Tag: travaux

  • [Rétrospective culture 2025 1/2] L’année Cezanne : un succès sur tous les fronts

    [Rétrospective culture 2025 1/2] L’année Cezanne : un succès sur tous les fronts

    Pendant près de cinq mois, la Ville d’Aix a vécu au rythme de l’année Cezanne (28 juin-12 octobre). Il aura fallu plusieurs années aux équipes municipales et l’Office de Tourisme pour préparer l’exposition internationale qui, au regard des derniers chiffres exposés par la Ville, a été un succès. Certes, il y a eu l’exposition exceptionnelle du Musée Granet qui a accueilli près de 130 œuvres du peintre aixois, attirant 350 000 visiteur. Mais l’année Cezanne est allée bien au-delà. Il y a d’abord eu les rénovations de la Bastide du Jas de Bouffan, premier lieu de vie du peintre qui aura occupé le site quarante ans, jusqu’en 1899. Et qui n’a cessé de livrer ses secrets. Sur place, des équipes de restaurateurs, d’architectes et de scientifiques auront découvert à deux reprises des fresques peintes à même le mur par le jeune Cezanne.

    De portée internationale
    À Marseille, la culture en chantier

    31 mars. Dernière soirée pour Latinissimo au Dock des Suds

    Le 31 mars, une ultime soirée scellait le Dock des Suds. Latinissimo, l’association organisatrice de la Fiesta des Suds et locataire historique des lieux depuis 25 ans, en a été éjectée par l’établissement Euroméditerranée, propriétaire des lieux.

    Avril. Le Toursky laisse place à Scène Méditerranée
    Début avril, le tribunal de judiciaire de Marseille approuvait la reprise de la compagnie Richard Martin – Théâtre Toursky par le Théâtre Joliette aux côtés de la compagnie Dans6T et de l’association Les Rencontres à l’échelle. Le théâtre de Saint-Mauront fondé en 1971 par Richard Martin prend pour l’instant le nom de Scène Méditerranée.

    Novembre. Le Théâtre du Gymnase se rénove et la médiathèque Loubon émerge

    Fermé depuis 2021, le Théâtre du Gymnase a vu son chantier de rénovation lancé. Réouverture prévue en septembre 2027. Tout comme celle de la Médiathèque Loubon, qui sera créée sur la rue éponyme et la première du 3e arrondissement.

    7 décembre. La Bonne mère brille à nouveau

    La 5e campagne de restauration de la Bonne Mère s’achève, un défi technique accompli en 10 mois à 212m du sol par une trentaine de spécialistes.

  • [Rétrospective logement 2025 1/2] Un combat avec des hauts et des couacs

    [Rétrospective logement 2025 1/2] Un combat avec des hauts et des couacs

    La SPLA-IN remet debout ses premiers immeubles

    La société publique locale d’aménagement d’intérêt national Aix-Marseille-Provence a réceptionné en ce dernier trimestre 2025 les travaux de gros œuvre des 34, 36, 38 et 40, rue Jean-Roque (6e) à Noailles. Désormais, le second œuvre (sols, cloisons, plomberie, électricité) est lancé pour y aménager 16 logements sociaux confiés au bailleur Vilogia. Le gros œuvre se termine au 50-52, rue de la Joliette. D’autres chantiers des deux premiers appels à manifestations d’intérêt ont démarré au 30, rue du Musée, 4, 6 et 7, rue Nationale, 23, rue des Petites Maries, 28, montée des Accoules, 1 et 2, rue Puits Baussenque, 1, rue Porte Baussenque. La livraison des premiers immeubles entièrement réhabilités interviendra à l’automne 2026. Les travaux de démolition de la pointe de l’îlot Hoche Kléber (80 au 88, rue Hoche et 107/109, rue Kléber prolongée) vont débuter. La démolition est achevée des immeubles irrécupérables des 166, 168, 170, rue Félix-Pyat et des 33, 35, 37, rue Hoche.

