Tag: travail

  • Le syndicat CGT Carrefour Aix alerte sur des conditions de travail risquées

    Le syndicat CGT Carrefour Aix alerte sur des conditions de travail risquées

    Dans un post republié sur ses réseaux sociaux, la CGT Carrefour Aix-en-Provence notifiait avoir signalé sa direction d’un « droit d’alerte pour danger grave et imminent » (DGI), ce mardi 10 février. Le courrier, indiquait que les salariés étaient confrontés à « une surcharge de travail constante, une intensification des rythmes de travail, une impossibilité de récupération effective, une pression organisationnelle accrue ». Une situation entraînant, toujours selon le courrier du syndicat, une « dégradation manifeste des conditions de travail et expose les salariés à des risques psychosociaux élevés ».

    Un DGI finalement levé

    « Sur la quasi-totalité de la surface de vente il y a de gros problèmes en termes d’effectif : Carrefour a mis un très gros coup de frein sur les frais de personnel aujourd’hui on est au bout du bout. De mémoire, on avait 685 salariés en 2024, en fin 2025 on est tombés à 625 [à Aix, Ndlr] », rapportait Patrick Ait Aissa, pour la CGT Carrefour. Exemple, « l’équipe PGC (produits grande consommation) ou l’on a sept personnes en arrêt maladie, sur une équipe de vingt-huit personnes. Tous les matins, il y a donc huit, neuf, voire dix rayons qui ne sont pas couverts ». Un comité social et économique a donc été réuni, ce mercredi 11 février. À l’issue duquel, l’alerte a été levée. Pour cause, deux des trois syndicats de l’entreprise, rapporte la CGT, ont voté pour la « levée » de cette mesure, sans pour autant être en désaccord. « On ne peut pas laisser les équipes dans l’état dans lequel elles vivent depuis des semaines », poursuit Patrick Ait Aissa.

    De son côté la direction de Carrefour, contactée par La Marseillaise, rappelle être « particulièrement attachée au dialogue social ». Pour répondre au sous-effectif dénoncé et « afin de pallier des absences liées à des arrêts maladie, la direction a immédiatement pris les mesures nécessaires en recrutant des intérimaires », ajoute-t-elle. « Malgré ces actions rapides, la CGT a choisi de déposer une alerte pour danger grave et imminent. Celle-ci a été examinée lors de la réunion du CSE (…) et à l’issue des échanges, la majorité des membres du CSE ont considéré que les actions prises par la direction étaient suffisamment sérieuses », conclut-elle.

  • Le pilonnage des points de deal se poursuit à Marseille

    Le pilonnage des points de deal se poursuit à Marseille

    Les narcotrafiquants ne tiendront pas les cités marseillaises. » Le message envoyé par le préfet de département, Jacques Witkowski, et la préfète de police déléguée, Corinne Simon, se veut limpide. Après une première frappe anti-narco simultanée le 9 décembre, une nouvelle opération de pilonnage a été organisée, ce mardi 11 février, sur dix points de deal de la ville.

    Pas moins de 250 policiers locaux et 10 compagnies républicaines de sécurité octroyées par le ministre de l’Intérieur, soit plus de 1 000 policiers au total, ont été mobilisés. Leur mission : surveiller, donner l’assaut, occuper le terrain, interpeller les trafiquants et verbaliser les consommateurs.

    Ce dispositif a permis d’interpeller 76 personnes, indique la préfecture dans son bilan, ce mercredi 11 février. Et 95 autres ont fait l’objet d’une amende forfaitaire délictuelle (AFD) pour consommation de stupéfiants. À noter que cette verbalisation, d’un montant de 200 euros, a été présentée par le président de la République comme une des solutions de lutte contre le narcotrafic. Il souhaite d’ailleurs la porter à 500 euros, alors même que la Défenseure des droits avait constaté dès 2023 que l’AFD portait atteinte aux droits de la défense et à l’accès à un juge.

    Des saisies ont également été réalisées : près de 56 000 euros, dont une partie en lien avec une affaire judiciaire, 31 kg de cannabis, 1,4 kg de cocaïne, une arme de poing, quatre armes blanches et trois véhicules. Dans une cité, la présence des CRS a également permis d’interpeller l’auteur d’un coup de couteau, précise-t-elle. Préfet de département et préfète de police déléguée se sont par ailleurs rendus, mardi, dans deux des dix cités ciblées, Kallisté (15e) et La Castellane (15e).

