Tag: travail

  • Fronde contre le licenciement d’un syndicaliste CGT d’Eurenco

    Fronde contre le licenciement d’un syndicaliste CGT d’Eurenco

    « La direction d’Eurenco franchit une nouvelle étape : elle frappe nos camarades », lâche la CGT sur sa page Facebook. Le syndicat réagit ainsi au licenciement, le mois dernier, d’un de ses membres au sein de l’entreprise de poudres explosives.

    Selon la CGT, cet employé travaille depuis quinze ans sur le site de Sorgues. « On lui reproche des faits mineurs, notamment dans les relations avec un membre de la direction, avec un désaccord sur la confidentialité d’échanges de travail, car il y avait un intérimaire présent », indique Jérémy Caillé, délégué syndical CGT d’Eurenco. Deux autres salariés syndiqués ont également reçu des sanctions disciplinaires ces dernières semaines.

    La CGT annonce qu’elle va demander l’annulation de ce licenciement. Si celui-ci est maintenu, elle accompagnera le salarié concerné dans ses démarches auprès du conseil des prud’hommes.

    Contactée par La Marseillaise, la direction ne souhaite pas commenter publiquement les procédures disciplinaires. Elle précise toutefois que « la nature particulièrement sensible de nos métiers exige une rigueur absolue : le strict respect des consignes de sécurité et de comportement est donc une obligation qui s’impose à l’ensemble de nos collaborateurs, sans exception. »

    En réaction, un rassemblement est prévu devant les grilles de l’entreprise à partir de 7 heures du matin, ce mercredi 20 mai, ainsi que sur l’autre site d’Eurenco, à Bergerac. Un comité social et économique (CSE) doit également se tenir dans la matinée sur le site vauclusien. « Stop à la répression syndicale. Quand on touche à un camarade de la CGT, on touche à tous », tonne le syndicat dans son appel à la grève.

    En conflit

    La CGT établit un lien entre ce licenciement et le conflit social en cours depuis janvier. Avec Force ouvrière, les organisations syndicales demandent notamment une augmentation générale de 130 euros pour tous, ainsi que le passage immédiat de la prime d’ancienneté à 20%. Elles justifient ces revendications par des « bénéfices records pour 2025 » et « un carnet de commandes valorisé à 3 milliards d’euros ». Mais ce lien est contesté par la direction d’Eurenco, qui assure que « les mesures de sanction mentionnées visent uniquement à faire respecter notre règlement intérieur » et « qu’elles n’ont aucun lien avec d’autres sujets contextuels ».

    Des tensions qui ne datent pas d’hier. En 2020, Jérémy Caillé avait été poursuivi par l’un des cadres de l’entreprise pour diffamation au sujet d’un tract syndical d’octobre, intitulé « Eurenco Sorgues, foyer de contamination, de précarité et d’imbécillités ». Reconnu dans un premier temps coupable par le tribunal correctionnel d’Avignon en 2023, il avait ensuite été relaxé par la cour d’appel de Nîmes, en mai 2024.

  • D’un mouvement de résistance aux grands « Soulèvements »

    D’un mouvement de résistance aux grands « Soulèvements »

    Nous retrouvons mardi matin les militants du Comptoir des idées devant le panneau d’expression libre de l’avenue Tessé, en pleine séance de collage et de distribution de tracts. L’objectif étant d’informer la population toulonnaise d’une nouvelle séance de réflexion et de débat à l’occasion de la ciné-rencontre du jeudi 21 mai à 20h30 au cinéma le Royal autour de Soulèvements, le film de Thomas Lacoste qui sera présent dans la salle.

    « Ce qui nous intéresse, c’est que ça touche autant à la protection de la planète que les droits humains », explique Guy Cochennec (Climat Zéro Fossile). Le militant associatif rappelle pour commencer la genèse : « L’idée est née au sein de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes après 2013, au moment où la police et l’armée se sont retirées. » La très riche vie communautaire qui y prospère alors va en être le ferment. Des voix s’élevant pour dire qu’il n’était pas possible de se séparer sans créer un mouvement pour continuer la lutte partout où ce serait nécessaire.

    Pour continuer le combat

    « Une fois mis en place, ils vont réagir très très vite à tout ce qui se passe », souligne-t-il. On va en effet les retrouver présent sur la A69, mais aussi sur les projets des méga-bassines et même à plus de 3 000 mètres au cœur du glacier de la Girose, sur le chantier de construction d’un téléphérique, « avec l’installation de tentes sur le seul endroit où les hélicoptères pouvaient se poser pour amener le matériel ».

