Tag: travail

  • Marseille : les quartiers Nord gardent leur Château en Santé

    Marseille : les quartiers Nord gardent leur Château en Santé

    Installé depuis 2021 au cœur du Parc Kalliste, proches des cités Granière et La Solidarité dans le 15e arrondissement de Marseille, le centre de santé pluridisciplinaire et expérimental s’est vu menacé par des coupes budgétaires impliquant la fin du dispositif Secpa, annoncée par le Premier ministre. De quoi soulever l’inquiétude parmi la population pour qui l’utilité de la structure n’était plus à prouver. Les équipes de soignants, d’assistantes sociales et de traducteurs s’étaient rassemblées le 6 février pour demander au gouvernement de sauver leur château. Un plaidoyer entendu au ministère de la santé le 17 février dernier et qui a permis à la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, de confirmer le maintien du dispositif et de son financement jusqu’à la fin de l’année. Un espace de travail pour préparer l’inscription des Secpa dans le droit commun est également ouvert.

    Relire Un plaidoyer populaire pour le Château en santé

  • [Entretien] « L’affaire a levé le voile sur une réalité des paysages ruraux »

    [Entretien] « L’affaire a levé le voile sur une réalité des paysages ruraux »

    En plus des accueils et accompagnements qu’elle propose aux femmes victimes de violence à Aubignan et à Montélimar, l’association Vivre femmes intervient dans les écoles pour sensibiliser.

    La Marseillaise : En quoi l’affaire Pelicot a modifié le regard qu’on porte sur les violences faites aux femmes ?

    Sandra Barba : En zone rurale, nous sommes souvent confrontés à des discours stéréotypés. L’idée c’est que les violences de ce genre, ça n’arrive qu’aux autres, dans les grandes villes. Nous, dans notre commune, il y a 6 000 habitants, c’est-à-dire que tout le monde se connaît. Doncon se dit que s’il se passait quelque chose, ça se saurait. Le fait que Madame Pelicot soit dans un village à dix minutes de chez nous a permis de lever le voile sur une réalité dans les paysages ruraux, qu’on n’affronte pas toujours franchement. D’autant qu’ici, Madame Pelicot, nous l’avons presque tous croisé. Elle a incarné une vraie réalité, qui fait ses courses comme tout le monde, qui va acheter son pain comme tout le monde, qui va chez le médecin comme tout le monde. Ça a vraiment cassé les codes.

    Pourtant, on sait que près de 50% des féminicides ont lieu en zone rurale, alors que seul un tiers des Françaises y vivent…

    S.B. : Tout à fait. Mais c’est plus diffus, plus flou. Les gens se disent que les violences de rues sont les choses de la grande ville. Ils oublient trop souvent l’isolement, les difficultés d’accès à l’information, les problématiques de mobilité… Une femme qui se met à hurler dans une maison au milieu d’un jardin de 1 000m2 sera moins entendue que celle qui hurle dans un immeuble. L’affaire Pelicot permet aussi de révéler toutes ces difficultés qu’on rencontre en zone rurale et qui sont parfois balayées.

    Cette affaire a aussi permis de montrer que le profil d’un agresseur pouvait être celui de monsieur tout le monde…

    S.B : Exactement. Et nous, nous en avions encore plus besoin. D’autant qu’ici, tout le monde à au moins une connaissance liée à l’affaire. Nous avons tous été impactés en découvrant certains noms, en se disant : « putain, mais j’ai bossé avec lui », « mais, lui, il a bossé avec ma fille » ou même « c’est mon frère ». Dans mon cabinet, j’ai reçu des épouses qui ne croyaient pas que leur conjoint puisse être impliqué, qui, même lorsqu’elles étaient interrogées par la police, disaient que ce n’était pas possible, qu’ils se trompaient. C’est normal, quand vous apprenez que votre voisin a violé quelqu’un, il y a un temps de sidération. Surtout que la phase sociale des agresseurs est souvent policée et travaillée. Mais c’est vrai que l’affaire Pelicot a fait exploser la nécessité de se réveiller. Elle a montré que ça pouvait se passer chez tout le monde, même dans les jolies petites maisons. Je pense que ça a complètement bousculé le Vaucluse.

    Pensez-vous que cela a aussi permis de libérer la parole des victimes ?

    S.B. : Disons que ça a ouvert la porte de ce qui n’était pas normal. À très juste titre, Gisèle Pelicot a soulevé la problématique de la honte. Je pense que ça a beaucoup aidé. Dans notre association en tout cas, nous avons plus d’appels : 143 l’an passé contre 90 l’année d’avant. Et, depuis janvier, nous en recevons presque tous les jours. D’autant qu’ils proviennent à 60 % d’un rayon de 10km à la ronde, alors qu’au départ ils venaient de nos partenaires extérieurs.

