Tag: travail

  • À Lunel, la CGT appelle à mieux protéger les travailleurs

    À Lunel, la CGT appelle à mieux protéger les travailleurs

    Le Lunellois et l’Est héraultais sont particulièrement concernés par les conséquences du réchauffement climatique. Cette réalité nous oblige à prendre au sérieux les risques que les fortes chaleurs font peser sur la santé et la sécurité au travail », estime l’union locale CGT du Lunellois. Une vérité qui vaut pour l’ensemble du pays, où les travailleurs ont été mis, ces derniers jours, à dure épreuve sous le feu de la canicule.

    « L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) considère que les températures deviennent préoccupantes dès 28°C pour un travail physique et dès 30°C pour une activité sédentaire. Le danger peut donc exister bien avant les records de température ou les alertes canicule », souligne le syndicat. « La chaleur peut provoquer déshydratation, épuisement, malaises, accidents du travail, aggravation de pathologies existantes et, dans les cas les plus graves, entraîner des décès. »

    Si les travailleurs en extérieur (bâtiment, travaux publics, voirie, espaces verts, propreté, transports, agriculture, etc.) sont particulièrement exposés, les salariés « travaillant dans des bureaux, commerces ou locaux mal isolés peuvent également être confrontés à des températures incompatibles avec de bonnes conditions de travail », insiste la CGT.

    Des revendications concrètes

    « Les employeurs ont l’obligation légale de protéger la santé et la sécurité des travailleurs. L’organisation du travail doit être adaptée aux conditions climatiques. Quand on va en Espagne, on voit que le rythme de la journée n’est pas le même qu’en France. Le problème, chez nous, c’est qu’on fait appel au bon sens. Sauf que quand il y a des choses à faire, les gens se mettent eux-mêmes en danger ou bien certains employeurs ne font pas attention », estime Lise Florès, secrétaire administrative du l’UL CGT du Lunellois. « Il faut que des températures maximum soient fixées, à partir desquelles des choses s’imposent à l’employeur : davantage de pauses rémunérées, une adaptation obligatoire des rythmes et des cadences de travail, un renforcement du droit de retrait ou encore un congé climatique  », poursuit-elle. « Ce congé est une revendication portée nationalement par plusieurs organisations. Il permettrait aux salariés, en cas de canicule, de ne pas travailler sans perte de rémunération. Car les gens ont besoin d’argent, donc même par 45 degrés, ils y vont », considère la cégétiste. « Les canicules ne sont plus des événements exceptionnels dans notre région. Elles constituent désormais une réalité durable à laquelle le monde du travail doit s’adapter. Aucun salarié ni agent public ne devrait risquer sa santé ou sa vie pour accomplir son travail. »

  • [Entretien] Luc Cervellin, Shift Project : « On vit l’été le plus frais du reste de notre vie »

    [Entretien] Luc Cervellin, Shift Project : « On vit l’été le plus frais du reste de notre vie »

    La Marseillaise : En quoi cette vague de chaleur révèle-t-elle l’impréparation des gouvernements successifs alors que nous avions déjà connu une canicule dévastatrice en 2003 ?

    Luc Cervellin : On constate que le rythme de l’adaptation ne suit clairement pas le rythme de l’accélération du dérèglement climatique. Les deux tiers des vagues de chaleur qu’on a connues depuis 1947 se sont déroulées après les années 2000. Si on suit les prévisions des scientifiques, qui ont été assez fiables jusqu’ici, leur nombre va être multiplié par cinq d’ici 2050. On vit donc l’été le plus frais du reste de notre vie. Ensuite, on remarque qu’en comparaison à 2003, on a structuré la réponse d’urgence, donc la vigilance, les points d’eau, les EHPAD climatisés, etc. Mais les causes structurelles, comme le bâtiment ou l’organisation du fonctionnement de la société, ne sont pas traitées. La climatologue Valérie Masson-Delmotte explique que notre société a été conçue pour un climat qui n’existe plus.

