Tag: travail

  • Femmes au travail : la Région Occitanie en première ligne

    Femmes au travail : la Région Occitanie en première ligne

    Douleurs pelviennes, abdominales, nausées, céphalées, troubles hormonaux, mal-être… La liste des effets indésirables liés aux menstruations est malheureusement longue pour de nombreuses femmes. Pourtant, en société, cette douleur est souvent tue. Dans une étude de l’Ifop datant de 2022, 65% des femmes salariées interrogées disent avoir déjà été confrontées à des difficultés liées à leurs règles au travail, 53% confient avoir des règles douloureuses et 35% déclarent que leurs douleurs menstruelles impactent négativement leur travail.

    Suite à l’interpellation, en séance plénière, de Marielle Garonzi, élue d’un groupe d’opposition de droite, sur la capacité de la collectivité à répondre aux besoins des femmes souffrant notamment d’endométriose -dont les règles douloureuses sont le principal symptôme- la Région a décidé de se saisir de la question. Le 4 juin, l’ensemble des groupes politiques -sauf le RN -ont ainsi adopté un vœu visant à « mieux reconnaître les problématiques hormonales impactant la santé des femmes dans l’organisation de l’administration régionale ». Pour ce faire, un groupe de travail transpartisan -à l’exception, là encore, du RN-, impulsé par la présidente de Région PS Carole Delga, a planché sur le sujet, auditionnant durant trois mois les services juridiques de la collectivité, des associations de lutte contre l’endométriose, des professionnels de santé ou encore les syndicats de la Région.

    Un plaidoyer auprès du gouvernement

    « L’endométriose touche aujourd’hui une à deux femmes sur dix. C’est tout sauf un phénomène anodin. Sachant que la dysménorrhée (les règles douloureuses), la périménopause, la ménopause, impactent également lourdement la santé des femmes au travail. Il s’agit donc d’un vrai sujet de société, qui concerne des centaines de milliers de femmes en Occitanie et des centaines de femmes dans l’administration régionale », souligne Pierre Lacaze, vice-président de la Région à l’égalité hommes-femmes et président de ce groupe de travail.

    « Il y a quelques années, plusieurs collectivités avaient mis en place des congés hormonaux sur prescription médicale. On s’est aperçu qu’il n’y avait pas d’abus : une partie des salariées y avait recours, mais en proportion assez faible. Hélas, suite à des consignes nationales, les préfectures ont ensuite cassé toutes ces décisions dans le cadre du contrôle de légalité. Les services juridiques de la Région nous ont assuré que si nous mettions en place un tel congé, il connaîtrait le même sort », explique Pierre Lacaze. La Région a donc décidé de porter un plaidoyer auprès du gouvernement et des parlementaires pour faire évoluer la loi. « Cette évolution est indispensable pour permettre la création d’une Autorisation spéciale d’absence (ASA) liée aux pathologies hormonales féminines », indique l’élu communiste, qui a porté, le 8 juin, ce plaidoyer auprès de la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, à l’occasion d’une rencontre de l’association Régions de France. « Nous attendons un retour pour, nous l’espérons, un rendez-vous à la rentrée avec le gouvernement afin de discuter de la possibilité de légiférer. »

    Dans l’attente, plusieurs dispositifs vont être mis en place au sein de la collectivité, notamment une enquête interne auprès des agentes concernées et le recours ponctuel au télétravail supplémentaire sur prescription médicale. « On va se lancer dans une adaptation, dans tous les services, des conditions de travail pour ces femmes et former l’ensemble des dirigeants de services à cette problématique », promet Pierre Lacaze.

