Tag: usine

  • Les liquidateurs de Fibre Excellence sous surveillance

    Les liquidateurs de Fibre Excellence sous surveillance

    Il y a urgence à donner du temps ! C’est ce que demandent les salariés et leurs syndicats CGT et FO, la Région Occitanie ou encore l’Union des coopératives forestières. À Saint-Gaudens, comme à Tarascon. Et à Grand-Couronne, où le projet de relance de la papeterie Chapelle-Darblay est suspendu à l’avenir des deux sites.

    L’audience dédiée à l’étude des offres de reprise de Fibre Excellence au tribunal de commerce de Toulouse est prévue le 8 septembre. Carole Delga, présidente socialiste de la Région Occitanie, annonce qu’un acteur du secteur de la pâte à papier manifeste son intérêt. Il lui faut quatre mois pour transformer l’essai en offre ferme. À Tarascon, la mise en sécurité du site exige la prudence et les salariés ont proposé un plan sur six mois. Ces délais, l’État peut les donner en réunissant, d’urgence, autour de la table « les acteurs engagés sur ce dossier, exige la CGT à Montreuil. Cette réunion doit permettre aussi de traiter les graves carences en matière de sécurité constatées sur le site de Tarascon en dépit des alertes faites auprès de la préfecture et des solutions proposées par les salariés avec leur syndicat CGT ».

    C’est jusqu’à Jean-Louis Borloo qui s’en alarme. « C’est un drame. On ne peut pas laisser partir des bouts de tissus industriels. Ce n’est pas possible », s’est offusqué l’ancien ministre de l’Économie, ajoutant que Carole Delga faisait « un boulot formidable en région Occitanie. Il faut l’épauler. Merci le Premier ministre de vous en occuper », a insisté l’ex-député et président de l’UDI en référence à la demande de « nationalisation temporaire » de l’usine. Mais c’est l’ensemble de l’industrie qu’il faut relever, pas un seul morceau, si l’on veut éviter une immense casse sociale avec les 10 000 emplois induits par l’activité de Fibre Excellence.

    Toute l’usine, toute la filière

    Pour Tarascon, la présidente de la Région Occitanie a aussi prié « de ne pas démanteler ». Dans un communiqué, FO appuie, au nom de l’intersyndicale CGT FO CFDT : « Il est plus que temps de liguer toutes les forces pour exiger la nationalisation de Saint-Gaudens et de Tarascon. »

    À Tarascon, les salariés, toujours présents sur le site pour protéger l’outil industriel, ont une nouvelle fois alerté sur la présence de produits toxiques et dangereux ; trois incidents ont donné des sueurs froides au préfet Jacques Witkowski, qui a pris un arrêté en urgence le 3 septembre. Il y met en demeure la SELAS Egide de redémarrer la station d’épuration et la pomperie « immédiatement ». Ce 4 septembre, les inspecteurs des installations classées sont revenus constater que les liquidateurs n’ont rien mis en œuvre pour fermer le site de manière à garantir la sécurité des installations, des populations comme de l’environnement.

    « Des intervenants entrent sans pointage systématique. Des salariés de l’entreprise mandatée, censés travailler avec les anciens salariés de Fibre Excellence, ne parlent pas français et ces derniers ne disposent même pas de leurs numéros de téléphone pour les joindre en cas d’urgence », témoigne François Batista, responsable UD CGT 13, qui demande « la mise sous protection industrielle immédiate du site de Tarascon ». Pour « préserver toute cette filière industrielle qui permettrait d’assurer en particulier notre indépendance de production », précise les responsables FO de la Fédération Construction secteur Papier-carton et des départements des Bouches-du-Rhône et de Haute-Garonne.

  • Fibre Excellence : à Tarascon, l’expertise des salariés sacrifiée

    Fibre Excellence : à Tarascon, l’expertise des salariés sacrifiée

    Tout se précipite autour de l’avenir de l’industrie de la pâte à papier en France. Alors que l’entreprise de Haute-Garonne du dernier fabricant français doit trouver 90 millions d’euros d’ici le 8 septembre, la présidente de Région Occitanie, Carole Delga (PS), demande à l’état d’entrer temporairement au capital (lire ci-contre) et de ne pas démanteler. Sur le site de Tarascon, liquidé fin juillet, la question de la mise en sécurité du site inquiète de plus en plus.