    La semaine dernière, le président de la République Emmanuel Macron a fait une sortie pour expliquer qu’on ne pouvait pas s’adapter à un pic aussi inédit. Pour nous, Shifters, c’est incompréhensible du point de vue même du principe de l’adaptation, parce que l’adaptation consiste justement à se préparer à des scénarios qui ont de fortes chances de se produire et on sait que des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et de plus en plus importantes ont de plus en plus de chances de se produire.

    Pourquoi faut-il toujours lancer des mesures d’atténuation du réchauffement climatique ?

    L.C. : Il faut bien comprendre que réduire les émissions reste la seule façon de limiter l’ampleur du problème. Et chaque dixième de degré compte. Pour moi, pour mes enfants et pour tout le monde, il vaut mieux vivre dans un monde à plus de 2 degrés par rapport à l’ère préindustrielle qu’un monde à plus de 4 ou 5 degrés, qui est la tendance actuelle. L’atténuation et l’adaptation fonctionnent ensemble parce qu’on aura beaucoup plus de mal à s’adapter à un monde à plus 4 ou 5 degrés. Et au Shift Project, on réaffirme qu’une trajectoire de neutralité carbone reste possible d’ici 2050 si on la planifie dès maintenant dans tous les secteurs.

    Le débat a beaucoup tourné autour de la climatisation ces derniers jours, quelle est la position du Shift Project sur le sujet ?

    L.C. : La climatisation est une toute petite partie de la réponse parce que beaucoup d’infrastructures, comme les rails, les ponts, les chantiers, les forêts ou les champs de blé par exemple ne se climatisent pas. Évidemment, généraliser la climatisation créerait un effet rebond c’est-à-dire que ça aggrave la cause du problème qu’elle prétend résoudre. Pour nous la bonne question c’est « comment le bâtiment est-il capable d’évacuer la chaleur qu’il accueille ? » Pour cela, il faut prioriser les solutions passives qui sont très efficaces, comme la ventilation nocturne, les protections solaires ou la végétalisation. La climatisation est vraiment le dernier maillon de cette réflexion. Dans certains cas particuliers, climatiser reste nécessaire dans les lieux publics, les EHPAD, les hôpitaux ou les écoles, et avec sobriété. Mais présenter la généralisation de la clim dans les logements individuels comme la solution d’adaptation à la canicule revient à repousser et accentuer le problème, parce que cela entraînera une hausse de la consommation électrique, un réchauffement de l’air extérieur des villes et des impacts sur la facture d’électricité des ménages.

    Quelles sont les autres propositions du Shift Project pour s’adapter à ces températures ?

    L.C. : Pour nous, il faut avant tout planifier plutôt que réagir. L’anticipation via des diagnostics de vulnérabilité est beaucoup plus efficace à long terme que de gérer chaque épisode dans l’urgence. Dans cette planification, il y a la nécessité de rénover massivement le bâti en intégrant le confort d’été comme une priorité avec des protections solaires, des brasseurs d’air, la végétalisation. Donc pas seulement l’isolation hivernale comme on le fait en ce moment. Il y a aussi des transformations de l’emploi à gérer, parce que certains métiers vont disparaître, d’autres vont émerger et ça appelle des discussions par branche, par territoire, pour s’adapter.

    L’Espagne a mis en place un congé climatique pour ces travailleurs, est-ce une bonne idée ?