  • Nicolas Isnard tente de trouver une issue budgétaire

    Nicolas Isnard tente de trouver une issue budgétaire

    Après une conférence des maires ce mercredi 8 juillet, Nicolas Isnard (LR) va soumettre au vote en septembre le principe de création d’un fonds de concours d’un montant « équivalent à la baisse de dotation solidaire communautaire ». Les élus avaient refusé de voter le budget 2026 le 28 avril dernier, le président de la métropole estimant que l’État était responsable d’un trou de 144 millions d’euros, laissant la main à la Chambre régionale des comptes et au préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski. Au-delà des 91 millions d’euros d’économies dans le fonctionnement et les investissements de la collectivité, les magistrats financiers proposaient de sabrer 53 millions d’euros dans la dotation de solidarité communautaire.

    Pour le maire de Salon-de-Provence, pas question de recourir à l’impôt pour redresser la barre et une idée fixe : préserver la capacité d’investissement des communes.

    Des marges de manœuvre très réduites

    « Le budget arrêté réduit fortement les marges de manœuvre des communes. Il était de notre responsabilité de trouver une solution qui permette d’atténuer cette perte. En transformant cette perte de Dotation de solidarité communautaire en fonds de concours pour 2026, nous apportons une réponse concrète, rapide et solidaire, tout en respectant les équilibres financiers de la Métropole », souligne-t-il.

    Les 92 maires ont également convenu « d’engager immédiatement les travaux sur le futur pacte financier et fiscal entre la Métropole et les communes. » Un groupe de travail étant mis sur pied pour examiner « l’ensemble des leviers permettant de construire un cadre financier durable et équilibré. » Attributions de compensation, dotation de solidarité communautaire, fiscalité… « Toutes les pistes seront mises sur la table afin de préparer la suite du mandat dans un esprit de responsabilité et de dialogue », assure la présidence de la métropole. La première réunion devant se tenir dès ce jeudi.

  • À Lunel, la CGT appelle à mieux protéger les travailleurs

    À Lunel, la CGT appelle à mieux protéger les travailleurs

    Le Lunellois et l’Est héraultais sont particulièrement concernés par les conséquences du réchauffement climatique. Cette réalité nous oblige à prendre au sérieux les risques que les fortes chaleurs font peser sur la santé et la sécurité au travail », estime l’union locale CGT du Lunellois. Une vérité qui vaut pour l’ensemble du pays, où les travailleurs ont été mis, ces derniers jours, à dure épreuve sous le feu de la canicule.

    « L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) considère que les températures deviennent préoccupantes dès 28°C pour un travail physique et dès 30°C pour une activité sédentaire. Le danger peut donc exister bien avant les records de température ou les alertes canicule », souligne le syndicat. « La chaleur peut provoquer déshydratation, épuisement, malaises, accidents du travail, aggravation de pathologies existantes et, dans les cas les plus graves, entraîner des décès. »

    Si les travailleurs en extérieur (bâtiment, travaux publics, voirie, espaces verts, propreté, transports, agriculture, etc.) sont particulièrement exposés, les salariés « travaillant dans des bureaux, commerces ou locaux mal isolés peuvent également être confrontés à des températures incompatibles avec de bonnes conditions de travail », insiste la CGT.

    Des revendications concrètes

    « Les employeurs ont l’obligation légale de protéger la santé et la sécurité des travailleurs. L’organisation du travail doit être adaptée aux conditions climatiques. Quand on va en Espagne, on voit que le rythme de la journée n’est pas le même qu’en France. Le problème, chez nous, c’est qu’on fait appel au bon sens. Sauf que quand il y a des choses à faire, les gens se mettent eux-mêmes en danger ou bien certains employeurs ne font pas attention », estime Lise Florès, secrétaire administrative du l’UL CGT du Lunellois. « Il faut que des températures maximum soient fixées, à partir desquelles des choses s’imposent à l’employeur : davantage de pauses rémunérées, une adaptation obligatoire des rythmes et des cadences de travail, un renforcement du droit de retrait ou encore un congé climatique  », poursuit-elle. « Ce congé est une revendication portée nationalement par plusieurs organisations. Il permettrait aux salariés, en cas de canicule, de ne pas travailler sans perte de rémunération. Car les gens ont besoin d’argent, donc même par 45 degrés, ils y vont », considère la cégétiste. « Les canicules ne sont plus des événements exceptionnels dans notre région. Elles constituent désormais une réalité durable à laquelle le monde du travail doit s’adapter. Aucun salarié ni agent public ne devrait risquer sa santé ou sa vie pour accomplir son travail. »