    Un outil supplémentaire

    « Renouvelées régulièrement, ces opérations sont un outil supplémentaire au travail quotidien réalisé par les effectifs locaux », estiment-ils. Cette stratégie de pilonnage ayant été mise en place par la préfecture de police des Bouches-du-Rhône d’alors, en janvier 2021. La lutte contre le narcotrafic se déploie « à tous les étages » rappellent-ils avec, outre ce genre d’opération, le travail de voie publique, le judiciaire et l’application de la loi narcotrafic.

    Pour mémoire, la précédente opération, qui avait engagé le 9 décembre quelque 1 500 agents, tous services de police confondus, sur quinze points de deal, avait permis de saisir 7 kg de résine de cannabis pour 114 personnes interpellées et 82 garde à vue, de dresser 61 AFD pour consommation de stupéfiants et de prononcer 33 interdictions administratives de paraître. Lors de contrôle dans les commerces, 118 kg de tabac de contrebande avaient été découverts, une arme de poing neutralisée et 10 infractions relevées.

    « Partout où les trafiquants tentent de s’approprier le territoire, ils trouveront une farouche et indéfectible présence de l’État », a prévenu le préfet. Lors d’un bilan des actions de l’État pour l’année 2025, le 4 février, aux côtés du procureur, de responsables de la police, de la gendarmerie et de la douane, il avait tenu à afficher un front commun face au narcotrafic, se félicitant d’avoir obtenu des résultats en jouant collectif, chacun faisant jouer ses compétences. Il rappelait que le nombre de personnes interpellées, à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône, avait augmenté par rapport à l’an dernier, respectivement de 14,2% et 11%, les points de deal avaient eux diminué de moitié : de 181 en 2021 à 89 à Marseille, et de 222 à 114 dans le département.

    Au-delà de ce vaste volet répressif, la préfète de police déléguée a également lancé, vendredi, des assises de la prévention pour éviter que les jeunes ne tombent dans les réseaux.

  • La CGT Marins obtient des garanties et suspend la grève

    La CGT Marins obtient des garanties et suspend la grève

    On a voté à l’unanimité la reprise du travail suite aux réponses obtenues », annonce Frédéric Alpozzo, secrétaire général de la CGT Marins de Marseille, ce vendredi soir à la sortie de l’assemblée générale des travailleurs. L’organisation « suspend le mouvement social » entamé lundi 2 février, notamment suite à plusieurs réunions en préfecture et avec les directions des deux compagnies des marins, La Méridionale et Corsica Linea. « On a un calendrier très précis pour un cycle de réunions de travail sur le programme commun des deux compagnies par rapport à la concurrence déloyale », développe Frédéric Alpozzo, évoquant un « document complet ».

    Le tout, en parallèle « d’une médiation », annoncée la veille par le ministère des Transports. « Il y a toutes les parties prenantes dans les différents cycles de réunions, on a des avancées », commente le syndicaliste. Avant de prévenir : « Ce n’est qu’une suspension, si les discussions se passent mal, on retourne au combat ! ». Pour rappel, ils dénoncent un « dumping social » de certaines compagnies maritimes usant de pavillons internationaux « sur les lignes territoriales françaises à passagers ». « Les marins de ces bateaux n’ont pas de contrats français et sont payés entre 650 et 1 200 dollars par mois », rappelait la CGT Marins, qui défend le pavillon français et son socle de droits sociaux.

    Il faut dire que leur mouvement avait provoqué des remous. Ce vendredi, à l’usine d’Airbus Helicopters de Marignane, Philippe Tabarot, le ministre des Transports, jouait la carte du dialogue social. « Je souhaite que l’apaisement revienne. Je comprends l’émoi d’un certain nombre de salariés par rapport à cette concurrence qu’ils jugent déloyale », assure-t-il. Si les marins réclament des garanties pour l’emploi au pavillon français depuis des mois, le ministre semble aller dans leur sens en affirmant qu’il « lutte contre le dumping social » notamment sur les liaisons transmanche.