    L.C. : C’est un signal politique utile, parce qu’il reconnaît que travailler dehors par 40 degrés n’est pas faisable. Mais ce n’est pas une solution structurelle. Cela traite la conséquence plutôt que la cause. Au Shift, on met vraiment l’accent sur l’adaptation organisationnelle en amont. Pour nous, il faut travailler sur les horaires décalés, le télétravail quand c’est possible et la réduction de l’activité physique aux heures les plus chaudes. Toute mesure politique doit cibler en priorité ces métiers qui ne peuvent pas télétravailler comme l’agriculture ou les métiers du soin par exemple, sous peine de voir se créer une nouvelle inégalité entre les emplois protégés et non protégés, comme on a pu le voir pendant le Covid. Aujourd’hui la loi qui impose des dispositions de rafraîchissement pour les travailleurs est appliquée de manière plus ou moins juste, plus ou moins forte suivant les entreprises, suivant les endroits, mais elle garantit pourtant aux salariés des conditions d’hydratation, d’accès à l’eau et éventuellement des douches.

    En quoi ces vagues de chaleur touchent-elles en priorité les plus précaires ?

    L.C. : Le logement est vraiment le premier facteur d’inégalité. Près de 48% des logements ont un confort d’été insuffisant. Ceux qui sont les plus vulnérables, ce sont les quartiers populaires, parce que les logements sont plus petits, suroccupés, mal isolés, avec peu d’îlots de fraîcheur à proximité, peu de parcs, etc. Pour eux, il y a le double effet ciseaux, c’est-à-dire que ceux qui souffrent de la chaleur ont aussi le moins de moyens pour s’en protéger. Quand vous vivez dans des barres d’immeubles, vous n’avez pas forcément les moyens de faire installer la clim quand ça devient vraiment insupportable. Et ce sont aussi souvent les personnes qui ont les emplois les plus exposés. C’est pourquoi nous pensons que les moyens doivent être ciblés en priorité sur les publics et les lieux les plus vulnérables plutôt que dispersés dans une généralisation de la clim individuelle.

  • Sébastien Lecornu expose sa vision pour remettre la France en mouvement

    Sébastien Lecornu expose sa vision pour remettre la France en mouvement

    Session « spéciale » des Rencontres économiques. Sur scène, ce jeudi soir, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a pris la parole aux côtés d’Éric Maury, patron d’April, ainsi que de Philippe Aghion, prix Nobel d’économie 2025 et membre du Cercle des économistes.

    « La France traverse une période compliquée, pose d’entrée Philippe Aghion. Notre dette publique a presque doublé depuis l’an 2000 (…). On possède le deuxième déficit le plus élevé de la zone euro en 2025. Ces fragilités interviennent au moment même ou le pays doit absorber des chocs externes de grande ampleur. »

    Notamment à l’ère de l’intelligence artificielle. « Financer l’IA ne doit pas consister à punir le capital existant, mais à mobiliser l’épargne vers le capital productif de demain », juge Eric Maury.

    Sébastien Lecornu, qui rappelle prendre rarement la parole publiquement, accepte alors de donner « un peu de perspective » : « Je prends le risque, d’autant que lundi, le gouvernement va affronter sa 13e motion de censure depuis neuf mois, mais je pense qu’on est dans un moment ou il est bien de se poser pour réfléchir. » L’occasion de partager ce qui « l’inquiète » et ce qui le « rassure ». Sur le premier volet, le Premier ministre regrette « l’aversion profonde au temps long », « la déconnexion furieuse entre la vie politique intérieure et la géopolitique globale » et s’interroge : « Comment avons-nous pu être battus sur le plan culturel ? Le sujet n’est pas qu’un rendez-vous technique au Parlement, c’est évidemment le rendez-vous de l’an prochain. Il faut que les élites, pas seulement économiques, acceptent de reprendre leur bâton de pèlerin et expliquer pourquoi au fond, il faut s’y prendre différemment dans un monde aussi compliqué ».

    Sur les motifs d’espoir, « nous sommes dans un pays où l’État tient », assure Sébastien Lecornu : « Le paradoxe, c’est que notre État fonctionne ! » Seconde raison « sur laquelle j’ai de l’optimisme, c’est qu’on résiste sur un certain nombre d’appuis sur lesquels nous sommes forts ». Parmi eux, l’énergie, le logement « sur lequel on repart », l’agriculture, les réseaux de PME et d’innovation… Maintenant, « il va falloir embarquer les Français. On ne va pas décréter le progrès, il y en aura si on embarque le peuple ».