  • [Entretien] Luc Cervellin, Shift Project : « On vit l’été le plus frais du reste de notre vie »

    [Entretien] Luc Cervellin, Shift Project : « On vit l’été le plus frais du reste de notre vie »

    La Marseillaise : En quoi cette vague de chaleur révèle-t-elle l’impréparation des gouvernements successifs alors que nous avions déjà connu une canicule dévastatrice en 2003 ?

    Luc Cervellin : On constate que le rythme de l’adaptation ne suit clairement pas le rythme de l’accélération du dérèglement climatique. Les deux tiers des vagues de chaleur qu’on a connues depuis 1947 se sont déroulées après les années 2000. Si on suit les prévisions des scientifiques, qui ont été assez fiables jusqu’ici, leur nombre va être multiplié par cinq d’ici 2050. On vit donc l’été le plus frais du reste de notre vie. Ensuite, on remarque qu’en comparaison à 2003, on a structuré la réponse d’urgence, donc la vigilance, les points d’eau, les EHPAD climatisés, etc. Mais les causes structurelles, comme le bâtiment ou l’organisation du fonctionnement de la société, ne sont pas traitées. La climatologue Valérie Masson-Delmotte explique que notre société a été conçue pour un climat qui n’existe plus.

    La semaine dernière, le président de la République Emmanuel Macron a fait une sortie pour expliquer qu’on ne pouvait pas s’adapter à un pic aussi inédit. Pour nous, Shifters, c’est incompréhensible du point de vue même du principe de l’adaptation, parce que l’adaptation consiste justement à se préparer à des scénarios qui ont de fortes chances de se produire et on sait que des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et de plus en plus importantes ont de plus en plus de chances de se produire.

    Pourquoi faut-il toujours lancer des mesures d’atténuation du réchauffement climatique ?

    L.C. : Il faut bien comprendre que réduire les émissions reste la seule façon de limiter l’ampleur du problème. Et chaque dixième de degré compte. Pour moi, pour mes enfants et pour tout le monde, il vaut mieux vivre dans un monde à plus de 2 degrés par rapport à l’ère préindustrielle qu’un monde à plus de 4 ou 5 degrés, qui est la tendance actuelle. L’atténuation et l’adaptation fonctionnent ensemble parce qu’on aura beaucoup plus de mal à s’adapter à un monde à plus 4 ou 5 degrés. Et au Shift Project, on réaffirme qu’une trajectoire de neutralité carbone reste possible d’ici 2050 si on la planifie dès maintenant dans tous les secteurs.

    Le débat a beaucoup tourné autour de la climatisation ces derniers jours, quelle est la position du Shift Project sur le sujet ?

    L.C. : La climatisation est une toute petite partie de la réponse parce que beaucoup d’infrastructures, comme les rails, les ponts, les chantiers, les forêts ou les champs de blé par exemple ne se climatisent pas. Évidemment, généraliser la climatisation créerait un effet rebond c’est-à-dire que ça aggrave la cause du problème qu’elle prétend résoudre. Pour nous la bonne question c’est « comment le bâtiment est-il capable d’évacuer la chaleur qu’il accueille ? » Pour cela, il faut prioriser les solutions passives qui sont très efficaces, comme la ventilation nocturne, les protections solaires ou la végétalisation. La climatisation est vraiment le dernier maillon de cette réflexion. Dans certains cas particuliers, climatiser reste nécessaire dans les lieux publics, les EHPAD, les hôpitaux ou les écoles, et avec sobriété. Mais présenter la généralisation de la clim dans les logements individuels comme la solution d’adaptation à la canicule revient à repousser et accentuer le problème, parce que cela entraînera une hausse de la consommation électrique, un réchauffement de l’air extérieur des villes et des impacts sur la facture d’électricité des ménages.