    Les associations féministes en parlent

    Annick Karsenty, présidente de l’association Femmes Solidaires à Marseille

    « Gisèle Pelicot est une éveilleuse. Elle a mis en évidence la culture du viol. Un concept dont nous, les militantes, parlions beaucoup, mais que personne ne retenait, ou pas beaucoup. Elle a mis en évidence le fait que la honte devait changer de camp. Et puis sa décision que le procès ne se passe pas par un huis clos a permis de montrer ce que les féministes disaient. Qu’est-ce qu’il se passe pendant un viol, ou dans un tribunal ? La question de la soumission chimique… tout a été mis en évidence. C’est une femme exceptionnelle. »

    M.M.

    Pascale Perez, secrétaire générale du CIDFF dans les Alpes de Haute Provence

    « Gisèle Pelicot est exemplaire dans sa démarche. Mais je crois que c’est un petit peu tôt pour dire si ce procès a changé la vision du viol. Ce qui m’interpelle, c’est que seulement 10% des plaintes pour viol aboutissent. Je souhaiterais que comme en Espagne, on ait une juridiction particulière pour ces questions-là. Parce qu’on a un souci au niveau de la prise des plaintes auprès des forces de police et de gendarmerie. Et je suis très inquiète de la montée de certaines idées qui accompagnent les mouvements masculinistes. »

    E.J.

    Nathalie Rocailleux, directrice de l’AFL Transition à Toulon

    « Le message fondamental qu’elle passe, c’est cette révolution qui est que la honte doit changer de camp. Pour moi, c’est une réforme dans une société patriarcale, dans laquelle nous sommes tous encore. C’est une révolution culturelle, morale, psychologique, sociétale et juridique. Et avec le titre de son ouvrage, paradoxal, qui parle de joie, après l’effondrement, c’est en fait refuser, pour moi, que la violence de l’autre prenne le pas sur sa vie. Ce livre, c’est un très beau témoignage de résilience. »

    E.J.

  • La situation s’améliore à la prison pour mineurs

    La situation s’améliore à la prison pour mineurs

    Du mieux, même si tout n’est pas parfait. Comme six autres députés ce jour-là, mobilisés dans une action commune, pour « enclencher une prise de conscience d’ensemble et une remise en question structurelle des conditions de détention des mineurs », Hendrik Davy (L’Après), député de la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône, a usé de son droit de visite parlementaire pour retourner à l’établissement pour mineurs (EPM) de la Valentine (11e) ce jeudi 25 février. En mars l’an dernier, il avait pu découvrir que les jeunes n’avaient pas accès à l’école, faute de surveillant en nombre suffisant. Suivait fin août un rapport salé de la contrôleure générale des lieux de privation de liberté après une visite inopinée, Dominique Simmonot réclamant la fermeture partielle de l’EPM. Elle s’indignait notamment de la pratique de la « mise en grille », une « punition » qui consiste à mettre un enfant « sans eau, sans toilette, sans rien pour s’asseoir dans une cellule pendant plusieurs heures », rappelle le député.

    Désormais 38 mineurs, dont le plus jeune à 15 ans, sont incarcérés, contre 51 l’an dernier, le nombre de places ayant été ramené à 40 pour entamer un plan de rénovation, 120 000 euros investis pour repeindre et changer le mobilier, démarré en novembre dans les 7 unités de l’EPM et qui doit se terminer mi-juin, précise Karine Mathieu, directrice du service éducation de l’EPM pour la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse), arrivée en janvier. Avec 33 éducateurs, elle assure le suivi des jeunes et entend remobiliser tout le monde « autour du “faires avec” », avec de la formation obligatoire, des groupes de travail, dans le cadre d’une refonte du projet d’établissement.

    Finie aussi la mise en grille, utilisée pour faire « redescendre la pression », explique le directeur adjoint de l’EPM que l’on sent démuni : « On les réintègre en cellule avec le risque de voir la situation dégénérer. » Côté surveillant, la fermeture tournante de deux unités a amélioré la situation, même si le taux d’absentéisme est de 30% et que les reprises se font en mi-temps thérapeutiques, convient-il.

    Une unité qui « répare »

    Dans les cellules de l’unité 5, celle du « régime différencié » pour mauvais comportement, on confirme l’amélioration. « Ça se passe bien, j’ai école », raconte Boui, 16 ans, incarcéré depuis 2 ans, déjà connu de l’EPM à l’âge de 13 ans. Dans la cour, les ados interpellent le député : « On est enfermés, on nous traite comme des animaux. » L’un d’entre eux déplore la qualité de la nourriture mais lui confie avoir un « projet paysage ». « On voudrait faire plus de sports, 2 à 3h par semaine ça suffit pas, c’est dur », témoigne-t-il.