    Selon le Premier ministre, il faut « qu’un dialogue social s’engage vite sur la question de l’IA et son impact sur le droit du travail », le tout avec « patriotisme » et avec urgence d’éloigner le « populisme » et « en regardant en face le sujet de la dépense publique ».

  • La réduction des services postaux dénoncée par la CGT

    La réduction des services postaux dénoncée par la CGT

    « La Poste se retire progressivement de nos territoires, on a appris la semaine dernière qu’une grande partie du bureau de Chorges allait fermer », affirme Alexandra Pourroy, déléguée syndicale CGT Activités postales et de télécommunications (Fapt). Pour elle, il s’agit d’une nouvelle dégradation d’un service pourtant essentiel en milieu rural. « Il y aura toujours un guichet, mais les facteurs qui desservent le secteur ne partiront plus de Chorges. Du jour au lendemain, on leur dit qu’ils partiraient de Gap ou de Savines-le-Lac. »

    « Une étude en cours sur l’organisation des facteurs »

    Un bouleversement qui s’apparente selon elle à un « petit drame humain pour les salariés ». « Si l’on a acheté à Chorges eh bien il faudra aller prendre son service tous les matins à Gap », d’autant plus que « si le facteur qui livre le courrier à Chorges part de Gap, sa journée en est donc rallongée et les personnes recevront le courrier d’autant plus tard ». Alexandra Pourroy décrit une situation « anxiogène » pour les salariés : « On les a prévenus que ça allait changer vite, mais on n’a pas les infos définitives. » Elle déplore aussi une opération mise en place « dans la plus grande opacité » pour les usagers, qui découvriront le par eux-mêmes « le jour où leur courrier sera livré à 11h et plus à 8h ».

    De son côté, La Poste affirme que « le bureau de Chorges n’est pas concerné par un projet de fermeture », et qu’« une étude est en cours concernant l’organisation des facteurs ». Cette fermeture s’ajouterait à un contexte déjà tendu alors que la CGT Fapt 05 a publié, la semaine dernière, un communiqué dénonçant le manque de revalorisation des facteurs, payés selon le syndicat 1 600 euros nets après 25 ans d’ancienneté.

  • « Une fête qui crée de l’intelligence collective »

    « Une fête qui crée de l’intelligence collective »

    Il y a ceux qui font la fête pour « oublier », pas nous. Nous, nous la faisons pour nous rassembler, nous organiser, réfléchir et lutter pour ne pas rester seul dans cette société où l’individualisme et la compétition entre les citoyens sont érigés en valeurs suprêmes. Cette société où la culpabilité est renvoyée à celui qui est en difficulté. Tu ne trouves pas de travail ? C’est de ta faute. Tu n’arrives pas à boucler ton budget, c’est de ta faute. Ton gamin ne s’en sort pas, c’est de ta faute. La planète brûle, c’est de ta faute…

    Si les services publics, la santé, la justice dysfonctionnent, c’est sûrement de la faute de certaines personnes et on ne remet jamais en cause ce système ultralibéral.

    Alors non, ce n’est pas notre faute à nous si la société va mal, très mal. En revanche, c’est notre responsabilité collective de faire face. Ce ne sera jamais une réponse individuelle qui pourra résoudre quoi que ce soit.

    Voilà pourquoi nous sommes communistes et pas populistes et que nous luttons depuis toujours contre les forces d’extrême droite.

    Si nous sommes ici aujourd’hui, c’est pour faire la fête, une fête qui crée de l’intelligence collective, une fête de luttes, une fête de fraternité. »

  • Les gaziers de GRDF en lutte exigent des indemnités « vie chère »

    Les gaziers de GRDF en lutte exigent des indemnités « vie chère »

    « Engie/GRDF, un monde où l’argent coule à flots…loin des agents. » Avec une action symbolique jeudi devant le site du transporteur de gaz, NaTran, dans le 16e arrondissement de Marseille où une cinquantaine d’agents venus de tout Paca a afflué, la CGT énergie exige une ouverture des négociations pour une indemnité vie chère.

