Tag: usine

  • [C’est l’été] Sophian, ancien salarié de Solvay, n’a pas fini la lutte

    [C’est l’été] Sophian, ancien salarié de Solvay, n’a pas fini la lutte

    Sophian est l’une des figures de la lutte des salariés de Solvay à Salindres. Ce délégué syndical CGT avait en effet été l’un des premiers à alerter dans l’entreprise sur la dangerosité du TFA, produit sur le site gardois, après avoir beaucoup échangé avec les associations écologistes. La Marseillaise lui avait ainsi déjà consacré un portrait en octobre 2024, quelques semaines après l’annonce de la direction de la fermeture de l’usine de production.

    Après le départ de l’entreprise, Sophian a traversé une période difficile. « Ça a laissé des traces, comme chez beaucoup d’autres salariés. J’ai pris 30 kilos que j’ai perdus depuis. J’ai arrêté de fumer en même temps, ça n’a pas dû aider. Et j’ai déclenché un psoriasis. Il y a eu trop de choses en même temps et ça a dû jouer sur ma petite tête », explique-t-il aujourd’hui.

    Si certains de ses collègues sont partis chez Orano, Sophian fait partie de ces salariés dégoûtés par l’aventure Solvay qui veulent désormais éviter tout emploi industriel. Au détour d’un forum, il a bien postulé chez Perrier mais n’a pas eu de retour. « Je pense que quand les responsables des ressources humaines tapent mon nom sur internet, ils voient que je suis à la CGT et que je me suis mobilisé chez Solvay, ils se tournent alors vers un autre profil », dit-il sans dépit. Après une période de congés de reclassement, Sophian est désormais au chômage depuis le mois de juin même s’il a effectué quelques extras dans le restaurant familial. Surtout, il aimerait maintenant se réorienter vers le social et changer complètement de branche. Ou trouver un poste pour continuer d’alerter sur la dangerosité des Pfas…

    « Les Pfas dans la tête »

    Car Sophian n’a pas abandonné son combat pour alerter la population, faire reconnaître les dangers encourut par les ouvriers en contact avec ces substances chimiques, et plus largement, lutter contre cette pollution : « J’avais une petite conscience qui m’a permis d’ouvrir les yeux sur ces substances chimiques mais je ne pensais pas que c’était à ce point. Je pensais qu’on était dans un pays où on était un peu protégé. Après 13 ans passés à Solvay, je connais l’odeur du TFA. Beaucoup de salariés sont en colère car ils se sont rendu compte a posteriori qu’ils ont été surcontaminés ».

    Toutes les semaines, Sophian participe à une réunion avec des associations écologistes. « Il n’y a pas une journée sans que j’aie les Pfas dans la tête », reconnaît-il. Il continue aussi de répondre aux journalistes et il est même apparu dans un documentaire diffusé sur Arte : « J’essaie de défendre les ouvriers en général et les anciens salariés parce que sinon j’aurais tout abandonné ».

    Ce travail a payé puisqu’il a réussi, avec d’autres associations, à faire intégrer 25 anciens salariés de Solvay à l’étude Opal : « C’est une étude d’imprégnation sur les salariés », explique-t-il. « Il y a l’étude Perle sur les riverains à Lyon et Opal concernait jusqu’ici une centaine de salariés d’Arkema Daikin. Nous avons désormais 25 salariés de Salindres qui font des prises de sang ». Les premiers résultats devraient être rendus publics dans les prochains mois avant la restitution complète en 2027. En attendant, Sophian continuera de se mobiliser.

    Tristan Arnaud

  • Des associations défavorables au projet industriel NéoCarb

    Des associations défavorables au projet industriel NéoCarb

    C’est l’une des locomotives de la décarbonation du golfe de Fos-sur-Mer. Pourtant, le projet est loin d’être neutre en termes d’impact sur la biodiversité d’après France nature environnement (FNE13), Vigueirat Nature et le Collectif Cistude, qui rendent un avis défavorable à son encontre suite à la clôture de l’enquête publique, le 30 juin dernier.