    Le Comptoir des idées souhaite mettre en perspective tous ces combats et la réponse disproportionnée de l’État – pour rester dans l’euphémisme. Notamment sur la manifestation organisée à Sainte-Soline en 2023 et « la réaction d’un gouvernement pour casser le mouvement ».

    « L’année d’avant déjà, Darmanin avait mis en avant l’écoterrorisme pour permettre d’appliquer les lois d’exception à des activistes et préparer l’opinion publique », dénonce Guy Cochennec. 3 000 agents des forces de l’ordre vont être déployés face à 30 000 manifestants avec « la volonté de faire un exemple, de faire peur et mal avec des tirs tendus de lance-grenade ». Et de préciser : « Sur des images, on voit des gendarmes qui comme dans un jeu vidéo se congratulent lorsqu’ils font mouche sur un manifestant. » Résultat : plus de 200 blessés très graves.

    Et pendant qu’on parle d’écoterrorismes, on ne parle plus des crimes écologiques réels ceux-là qui sont commis sur l’ensemble de la planète.

    Tout cela devrait donner matière à débat dans la salle et inspirer, pourquoi pas, d’autres manières de mener le combat au travers des 16 portraits réalisés dans ce film. On retrouve notamment deux paysans : le père est à la Confédération paysanne, et son fils beaucoup plus radical… Le militant du Comptoir des idées conclut : « Il y a une solidarité, de l’émotion qui passe, il y a tout ce qu’on aimerait voir partout dans la société. »

  • Ces boss des maths qui font aimer les chiffres aux élèves

    Ces boss des maths qui font aimer les chiffres aux élèves

    Avez-vous déjà vu un carré sans angles droits ? ». La proposition de Loryne Barroche a de quoi décontenancer, mais elle n’effraie pas les quelques collégiennes de 3e faisant face à son stand. À l’entrée du forum des mathématiques de Miramas mardi matin, cette étudiante de 20 ans en licence maths-physique-chimie à Marseille propose de tout simplement changer de plan.

    « Le plan euclidien est le fondement de la géométrie sur lequel on a développé tout le reste » développe Loryne Barroche, c’est la géométrie que tout le monde a connu à l’école. Le plan hyperbolique est tout simplement une autre facette de la discipline, demandant de changer de paradigme par rapport à la réalité du quotidien. Le jeu vidéo HyperRogue sur l’ordinateur du stand permet une autre approche. Un personnage en vue de dessus parcourt une sphère de case en case à la recherche d’étoiles. « C’est bizarre, il n’y a que la sphère qui bouge » note Elyah, l’une des élèves de 3e du collège Lou Garlaban à Aubagne, « y’a pas de fin » remarque sa camarade. Normal, cela illustre que « le bord d’une sphère est infini » d’après Loryne Barroche, contrairement au plan euclidien où « l’infini est… très loin ».

    « C’est moins abstrait »

    Outre l’appréciation de l’infini, se déplacer sur des cases montre un autre aspect de la géométrie. « Les cases où on se déplace sont un pavage qui grossit quand on est dessus et rétrécit quand on s’en éloigne », explique Loryne Barroche.

    L’enseignante encadrant les élèves de 3e remarque que « ce n’est pas du tout au programme de 3e mais c’est bien de montrer ce qu’ils feront plus tard, d’autant plus qu’il faut maîtriser la géométrie euclidienne avant l’hyperbolique ». Ce forum permet aussi de raccrocher les élèves : « c’est moins abstrait, ils peuvent manipuler, plier, découper dans les stands, ce qu’on n’a pas le temps de faire en classe » selon l’enseignante, surprise de voir « pas forcément les meilleurs élèves se motiver » à y venir. C’est là tout l’esprit du Forum des mathématiques, organisé par l’association Maths pour tous que représente Laurent Beddou. « On part du monde réel pour le déchiffrer à l’aide des maths » explique ce professeur, « comment modéliser un traitement de chimio, gérer des robots ou représenter une épidémie de zombie » sont autant de « portes d’entrée ». La finalité : « pour ne plus jamais se poser la question à quoi servent les maths » selon l’enseignant, qui voit dans la matière « un art » dont les chiffres et le calcul ne sont que les outils.

    Plus de mille élèves du département ont pu s’en rendre compte.