    Le message s’adresse à la direction Sud-Est de GRDF. Et il est aussi clair que chiffré. Le syndicat estime à 1 million d’euros, le montant des indemnités « vie chère » si elles étaient versées aux 590 gaziers de Paca. Comparativement, « les bénéfices GRDF réalisés grâce à notre travail, c’est 716 millions. Et les dividendes versés à Engie, toujours grâce à notre travail, c’est 730 millions », résume Renaud Henry, secrétaire général du syndicat CGT énergie de Marseille. C’est donc un léger effort consenti que demandent les agents, en somme, que d’aligner les salaires sur l’augmentation du coût de la vie.

    Car ce travail, ils ne le font pas à moitié : « Nous sommes très réactifs, rappelle un agent aixois présent dans la mobilisation du matin. Nous avons le sens des responsabilités, c’est nous qui montons au front sur les interventions sensibles, qui prenons des risques. » C’est de Meyreuil, que la colère s’est déjà exprimée il y a près de deux mois pour des négociations au point mort.

    Les seuls sans indemnités

    « On nous martèle qu’il n’y a pas d’argent, c’est faux. Sans cesse des économies sont faites sur le dos des agents, dont certains n’arrivent plus à se loger correctement, et sur celui des usagers, qui renoncent à se chauffer, effrayés par leurs factures », poursuit une gazière. L’action du jour se situe dans la ligne des Robins des bois, tracée depuis quelques années par le syndicat. « C’est une opération avertissement sur l’outil de travail », précise Clément Martinez, secrétaire CGT énergie Grand Avignon. La colère est d’autant plus légitime que cette mesure qu’ils demandent, GRDF est « la seule entreprise du groupe Engie à la refuser, souligne-t-il, Elengy et même Enedis ont accordé une indemnité de près de 200 euros bruts par mois à leurs salariés ». Par ailleurs, pas d’arrêt prévu sur l’inflation et « l’augmentation des prix s’expliquerait par une hausse des prix de l’énergie, tirés par ceux du gaz », indique l’Insee. En Paca, les agents font monter le rapport de force avec des taux de grévistes « atteignant 100% sur certains sites, à Marseille, Avignon, Nice où Aix », précise le syndicat. Ils demandent d’ici « septembre, l’ouverture de négociations, a minima régionales », précise le responsable CGT du Vaucluse. Ce dernier a déjà contacté par ses pairs dans d’autres régions de France. Ils se disent « prêts » à embrayer sur cette lutte qui commence à faire beaucoup d’étincelles en Paca. Contactée la direction n’a pas donné suite. Un embrasement national reste à craindre.

  • Matheos Jaadar n’a pas froid aux yeux

    Matheos Jaadar n’a pas froid aux yeux

    C’est par son père qui dirige une petite société de climatisation, que Matheos Jaadar a découvert ce métier. « Ce domaine, c’est grâce à mon père que je m’y suis intéressé », confie le jeune homme de 20 ans. Cela fait maintenant six ans qu’il pratique, – après avoir débuté dans le domestique – dans la climatisation et les centrales de traitement d’air, avant de passer par une entreprise mêlant agroalimentaire et froid industriel, et de se spécialiser entièrement dans le froid, le domaine qui le passionne le plus aujourd’hui.

    Son parcours de formation est dense. Après un CAP où il apprend les bases du montage comme les raccordements fluidiques et le câblage électrique, Matheos poursuit avec un brevet professionnel en froid énergétique au CFA d’Aix-les-Milles, puis un bac pro en froid et énergie domotique. Une étape clé, qui lui permet d’apprendre à calculer la puissance frigorifique nécessaire pour chaque installation. Aujourd’hui, il prépare un BTS Fluides, Énergies, Domotique (FED), en alternance, pour approfondir encore ses compétences et accéder, à terme, au bureau d’études.