    À peine l’usine prise en main par le mandataire désigné par le liquidateur, que de mauvaises manipulations font craindre le pire pour l’environnement. Du côté des riziculteurs et des ostréiculteurs, on s’alarme également et justement des rejets toxiques dans le Rhône, alors que, jusque-là, l’usine rejetait de l’eau plus propre que celle qu’elle puisait. Le PCF 13 fustige : « L’état a refusé de soutenir et d’aider financièrement l’offre de reprise qui aurait pu sauver l’usine. Quant au Conseil régional Paca à majorité de droite, il n’est pas intervenu sur ce dossier, contrairement au Conseil régional d’Occitanie à majorité de gauche ». Dénonçant « une catastrophe économique, sociale et écologique », il « soutient les exigences de la CGT ». La France insoumise (FI) 13 condamne également « l’inaction de l’État » et demande « la nationalisation des deux sites ». Le maire RN de Tarascon, Alexandre Ducouret, a quant à lui vu dans ces incidents l’occasion d’un coup d’agitation en arrivant sur le site avec des pompiers.

    Mais à Tarascon, ce sont ces salariés qu’on laisse sur le carreau qui sont les mieux placés pour prévenir les dégâts. Depuis des mois qu’on leur souffle le chaud et le froid, soutenus par la CGT et FO, ils n’ont eu de cesse d’alerter sur les risques d’une fermeture bâclée et de continuer à surveiller les installations. Depuis le 28 août, on leur demande de rendre leur tablier et de transmettre en quinze jours leur expertise et leur savoir-faire sur ce site complexe pour laisser la main à une équipe de Realtec, missionnée par le liquidateur. « Même moi qui suis sur cette usine depuis 10 ans, je n’ai pas la prétention de tout connaître sur le réseau électrique », indique Jean-Michel Bulinge, délégué CGT et technicien de maintenance.

    Dernière veillée

    Il en tient pour évidence les premiers jours de délais pour cette « passation » accordés par un arrêté préfectoral d’urgence pris le 28 août au soir, suite à la situation de blocage et de crise sur le site de Fibre Excellence. Un nouveau rendez-vous en urgence le 31 août, tenu sous l’égide de la sous-préfète d’Arles, actait d’une mise en sécurité « avec une équipe hybride composée d’anciens salariés de Fibre Excellence Provence ainsi que du personnel de la société Realtec mandatée par le liquidateur. Cette organisation pourra ainsi bénéficier de la connaissance, du savoir-faire et de la compétence des anciens salariés afin d’évacuer les principaux produits et déchets sur site tout en prenant soin de l’outil industriel pour le laisser dans le meilleur état de conservation possible et favoriser la reprise d’une activité sur site ».

    Une présence de neuf personnes était requise. « Pas de quoi permettre de garantir la sécurisation lors des opérations de vidange et de nettoyage », regrettait amèrement Jean-Michel Bulinge à la sortie de la réunion. La CGT estimant également, en se reportant à une note interne de l’usine, que la présence de 24 salariés était nécessaire sur une durée de six mois.

    Dès le 1er septembre, des opérations ont été réalisées avec cette équipe mixte et devaient se poursuivre durant un mois. « En quelques heures, trois événements inquiétants se sont produits, pollution alcaline, liqueurs noires déversées dans un bac de rétention, équipements de sécurité privés d’alimentation, liste le syndicaliste. Une situation potentiellement beaucoup plus grave a été évitée grâce à la surveillance des ex-salariés. » Alors que leurs contrats prennent fin, ces derniers restent, ce 2 septembre, « en attente des résultats des courbes de déversement des produits ».

    Pour sa part, Fibre Excellence dénie toute gravité : « Un écoulement imprévu d’un effluent industriel a été intégralement contenu dans le dispositif de rétention prévu à cet effet. Environ 6 m³ ont été dirigés vers la station de traitement des effluents. Aucun rejet dans le milieu naturel ni aucune pollution n’ont été constatés ».