    Après avoir élaboré
    un modèle
    d’intervention réplicable qui satisfait les exigences architecturales, patrimoniales, environnementales, la SPLA-IN détenue à 59% par l’État, 35% par la Métropole et 6% par la Ville de Marseille, est désormais totalement lancée dans l’opérationnel pour recycler 182 immeubles dont 116 immeubles sur les quatre îlots prioritaires démonstrateurs, couvrant plus de 17 hectares de terrain. Son budget prévisionnel reste à 256 millions d’euros. « C’est une cordée, une chaîne d’acteurs, un modèle unique et innovant. On créé une nouvelle grammaire de la réhabilitation du centre de Marseille », résumait Franck Caro, le directeur général de la SPLA-IN en guidant la ministre du Logement, Valérie Létard, sur ses chantiers.

    Ce mois-ci, alors que le lieu-ressource est en cours d’aménagement sur le site des effondrements du 5 novembre 2018 et que le 61, rue d’Aubagne a été conforté, que le 69 a été démoli, le marché unique de travaux est lancé pour la réhabilitation des huit immeubles au 61, 71, 73, 75, 77, 79, 81 et 83, rue d’Aubagne. La signature des marchés est prévue pour mars 2026 avec un calendrier de 17 mois de travaux et une réception attendue en juillet 2027. Lauréat du second appel à manifestations d’intérêt, le bailleur social Erilia prendra en charge, en co-maîtrise d’ouvrage, la réhabilitation des immeubles du n°71 au n°83 pour produire 24 logements sociaux majoritairement en PLAI.

    Rue d’Aubagne : un jugement incompris

    Le procès qui s’est tenu du 7 novembre au 18 décembre 2024 a été à la mesure de l’onde de choc politique et humaine que continue de susciter ce drame historique de l’habitat indigne. 12 personnes et 4 sociétés ont fait face durant 6 semaines à leurs juges dans ce procès hors-norme pour rendre justice aux huit victimes de la rue d’Aubagne. Mais le délibéré rendu le 6 juillet 2025 a été une douche froide pour les familles. Les 102 parties civiles n’ont pas compris certaines relaxes ni la tiédeur des peines infligées alors que la faillite de toute la chaîne des responsabilités a été pleinement démontrée lors des débats. L’incurie systémique des propriétaires, du syndic, des agents municipaux, de l’expert judiciaire, du bailleur public, avait pourtant sauté aux yeux. Le procès en appel est d’ores et déjà très attendu. Il se tiendra du 2 novembre au 19 décembre 2026 dans la salle bien nommée des procès hors-norme de la caserne du Muy.

    D.C.

    12 mai : les Zennou, marchands de sommeil XXL, sont condamnés

    Ce jour-là, Raphaël Zennou, 86 ans, écope de 4 ans de prison dont un an sous bracelet. Il louait plus de 60 taudis à Noailles et Belsunce aux plus vulnérables. Les comptes du couple et deux immeubles sont confisqués soit plus de 1 million d’euros. Ils ont fait appel.

    D.C.

    Airbnb, la fête est finie, Marseille est passée à l’offensive

    Après avoir fourbi ses armes, la Ville est passée cette année à l’offensive judiciaire pour tenter d’endiguer la jungle des meublés touristiques qui aggrave la crise du logement.

    Dans une ville où l’habitat dégradé frappe plus de 100 000 habitants pris au piège de 40 000 taudis, où près de 13 000 annonces de meublés touristiques fleurissent sur les plateformes en ligne dont plus de la moitié sont en violation du règlement édicté par la Ville, l’assignation exemplaire de trois multipropriétaires en infraction devant le tribunal judiciaire le 24 novembre est un tournant. Le cynisme triomphant du chirurgien de Périgueux narguant la mairie avec son « c’est Marseille bébé » était devenu intolérable, insupportable aux Marseillais qui peinent à se loger. Un des spéculateurs a même osé exploiter un meublé saisonnier dans un immeuble frappé d’un arrêté de péril.