    Porté par Elyse énergie et RTE, NeoCarb prévoit d’installer trois briques de production sur le môle central des bassins Ouest du Grand port maritime de Marseille-Fos : l’une d’hydrogène bas carbone par électrolyse, l’autre d’e-methanol, la dernière de e-kérosène. Le stockage et la distribution de ces e-carburants se feraient par le biais d’une plateforme logistique dans la zone du Caban. Un site industriel à proximité d’un site Natura 2000, sur une zone naturelle dite d’intérêt faunistique et floristique, où se trouve une zone humide.

    Sur 51 ha d’emprise foncière au total, 31 ha artificialiseraient des espaces naturels sensibles, selon les associations, « dont 16 hectares de prairies psammophiles, écosystèmes à très forte valeur écologique ». « Ces habitats abritent une flore et une faune rares, parmi lesquelles le Myosotis nain et la Scammonée de Montpellier, dont près de 2 600 et 2 000 individus respectivement sont voués à disparaître sous les fondations du dépôt », affirment-elles. Pour bénéficier des autorisations nécessaires à la construction et l’exploitation de cette usine, Elyse Energy et RTE ont dû déposer des demandes de dérogation pour la destruction d’espèces protégées. Le 15 juin dernier, le Conseil national de la protection de la nature a rendu un avis défavorable à cette demande de dérogation, considérant que la séquence « éviter-réduire-compenser » n’était pas respectée et que les garanties pour éviter une perte nette de biodiversité restaient insuffisantes.

    En mai dernier, lors d’un conseil municipal, l’avis sur la demande d’autorisation environnementale concernant le projet n’avait obtenu aucun vote favorable des élus fosséens, ni dans la majorité, ni dans l’opposition.

  • L’usine de la CGES à Montagnac compromise

    L’usine de la CGES à Montagnac compromise

    Depuis 2022, l’association Veille eau grain se mobilise contre un projet d’usine d’embouteillage porté par la Compagnie générale d’eaux de source (CGES), qui voudrait exploiter le forage de la Castillone, à Montagnac (34). En 2024, la CGES avait ainsi racheté quatre parcelles à la commune, comprenant à la fois le forage et son chemin d’accès. Cette cession avait été validée par deux délibérations du conseil municipal, datant respectivement du 29 septembre 2022 et du 21 février 2023.

    Un constat partagé

    « Nous avons attaqué ces deux délibérations pour manque d’information des conseillers municipaux et vil prix, raconte Vincent Lapasset, membre de Veille eau grain. Nous avons été déboutés une première fois par le tribunal de Montpellier en 2024. Mais le 16 juin 2026, la Cour administrative d’appel (CAA) de Toulouse nous a donné raison en annulant les deux délibérations. » Véritable « tsunami », cette décision montre que la vente s’est faite à un prix inférieur à sa valeur, soit 30 000 euros alors que la commune avait acquis les parcelles à 37 000 euros. Elle pointe également que l’embouteillage n’est pas d’intérêt public, dans un secteur exposé aux sécheresses et où une trentaine de domaines des environs n’ont toujours pas accès à l’eau potable.

    Quelques jours après cet arrêté, la chambre régionale des comptes d’Occitanie a rendu son rapport d’observations définitives pour les exercices 2019 à 2024 de la commune. Celui-ci appuie l’arrêté de la CAA, montrant notamment que le choix de vendre le forage pour financer sa rénovation (estimée à environ 400 000 euros), n’était « nullement imposé par des considérations financières ». Si l’annulation des délibérations prive de fondement la vente conclue le 26 avril 2024, elle ne l’annule pas. La commune peut encore se pourvoir en cassation devant le Conseil d’État et de son côté, l’association Veille eau grain a déposé une autre plainte auprès du procureur de Béziers concernant l’acte de vente.