  • À Fibre Excellence, déjà des incidents inquiétants

    À Fibre Excellence, déjà des incidents inquiétants

    Suite à la situation de blocage et de crise sur le site de Fibre Excellence, une réunion s’est tenue lundi soir en préfecture, où l’on précise : « L’accord trouvé lundi soir à 22h entre le liquidateur et les représentants syndicaux permet d’engager la mise en sécurité de l’usine de Tarascon avec une équipe hybride composée d’anciens salariés de Fibre Excellence Provence ainsi que du personnel de la société Realtec mandatée par le liquidateur. »

    Et de préciser : « Des opérations de vidange et de nettoyage pourront également être réalisées en s’appuyant sur les capacités internes de traitement de l’usine ». Le travail devrait se poursuivre sur un mois. Ce mardi 1er septembre, les nouvelles équipes ont démarré leur travail. Or, « plusieurs incidents se sont produits lors des interventions demandées par l’entreprise prestataire par des personnes insuffisamment formées », déplore le syndicat CGT dans un communiqué. Les salariés réitèrent leur demande d’embauche d’une quarantaine de salariés éperonnés sur le site le temps de sa mise en sécurité. Les ouvriers encore présents sur le site témoignent d’une manipulation qui « a provoqué une pollution alcaline dont une partie pourrait se déverser dans le Rhône dès ce soir ». Mais, aussi, que la réduction de la consommation électrique a « privé d’alimentation les sprinklers, destinés à la sécurité ». Et, enfin, lors d’une vidange, « 50 m3 de liqueur noire se sont déversés dans un bac de rétention ». Ce qui fait beaucoup pour une première journée de prise en main.

  • À Tarascon, sécuriser Fibre Excellence exige des prolongations

    À Tarascon, sécuriser Fibre Excellence exige des prolongations

    Le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé la liquidation judiciaire de la SAS Fibre Excellence Provence le 29 juillet dernier. Depuis la mise à l’arrêt du site Seveso, les salariés veillent à la sécurité des installations mais le 28 août, à la veille de leur licenciement, le transfert de compétence n’ayant pas été assuré, ils ont alerté des dangers environnementaux que faisait encourir une fermeture non préparée.

    Le 4 août, le directeur régional de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal Paca) rappelait déjà aux mandataires judiciaires leurs obligations environnementales, en matière de mise en sécurité du site. Le 20 août, Jacques Witkowski, préfet des Bouches-du-Rhône, mettait l’exploitant en demeure de « préciser son organisation en cas d’incident ou d’accident sur site voire de déclenchement de Plan d’Opération Interne ». Le 28 août, le liquidateur était absent du site, rien n’avait été mis en œuvre, alors que les 270 licenciements étaient prévus le lendemain. Pour le préfet, la mise en sécurité de l’usine n’a « pas été initiée ». Il a donné raison aux salariés qui ont été réembauchés pour trois jours.

    Le liquidateur devait transmettre à l’Inspection des installations classées au plus tard ce lundi 31 août, les mesures et moyens qu’il entend mettre en œuvre pour garantir la sécurité sur l’usine. Réunis en préfecture, en présence des liquidateurs judiciaires et de représentants de la Dreal Paca, les salariés et leurs syndicats CGT et FO ont à nouveau défendu qu’une fermeture requière la présence d’une quarantaine de travailleurs sur le site 24h sur 24 durant six mois. Lourde déception et colère à la sortie pour le délégué syndical CGT du site : « Ils nous ont proposé un plan sur un mois pour 9 salariés, pour on ne sait quel salaire, et on referait le point dans trois semaines ! C’est inacceptable, réagit Jean-Michel Bulinge, Je vais l’annoncer aux salariés et on décidera des suites du mouvement ».

    Toute la filière concernée

    La fermeture sécurisée risque de jouer les prolongations. C’est à plus grande échelle qu’il faudra évaluer les conséquences sociales, industrielles et environnementales de la condamnation de l’usine de pâte à papier. « On consomme un million de tonnes de bois par an. Qui peut compenser cette perte de volume pour l’industrie forestière ? » interrogeait Jean-Michel Bulinge. Également inquiète pour les 5 000 emplois induits, la CCI du Pays d’Arles a ouvert une cellule dédiée aux entreprises prestataires, fournisseurs et sous-traitants impactés. Car on ne recrée pas aussi facilement des emplois. Les salariés de Fibre Excellence en font déjà les frais : « on a eu des propositions de reclassement à des centaines de kilomètres, dans le Doubs, à Tartaras dans les Landes, à Vic-le-Comte en Mayenne, à Laval-sur-Vologne dans les Vosges… » déplorait Yohan, opérateur, après 24 ans passés à l’usine.