    Son métier ? Concevoir des systèmes frigorifiques destinés aux supermarchés et à l’industrie agroalimentaire. « On fait de la commande de meubles et de centrales du système frigorifique », explique-t-il. Son rôle couvre tout le cycle : raccordement, démarrage, dépannage et entretien des installations.

    Un métier tous les jours
    différent

    « C’est un métier qui est très polyvalent », résume-t-il. Sur chaque chantier, tout est à « construire depuis zéro. » Il faut d’abord réaliser le lotage, qui consiste à planifier le chantier en différentes zones de travail, pour avancer de façon méthodique plutôt que dans le désordre. Ce n’est qu’une fois cette préparation terminée que le raccordement des tuyaux et la mise en route du système peuvent commencer. Une organisation rigoureuse, indispensable selon Matheos pour mener à bien chaque installation. « J’ai appris à travailler sans être bordélique », confie t-il. Vient ensuite le supportage, c’est-à-dire poser les structures métalliques qui vont fixer et maintenir les tuyaux sur les murs ou les plafonds, avant même de pouvoir installer la moindre tuyauterie.

    Pour Matheos, c’est précisément cette diversité qui rend le métier passionnant. « Chaque jour, on voit une nouvelle évolution et on continue d’apprendre », souligne-t-il. Cette polyvalence, mêlant technique, calcul et organisation est, selon lui, ce qui distingue ce métier des autres filières de l’énergie. « Mon but, c’est de continuer d’apprendre, d’évoluer et de pouvoir monter les échelons », jusqu’au bureau d’études qu’il vise à terme. Un objectif qu’il compte bien atteindre en poursuivant ses études après le BTS, par une licence professionnelle dans les métiers de l’énergie. Et c’est cette ambition qui l’a poussé à se qualifier aux Worldskills, à Marseille en octobre dernier, une compétition nationale où de jeunes professionnels s’affrontent sur leur métier.

  • Malaise et colère chez les cheminots alpins

    Malaise et colère chez les cheminots alpins

    « On a treize suicides chez les cheminots en France depuis de début de l’année et la direction fait la sourde oreille », s’exaspère Magali Sanchez, conductrice de train et déléguée syndicale CGT à Veynes. À trois ans de la mise en concurrence de la SNCF, les syndicats de cheminots alertent sur une dégradation des conditions de travail.

    Dans les Hautes-Alpes, où la ligne de train passera en 2029 sous le pavillon de SNCF Sud Alpes Méditerranée, filiale de la SNCF, les travailleurs du rail dénoncent un mal-être grandissant. « Localement, on en voit les conséquences avec des manques d’effectif dans beaucoup de services, ce qui crée des suppressions de trains parce que les gares ne sont pas ouvertes, rappelle Magali Sanchez. On les alerte, mais la direction n’embauche toujours pas. On se demande s’ils n’attendent pas, d’ici un an, la fermeture de la ligne en tirant au maximum sur les agents pour ne pas embaucher. »

    Perte de sens

    En parallèle, les cheminots se plaignent d’un matériel souvent hors d’âge. « On a du matériel vieillissant, les commandes qui ont eu lieu sur la région ont bénéficié à Transdev [entreprise ferroviaire concurrente, Ndlr.] et absolument pas à la SNCF, poursuit Magali Sanchez. On a déjà du matériel historique qui aurait dû être remisé il y a quatre ou cinq ans. »

    Autre motif de colère des cheminots : la réduction, voire la suppression, des services de guichet dans les gares comme à Sisteron, Chorges, Serres ou Aspres-sur-Buëch. « Leur but est de baisser le coût du TER. Mais, dans les petites gares, c’était important pour nous de faire du service, d’aiguiller la clientèle, rappelle une agente de gare. À partir de septembre, dans toutes ces petites gares, c’est terminé, on ne délivrera plus de billets. »