  • [1er-Mai] Manosque, les femmes toujours lésées

    [1er-Mai] Manosque, les femmes toujours lésées

    Militants CGT, PCF ou encore LFI étaient rassemblés vendredi à Manosque pour le 1er-Mai. Parmi les raisons de leur colère, l’élargissement des professions autorisées à travailler le 1er-Mai et les inégalités persistantes entre femmes et hommes au travail.

    « Les salariés ne sont pas payés double s’ils travaillent le 1er-Mai. Par rapport aux autres salariés qui ne travaillent pas le 1er-Mai, qui eux sont payés, tu es juste payé de ta journée de travail. Les femmes seront d’autant plus pénalisées qu’aucun service de garde d’enfants ne sera disponible ce jour-là », a déploré au micro Sylvain Miralles de la CGT.

    « Pour la CGT, c’est inacceptable, car au-delà de faire travailler davantage sans salaire, c’est bafouer la lutte des travailleurs, mais c’est aussi piétiner les tombes des morts au combat social, c’est aussi brider les luttes à venir, c’est aussi une régression sociale intolérable et inadmissible », a revendiqué le syndicaliste. Pour lui, le 1er-Mai n’est « pas un jour de fête, mais un jour de lutte », a-t-il insisté.

    « Les métiers d’hommes sont mieux rémunérés. On a des différences d’avancement de carrière liées aux congés maternité », regrette Nadège Bonanno, la secrétaire générale de la CGT de l’hôpital de Manosque. « On a 81% de femmes à l’hôpital de Manosque, mais 86% de femmes en CDD », ajoute-t-elle. « Il y a une grande précarisation des femmes à l’hôpital », abonde Sandrine Daumeries, trésorière adjointe de la CGT de l’hôpital de Digne-les-Bains. « Il y a beaucoup plus d’hommes dans les postes à responsabilités, les directeurs », déplore Anne-Laure Collado, secrétaire de la CGT de l’hôpital de Digne.

    Un partage des tâches inégalitaire

    « Il y a un recul dans la mise en place du congé maladie ordinaire. On ne touche plus que 90% de son salaire. Cela touche particulièrement les femmes, puisque cela concerne même les femmes enceintes qui sont en arrêt avant leur congé maternité », regrette Ariane Sedes, cosecrétaire de la FSU 04 et référente académique VSS au rectorat. « Le congé paternité n’est pas suffisant pour qu’il y ait un réel partage des tâches », ajoute-t-elle. Dans l’éducation aussi, les inégalités de genre sont encore marquées. « Les AESH, qui sont des accompagnantes essentielles pour les enfants en situation de handicap, subissent des temps partiels imposés et sont contraintes de toucher des salaires très bas », déplore Ariane Sedes.

    Léa, militante au collectif féministe départemental qui travaille auprès d’enfants dans un centre social de Forcalquier, constate ces inégalités au quotidien. « Je vois beaucoup de familles monoparentales. C’est compliqué de trouver un mode de garde pour les mamans qui travaillent la nuit. Elles ne peuvent pas évoluer au niveau de leur carrière », regrette-t-elle. « J’ai surtout des mamans divorcées qui gèrent en majorité les enfants. En plus, en ruralité, elles ont des problèmes de déplacement qui s’ajoutent. »

    « Il y a toujours des inégalités dans le monde du travail, des écarts de salaire et des différences d’évolution de carrière », alerte Marie-Thérèse Fraboni du collectif Femmes 04 contre la guerre, qui lutte contre « la politique de Macron d’embrigader et militariser la jeunesse ».

    Les femmes françaises gagnent en moyenne 21,8% de moins que les hommes hors emplois publics, selon les derniers chiffres de l’Institut national de la statistique. Cet écart ne s’est réduit que de 0,4 point en 2024, contre 0,9 point par an en moyenne de 2019 à 2023. À ce rythme, il faudrait 54,5 années avant que cet écart moyen ne soit entièrement résorbé. Les écarts de revenus s’élevaient à plus de 6 000 euros en 2024.

  • À Châteauneuf-les-Martigues, Total réaffirme ses priorités sur la santé

    À Châteauneuf-les-Martigues, Total réaffirme ses priorités sur la santé

    Les sujets de santé au travail, en particulier lorsqu’ils concernent des expositions potentielles à des substances comme le benzène, sont sérieux et appellent des réponses claires », affirme Jean-Michel Diaz, directeur régional Paca de TotalEnergies, en réponse à la conférence de presse de la Fnic-CGT donnée mardi 28 avril.