    Quelles sont les autres propositions du Shift Project pour s’adapter à ces températures ?

    L.C. : Pour nous, il faut avant tout planifier plutôt que réagir. L’anticipation via des diagnostics de vulnérabilité est beaucoup plus efficace à long terme que de gérer chaque épisode dans l’urgence. Dans cette planification, il y a la nécessité de rénover massivement le bâti en intégrant le confort d’été comme une priorité avec des protections solaires, des brasseurs d’air, la végétalisation. Donc pas seulement l’isolation hivernale comme on le fait en ce moment. Il y a aussi des transformations de l’emploi à gérer, parce que certains métiers vont disparaître, d’autres vont émerger et ça appelle des discussions par branche, par territoire, pour s’adapter.

    L’Espagne a mis en place un congé climatique pour ces travailleurs, est-ce une bonne idée ?

    L.C. : C’est un signal politique utile, parce qu’il reconnaît que travailler dehors par 40 degrés n’est pas faisable. Mais ce n’est pas une solution structurelle. Cela traite la conséquence plutôt que la cause. Au Shift, on met vraiment l’accent sur l’adaptation organisationnelle en amont. Pour nous, il faut travailler sur les horaires décalés, le télétravail quand c’est possible et la réduction de l’activité physique aux heures les plus chaudes. Toute mesure politique doit cibler en priorité ces métiers qui ne peuvent pas télétravailler comme l’agriculture ou les métiers du soin par exemple, sous peine de voir se créer une nouvelle inégalité entre les emplois protégés et non protégés, comme on a pu le voir pendant le Covid. Aujourd’hui la loi qui impose des dispositions de rafraîchissement pour les travailleurs est appliquée de manière plus ou moins juste, plus ou moins forte suivant les entreprises, suivant les endroits, mais elle garantit pourtant aux salariés des conditions d’hydratation, d’accès à l’eau et éventuellement des douches.

    En quoi ces vagues de chaleur touchent-elles en priorité les plus précaires ?

    L.C. : Le logement est vraiment le premier facteur d’inégalité. Près de 48% des logements ont un confort d’été insuffisant. Ceux qui sont les plus vulnérables, ce sont les quartiers populaires, parce que les logements sont plus petits, suroccupés, mal isolés, avec peu d’îlots de fraîcheur à proximité, peu de parcs, etc. Pour eux, il y a le double effet ciseaux, c’est-à-dire que ceux qui souffrent de la chaleur ont aussi le moins de moyens pour s’en protéger. Quand vous vivez dans des barres d’immeubles, vous n’avez pas forcément les moyens de faire installer la clim quand ça devient vraiment insupportable. Et ce sont aussi souvent les personnes qui ont les emplois les plus exposés. C’est pourquoi nous pensons que les moyens doivent être ciblés en priorité sur les publics et les lieux les plus vulnérables plutôt que dispersés dans une généralisation de la clim individuelle.

  • Sébastien Lecornu expose sa vision pour remettre la France en mouvement

    Sébastien Lecornu expose sa vision pour remettre la France en mouvement

    Session « spéciale » des Rencontres économiques. Sur scène, ce jeudi soir, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a pris la parole aux côtés d’Éric Maury, patron d’April, ainsi que de Philippe Aghion, prix Nobel d’économie 2025 et membre du Cercle des économistes.

