensables, sans qui il n’y a pas d’école inclusive, et pourtant maltraités par le système », commence Cécile, professeure d’histoire-géo au collège Henri-Bosco. « Et elles sont presque toutes en dessous du Smic parce que c’est un temps partiel subi, imposé », ajoute la militante de la CGT. Elle déplore une fois encore une gestion de la pénurie, alors que la priorité voudrait de répondre aux besoins des élèves en situation de handicap, ainsi qu’une juste reconnaissance des missions de service public qui le permettent.

    Avec pour résultat des gamins insuffisamment accompagnés et « des collègues qui sont en souffrance absolue ».

    À ses côtés Bruno Combette (Snes-FSU), explique que dans le département du Var, il y a à peu près 2 000 AESH pour à peu près 4 500 élèves qui ont eu une notification handicap nécessitant un accompagnement individualisé. Un ratio qui démontre le manque de personnel.

    Et de poursuivre : « Nous demandons la création d’un corps de fonctionnaires AESH basé sur une catégorie B de la fonction publique, permettant de reconnaître leur importance et leurs compétences dans l’accompagnement éducatif des élèves. », L’enseignant et responsable syndical témoignant que lorsque les élèves bénéficient de nombreuses heures ils progressent très fortement.

    Mission de service public

    Pour Capucine, AESH depuis 3 ans, « il y a des choses qui semblent évoluer mais au final c’est tout le temps de la poudre aux yeux ». Et de poursuivre : « On était heureux d’entendre qu’il y allait avoir un groupe de travail autour de la titularisation de notre métier. Et on se rend compte que c’est tout l’inverse de ce qu’on attendait. »

    L’espoir d’avoir une vraie considération et un vrai statut, rincé aussitôt. « L’objectif, c’est vraiment de faire disparaître peu à peu notre métier, de remplacer l’aide humaine par des outils informatiques, du matériel », conclut-elle.

    « Ce qu’on réclame, c’est une fonctionnarisation, que ce métier soit totalement reconnu, à sa juste valeur, c’est-à-dire avec une grille salariale revue à la hausse », déclare Zoé Desmoulins (Sud-Éducation), qui dénonce « des conditions de travail toujours plus compliquées, toujours plus dégradées ».

    « Ce qu’on redemande c’est une revalorisation de notre situation, de notre salaire, et une vraie reconnaissance, à l am mesure de la place qu’on a dans l’école et qui ne fait que s’accroître », résume Mounia (AESH).