  • Perrier : l’eau claire se trouble encore à Vergèze

    Perrier : l’eau claire se trouble encore à Vergèze

    À Vergèze, on ne compte même plus les gouttes d’eau qui font déborder la bouteille. Fleuron industriel du Gard pendant des décennies, Perrier se retrouve de nouveau pris dans la tourmente du scandale des eaux minérales. Pour rappel, en janvier 2026, plus de 200 000 bouteilles contaminées au Pseudomonas aeruginosa, une bactérie susceptible de provoquer des infections graves chez les personnes fragiles, ont dû être détruites. Or en mai 2026, une enquête de France Info révèle que près de 900 000 bouteilles ont été détruites depuis juillet 2025, et que plus de deux millions sont actuellement immobilisées sur le site gardois de Nestlé Waters, propriétaire de la marque. Quelques semaines plus tôt, le groupe avait pourtant assuré au média que des analyses de vérification avaient « finalement écarté une quelconque contamination ».

    Plus troublant encore : près de 14 millions d’autres bouteilles, ayant pourtant fait l’objet de détections similaires, ont finalement été autorisées à la vente par la préfecture du Gard. Le chiffre claque comme un bouchon qu’on arrache trop vite. L’ARS Occitanie a assuré dans un communiqué d’urgence que les contrôles de Nestlé étaient « tous conformes ». On notera l’élégance du procédé : c’est le contrôlé qui contrôle.

    Depuis fin mai, l’affaire dépasse la seule chaîne d’embouteillage. Le 19 mai, une quarantaine d’agents de la DGCCRF et des officiers de police judiciaire ont perquisitionné le site de Vergèze ainsi que le laboratoire d’analyses de Vittel, dans le cadre d’une information judiciaire pour « tromperie » ouverte après une plainte de l’ONG Foodwatch. Et un autre front est apparu : celui de l’environnement, avec des difficultés signalées dans le traitement des eaux usées et la consommation d’eau du site. Tout cela deux mois à peine après que Nestlé Waters ait organisé une visite orchestrée de son usine pour rassurer l’opinion publique.

    Encore plus récemment, Bonneval, minéralier savoyard, a saisi les tribunaux administratifs du Gard et des Vosges pour faire annuler les arrêtés autorisant Nestlé Waters à commercialiser Perrier, Contrex et Hépar sous l’appellation « eau minérale naturelle » tout en recourant à des filtres de microfiltration à 0,45 micron : une désinfection partielle que la réglementation interdit. La Maison des eaux minérales naturelles a de son côté interpellé la ministre de la Santé, qui a prudemment renvoyé la balle aux préfets.

    Face à la tempête, Nestlé Waters a sorti son parapluie communicationnel, piloté par une nouvelle directrice de communication fraîchement issue du cabinet de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. Le groupe assure que « tous les produits commercialisés peuvent être bus en toute sécurité » et que leur protocole relève du fonctionnement normal d’une usine agroalimentaire. Mais à force de révélations, la bulle de confiance semble chaque jour un peu plus proche d’éclater pour Perrier.

  • Dans l’Aveyron, deux entreprises annoncées sur l’ancien site de la SAM

    Dans l’Aveyron, deux entreprises annoncées sur l’ancien site de la SAM

    C’était une promesse de la présidente de la Région Occitanie. Il y a cinq ans, en avril 2021, alors que la Société aveyronnaise de métallurgie (SAM) fermait ses portes, un crève-cœur pour le bassin d’emploi de Decazeville, fortement impacté par la désindustrialisation, la socialiste Carole Delga se lançait dans une bataille afin de rouvrir l’usine.

    « Ici, nous avons subi beaucoup de fermetures. Il y a eu les mines, la sidérurgie puis les 3 330 emplois de la SAM », raconte Pascal Mazet, conseiller régional PCF de la majorité et également élu à Vivez, où est implanté le site. Alors l’annonce, le 27 mai, de l’arrivée, fin 2026 de Matière, spécialisé dans la fabrication de pylônes électriques et fin 2027 de Paragon-ID, société britannique de production de puces de traçabilité, est perçue comme une bouffée d’oxygène.