    La Ville a réclamé une amende civile de 2,4 millions d’euros à l’encontre de trois gros propriétaires et de la conciergerie de l’un d’eux, pour n’avoir pas déclaré le changement d’usage de leurs 24 logements touristiques. Le tribunal judiciaire rendra son délibéré le 2 février 2026.

    L’arsenal réglementaire s’était considérable étoffé. La fête est finie. La municipalité a renforcé en février 2025 sa réglementation qui ne permet plus à ses investisseurs en nom propre ou via des sociétés de louer en courte durée leur soi-disant résidence secondaire, sauf à créer un logement classique en compensation dans le même secteur. Et au 1er janvier 2026, il sera interdit de louer plus de 90 jours par an contre 120 jours. 300 mises en demeure ont été adressées. L’offensive judiciaire n’est qu’à son début.

    D.C.

  • La bastide de la Duranne poursuit sa transformation

    La bastide de la Duranne poursuit sa transformation

    Le quartier de la Duranne continue son expansion et avec elle, les services et infrastructures. Au centre de ce quartier du sud-ouest de la capitale de Provence, la bastide de la Duranne, aux allures de maison bourgeoise du XVIIe siècle érigée le long de l’allée Étienne-Lambert, poursuit les dernières étapes de sa rénovation, métamorphosée pour devenir un bâtiment de service public.

    « Les travaux du rez-de-chaussée sont quasiment terminés, nous attendons le feu vert de la Ville pour savoir quand ouvrir », précise Rémi Capeau, élu (LR) du quartier. La prochaine phase de rénovations concernera donc les premiers (R+1) et deuxième (R+2) étages de cette bâtisse. Le rez-de-chaussée hébergera la mairie annexe du quartier, les étages supérieurs devraient accueillir des locaux associatifs. « Pendant toute la durée des travaux, la mairie au rez-de-chaussée sera en exploitation », indique un marché de travaux dans lequel sont définis les contours des rénovations attendues.

    Huit mois de travaux

    L’appel d’offres pour la suite du chantier est d’ailleurs ouvert jusqu’au 6 janvier. Avant toute transformation intérieure, le chantier débutera par une série d’opérations plus ou moins lourdes. Le règlement de la consultation prévoit notamment des travaux de « désamiantage, déplombage, démolition, curage », indique le marché public. La structure même de la bastide devrait faire, elle aussi, l’objet d’une attention particulière, avec des opérations de « reprise de structure » visant à renforcer les éléments fragilisés par le temps. L’enveloppe du bâtiment est elle aussi concernée. Charpente, couverture, façades, menuiseries extérieures, serrurerie… sont intégrées au programme de travaux. L’objectif est double : améliorer les performances du bâtiment, notamment en matière d’étanchéité et de sécurité avec, comme contrainte, le respect de l’aspect architectural de la bâtisse. Quant aux rénovations intérieures, soit les cloisons, faux plafonds, les menuiseries intérieures, revêtements de sols et de murs, peinture et nettoyage final, elles figurent parmi les prestations prévues. Tout comme les réseaux techniques, qui sont également entièrement repris. Le marché prévoit, dans un dernier temps, des travaux de chauffage, ventilation, climatisation, plomberie sanitaire ainsi que d’électricité. Finalement, les délais d’exécution de l’ensemble, tous lots confondus, sont de huit mois, période de préparation incluse.

  • De la catastrophe des Nouvelles Galeries naît le bataillon des marins pompiers

    De la catastrophe des Nouvelles Galeries naît le bataillon des marins pompiers

    Marseille frappée en plein cœur ! Des victimes et des décombres ! La ville en deuil ! L’impuissance des hommes devant la fureur déchaînée des éléments ! » Dans son édition du 29 octobre 1938, Le Petit Provençal multiplie les points d’exclamation. La veille, un incendie d’une rare violence a pris dans le salon de thé des Nouvelles Galeries, au deuxième étage du bâtiment qui fait l’angle entre la rue Scotto et la Canebière, à 14h25. En moins de 15 minutes, c’est le brasier.