    Des « conséquences économiques ravageuses »

    « Nous sanctionnerons sévèrement ceux qui ne respectent pas les règles. Mais tout n’est pas entre les mains de l’État », justifie Philippe Tabarot, citant les « difficultés liées au port de Sète, de compétence régionale ». De quoi renvoyer à la fameuse « médiation » lancée par son ministère. Laquelle doit « produire des conclusions rapides, dans un délai de six à huit semaines ». Il faut dire que même la Corsica Linea a dénoncé, dans un communiqué de presse diffusé vendredi matin, « les conséquences économiques ravageuses de l’expansion du dumping social ». Et a pointé directement des « compagnies maritimes opérant sous pavillons internationaux moins-disant, en dehors de tout respect du socle social minimal imposé par la loi française ». Philippe Tabarot s’est félicité de « la levée du mouvement de grève (…) les deux médiateurs désignés sont à l’œuvre pour parvenir à un apaisement durable avec tous les acteurs », précisait-il vendredi soir.

  • La préfète de police lance des assises de la prévention

    La préfète de police lance des assises de la prévention

    « La lutte contre les stupéfiants ne fonctionne que si on a deux jambes, le répressif et la prévention » pose la préfète de police déléguée, Corinne Simon, à la veille du lancement d’assises sur le sujet. « Il se passe plein de choses mais chacun fait ça dans son silo », poursuit-elle. L’idée : « mettre en place un plan départemental de lutte contre l’entrée des jeunes dans la délinquance et le trafic de stupéfiants » en favorisant « l’échange d’informations avec les acteurs qui se trouvent autour de l’enfant, pour anticiper et agir ».

    « On a besoin d’avoir des signaux faibles » détaille la préfète, « un jeune qui a un taux d’absentéisme à l’école, ne va plus à son club de sport, change de copains, en rupture avec ses parents… Tout ça mis bout à bout, ce sont des alertes ». Pas de « grand raout » mais du « pratico-pratique », promet-elle avec une première réunion pour faire « un état des lieux ». Les objectifs seront définis « ensemble ».

    Autour de la table ce vendredi 6 février, 25 coordinateurs des CLSPD (Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance), obligatoire pour toutes les villes de plus de 5 000 habitants, soit 51 dans le département, des représentants de l’Éducation nationale, de la PJJ, de la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), les trois procureurs de la zone, le responsable du centre loisirs jeunes de la police nationale 13 (CLJ), des délégués du préfet pour la politique de la Ville. Dans le cadre d’un appel à projets de la Mildeca, « Limits », deux communes des Bouches-du-Rhône sur les 30 retenues en France, viendront aussi partager leur expérience. Pas d’élus pour cause de municipales, ni d’associations, en période de subventions.

    Une cellule d’appui

    Quand on objecte que ces assises arrivent bien tard, au regard des appels à l’aide des acteurs de terrain, la réponse tombe. « On n’a pas attendu pour faire des actions » balance Jean-Christophe Roux, chef du bureau de la prévention de la délinquance, à la manœuvre avec Pierre Gilardeau, directeur de cabinet adjoint de la préfète. « Chaque année, au Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, je présente ce que l’on fait avec le CLJ. On est passé de modules de lutte contre l’addiction à un module basé sur la notion de dette [qui fait que] le jeune ne peut plus sortir du réseau, basé aussi sur l’expérience des jeunes ciblés sur des collèges », précise-t-il.

    En « lien avec la Mildeca », précise Pierre Gilardeau, la préfète et son équipe réfléchissent aussi à la création d’une cellule administrative départementale « qui pourrait apporter un appui au travail fait par les communes qui a peut-être ses limites » explique Jean-Christophe Roux, à l’image de la Cepraf, cellule de prévention de la radicalisation et d’accompagnement des familles. Prochaine étape avec une seconde réunion à l’été.