    375 emplois annoncés

    375 emplois sont annoncés pour 2032. « C’est intéressant pour le territoire : nous perdons des habitants, là nous allons en attirer. Sans parler des emplois indirects : quand il y a des salaires, les gens consomment dans les commerces. Tout le monde est gagnant », fait valoir Pascal Mazet.

    Aux côtés de ces deux industries tournées vers des technologies d’avenir, la Région Occitanie entend construire un hôtel PME afin d’attirer d’autres entreprises sur le site, plus de la moitié du foncier étant encore disponible. Ces implantations d’entreprises montrent que la réindustrialisation reste possible dans l’Hexagone. Car, comme souvent, la puissance publique a été le moteur de l’opération. 11 millions d’euros ont été mobilisés par la collectivité socialiste pour le rachat, la dépollution et la réhabilitation du site et une trentaine de millions sont prévus pour la construction des futurs bâtiments, pour un montant total compris entre 45 et 50 millions d’euros. « Cela montre qu’avec de la volonté, on peut le faire. Le problème est le manque de conviction de l’État. Par exemple nous avons fait le choix de faire le train à 1 euro, si bien que de plus en plus de monde le prend. La SNCF aurait pu faire le même choix. Pour l’industrie, c’est pareil. Si la SAM a fermé, c’est l’État qui n’était pas intéressé et préférait que les fonderies partent à l’étranger. La réindustrialisation du pays se fait avec des actes, pas des mots », fait valoir Pascal Mazet.

  • Camille Galtier à la rencontre des entreprises du territoire

    Camille Galtier à la rencontre des entreprises du territoire

    Camille Galtier a visité, mardi matin, les sites de deux entreprises locales, à Valensole. Accompagné d’autres élus de la communauté d’agglomération, de Manosque et de Valensole, il a d’abord exploré le site des laboratoires de cosmétique BEA. « On va investir dans des nouvelles technologies de machines, comme des laveuses pour améliorer les conditions de travail, et créer un nouvel atelier à Valensole pour stabiliser les emplois sur le plateau. Le maintien de l’emploi est un élément fondamental. À Forcalquier, on est à l’étroit et on a des outils limitants », a expliqué Mounir Tabbiza, directeur général des laboratoires. « On a hérité d’un bâtiment historique, pas dimensionné pour notre activité. Il y a une nécessité de transformation, d’améliorer les flux et d’investir dans de nouvelles lignes », a précisé Marc Ayme, directeur du site de Forcalquier. Les laboratoires ont ainsi prévu un plan d’investissements jusqu’en 2030. « Il faut adapter les bâtiments, mettre les bureaux à l’étage », a conseillé Camille Galtier.

    « On a un fort ancrage sur le territoire. On aurait pu aller ailleurs ou rassembler les deux sites, mais c’est hors de question. On veut garder les emplois à Valensole, Manosque et Forcalquier », a insisté le directeur général. Dans son nouvel atelier de Valensole, BEA prévoit de transférer certaines lignes de production du site de Forcalquier, ainsi qu’une nouvelle ligne qui devrait démarrer courant décembre pour rentrer en production l’année prochaine.

    Le directeur général des laboratoires a également fait part de ses difficultés pour obtenir des aides, notamment de la Région. « On est démunis. On nous a répondu que ce n’était pas la priorité et qu’il n’y avait plus le budget », a-t-il confié. « Il n’y a que vous qui pouvez nous aider à faire entendre notre voix », a-t-il lancé aux élus de la DLVA, de Manosque et de Valensole présents. « On a rattrapé des dossiers qui ne passaient pas », a voulu rassurer Camille Galtier.