    Dépassés, les sapeurs pompiers marseillais, 400 pour un million d’habitants, ne disposent que de 5 autopompes « dont trois démodées peu maniables, d’un rendement nul et pas de transports rapides pour les hommes », la seule voiture avec échelle « n’arrivait pas au-delà du deuxième étage », décrit l’envoyé spécial de Paris-Soir qui pointe l’incurie des services incendies dès le lendemain de la catastrophe. Pire, ils n’ont jamais fait « d’exercice d’ensemble ou d’éducation contre le feu ». Leur capitaine par intérim blessé, le manque de pression d’eau, la foule de badauds que la garde mobile peine à maîtriser, leur compliquent la tâche. L’Amiral Muselier demande le renfort des marins pompiers de Toulon, des hommes viennent prêter main forte de Tarascon, d’Aix, Salon, Avignon, Lyon.

    « Qui commande ici ? »

    Dans la panique, clientes et personnels mourront asphyxiés ou piétinés. D’autres se jetteront par les fenêtres. Le mistral qui souffle en rafales propulse le feu de l’autre côté de l’avenue, le toit de l’hôtel Noailles s’embrase, « heureusement presque vide » note Paris Soir, car l’établissement accueille Édouard Daladier, président du Conseil et des ministres, pour le 35e congrès du Parti républicain, radical et radical socialiste au parc Chanot. Avec le président de l’Assemblée nationale et maire de Lyon, Édouard Herriot, et le ministre de l’Intérieur, Albert Sarraut, il assiste aux opérations de sauvetage. Et s’indigne : « Qui commande ici ? Il n’y a-t-il donc pas de chef, pas un homme pour diriger ? »

    L’incendie ne sera maîtrisé que le lendemain à 7h. On déplore 73 morts. L’origine du feu est accidentelle a tranché le parquet de Marseille. Il aurait pris au premier étage, où se trouvaient de nombreuses bouteilles d’oxygène liquide et « trouvé un aliment exceptionnel dans les toiles goudronnées qui recouvraient les échafaudages », des travaux de réfection… du système incendie étant en cours.

    La sanction tombe dès le 31 octobre, Albert Sarraut annonce l’étatisation du corps des marins pompiers. Dans son discours lors des obsèques des victimes, le 14 novembre, il appelle à une « réponse droite et claire » à la « défaillance de l’acte des hommes dans la prévision du péril et dans les moyens du combat livré à son attaque », dans une ville qui a besoin « d’hygiène physique et morale » indique le Petit Provençal. En janvier 1939, Marseille est mise sous tutelle, le 29 juillet, un décret-loi va donner naissance au bataillon dont une caserne occupe désormais une partie du site où s’est déroulé le drame.

  • Coup de jeune pour la Mosquée Missiri

    Coup de jeune pour la Mosquée Missiri

    Elle détonne dans une commune aux mains du RN depuis 2014. Construite par les tirailleurs sénégalais – dans le but de vaincre le mal du pays – entre 1928 et 1930 au camp militaire de Caïs, qui accueillait des troupes coloniales africaines, en périphérie de Fréjus, la Mosquée Missiri est une réplique de la Grande Mosquée de Djenné, au Mali. Elle est l’une des premières construites sur le sol français par les soldats africains venus libérer la France des nazis lors de la Seconde Guerre mondiale, demeurant non seulement un témoignage de la participation décisive de ces derniers, mais aussi une preuve de fraternité entre les peuples et du respect de la pratique de la foi. « La Missiri n’était pas à proprement parler un lieu de prière, mais un lieu de vie, pensé pour accompagner ces soldats dans une période de transition. C’est un lieu singulier, à la croisée des cultures et des mémoires. Sa valeur tient autant à son architecture qu’au récit humain qu’elle porte », souligne ainsi Pierre Excoffon, directeur de l’archéologie et du patrimoine de la ville.

    Classée monument historique en 1987

    Basé sur un niveau, de plan carré, l’édifice de 22 000 m² est recouvert d’ocre rouge. Les tours d’angle sont ornées de pointes en béton armé – pour résister au climat européen –, rappels des poutres en bois renforçant la construction, en terre, du modèle africain. Le toit est garni d’une terrasse, et l’intérieur de peintures murales inachevées.

    Inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1987, elle a été cédée par le ministère de la Défense à la ville de Fréjus en 2019. Elle connaît actuellement une cure de jouvence, alors qu’elle était fermée au public depuis 2020. Une première phase de travaux a débuté en novembre. Elle porte sur la stabilisation de l’édifice : reprise des fondations, restauration des façades, traitement du plancher haut et gestion des eaux pluviales. Aux abords, les premières interventions concernent les cases, totems, termitières et le square sacré. Une seconde phase, prévue fin 2026, portera sur la restitution des décors et l’aménagement des abords en vue d’une ouverture au public en 2027. L’ensemble comprendra aussi un parcours paysager et des dispositifs didactiques. Au total, les travaux auront coûté 1,8 million d’euros, financés par la Ville, la Région et le ministère de la Culture.

  • Martigues : la nouvelle direction de 13 Habitat réinvestit Notre-Dame des Marins

    Martigues : la nouvelle direction de 13 Habitat réinvestit Notre-Dame des Marins

    Dans les couloirs du bâtiment Loup de Notre-Dame des Marins, peu de choses ont changé depuis l’été dernier. C’est pour cela que l’État, le bailleur 13 Habitat, les élus et agents de Martigues parcourent la cité mardi 23 décembre après-midi, six mois après la dernière visite avec l’ancienne ministre de la Ville Juliette Méadel (SE). Les traces de pneus marquent encore les sols, des trous sont parfois bouchés de ciment. Les gaines techniques sont ouvertes, certaines avec des câbles électriques pendants, quand elles ne sont pas utilisées comme dépotoirs.

    Au bâtiment Nef, prisé des trafiquants, la donne est différente. Si les vitres de l’escalier sont encore taguées, les murs ont été repeints… jusqu’au 3e étage. Un passant le souligne : « Ils ont repeint mais pas chez nous. Ça, j’ai pas accepté. » Mais note quand même une amélioration : « L’ascenseur tombe souvent en panne mais 13 Habitat réagit et répare rapidement. Le chauffage ça va. » En dépit de cela, « j’ai qu’une envie, c’est de partir car on n’en peut plus » confie l’habitant, désabusé.

    Le maire (PCF) Gaby Charroux présent à la visite considère qu’« il y a des avancées, mais encore insuffisantes » sur les travaux urgents. Ces désagréments devaient être réglés rapidement après la sanction financière infligée cet été à 13 Habitat, qui avait débloqué un budget d’un demi-million d’euros pour ce faire.

    Alors la concertation avec les résidents reprend au centre social, à l’issue de la visite. « Ce que j’ai vu ne me satisfait pas » admet Jean-Marc Perrin, nouveau président (DVD) de 13 Habitat depuis la mi-juillet. Le nouveau directeur général Damien Vanoverschelde affirme « chercher les moyens de remédier à ces dysfonctionnements », malgré des « contraintes supplémentaires du fait d’une architecture atypique ».

    « On va finir par partir ! »

    L’annonce était attendue. « Les déclarations de travaux pour l’isolation thermique et la rénovation du bâti ont été déposées » selon le directeur général. « 44 millions d’euros sont mobilisés » poursuit Damien Vanoverschelde, « les travaux débuteront en 2027 ». Tollé chez les habitants. « Cet été on nous a dit 2026, on va finir par tous partir » s’écrie l’une. « C’est toujours la même chose », renchérit une autre. La préfète déléguée Isabelle Epaillard, représentante de l’État, affirme qu’il s’agit d’« une procédure obligatoire avec des étapes. Mais les travaux sont bien lancés ».