  • Fibre Excellence, la fermeture sous tension d’un site Seveso

    Fibre Excellence, la fermeture sous tension d’un site Seveso

    « Ce sont 11 000 m3 de produits dangereux qui se déverseront dans le Rhône si on coupe l’électricité comme l’a envisagé le mandataire ». C’est, au bas mot et résumé par François Batista, responsable UD CGT 13, ce qui inquiète les salariés alarmés par la fermeture précipitée du site.

    Ce vendredi à 23h, leur contrat de travail prend fin. Dans la matinée, le mandataire, qui balaie d’un revers les alertes des travailleurs de l’usine à papier de Tarascon, avait missionné des techniciens pour couper l’électricité conformément à ce qu’il avait annoncé la veille. Il estimait être « sur une simple mise en sécurité du site » avec « une coupure maîtrisée » et quatre personnes pour veiller à la sécurité d’un site de 45 hectares où sont encore stockées des tonnes de produits chimiques dangereux.

    Les CRS en stand-by

    Un document interne que La Marseillaise a pu consulter, indique que la situation est beaucoup plus complexe : « une vidange des capacités en six mois exige 5 personnes et durant les six mois, il faut l’effectif pour garantir la protection de ce site Seveso, sans compter les congés : 34 personnes ». Car, précise Jean-Michel Bulinge, DS CGT Fibre Excellence, « les bacs de liqueurs sont pleins alors que le mandataire avait avancé qu’elles étaient figées, cristallisées », dans les cuves. « La Dreal a pu le constater avec nous ce soir ». Une visite de l’usine permet en effet de comprendre le process de fabrication de la pâte à papier.

    Des tas de copeaux sont massés au sol. « C’est très inflammable, on a déjà eu 4 incendies en 18 ans », se souvient Jhonatan, opérateur au parc à bois. Au-dessus d’une cuve à liqueur un panneau avertit « atmosphère explosive ». Frédéric, autre « castor » du site et par ailleurs pompier volontaire, assure devant un autre silo : « L’eau qu’on pompe du Rhône est plus sale que celle qu’on rejette, mais si les pompes sont désactivées, la fosse se remplit et il n’y aura plus de traitement des eaux. Et je suis doublement inquiet car en cas d’incendie, si on essaie d’éteindre certains produits chimiques avec de l’eau on peut aggraver la situation ». Plus loin, Julien, responsable opérationnel, ouvre la vanne d’un autre gigantesque bac à liqueur blanche au pied de la grande chaudière surnommée « la cocotte-minute ». Et un flot de liquide s’écoule. Sur le site, les salariés tiennent bon et demandent « le maintien de l’activité industrielle, tout en garantissant la sécurité des populations, la protection de l’environnement ». Vendredi, l’administrateur n’était pas sur place. Les forces de l’ordre se tenaient prêtes à évacuer l’usine en fin de journée. Mais « après le constat de la Dreal, rien ne bouge, a indiqué Jean-Michel Bulinge, surtout pas nous ».

  • La Région Occitanie veut sauver l’usine Saint-Gaudens

    La Région Occitanie veut sauver l’usine Saint-Gaudens

    « Nous avons fait la moitié du chemin et allons poursuivre le travail jusqu’à la prochaine audience du Tribunal de commerce, le 8 septembre. Rien n’est gagné. Mais une dynamique est engagée. J’irai jusqu’au bout pour donner un avenir industriel durable à Saint-Gaudens, à ses salariés et à la filière pâte à papier française ». Déterminée à ne pas voir s’éteindre l’emploi industriel, la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), a déposé lundi, via l’agence régionale des investissements stratégiques de la collectivité (Aris), une « offre consolidée » de reprise pour la deuxième usine du groupe Fibre Excellence située à Saint-Gaudens en Haute-Garonne.

    Le groupe Soprema

    autour de la table

    Contrairement au site provençal de Tarascon, le tribunal de commerce de Toulouse a laissé un sursis aux quelque 300 travailleurs occitans. L’offre pilotée par la Région Occitanie comprend « 90 millions d’euros d’investissement bouclés, un business plan solide et plusieurs industriels autour de la table », précise Carole Delga. Parmi eux, l’entreprise Soprema, un groupe indépendant alsacien au chiffre d’affaires de 5,2 milliards d’euros en 2025, spécialisé « dans le domaine de l’étanchéité, mais également comme un spécialiste de la couverture, des sous-couches phoniques et de l’isolation », comme l’indique le site de l’entreprise dont le siège est à Strasbourg. Soprema emploie 5 700 salariés en France, plus de 13 000 dans le monde.