    « La France traverse une période compliquée, pose d’entrée Philippe Aghion. Notre dette publique a presque doublé depuis l’an 2000 (…). On possède le deuxième déficit le plus élevé de la zone euro en 2025. Ces fragilités interviennent au moment même ou le pays doit absorber des chocs externes de grande ampleur. »

    Notamment à l’ère de l’intelligence artificielle. « Financer l’IA ne doit pas consister à punir le capital existant, mais à mobiliser l’épargne vers le capital productif de demain », juge Eric Maury.

    Sébastien Lecornu, qui rappelle prendre rarement la parole publiquement, accepte alors de donner « un peu de perspective » : « Je prends le risque, d’autant que lundi, le gouvernement va affronter sa 13e motion de censure depuis neuf mois, mais je pense qu’on est dans un moment ou il est bien de se poser pour réfléchir. » L’occasion de partager ce qui « l’inquiète » et ce qui le « rassure ». Sur le premier volet, le Premier ministre regrette « l’aversion profonde au temps long », « la déconnexion furieuse entre la vie politique intérieure et la géopolitique globale » et s’interroge : « Comment avons-nous pu être battus sur le plan culturel ? Le sujet n’est pas qu’un rendez-vous technique au Parlement, c’est évidemment le rendez-vous de l’an prochain. Il faut que les élites, pas seulement économiques, acceptent de reprendre leur bâton de pèlerin et expliquer pourquoi au fond, il faut s’y prendre différemment dans un monde aussi compliqué ».

    Sur les motifs d’espoir, « nous sommes dans un pays où l’État tient », assure Sébastien Lecornu : « Le paradoxe, c’est que notre État fonctionne ! » Seconde raison « sur laquelle j’ai de l’optimisme, c’est qu’on résiste sur un certain nombre d’appuis sur lesquels nous sommes forts ». Parmi eux, l’énergie, le logement « sur lequel on repart », l’agriculture, les réseaux de PME et d’innovation… Maintenant, « il va falloir embarquer les Français. On ne va pas décréter le progrès, il y en aura si on embarque le peuple ».

    Selon le Premier ministre, il faut « qu’un dialogue social s’engage vite sur la question de l’IA et son impact sur le droit du travail », le tout avec « patriotisme » et avec urgence d’éloigner le « populisme » et « en regardant en face le sujet de la dépense publique ».

  • La réduction des services postaux dénoncée par la CGT

    La réduction des services postaux dénoncée par la CGT

    « La Poste se retire progressivement de nos territoires, on a appris la semaine dernière qu’une grande partie du bureau de Chorges allait fermer », affirme Alexandra Pourroy, déléguée syndicale CGT Activités postales et de télécommunications (Fapt). Pour elle, il s’agit d’une nouvelle dégradation d’un service pourtant essentiel en milieu rural. « Il y aura toujours un guichet, mais les facteurs qui desservent le secteur ne partiront plus de Chorges. Du jour au lendemain, on leur dit qu’ils partiraient de Gap ou de Savines-le-Lac. »

    « Une étude en cours sur l’organisation des facteurs »

    Un bouleversement qui s’apparente selon elle à un « petit drame humain pour les salariés ». « Si l’on a acheté à Chorges eh bien il faudra aller prendre son service tous les matins à Gap », d’autant plus que « si le facteur qui livre le courrier à Chorges part de Gap, sa journée en est donc rallongée et les personnes recevront le courrier d’autant plus tard ». Alexandra Pourroy décrit une situation « anxiogène » pour les salariés : « On les a prévenus que ça allait changer vite, mais on n’a pas les infos définitives. » Elle déplore aussi une opération mise en place « dans la plus grande opacité » pour les usagers, qui découvriront le par eux-mêmes « le jour où leur courrier sera livré à 11h et plus à 8h ».

    De son côté, La Poste affirme que « le bureau de Chorges n’est pas concerné par un projet de fermeture », et qu’« une étude est en cours concernant l’organisation des facteurs ». Cette fermeture s’ajouterait à un contexte déjà tendu alors que la CGT Fapt 05 a publié, la semaine dernière, un communiqué dénonçant le manque de revalorisation des facteurs, payés selon le syndicat 1 600 euros nets après 25 ans d’ancienneté.