    Thierry Del Baldo, de la Confédération générale du logement interroge : « C’était 52 millions il y a 6 mois. En mars, on avait 900 000 euros pour étanchéifier les toits, où est passé cet argent ? ». Le directeur général de 13 Habitat répond : « Des rustines ont été mises, mais si on intervient sur le toit on devra percer à nouveau lors de la réhabilitation. Les travaux ont été différés. » Et abonde : « Nous avons triplé le budget d’entretien, soit 670 000 euros en 2025. »

    In fine, Gaby Charroux est « satisfait » de l’engagement du bailleur et sort « avec espoir » de la réunion. Mais « le travail est loin d’être fini » comme disait la préfète à l’égalité des chances Isabelle Epaillard en introduction.

    Une rénovation à 44 millions

    C’est le budget de la réhabilitation tant attendue du quartier annoncée par le directeur général de 13 Habitat Damien Vanoverschelde. Cela comprend « l’isolation thermique, la reprise des toitures, le changement du système de chauffage et le remplacement des jardinières agréées par les Bâtiments de France » d’après le directeur.

    Une « contribution », ou augmentation de loyer est envisagée par le bailleur : « Si le plan de financement n’est pas complété, on en discutera au préalable », annonce le directeur général, qui accuse des difficultés financières.

  • Le projet de la Chevalière à Aix-en-Provence devrait être révisé à la baisse

    Le projet de la Chevalière à Aix-en-Provence devrait être révisé à la baisse

    Le chantier était à l’arrêt depuis le mois d’octobre. Depuis l’annonce d’une importante construction au sein de leur résidence de la Chevalière, les 61 familles de ces habitations HLM, proche du centre de secours et en partie occupée par des familles de pompiers, étaient montées au créneau. Début 2025, les habitants découvraient qu’un projet de trois bâtiments sur trois étages, soit 87 logements supplémentaires, était lancé dans cette résidence sous le giron de Pays d’Aix Habitat depuis les années 2000 et de Famille et Provence depuis la fusion entre les deux bailleurs sociaux. Le projet prévoyait 36 logements dans un bâtiment de la Chevalière « haute », 12 dans un bloc central (dont les habitants exigeaient la suppression), 40 logements dans un bâtiment de la Chevalière « basse ». Coût total estimé du projet : 18 millions d’euros. Le maire sortant, Sophie Joissains (UDI) avait bien tendu une oreille aux réclamations des habitants, qui demandaient la révision du projet. En avril, elle avait rencontré et d’entendre les récriminations des habitants avant de réajuster le plan. Après des mois de rencontres puis d’attente, le verdict est tombé : la construction du bâtiment central sera définitivement supprimée des plans. Ne reste plus que le bâtiment de la Chevalière haute et de la Chevalière basse, qui sera, elle, classée R+1 et à 26 logements. Au total, 26 logements ont été supprimés du projet. Ces informations, ce sont les habitants de la Chevalière qui les rapportent, à la suite d’une ultime réunion avec le maire et les représentants de Famille et Provence. Ils précisent : le permis modificatif n’a pas encore été acté. « Comparé à ce que l’on devait avoir, c’est très beau, ce que l’on nous propose. On est contents », rapporte Mélissande, l’une des habitantes et épouse de pompier de la Chevalière. Affaire à suivre. E.B.-G.

  • À Mimet, des remparts à reconstruire après l’éboulement

    À Mimet, des remparts à reconstruire après l’éboulement

    Pas une catastrophe, mais « un crève-cœur quand même. On a l’impression que ces vieilles pierres sont intouchables », lâche cet habitant de Mimet, alors que son chemin passe les barricades récemment élevées à l’entrée de la rue Mistral. Derrière ces palissades de fer, elle-même encerclées de barrières métalliques, sont cachées un tas de pierres qui vendredi dernier, ont dégringolé du rempart médiéval de Mimet. À 15h53 le 19 décembre, un premier éboulement d’une partie Sud des remparts médiévaux est déclaré dans le centre ancien du « plus haut village des Bouches-du-Rhône ». Les premières mesures de sécurité sont immédiatement prises. À 16h05, rapporte la municipalité, les services municipaux sont dépêchés sur place et déblaient l’espace dans la foulée, avant de procéder à une « remise en état de la rue » et une sécurisation des abords. C’était sans compter un second effondrement, à peine une heure après. À 17h14, un nouvel éboulement « beaucoup plus important » se fait entendre dans le centre-ville, au même endroit. Une entreprise « spécialisée » a été mandatée en urgence pour procéder aux sécurisations. Depuis, le pourtour de la rue Mistral est sécurisé, un arrêté de mise en sécurité imposé. La rue, pour le moment, est interdite aux piétons et aux voitures.