  • Benoît Payan veut prendre en main la propreté

    Benoît Payan veut prendre en main la propreté

    Marseille est « pourrie » et c’est la faute de la Métropole, entendre sa présidente et candidate de la droite et du centre à la Ville, Martine Vassal, a martelé Benoît Payan, maire DVG sortant et candidat du Printemps marseillais. La propreté, « c’est une question sur laquelle nous sommes interpellés tous les jours, il y a une confusion très grande sur les compétences et les Marseillais attendent des résultats » dans une ville « abandonnée sciemment, consciencieusement » pose-t-il. C’est bien pour lui « la Métropole qui a fait le choix de ne pas recruter, de bouleverser les tournées, de ne pas implanter les poubelles et centres de tri » en nombre suffisant. Alors que les Marseillais paient une taxe d’enlèvement des ordures ménagères, « la plus importante de la métropole et de France » assène Benoît Payan.

    Son idée : reprendre la main, tout en laissant les compétences à la Métropole, le nouveau mode de scrutin lui permettant de peser dans l’hémicycle du Pharo s’il venait à remporter les municipales. Une méthode différente de celle tentée en 2022, dans le cadre de la loi dite 3DS qui permettait le transfert de compétences de proximité de la métropole vers les communes. « J’avais poussé une gueulante et proposé de nous mettre autour d’une table pour récupérer la compétence » raconte-t-il, mais « patatras plus rien n’était possible, la Ville se serait retrouvée dans une situation où elle n’aurait eu que les difficultés, sans les moyens nécessaires pour appliquer sa politique », résume Benoît Payan. Quand Martine Vassal lors de ses vœux fin janvier évoquait, elle, un travail de trois mois « pour trouver un terrain d’entente » avorté, le maire de Marseille estimant que c’était « trop compliqué ».

    La donne a changé : « Pour la première fois, si nous gagnons la ville, nous avons la possibilité de prendre en main la propreté » estime le candidat du Printemps marseillais qui se donne trois ans pour « mettre les choses au carré », les maires de secteur reprenant la gouvernance pour le reste du mandat.

    Deux fois plus de poubelles

    Concrètement, sur la collecte, ce temps lui permettrait de faire un point sur les actions du public et du privé qui se sont vus répartir les différents secteurs de la ville et notamment sur les « avenants aux contrats à plusieurs millions d’euros », sans pour autant un retour total en régie. Sur le nettoyage des rues, il veut revoir le nombre de cantonniers, en le multipliant par deux, même s’il en convient, il ne le connaît pas, faute de réponse là encore, de la métropole. Il se fait plus précis sur les poubelles, qu’il veut passer de 7 000 à 15 000.

    Benoît Payan souhaite aussi sensibiliser les Marseillais avec de la pédagogie et également de la répression par le biais d’une police de la propreté qui dépendrait directement de la police municipale. Il s’agit aussi de mieux trier. « Réduire le contenu de la poubelle noire » rappelle Sophie Camard, maire GRS des 1-7 et tête de liste du Printemps dans son secteur, expliquant qu’en centre-ville, ce qui fait déborder les bacs, « c’est le mélange des déchets des particuliers et des professionnels ». Pour Anthony Krehmeier (PS), maire des 2-3 et lui aussi tête de liste de son secteur, « il n’y a pas de fatalité ». Considérant que « ramasser des poubelles n’est pas en soi insurmontable », il entend associer « commerçants, habitants et agents ».

    Au sein de l’équipe de Martine Vassal, la réaction n’a pas tardé. « La panique fait sacrément mentir le trouillard » a lancé son porte-parole, Romain Simmarrano, sur les réseaux sociaux, estimant que le maire allumait « un contrefeu de plus pour tenter de faire oublier l’enquête qui le concerne ».

  • Un concours d’éloquence pour que les jeunes apprennent à se faire confiance

    Un concours d’éloquence pour que les jeunes apprennent à se faire confiance

    « Est-ce que le vote des jeunes est pris en compte ? » « Est-ce plus difficile d’être un jeune aujourd’hui qu’avant ? » Autant de questions sur lesquelles une centaine de 13-18 ans, venus des centres sociaux de Miramas, Istres, Marseille, Vitrolles ou Aix, avaient cinq minutes pour réfléchir avant d’argumenter devant un hémicycle. Pour sa 6e édition, le « Lab’oratoire », concours d’éloquence des centres sociaux organisé par le Réseau Jeunesse de l’Union des centres sociaux des Bouches-du-Rhône (UCS 13) a investi ce samedi 31 janvier l’hôtel du Département. L’idée : « donner aux jeunes des atouts mais aussi et surtout les faire se rencontrer et échanger » explique Pascale Baliand, chargée de mission à l’UCS 13. S’il s’agit là d’une compétition, elle se déroule en équipe, tient-elle à ajouter, car c’est aussi le travail en collectif que l’Union veut promouvoir.