    « S’engager socialement »

    L’été, à Forcalquier, les laboratoires de cosmétique accueillent des jeunes qui peuvent ainsi être actifs, travailler et être rémunérés. « On est prêts à s’engager socialement et à le rendre à la cité », a affirmé le directeur général. Il a insisté sur l’importance d’attirer des jeunes dans leur entreprise. Camille Galtier a évoqué un prochain Salon de l’étudiant « pour montrer les formations et les entreprises sur le territoire, sans partir loin ». Les laboratoires prennent déjà « entre quatre et six stagiaires » chaque année.

    Après avoir visité le site de production des laboratoires, la petite délégation d’élus s’est rendue à la Maison de la pistache voisine. « On a une clientèle internationale exceptionnelle ici à Valensole », s’est réjoui Alexis Bertucat, responsable tourisme, communication et RSE pour le groupe Territoire de Provence, qui leur a fait découvrir plusieurs des 160 variétés de pistache existantes.

  • L’usine de panneaux solaires Carbon ne verra pas le jour à Fos-sur-Mer

    L’usine de panneaux solaires Carbon ne verra pas le jour à Fos-sur-Mer

    Nous avons pris la décision d’arrêter le projet. » La promesse de 3 000 emplois directs dans une grande usine de panneaux photovoltaïques à Fos-sur-Mer, faite par la startup Carbon en 2022, s’est officiellement envolée, ce mardi, avec la publication d’un communiqué de l’entreprise sur ses réseaux sociaux, après plusieurs mois de rumeurs persistantes.

    L’entreprise met en cause la politique européenne de libre-échange. « Un projet d’une telle ampleur exige l’existence d’un marché spécifiquement dédié aux acteurs européens et soutenu par les États membres », affirme-t-elle, en référence à son objectif de production de 5 GW de cellules d’ici 2027.

    Made in Europe… en Inde ?

    Plus précisément, Carbon pointe « l’absence de préférence pour une production photovoltaïque européenne malgré l’affirmation d’une volonté de relocaliser la chaîne de valeur dès 2023 ». Une dynamique confirmée par la loi sur l’accélérateur industriel (IAA), voté par la Commission européenne en mars dernier, qui « élargit le périmètre du Made in Europe à l’ensemble des pays disposant d’un accord de libre-échange avec l’Union européenne, incluant potentiellement la Turquie, le Vietnam ou encore l’Inde », repoussant à 2030 une éventuelle préférence européenne.

    C’est dans ce contexte que Carbon jette l’éponge, arguant de « l’absence de visibilité » et de « divergences persistantes entre les États membres » pour créer un marché protecteur, ainsi que l’impossibilité de sécuriser les financements du projet. 100 millions d’euros d’aides publiques avaient été débloqués par l’État via France 2030, ainsi que 70 millions d’euros supplémentaires par la Région Sud et la Métropole.

  • L’Occitane ouvre son usine aux visiteurs

    L’Occitane ouvre son usine aux visiteurs

    Ouvrir son usine aux visiteurs et leur faire découvrir le processus de fabrication : c’est ce qui a poussé L’Occitane en Provence à inaugurer un nouveau parcours de visite de sa manufacture de Manosque. « Nous avons fait le choix d’ouvrir nos portes au grand public dans un souci de transparence, attendue par le consommateur aujourd’hui », explique Camille Eyraud, cheffe de projet. En suivant le parcours, les visiteurs découvrent d’abord la zone de stockage, un énorme entrepôt de 5 000m2 où sont stockées les matières premières en grosses quantités, avant d’être amenées en production.

    L’histoire de L’Occitane et les sources d’inspiration de son fondateur, Olivier Baussan, sont également racontées au long du parcours de visite. L’accent est mis sur l’importance des rencontres qui l’ont poussé à fonder l’entreprise de cosmétique. « L’agriculteur qui lui a vendu son premier alambic a été un élément déclencheur », décrit Camille Eyraud, tout comme le maître savonnier qui n’avait pas de descendance et lui a donné ses premiers savons et machines, « une rencontre décisive ». Dans les années 1990, la rencontre avec un homme d’affaires autrichien pousse Olivier Baussan à ouvrir des boutiques à Hong Kong, New York ou encore Tokyo, raconte Olivier Dellac, guide de la visite. L’Occitane compte désormais à peu près 3 000 boutiques dans 90 pays.