  • « Une fête qui crée de l’intelligence collective »

    « Une fête qui crée de l’intelligence collective »

    Il y a ceux qui font la fête pour « oublier », pas nous. Nous, nous la faisons pour nous rassembler, nous organiser, réfléchir et lutter pour ne pas rester seul dans cette société où l’individualisme et la compétition entre les citoyens sont érigés en valeurs suprêmes. Cette société où la culpabilité est renvoyée à celui qui est en difficulté. Tu ne trouves pas de travail ? C’est de ta faute. Tu n’arrives pas à boucler ton budget, c’est de ta faute. Ton gamin ne s’en sort pas, c’est de ta faute. La planète brûle, c’est de ta faute…

    Si les services publics, la santé, la justice dysfonctionnent, c’est sûrement de la faute de certaines personnes et on ne remet jamais en cause ce système ultralibéral.

    Alors non, ce n’est pas notre faute à nous si la société va mal, très mal. En revanche, c’est notre responsabilité collective de faire face. Ce ne sera jamais une réponse individuelle qui pourra résoudre quoi que ce soit.

    Voilà pourquoi nous sommes communistes et pas populistes et que nous luttons depuis toujours contre les forces d’extrême droite.

    Si nous sommes ici aujourd’hui, c’est pour faire la fête, une fête qui crée de l’intelligence collective, une fête de luttes, une fête de fraternité. »

  • Les gaziers de GRDF en lutte exigent des indemnités « vie chère »

    Les gaziers de GRDF en lutte exigent des indemnités « vie chère »

    « Engie/GRDF, un monde où l’argent coule à flots…loin des agents. » Avec une action symbolique jeudi devant le site du transporteur de gaz, NaTran, dans le 16e arrondissement de Marseille où une cinquantaine d’agents venus de tout Paca a afflué, la CGT énergie exige une ouverture des négociations pour une indemnité vie chère.

    Le message s’adresse à la direction Sud-Est de GRDF. Et il est aussi clair que chiffré. Le syndicat estime à 1 million d’euros, le montant des indemnités « vie chère » si elles étaient versées aux 590 gaziers de Paca. Comparativement, « les bénéfices GRDF réalisés grâce à notre travail, c’est 716 millions. Et les dividendes versés à Engie, toujours grâce à notre travail, c’est 730 millions », résume Renaud Henry, secrétaire général du syndicat CGT énergie de Marseille. C’est donc un léger effort consenti que demandent les agents, en somme, que d’aligner les salaires sur l’augmentation du coût de la vie.

    Car ce travail, ils ne le font pas à moitié : « Nous sommes très réactifs, rappelle un agent aixois présent dans la mobilisation du matin. Nous avons le sens des responsabilités, c’est nous qui montons au front sur les interventions sensibles, qui prenons des risques. » C’est de Meyreuil, que la colère s’est déjà exprimée il y a près de deux mois pour des négociations au point mort.

    Les seuls sans indemnités

    « On nous martèle qu’il n’y a pas d’argent, c’est faux. Sans cesse des économies sont faites sur le dos des agents, dont certains n’arrivent plus à se loger correctement, et sur celui des usagers, qui renoncent à se chauffer, effrayés par leurs factures », poursuit une gazière. L’action du jour se situe dans la ligne des Robins des bois, tracée depuis quelques années par le syndicat. « C’est une opération avertissement sur l’outil de travail », précise Clément Martinez, secrétaire CGT énergie Grand Avignon. La colère est d’autant plus légitime que cette mesure qu’ils demandent, GRDF est « la seule entreprise du groupe Engie à la refuser, souligne-t-il, Elengy et même Enedis ont accordé une indemnité de près de 200 euros bruts par mois à leurs salariés ». Par ailleurs, pas d’arrêt prévu sur l’inflation et « l’augmentation des prix s’expliquerait par une hausse des prix de l’énergie, tirés par ceux du gaz », indique l’Insee. En Paca, les agents font monter le rapport de force avec des taux de grévistes « atteignant 100% sur certains sites, à Marseille, Avignon, Nice où Aix », précise le syndicat. Ils demandent d’ici « septembre, l’ouverture de négociations, a minima régionales », précise le responsable CGT du Vaucluse. Ce dernier a déjà contacté par ses pairs dans d’autres régions de France. Ils se disent « prêts » à embrayer sur cette lutte qui commence à faire beaucoup d’étincelles en Paca. Contactée la direction n’a pas donné suite. Un embrasement national reste à craindre.