    « Ça tombe très mal »

    Georges Cristiani, maire sans étiquette de la commune confirme : il n’y a eu aucun blessé, l’incident n’est pas majeur. Les bâtiments proches ne sont pas impactés non plus. Concernant les trois logements d’habitation face aux remparts, les habitants ont été « priés de partir ». « Aucun indice, aucun signe ne laissait penser que le mur pouvait s’effondrer, si ce n’est que les remparts sont vieillissants, tout simplement. On ne connaît pas encore les causes de l’incident », rapporte d’ailleurs l’édile. Pour le maire, l’heure est désormais à la restauration. Mais les prochaines étapes, tant administratives que manuelles, restent compliquées à franchir en ces périodes de fêtes. « Il aurait pu attendre 800 ans et quelques jours de plus pour s’effondrer, plutôt que 5 jours avant Noël ! plaisante le premier magistrat. C’est du boulot et ça tombe très mal. » Les premières sécurisations bouclées, la priorité est pour Georges Cristiani, d’entamer des réparations en accord avec le patrimoine local. « Ce sont des remparts de pierres taillées. Il faut maintenir cet aspect patrimonial et jusqu’à présent les experts venus (…) sont dans une démarche de bétonisation, ce produit salvateur, mais qui peut défigurer les remparts : c’est hors de question, soutient le maire. J’ai appelé des compagnons et des experts de consolidation. Il faudra plusieurs semaines pour reconstituer le rempart et sécuriser la zone. » Les conseils départemental et régional ont été sollicités, rapporte l’édile. LEtat aussi, sans retour. « C’est la solitude des maires, qui sont face à leurs responsabilités dans ces cas-là », se désole Georges Cristiani.

  • Le BUS, une infrastructure routière qui fait grand bruit

    Le BUS, une infrastructure routière qui fait grand bruit

    Alors que le collectif CANBUS s’active et mobilise pour empêcher le prolongement du Boulevard Urbain Sud (un linéaire prévu sur 8,5 km de l’échangeur Florian jusqu’à la traverse Parangon) et épargner le jardin de la Mathilde, les jardins familiaux Joseph-Aiguier et la pinède du Roy d’Espagne, la Métropole lance un marché pour poursuivre l’isolation acoustique des bâtiments impactés sur les 3 km de la section livrée en 2021 jusqu’au boulevard de Sainte Marguerite.

    A ce jour, les menuiseries de 126 logements ont déjà été remplacées via un dispositif de subventions que la Métropole veut étendre. Pour s’assurer de l’impact réel de l’infrastructure décriée, une mise à jour en juin 2021 de l’étude acoustique de 2016, a mis en évidence « la nécessité de traiter 570 bâtiments supplémentaires par rapport aux 117 bâtiments initialement prévus » et ce en dépit de 5 kilomètres de murs de clôture acoustiques déjà posés.

    La réglementation impose au maître d’ouvrage des mesures de protection en cas de dépassement des seuils de 60/65 décibels le jour (6h-22h) et 50/55 décibels la nuit (22h-6h). Pour donner un ordre d’idée, le niveau sonore à moins de 8 mètres d’un véhicule roulant à 50 km/h se situe autour de 70/75 décibels. La somme de 10 véhicules augmente le niveau de bruit global de 10 décibels, soit 80/85 décibels. Le bruit montant, sa perception est amplifiée aux étages. D’où l’isolation acoustique des façades proposée.