    Cette réponse intervient dans un contexte de tensions autour de la plateforme TotalEnergies de La Mède, ancienne raffinerie de pétrole convertie en bioraffinerie de carburant de synthèse à base d’huile végétale. Une tension qui se mesure à la plainte au pénal pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui pour l’exposition au benzène déposée par le syndicat CGT et 14 salariés et la saisie des Prud’hommes par 180 salariés pour préjudice d’anxiété lié à cette exposition.

    « Je comprends les préoccupations qui peuvent s’exprimer, et je sais à quel point ces sujets peuvent être sensibles pour celles et ceux qui travaillent sur le site. La santé et la sécurité de l’ensemble des équipes qui interviennent sur nos sites sont au cœur de notre exigence au quotidien », affirme en réponse le directeur régional de TotalEnergies. Ce dernier rappelle avoir « passé 37 ans de ma carrière dans des usines TotalEnergies, je sais à quel point ces enjeux sont concrets ». « À La Mède, les équipes opérationnelles de TotalEnergies comme celles des entreprises partenaires évoluent sur le même site industriel. Cela nous engage collectivement à une vigilance permanente, c’est la priorité dans nos métiers », poursuit-il.

    « Respect des réglementations »

    Sur le plan plus technique, Jean-Michel Diaz précise que « nos activités sont conduites dans le respect des réglementations applicables, sous le contrôle des autorités compétentes, avec des dispositifs de prévention et de suivi en place, et nous restons à leur disposition pour apporter tous les éléments utiles ». Cela repose notamment sur « des campagnes régulières de mesures et de contrôle des installations, la formation des équipes aux risques chimiques et un suivi médical adapté des salariés concernés ».

    En définitive, le directeur régional de TotalEnergies indique que « dans cet esprit de transparence continue, nous organisons régulièrement des visites du site pour des élus, des riverains, des étudiants et des associations, afin de présenter concrètement nos activités et nos exigences en matière de sécurité. La semaine dernière encore, nous avons accueilli des lecteurs du journal La Provence sur le site ».

    Ce discours jettera-t-il un nouveau pont ? Alors que TotalEnergies et Air Liquide s’associent pour une nouvelle production d’hydrogène intégrée au processus biocarburant, sur place, le syndicat CGT pointait « une bonne nouvelle » selon le secrétaire Fabien Cros en janvier. Ceci en raison de « l’arrêt du reformer, plus gros producteur de benzène du site ». François Wioland, responsable des projets pour Total, lors de la présentation des projets, affirmait que « la présence de tous les éléments CMR, comme le benzène, a été modélisée et le pire scénario révèle un impact en particule par million ». « Nous n’avons pas confiance » tranchait le responsable CGT.

  • [Mort au travail] Venelles : un appel lancé pour réagir

    [Mort au travail] Venelles : un appel lancé pour réagir

    Haut floqué du nom du Collectif familles Stop à la Mort au travail dont il est membre actif, Michel Bianco, rappelle les chiffres glaçants : « 840 000 personnes meurent chaque année de problèmes de santé liés à des risques sur le lieu de travail selon l’Organisation Internationale du Travail (…) il faut réagir : pendant combien de temps notre société acceptera la mort de 424 jeunes depuis 2020 ? » Aussi co-président du Carrefour Citoyen, association solidaire locale et organisatrice de la soirée, Michel Bianco appelle à ce que « la justice soit plus tranchante » sur cette question. Ce mardi soir, le Collectif organise à la médiathèque de l’Etincelle une soirée visant à sensibiliser sur cette question. Le thème choisi pour cette rencontre annuelle est celui des conditions de travail des livreurs de repas. Une exposition, réalisée par le photographe Christian Revest qui a suivi à vélo et sur plusieurs jours ces travailleurs précaires, a été montée pour l’occasion. Le film L’histoire de Souleyman (réalisé par Boris Lojkine) a lui aussi été diffusé, suivi d’un temps de débat.« C’est un thème d’actualité, contextualise Jean-Michel Vayssière, co-président du Carrefour Citoyen. De récents travaux de l’Ances et de Médecins du Monde montrent que les livreurs s’épuisent au boulot. Ils ne sont pas, par exemple, rattachés au Code du travail. Il faut que leur métier soit reconnu. » Avant de rappeler, au public que « derrière chaque repas livré, il y a un visage ».