    Le visiteur peut ensuite apercevoir les salles et les engins de pesée, où travaillent douze peseurs. « Il faut respecter le processus de pesée au milligramme près, sinon on perd et jette les matières premières », témoigne Fathi Kedir dans une vidéo.

    Des tests sur des dons

    de peau

    Lors de la visite, Jean-Charles Lhommet, le directeur de la recherche, a insisté sur la lutte contre le réchauffement climatique, le travail en collaboration avec les producteurs et agriculteurs et l’agroécologie. « Il faut enrichir le sol en même temps qu’on le cultive », a-t-il avancé. L’Occitane travaille « en étroite collaboration » avec des coopératives de femmes au Burkina Faso et au Ghana pour s’approvisionner en karité.

    Pour tester et élaborer ses produits anti-âge, L’Occitane travaille avec de véritables peaux et cheveux issus de dons de chirurgie esthétique, a expliqué Valentine Bouvier, en charge de la valorisation des produits. Dans ses laboratoires de biologie cutanée, l’entreprise « cherche à comprendre comment se passe le vieillissement cutané », précise Valérie Cenizo, docteure en biologie, dans une vidéo projetée pendant la visite. L’Occitane utilise également des modèles de peau reconstruite de manière artificielle en laboratoire pour prédire les effets de ses produits. « L’idée est de comprendre les mécanismes naturels de la peau et des cheveux », relate Valentine Bouvier. Les travailleurs s’attèlent aussi à analyser la composition moléculaire de chaque extrait utilisé, afin de superposer des huiles essentielles complémentaires. Certaines formules demandent plus de 500 essais.

    800 personnes travaillent au sein de la manufacture, dont 200 au centre de recherche et de développement. Environ 60 millions d’unités de produits y sont produites. C’est l’une des deux manufactures de L’Occitane : une autre se trouve en Ardèche et emploie 200 personnes. « La palettisation est réalisée par un bras automatisé, ce qui supprime le port de charge humain », explique Samira Ouzaina, conductrice de ligne, dans une vidéo.

    L’Occitane travaille également avec l’organisation de lutte contre la pollution plastique en mer et de valorisation des déchets plastiques Plastic Odyssey. L’entreprise a financé son expédition en mer, qui s’est achevée à Marseille il y a quelques jours.

    À la fin du parcours, une exposition retrace les produits et les emballages de L’Occitane au fil du temps, dont certains sont inspirés des tubes de gouache de la mère du fondateur Olivier Baussan, qui était artiste.

    La nouvelle boutique, « complètement repensée » et « entièrement rénovée », a également été présentée. On peut y faire analyser sa peau à l’aide de caméras, se faire conseiller sur les soins adaptés et se faire masser.

  • Fibre Excellence en redressement judiciaire

    Fibre Excellence en redressement judiciaire

    Dans sa décision datée de ce lundi matin, le tribunal de commerce décide d’ouvrir une procédure de «redressement judiciaire» à l’égard de l’entreprise Fibre Excellence et de ses deux usines de pâtes à papier, à Saint-Gaudens en Haute-Garonne et à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône. « Les conditions légales étant réunies, il y a lieu dans ces conditions d’ouvrir une procédure de redressement judiciaire », justifie le tribunal. Qui explique notamment « qu’il est établi que la SAS FIBRE EXCELLENCE est dans l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible et est en conséquence en état de cessation des paiements ».