    Où l’on découvre des jeunes engagés, solidaires, plein d’idées… Loin des clichés. « Cela sort du discours ambiant sur la jeunesse, surtout celle des quartiers, ça fait du bien », se félicite Joseph Richard-Cochet, délégué départemental de l’UCS 13. Tout le monde a un peu préparé avec l’aide de l’association Eloquentia et le Garage Comedy Club de Marseille dans le cadre d’ateliers.

    Un espace d’expression

    Entre deux phases éliminatoires, on retrouve des ados venus du centre social de la Martine (15e) avec leur coordinateur du service jeunesse, Kader Allem. « C’est difficile de s’exprimer quand on fait partie du sujet » explique Chemsy, 16 ans qui préfère « porter un regard extérieur » pour trouver ses arguments, pas plus effrayée que ça de prendre la parole face à un public. « Elle est à l’aise, plus que moi, alors je trouve les sujets et je les lui donne », raconte sa copine Maïssa. À leurs côtés, Nasser a de l’expérience, lui qui participe pour la deuxième fois à l’événement. « J’ai progressé, dans la posture aussi et on nous donne de bons conseils », estime le jeune homme. Quand Sofia y trouve elle aussi de l’intérêt car « on a le grand oral au bac coefficient 14 », précise-t-elle.

    Pour Kader, le concours leur permet « de se faire confiance en leur donnant les espaces pour s’exprimer et leur montrer qu’ils sont capables ». Il y a aussi le regard des parents, comme Echata et Laetitia, venues soutenir leurs filles, Sana et Melyna, du centre social la Garde (13e). « On les découvre, alors qu’elles sont plutôt timides » commente la première, « nous, on n’a pas eu la chance d’avoir une formation comme ça, c’est super pour leur avenir », ajoute la seconde.

    Beaucoup repartiront avec un trophée, ravis. « Être ados hier c’était chercher sa voie, aujourd’hui c’est de la faire entendre », résume un membre du jury.

  • À la Paternelle, l’association Schebba veut l’apaisement

    À la Paternelle, l’association Schebba veut l’apaisement

    « Cela fait 24 ans que nous sommes ici à la Paternelle, on y fait un travail de fond, sur la citoyenneté, nous souhaitons trouver une solution. » Danielle Sautet Vitiello, vice-présidente de l’association Schebba, a tenu à revenir sur la situation concernant le local qu’elle partage avec Jeunes Renaissance à l’entrée de la cité (lire notre édition de ce mercredi). Sa présidente Fadela Hadjadji, dénonçant des difficultés à poursuivre ses animations auprès des habitants faute d’accès à l’électricité notamment.

    Relations tendues

    Si Danielle Sautet Vitiello confirme la volonté de Schebba de quitter les lieux, elle précise avoir revu sa position à la demande de ses adhérentes qui souhaitaient que l’association reste, et avoir tenté de négocier avec le propriétaire du local, le bailleur de la Ville, Marseille Habitat. Mais la « résiliation du bail était actée ».

    Elle évoque des relations tendues avec Fadela. En cause, selon elle, le non-paiement de charges dues dans le cadre de la convention liant les deux structures. Raison pour laquelle Schebba a refusé que le bail passe au nom de Jeunes Renaissance quand Marseille Habitat lui a proposé.

    Assurant être toujours dans une démarche constructive, Danielle Sautet Vitiello se dit à la disposition du bailleur. En attendant, Schebba pourrait réclamer les sommes qu’elle estime dues par Jeunes Renaissance, au prorata du taux d’occupation du local et sur une durée de 3 ans… À noter que, dans le cadre de la rénovation de la cité, le local en question pourrait être déplacé, a expliqué la présidente de Marseille Habitat, Audrey Gatian, se disant néanmoins « confiante » pour trouver une issue.