  • [Mort au travail] À Avignon, le drame de Bagnols en exemple

    [Mort au travail] À Avignon, le drame de Bagnols en exemple

    Le décès de Calvin, jeune de 15 ans, le vendredi 17 avril dernier à Bagnols-sur-Cèze après avoir été percuté par un engin de chantier lors d’un stage, était dans toutes les têtes ce mardi 28 avril lors de la mobilisation pour la journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail à Avignon.

    Une cinquantaine de personnes se sont ainsi rassemblées à l’appel de la CGT sur le parvis de la gare centre. « Juste à côté de chez nous, c’est un gamin de 15 ans qui a perdu la vie. Nos vies valent plus que leurs profits. Notre santé ne se négocie pas », lance lors d’une prise de parole Jérémy Caillé, délégué CGT à Eurenco et membre du bureau de l’Union départementale. « Il y a un problème d’encadrement dans de nombreux cas. Il y a des responsables sécurité, mais ils ne sont plus sur le terrain et pensent que les plans de prévention sont systématiquement appliqués à la lettre, ce qui n’est pas le cas. Et on se retrouve parfois avec des minots de 14 ou 15 ans qui se promènent en usine sans savoir quoi faire et surtout sans surveillance », abonde Rémy, syndiqué CGT et employé à la carrière de Mazan par le groupe Siniat.

    Plus globalement, les manifestants observent et font part de procédés douteux chez certains de leurs employeurs, souvent de grands groupes. « Dans l’industrie, il y a beaucoup de tâches accidentogènes ou qui provoquent des troubles musculo-squelettiques. Au lieu de s’améliorer et de régler le tir, beaucoup de patrons sous-traitent, avec des normes qui sont moins respectées pour aller plus vite. Et on perd la visibilité sur d’éventuels cas d’accidents après », pointe à nouveau Rémy.

    Risques psychosociaux

    Dans son discours, Jérémy Caillé a également voulu « briser un autre silence », à savoir celui des risques psychosociaux. « Un fléau qui tue et mutile chaque jour davantage. Ils explosent dans les entrepôts logistiques chronométrés, dans les open spaces en restructuration permanente ou dans les services publics exsangues », expose-t-il, avant d’énumérer les différentes demandes du syndicat au niveau national. Comme par exemple le rétablissement des commissions santé, sécurité et conditions de travail (CHSCT) et des instances de proximité avec des prérogatives nouvelles, le doublement des effectifs de l’inspection du travail et des services de prévention, ou encore une politique pénale sévère contre les employeurs responsables d’accidents graves.

    Était également présent le Collectif Amiante Pays des Sorgues. Ceux-ci regrettent la mise en place d’un timbre à 50 euros pour saisir la justice. « On refuse que la justice devienne un service payant, c’est une régression sociale », clame Guy de Zordi, nouveau président de la structure.

  • Les agents pénitentiaires bloquent les prisons d’Arles et des Baumettes

    Les agents pénitentiaires bloquent les prisons d’Arles et des Baumettes

    « On se bat pour notre survie. » Le ton employé par Thomas Forner, responsable régional du syndicat Ufap-Unsa est sans équivoque à l’heure de la mobilisation nationale des agents pénitentiaires.

    Depuis 5h lundi matin, le syndicat, qui est majoritaire à la Maison centrale d’Arles, bloque les entrées et sorties car la situation « n’est plus tenable » selon le syndicaliste. « Nous avons d’un côté la surpopulation et de l’autre la sous-dotation. Il nous manque 13 agents à la maison centrale, c’est une équipe complète », détaille-t-il. « Certains agents font jusqu’à 90h supplémentaires par mois, quand arrivera l’accident à la sortie du travail ? Ne pas avoir les moyens de faire nos missions entraîne frustration puis énervement, puis agression », analyse Thomas Forner. « Il ne se passe pas une journée en France sans qu’un collègue finisse à terre. On joue sa vie à la prise du service et à l’extérieur de l’établissement. Mais en pas d’agression qui viendra nous sauver ? », se demande le responsable.

    « Un ultimatum »

    La mobilisation lancée par l’Unsa a été rejointe par la CGT au centre pénitentiaire des Baumettes, à Marseille. Fin des postes vacants, fin des 6 500 matelas au sol, stop à l’épuisement : la CGT pénitentiaire place ces enjeux non plus comme des revendications, mais comme « un ultimatum » au regard d’un système carcéral qui « implosera faute de moyens ».

    Le syndicat Force ouvrière, dans un communiqué lapidaire, parle de « comédie syndicale » à propos de la mobilisation et n’y participe pas, y voyant « une stratégie électorale » à l’approche des élections professionnelles dans la fonction publique, en décembre.