    « Je garde aussi pour ambition d’offrir des perspectives pour le site de Tarascon » a aussi déclaré la présidente de la Région Occitanie.

  • Haribo : les communistes du 14e remettent un chèque de soutien aux grévistes

    Haribo : les communistes du 14e remettent un chèque de soutien aux grévistes

    « On est venu leur redire qu’on se tenait à leur disposition selon leurs besoins et que nous sommes attachés à la préservation de ce site historique de notre secteur », relate Marion Honde, secrétaire de la section. Les militants ont ainsi remis un chèque de 300 euros à la CGT de l’usine. Pour rappel, les salariés d’Haribo ont réalisé plus de 7 semaines de grève cet été pour une augmentation de salaire. « Nous sommes passés à de nombreuses reprises sur le piquet de grève, nous avons écrit une lettre à la direction d’Haribo, et nous les soutenons toujours », martèle Marion Honde.

  • Repérer les zones froides, refuges de la faune aquatique

    Repérer les zones froides, refuges de la faune aquatique

    Mesurer la température du Buech en le survolant. C’est l’opération de « cartographie thermique infrarouge », qu’ont réalisée, en juillet, les techniciens du Département et de l’entreprise Scimabio, bureau d’experts pour la conservation de la biodiversité aquatique. « Ça consiste à emporter une caméra thermique et un appareil photo numérique dans un ULM (engin aérien motorisé ultraléger), et de réaliser une acquisition d’images en suivant le cours d’eau, en général entre 300 et 500 m d’altitude », explique Arnaud Caudron, cofondateur de Scimabio. Le système infrarouge offre une précision à 0,3 degré, et la résolution d’image est à un pixel tous les 20 à 30 cm de rivière. En parallèle, des sondes thermiques sont placées dans la rivière pendant le survol, afin de comparer les deux sources de données et améliorer la précision des relevés. La finalité est d’identifier les variations de température de la rivière pour mieux préserver les milieux aquatiques.

    « Ça permet d’établir une gamme générale de la température de la rivière et de dégager des anomalies thermiques. Soit des réchauffements, des effets de seuil liés à des plans d’eau, l’eau stagne à cause d’un barrage par exemple, ou des rejets d’eau chaude, comme ceux d’une centrale électrique par exemple, détaille Arnaud Caudron. À l’inverse, on va voir les anomalies d’eau froide qui apparaissent dans la rivière, plutôt d’origine géologique, des affluents froids, des résurgences, des adoux, des sources… Ça permet de définir des zones où on a encore des apports d’eau froide important dans ces périodes de canicule pour la sauvegarde de la faune aquatique. » Des zones refuges pour la truite par exemple, très dépendante de la température.

    Établir des zones refuges pour la biodiversité

    Scimabio réalise ce type de diagnostics depuis près de cinq ans, et totalise une quinzaine de projets de ce type, pour 1 000 km de rivière diagnostiqués. « On voit beaucoup de choses qui peuvent être réglées en termes de réchauffement, affirme Arnaud Caudron. Car, souvent, les zones de réchauffement qu’on voit sur les rivières sont dues à des impacts locaux, comme des barrages, des stagnations d’eau liées à des seuils, des rejets d’eau chaude ou des débits réservés. Quand il y a une usine électrique, par exemple, l’eau est dérivée, et la partie où la rivière a moins d’eau se réchauffe. »

    Si le Département n’a pas de compétence d’action sur ce domaine, cette opération permet de produire des données pour les acteurs de la gestion des milieux aquatiques, comme les syndicats de gestion, les services de l’État comme l’Office National de la Biodiversité. « Ce relevé thermique permet aussi de comprendre tous les échanges entre les écoulements de la rivière et les eaux souterraines, voir là où l’eau s’infiltre et là où elle revient. S’il y a un endroit où on voit qu’il y a une arrivée d’eau fraîche en berge alors c’est un endroit qu’il va falloir préserver, il ne va pas falloir faire un enrochement bétonné par exemple. », Explique, Pascal Krieg-Rabeski, technicien au service Eau du Département. Si l’opération de survol ne prend qu’une heure, le traitement des données, lui, va nécessiter six à huit mois de travail.