    Sur place, la frustration liée à une charge de travail plus lourde se mêle à un sentiment de perte de sens : « On laisse les gens livrés à eux-mêmes dans les gares, vous regardez les écrans et si vous avez un problème, vous vous débrouillez tous seuls, ajoute une déléguée syndicale. C’est une déshumanisation des gares, du service public. »

  • Des forces de sécurité bien articulées pour endiguer les trafics

    Des forces de sécurité bien articulées pour endiguer les trafics

    Le comité d’accueil à la sortie du bus en provenance de Marseille, au terminus de l’aéroport à Marignane, surprend un peu les voyageurs. Les forces de la police aux frontières, la gendarmerie des transports aériens et les douanes ont uni leurs forces pour une journée de contrôle, mardi.

    Tandis que Pacha, labrador de 7 ans, passe sa truffe sur les valises et les passagers, cherchant à détecter des produits stupéfiants, le préfet de région, Jacques Witkowski, venu avec la préfète de police, Corinne Simon, explique : « Le message est clair, les produits illicites ne passeront pas par la plateforme aéroportuaire. Avec 11 millions de passagers, Marseille se place comme un des premiers aéroports français et européen, il nous faut éviter qu’il soit une porte ouverte sur les trafics. »

    Précisant que ce travail commun est quotidien sur ce site, « un travail à bas bruit », Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale, ajoute que ces services ont dans leur ligne de mire le stup’, mais aussi « les VTC illégaux qui font prendre des risques aussi à leurs clients ». Côté douane, « on a deux obligations », pose Michael Lachaux, directeur régional des douanes à Marseille :   « Assurer la fluidité, ne pas retarder, et assurer la sécurité du département voire de la région. » Les douaniers ont effectué, en 2025, pas moins de 1 400 constatations et saisi 2,5 tonnes de tabac, 30 000 contrefaçons et 50 kg de stupéfiants.

    Les mules pour le tabac

    Il témoigne du retour d’un phénomène, celui des mules. « On connaissait les mules guyanaises, où on mettait plusieurs passagers qui avaient ingéré des produits, [dans l’idée que] les premiers se font prendre et les autres passent sans être contrôlés. On a la même chose en matière de tabac, avec plusieurs centaines de kilos à chaque fois », détaille-t-il.

    Après la gare routière, direction les sous-sols du terminal 1. Un avion en provenance d’Alger vient d’atterrir. Une destination « sensible » pour les douanes, où il faut distinguer le trafic, avec le tabac en échange d’autres produits importés, du voyageur qui ramène pour sa consommation personnelle.

    À l’image de ceux installés en surface, des tapis accueillent les bagages débarqués. Un autre labrador de la douane, Van, spécialisé dans la recherche de tabac en quantité, est guidé par son maître. « Quand il marque, il gratte, je prends alors la valise et je la mets de côté », détaille une douanière, fier de son « collègue de travail ». Un job de précision avec les bagages de 130 ou 150 passagers par vol. Justement, l’animal repère un sac. Il ne va pas être retenu, mais remis dans le circuit. « Ce qui nous intéresse, c’est non seulement la marchandise, mais la personne qui vient la chercher », développe le directeur régional des douanes. Toujours dans ce souci de fluidifier les flux, le voyageur sera intercepté à la surface et le bagage ouvert devant lui. Bilan : cinq cartouches au lieu d’une admise.

    Dans la zone fret, le Paco, le malinois de la gendarmerie, capable de dégoter explosifs, armes, stupéfiants et billets de banque, fera chou blanc sur les boîtes médicales en provenance d’Ajaccio. « C’est un outil précieux pour nous », insiste le major Rio, dont la brigade de 27 effectifs est en charge de la sûreté portuaire.

    Entre-temps, les douanes ont encore réalisé une belle prise : pas moins de 100 paquets de cigarettes, en provenance d’Algérie…