  • Des vœux revendicatifs pour les portuaires CGT

    Des vœux revendicatifs pour les portuaires CGT

    Des portuaires de Marseille mais aussi de Fos-sur-Mer ont assisté nombreux ce jeudi 22 janvier aux vœux de la CGT. L’occasion pour leur secrétaire général, Pascal Galéoté, de contextualiser ce traditionnel exercice. D’abord, la situation internationale qui concerne au premier chef un port ouvert sur le monde.

    Santé, paix, solidarité, « ces mots peuvent paraître simples mais ils prennent aujourd’hui une résonance toute particulière dans un monde traversé par l’instabilité, les conflits et les dérives autoritaires » pose-t-il. Et de revenir sur un « Donald Trump qui se pose en arbitre du monde et en tuteur autoproclamé des nations ». Il rappelle à quel point le « discours politique s’est décomplexé, glissant sans retenue d’une droite conservatrice vers une extrême droite agressive, autoritaire et prédatrice ». Déplorant la multiplication des interventions militaires, en dehors « du droit international, du rôle de l’ONU et de la souveraineté des peuples », le syndicaliste souligne le cas du Venezuela, revient sur les velléités de Trump de capter les ressources fossiles du Groenland.

    La domination par la force. Une logique « que nous retrouvons en France » décline Pascal Galéoté déplorant « la concentration des pouvoirs, l’arrogance et l’autoritarisme » qui entraîne le pays vers « l’impasse démocratique ». Jusqu’à user du 49-3 faute de pouvoir voter un budget, après avoir « refusé de nommer un Premier ministre issu du Nouveau front populaire pourtant arrivé en tête aux dernières législatives ».

    Remise en cause du 1er mai

    Et de dénoncer le creusement des inégalités, les aides aux entreprises qui atteignent des sommets « sans aucune contrepartie sociale, salariale, environnementale ou industrielle ». Il enchaîne sur la remise en cause des « repères sociaux, des droits collectifs et de nos symboles ». Il entend par là le détricotage du 1er mai avec une proposition de loi LR, soutenue par les macronistes et le RN, pour autoriser ce jour-là le travail de certains secteurs, restaurants, fleuristes ou culture, en débat ce jeudi à l’Assemblée nationale. Pas question pour lui de « s’attaquer aux droits sociaux et à l’histoire ouvrière ».

    En matière de dérive, il revient aussi sur cette Une du journal La Provence le 14 janvier, sur les « grands procès de 2026 », le mettant au même niveau notamment que le chef du clan Yoda. Si depuis, le directeur de la rédaction, Olivier Biscaye, s’est fendu d’une adresse aux lecteurs, réfutant « l’idée d’avoir voulu porter atteinte à l’honneur » du responsable CGT, une rencontre a eu lieu ce jeudi matin indique Pascal Galéoté, entre « notre fédération, l’Union départementale » et « la numéro 2 de CMA et le directeur du pôle média ». « Profondément attaché à la liberté de la presse », il estime qu’elle « implique des responsabilités ».

    Fort de 42 500 emplois portuaires pour 54 métiers, soit « des dizaines de milliers de familles », il s’inquiète aussi de l’avenir, alors que la campagne des municipales bat son plein. « L’espace portuaire n’est pas un espace de loisirs », assène-t-il. Sans industrie, le port deviendrait « une coquille logistique fragile, soumise à la volatilité des trafics et à une concurrence internationale féroce », prévient-il, « la transition écologique ne peut se résumer à une opposition simpliste entre la fin du monde et la fin du mois ». Malgré un chiffre d’affaires en hausse de 245 millions d’euros, le bilan d’activité reste contrasté analyse-t-il, « le port doit beaucoup à ses activités passagers, à la réparation navale et à la fourniture de ses services essentiels comme l’eau et l’électricité ».

    « Une conjoncture instable », qui ne doit pas faire oublier que ce résultat est celui d’une « capacité collective à produire de la richesse » martèle Pascal Galéoté, fier de revendications qui ont permis la création de 37 emplois supplémentaires en 2025, « dont 4 négociés hier soir pour l’activité voyageurs », de « 87 nouvelles adhésions en 2025 pour atteindre les 867 syndiqués ».