    Toutefois, le tribunal estime aussi que « l’entreprise semble avoir les moyens de se diriger vers un plan qui aurait pour finalité la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif ». D’où un redressement judiciaire assorti d’une large période d’observation. Le tribunal « fixe à 6 mois la durée de la période d’observation pendant laquelle sera établi un bilan économique et social et des propositions tendant à la continuation ou à la cession de l’entreprise dans le cadre d’un redressement ». Notons que l’entreprise devra revenir deux fois au tribunal pendant cette période. « La SAS FIBRE EXCELLENCE SAS devra se présenter au tribunal devant le juge-commissaire (2ème étage), le mercredi 03 juin 2026 à 09H00 munie d’une situation de trésorerie, d’une situation financière », explique la juridiction. Laquelle « renvoie l’affaire en chambre du conseil à l’audience du mercredi 17 juin 2026 à 09H00, […] afin de déterminer si l’entreprise dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d’activité et le maintien de la période d’observation ».

    Une nouvelle en demi-teinte pour la Filpac-CGT du site. Si elle se dit rassurée « à moitié » , elle note surtout que cette période d’observation est « 6 mois avec le couteau sous la gorge, à la vue de la trésorerie, on ne sait pas si on va tenir d’ici là ».

  • Les salariés de l’usine à papier mobilisés contre sa fermeture

    Les salariés de l’usine à papier mobilisés contre sa fermeture

    Les engagements de l’État sur le rachat du prix de l’électricité n’ont pas suffi, pour l’heure, à enrayer la dégradation financière du groupe Fibre Excellence, qui possède deux usines, à Saint-Gaudens et à Tarascon. La direction du groupe a indiqué, lundi 13 avril, se retrouver « dans l’obligation légale de déclarer l’état de cessation de paiement auprès du tribunal de commerce de Toulouse ». Le juge disposera alors d’une semaine pour se prononcer sur le placement de l’usine en redressement judiciaire.

    D’ici là, à Tarascon, la lutte des salariés « pour sauver l’emploi continue », précise Laurent Quinto, délégué CGT du site, mobilisé devant l’usine à papier avec l’intersyndicale, ce mardi 14 avril. Quelque 670 emplois, dont 270 à Tarascon, ainsi que la filière bois de la région Occitanie, sont en jeu. En cas de fermeture de l’usine, cela pourrait entraîner des pertes de « près d’un million et demi d’euros » de taxes foncières pour la communauté de communes du pays d’Arles, estiment les organisations syndicales. De même, « l’usine étant équipée d’un réseau ferré pour l’approvisionnement en bois », précise le syndicaliste, c’est tout le réseau de transport fluvial et ferroviaire de la région qui se verrait largement mis à mal.

    Le rendez-vous

    de la dernière chance

    Depuis 2025, le groupe, dernier producteur de pâte à papier en France, mais également producteur d’électricité à partir de bois, a cumulé un déficit de 30 millions d’euros. Les actionnaires ont jusqu’ici refusé de renflouer les comptes, alors que des solutions restent envisageables. Très inquiète pour la filière, la commission régionale de la forêt et du bois avait voté une motion, en mars, pour demander aux pouvoirs publics de finaliser les discussions avec le groupe pour sortir de la crise. La secrétaire de la CGT, Sophie Binet, s’est quant à elle prononcée pour une nationalisation de l’entreprise.

    Le groupe prend « acte » des propositions de l’État formulées ce week-end, où il s’est engagé à réévaluer le prix du rachat de l’électricité. Une demande forte de la direction et des syndicats pour remettre à flot l’entreprise. L’entrée de la Région Occitanie au capital de la société a aussi été mise sur la table des discussions par sa présidente (PS), Carole Delga. Mardi, lors du rassemblement, les syndicats ont réitéré leur demande d’audience auprès de Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région Sud.

    Une procédure de redressement judiciaire pourrait donc être ouverte. « Ces propositions constituent un signal encourageant pour l’avenir du groupe. Elles sont actuellement en cours d’analyse et de modélisation afin d’évaluer leurs impacts réels sur le modèle économique », souligne Fibre Excellence dans son communiqué.