  • Matheos Jaadar n’a pas froid aux yeux

    Matheos Jaadar n’a pas froid aux yeux

    C’est par son père qui dirige une petite société de climatisation, que Matheos Jaadar a découvert ce métier. « Ce domaine, c’est grâce à mon père que je m’y suis intéressé », confie le jeune homme de 20 ans. Cela fait maintenant six ans qu’il pratique, – après avoir débuté dans le domestique – dans la climatisation et les centrales de traitement d’air, avant de passer par une entreprise mêlant agroalimentaire et froid industriel, et de se spécialiser entièrement dans le froid, le domaine qui le passionne le plus aujourd’hui.

    Son parcours de formation est dense. Après un CAP où il apprend les bases du montage comme les raccordements fluidiques et le câblage électrique, Matheos poursuit avec un brevet professionnel en froid énergétique au CFA d’Aix-les-Milles, puis un bac pro en froid et énergie domotique. Une étape clé, qui lui permet d’apprendre à calculer la puissance frigorifique nécessaire pour chaque installation. Aujourd’hui, il prépare un BTS Fluides, Énergies, Domotique (FED), en alternance, pour approfondir encore ses compétences et accéder, à terme, au bureau d’études.

    Son métier ? Concevoir des systèmes frigorifiques destinés aux supermarchés et à l’industrie agroalimentaire. « On fait de la commande de meubles et de centrales du système frigorifique », explique-t-il. Son rôle couvre tout le cycle : raccordement, démarrage, dépannage et entretien des installations.

    Un métier tous les jours
    différent

    « C’est un métier qui est très polyvalent », résume-t-il. Sur chaque chantier, tout est à « construire depuis zéro. » Il faut d’abord réaliser le lotage, qui consiste à planifier le chantier en différentes zones de travail, pour avancer de façon méthodique plutôt que dans le désordre. Ce n’est qu’une fois cette préparation terminée que le raccordement des tuyaux et la mise en route du système peuvent commencer. Une organisation rigoureuse, indispensable selon Matheos pour mener à bien chaque installation. « J’ai appris à travailler sans être bordélique », confie t-il. Vient ensuite le supportage, c’est-à-dire poser les structures métalliques qui vont fixer et maintenir les tuyaux sur les murs ou les plafonds, avant même de pouvoir installer la moindre tuyauterie.

    Pour Matheos, c’est précisément cette diversité qui rend le métier passionnant. « Chaque jour, on voit une nouvelle évolution et on continue d’apprendre », souligne-t-il. Cette polyvalence, mêlant technique, calcul et organisation est, selon lui, ce qui distingue ce métier des autres filières de l’énergie. « Mon but, c’est de continuer d’apprendre, d’évoluer et de pouvoir monter les échelons », jusqu’au bureau d’études qu’il vise à terme. Un objectif qu’il compte bien atteindre en poursuivant ses études après le BTS, par une licence professionnelle dans les métiers de l’énergie. Et c’est cette ambition qui l’a poussé à se qualifier aux Worldskills, à Marseille en octobre dernier, une compétition nationale où de jeunes professionnels s’affrontent sur leur métier.