    « L’espace portuaire n’est pas un espace de loisirs »

  • Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Le bout du bout… Mohammed Benmeddour, médiateur avec l’association Apis depuis de nombreuses années, a décidé d’entamer une grève de la faim pour qu’enfin « l’État agisse sur le narcotrafic ». « J’ai récupéré un jeune à deux doigts de replonger. Il sort de prison, il s’est déjà pris une balle dans le genou, il n’a nulle part où aller et personne ne nous aide. Pire, on nous met des bâtons dans les roues », raconte-t-il, visiblement fatigué.

    Alors, il installera son lit de camp et celui de son protégé devant la préfecture, dès ce mercredi 21 janvier, « pour qu’on nous reçoive ». Lors de la venue du président de la République à Marseille, le 16 décembre dernier, Mohammed avait pu lui rappeler leur première rencontre en 2021, à la cité Bassens. Il lui réclamait déjà des moyens.

    Depuis, il a créé un projet de médiation nomade « peu suivi », déplore-t-il, allant notamment à la rencontre des jeunes au pied des immeubles.

    Dès qu’il en a l’occasion, le médiateur n’hésite pas à prendre la parole devant les caméras pour faire entendre sa voix et surtout celle de ceux qui « cherchent à s’en sortir ». Si Emmanuel Macron a publiquement pris l’engagement de soutenir la prévention et l’éducation, « d’accompagner les jeunes », Mohammed n’a rien vu venir. « Aucune suite n’a été donnée. J’ai même interpellé Vincent Jeanbrun, [ministre du Logement Ndlr] à la Maurelette ce vendredi, mais rien du tout », assure-t-il.

    Ultime recours

    Déplorant les effets d’annonce et de communication au fil des visites ministérielles et présidentielles, il s’indigne : « Je fais le travail le plus difficile, je vais à la rencontre des jeunes sur les points de deal, je vais parler avec des gars en prison et derrière, ça ne suit pas, on ne nous considère pas. Là, on a un cas concret. Je ne m’alimenterai plus jusqu’à ce qu’on me donne une réponse. C’est mon dernier recours ».

  • À Allauch, dompter le numérique pour mieux travailler

    À Allauch, dompter le numérique pour mieux travailler

    « L’objectif de ces ateliers, c’est la maîtrise », pose Léa Maïa Abrissa. Dans la salle de réunion, la jeune femme, dont l’activité consiste à « accompagner les projets collectifs », vient de détailler le programme des nouveaux rendez-vous lancés ce premier trimestre à La Bobine. Intitulée « être maître de son temps et de son attention », la conférence est fixée mardi 27 janvier prochain*.

    Président de l’association marseillaise Un Prétexte, spécialisée dans la culture des sciences et des savoirs, Hugo Gattuso animera ce rendez-vous : « Nous parlerons de la surexposition aux écrans numériques et de l’impact sur soi et sa relation aux autres. » Suivra le premier atelier, jeudi 12 février, même lieu, de 8h30 à 10h30, qui invite à « reprendre la main sur ses usages numériques ». Et enfin le second, jeudi 5 mars, même lieu, de 18h à 20h : « respecter son rythme, se libérer des charges obsolètes. » Habitués du lieu, auto-entrepreneurs, télétravailleurs, professions libérales, entrepreneurs… une vingtaine de personnes sont venues, vendredi, s’informer sur ces nouveaux rendez-vous. Et le thème choisi fait mouche.

    Solutions pratiques

    Conseillère municipale déléguée au développement économique et à l’animation de La Bobine, Emmanuelle Girard-Thivillier explicite le choix du thème  : «Dans ce monde tellement anxiogène, de pression professionnelle, nous voulions donner des outils pratiques aux gens pour gérer toutes les informations ».

    Directeur du Pôle culturel, Armand Teissedre souligne : « Il faut humaniser le travail. L’utilisation de l’outil numérique a ses limites. Le mail est parfois sujet à interprétation. Si on se positionne comme manager et c’est mon cas, il faut privilégier les rencontres régulières pour libérer les échanges. Elles peuvent aider à dénouer les conflits. »

    * De 18h à 20h30 à La Bobine, 164 av. de Gaulle. Tél : 04.91.10.49.70.