  • Nouvelle mobilisation pour sauver Fibre Excellence

    Nouvelle mobilisation pour sauver Fibre Excellence

    Toujours « mise sous protection » par ses salariés, l’usine de Fibre excellence de Tarascon espère recevoir du soutien, ce mercredi.

    Malgré sa liquidation judiciaire, le 29 juillet dernier, par le tribunal de commerce de Toulouse, les travailleurs du site produisant de la pâte à papier n’ont pas encore baissé les bras. « L’intersyndicale occupe le site depuis plus d’une quinzaine de jours. Maintenant, ce que l’on souhaite c’est une table ronde pour trouver une porte de sortie qui pérennise le site. Une table ronde en préfecture, avec la Région Sud, des acteurs économiques et institutionnels locaux », explique François Canu, secrétaire de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône (UD CGT 13).

    Concrètement, son organisation donne rendez-vous à ses militants devant l’usine, ce mercredi matin pour soutenir les travailleurs. Une conférence de presse est prévue, elle sera suivie d’une « initiative départementale » avec un temps fraternel et le traditionnel barbecue au programme. « Même si dans la période, c’est pas simple de mobiliser, on espère que la mobilisation va être fraternelle et solidaire », développe le syndicaliste. Manière de rappeler à tous que le site est encore loin d’être rayé de la carte. L’objectif reste aussi, et surtout, de maintenir la pression sur les acteurs impliqués dans le dossier pour tenter de sauver l’usine. « Il y a des contacts avec la Région, on espère que ça bouge rapidement sinon ça va être un carnage pour l’emploi local : pour les travailleurs de la filière du bois mais aussi les sous-traitants », rappelle François Canu, citant les 270 emplois directs mais aussi les 5 000 induits.

  • Un dialogue social chez Haribo toujours aux fraises

    Un dialogue social chez Haribo toujours aux fraises

    « On est dans la sixième semaine de grève, la tension monte. Il faut que la direction réagisse. » Ce mardi, devant les grilles de l’usine marseillaise d’Haribo, Thierry Cambola, délégué syndical FO du site, ne cache pas son agacement.

    Le bras de fer se poursuit avec leur direction depuis plusieurs semaines pour une revalorisation salariale, le seul horizon qu’offrent les négociations est une rencontre au 28 septembre prochain (lire notre article du 31/07). « Le 28 septembre prochain c’est trop loin, c’est inacceptable. Ces négociations auraient pu, et dû, être finies en mars ! », commente, les dents serrées, le syndicaliste. Pas de quoi entamer la détermination des petites mains du géant de la sucrerie… Ni d’obtenir une trêve des confiseurs ou une suspension du mouvement. Devant le piquet de grève, Thierry Cambola assure que la colère des salariés est toujours vive : « On est plus d’une quinzaine de grévistes, ça tourne, et avec les personnes en congé, c’est pénalisant pour la production. L’usine tourne très peu, lundi par exemple ça n’a pas tourné. »

    Une grève

    qui coûte bonbon

    Olivier, également salarié de l’usine et syndiqué FO, confirme que la volonté est bien d’attaquer l’entreprise au portefeuille pour qu’elle revienne à la table des négociations le plus rapidement possible : « C’est de la perte pour eux, il n’y a presque pas de production, les machines démarrent tard, les camions partent à moitié vides. »

    Et l’intersyndicale CGT-FO compte augmenter encore la pression avec l’appel à une mobilisation, ce jeudi, en plus du piquet de grève quotidien. Les grévistes espèrent recevoir un soutien à la hauteur de leur mouvement social. Une délégation de leurs homologues du site d’Uzès, dans le Gard, est également prévue. La CGT de l’usine gardoise appelle d’ailleurs à une grève ce jour. « Il y a une solidarité, on se bat pour Haribo France, pas que pour Marseille mais bien pour tout le monde ! », martèle Olivier. Contactée, la direction d’Haribo explique rester « pleinement engagée en faveur d’un dialogue social constructif et d’une communication directe avec nos salariés ». Mais concrètement, elle renvoie seulement vers la fameuse réunion du 28 septembre.