  • Ne plus perdre sa vie à la gagner

    Ne plus perdre sa vie à la gagner

    Ce sont les chiffres des services de l’État qui le disent : en France, on meurt encore au travail. En moyenne 2 travailleurs perdent la vie par jour et 100 sont blessés d’après les dernières données disponibles. Dans notre région, ce sont 107 personnes qui ont trouvé la mort dans leur activité professionnelle durant l’année 2024.

    Ce n’est pas un phénomène marginal, c’est un mal systémique, un fait social qui passe trop souvent sous les radars de l’actualité.

    Ce n’est pas non plus une fatalité mais le résultat de politiques libérales qui, au prétexte de « simplifier » et d’« économiser » produisent des résultats qui se chiffrent en vies humaines sacrifiées.

    Ainsi, la disparition des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, les regrettés CHSCT mais aussi la chute drastique du nombre d’inspecteurs du travail, ont eu des conséquences mécaniquement funestes.

    Une question de classe

    C’est sans conteste une question de classe car ces morts sont, pour beaucoup, des travailleurs du secteur du Bâtiment Travaux Publics et de l’industrie.

    Il y a dix jours, l’émotion était forte après la mort d’un élève de 15 ans d’un lycée professionnel du Gard écrasé par un chariot élévateur lors de son stage en entreprise.

    Une information judiciaire du chef d’homicide involontaire dans le cadre du travail a été ouverte selon le parquet de Nîmes.

    Un tel fait d’actualité appelle un changement dans les pratiques et les priorités à l’entreprise.

    Il n’est plus possible de perdre sa vie à la gagner. Il y a urgence à placer l’Humain d’abord.

  • De jeunes dignois s’initient à un chantier éducatif

    De jeunes dignois s’initient à un chantier éducatif

    Découvrir le monde du travail, financer un voyage en Corée du Sud, mettre de l’argent de côté… Nombreuses sont les raisons qui ont poussé Manon, Tim et Evan à participer au chantier éducatif du plan d’eau des Ferréols. Pendant cinq jours, ils ont repeint les sanitaires et la buvette du plan d’eau. « C’est une première expérience pour eux, avec un contrat de travail, qui leur permet d’être confrontés au monde du travail et d’apprendre à se lever tôt, à respecter l’encadrement et les impératifs liés au chantier », explique Damien Scano, président de l’association ADSEA 04 (Association Départementale de Sauvegarde de l’Enfant à l’Adulte), à l’origine du projet, en partenariat avec la Ville de Digne et le Département.

    « Les jeunes étaient demandeurs de participer à des chantiers. Pour eux, c’est un temps fort qui leur permet de discuter, de créer des liens de confiance et parfois même de se faire des amis », se réjouit Sonia Hinschberger, éducatrice spécialisée qui accompagne les jeunes au cours du chantier éducatif.

    « Inclusion et dynamisme »

    Le partenariat « historique » entre la Ville et l’association ADSEA remonte à 1998. « On est très heureux de pouvoir être initiateurs de projets comme celui-ci, pour l’inclusion et le dynamisme », avance Mathys Legay, adjoint au maire présent pour le dernier jour du chantier. La Ville paie les salaires des jeunes et fournit le matériel nécessaire pour le chantier, pour un coût de 3 000 euros, dont 700 euros de matériel. Deux éducatrices de l’association encadrent les trois jeunes.

    « C’est le premier chantier de la saison, mais on réfléchit aux prochains. Il devrait y en avoir un autre en été et un en automne », précise Caroline Deries, responsable du service jeunesse à la Ville de Digne.

    « Ce chantier nous a appris la patience, on a beaucoup progressé depuis le début. On va plus vite et on est plus efficace », se réjouit Manon, 20 ans, qui a pour projet de travailler dans l’animation. Evan, 18 ans, compte mettre l’argent récolté de côté ; tandis que Tim, 16 ans, va l’utiliser pour financer son séjour en Corée du Sud. « Je connais les éducatrices depuis longtemps, je vais souvent les voir pour être aidée pour des papiers, pour mes CV », relate Manon, jogging taché de peinture blanche. « Ce serait bien qu’il y ait plus de chantiers comme celui-ci. J’ai progressé sur le fait de tenir toute la semaine », ajoute-t-elle. Le chantier a permis aux jeunes de réfléchir à leur orientation professionnelle, alors qu’Evan sort du lycée et que Manon cherche à travailler en centre aéré.