    Un trafic encore sous-estimé

    Autre problématique soulevée, la sous-estimation du trafic pris en compte dans les études. Si du côté de l’A50, il est projeté que le BUS passerait de 40 000 véhicules/jour en 2021 à près de 49 000 en 2040, il était observé en 2021 que du coté de Sainte Marguerite (où les travaux d’aménagement d’un rond-point débutent), le BUS était déjà parvenu à son niveau projeté de trafic 2040 avec près de 28.000 véhicules/jour. « Il est donc possible que le trafic sur le BUS soit sous-estimé sur certaines sections », analyse l’étude de 2021 qui recommande de « refaire une étude de trafic pour mieux apprécier les trafics de long terme, voire de majorer les isolements des bâtiments à traiter dans cette éventualité, surtout que le BUS doit être prolongé vers le sud, ce qui risque d’induire des trafics supplémentaires. »

    D’où la possibilité qui est donnée de réaliser de nouvelles mesures acoustiques par logement « à la demande des propriétaires notamment au regard d’une éventuelle évolution du trafic routier », propose la Métropole.

  • Pour Noël et la Saint-Sylvestre, les marins pompiers au taquet

    Pour Noël et la Saint-Sylvestre, les marins pompiers au taquet

    Dix minutes chrono. C’est le temps que se donnent les marins pompiers pour intervenir, du coup de fil à l’arrivée des secours sur place. Dans le centre de traitement des appels, à l’état major du BMPM, boulevard de Strasbourg (3e), ils sont 15 à se relayer sur 24 heures. Des hommes et des femmes expérimentés, capables d’évaluer rapidement la situation, même si le numérique leur vient en aide explique le capitaine de frégate Bruno. Un logiciel paramétré par leur soin permet aux marins pompiers de savoir exactement la topographie des lieux, si des travaux sont en cours… Histoire de ne pas engager un gros camion là où il ne pourra pas passer précise ce dernier.

    Sur l’écran géant, une carte de la ville avec des étiquettes pour figurer les équipes engagées. Un code couleur permet à deux opérateurs de suivre les interventions en cours et d’ajuster : « Orange, ils sont à l’hôpital, en jaune en train de revenir, en vert disponible et en rouge en intervention », détaille-t-il.

    Depuis début décembre, des moyens supplémentaires ont été engagées « afin de faire face à la demande de secours sur le centre-ville ville et à proximité de Grand Littoral et de La Valentine, les magasins sont ouverts, les gens font leurs courses et aussi samedi dernier autour du Vieux-Port pour le feu d’artifice et le spectacle de drones », précise le capitaine de frégate.

    Plus de technicité

    Pour la nuit du 31 décembre, bien moins agitée que celle du 14 juillet, jusqu’à 350 personnes sont mobilisées pour porter secours. Une vingtaine de marins sont dédiés aux ambulances uniquement, « c’est 15% de plus », précise le vice-amiral Lionel Mathieu, commandant du bataillon. « On décale l’armement de nos engins pour avoir plus de personnel la nuit, jusqu’à 3h du matin », ajoute le capitaine de frégate Bruno.

    Si la nuit de Noël devrait être plutôt calme, ils redoutent « les accidents de la circulation notamment avec les trottinettes (+56% cette année), bref les comportement à risque. L’invulnérabilité n’existe pas », martèle le vice-amiral.

    Tout au long de l’année, le bataillon a pu constater une hausse des appels, à raison de 4% par rapport à 2024, soit 126 000 en 2025, pour 346 interventions par jour, indique-t-il, sans être vraiment en mesure d’analyser cette tendance. « Je pense que c’est la même chose pour le 17, nous sommes peut être dans un sentiment global anxiogène, où on a besoin d’être rassuré et à Marseille ce qui rassure c’est le bataillon », constate Yannick Ohanessian (PS), adjoint au maire de Marseille, en charge de la sécurité publique et du BMPM.

    Pour autant l’augmentation des effectifs n’est pas à l’ordre du jour. L’idée étant plutôt pour le vice amiral de gagner en efficacité avec plus de technicité. Plus d’officiers ont été engagés, la Ville et la Marine financent une école qui devrait voir le jour sur la friche Louis Armand (12e) en 2030.