    À l’unité « répare » pour « respect, anticipation, responsabilisation », on respire. Les six jeunes détenus sont libres de circuler le week-end, partagent plus de moments collectifs. « On demande à venir et on est pris si on a un bon comportement », explique l’un d’entre eux. Aucun des détenus passés par cette unité ne font partie des 48 enfants retournés à l’EPM en 2025 après y être déjà passé.

    « On juge une démocratie à l’état de ses prisons. Les visites servent à quelque chose, même si tout ne va pas mieux », quand « beaucoup d’enfants nous ont confirmé qu’ils passaient une grande partie de leur temps en cellule », estime en bilan Hendrik Davi, convaincu qu’il faut « penser à des alternatives à la privation de liberté ». Et de préconiser de prendre « le problème à la racine », en « donnant des moyens à l’aide sociale à l’enfance et à l’Éducation nationale pour éviter que les jeunes, ne deviennent la proie des réseaux ».

    « On juge une démocratie
    à l’état de
    ses prisons. »

  • Le Var, département où les pompiers sont les plus sollicités

    Le Var, département où les pompiers sont les plus sollicités

    En 2023, les sapeurs-pompiers du Var ont réalisé 107 interventions pour 1 000 habitants, contre 69 en moyenne au national, soit le taux le plus élevé de France, selon une étude de la plateforme CRIBL. Cette pression record s’inscrit dans une tendance de fond : à l’échelle nationale, les pompiers ont effectué 4,7 millions d’interventions (une toutes les 6,6 secondes). Depuis 2008, l’activité globale des services d’incendie et de secours a progressé de 19%. Mais la transformation la plus marquante concerne la nature des missions. Les incendies ont diminué de 10% en quinze ans et ne représentent plus qu’une intervention sur 17. À l’inverse, 79% des sorties concernent désormais le secours à la personne, en hausse de 40%.

    Le facteur vieillissement

    Cette transformation s’inscrit dans un contexte de vieillissement démographique et de tension sur l’offre de soins et les services hospitaliers, faisant des pompiers un maillon essentiel de la chaîne sanitaire et sociale. Dans le Var, département à forte attractivité résidentielle et touristique, cette évolution est amplifiée par la saisonnalité, la croissance démographique et un vieillissement supérieur à la moyenne (l’âge médian y est de 44 ans, 2 ans de plus que celui de la région et 4 ans que celui du pays ; les retraités représentent 26,9% de l’ensemble des Varois). À cet égard, les opérations de relevage de personnes ont bondi de 180% en 15 ans. Les ouvertures de porte, souvent liées à des malaises ou à l’isolement, ont bondi de 462%.

    Ainsi, au total, les pompiers français ont réalisé 19% d’interventions supplémentaires en quinze ans, mais leur cœur de métier s’est déplacé. Moins de feux, davantage d’urgences humaines. Cette mutation redéfinit les besoins en formation, en organisation des secours et en articulation avec le système de santé.

  • Les premiers mots d’Habib Beye comme entraîneur de l’OM

    Les premiers mots d’Habib Beye comme entraîneur de l’OM

    Tout juste nommé à la tête de l’Olympique de Marseille, Habib Beye a été présenté à la presse, ce jeudi 19 février : “Tout d’abord c’est une grande fierté, très très heureux d’être ici. Vous savez l’attachement que j’ai pour ce club, maintenant comme je l’ai dit c’est un passé qu’il faut garder dans le passé”.

    Le nouvel entraîneur olympien a confie sa vision de la situation : “Aujourd’hui, c’est une autre mission qui m’est offerte aujourd’hui. Je l’ai vécu comme joueur, maintenant en tant qu’entraîneur, donc c’est un très très beau moment. Mais au-delà de ça il faut sortir des émotions et se dire que en 48 heures on a essayé d’impacter là où on pouvait impacter dans la préparation de ce match.

    Il faut qu’on soit dans une émotion très simple de savoir pourquoi on est là. J’ai juste hier eu le temps d’appeler ma maman pour lui dire parce que j’avais promis de le faire avant de signer. Donc je l’ai fait mais je pense qu’il faut qu’on soit très focus sur le travail qu’on a à faire. On aura le temps justement de rentrer dans ces émotions là et le meilleur moment sera demain soir avec une victoire pour le faire”, a souligné Habib Beye.

  • L’État veut faciliter l’accès au logement pour ses agents

    L’État veut faciliter l’accès au logement pour ses agents

    Difficulté pour se loger, manque d’attractivité, service public menacé… Pour le ministre de la Fonction publique, David Amiel, il s’agit de revoir l’équation dans des territoires où la pression foncière et le manque de logements sociaux pèsent lourds dans le budget des fonctionnaires. À la cité des douanes, au cœur de la Belle-de-Mai (3e), il a pu découvrir a contrario que la vie était plutôt agréable pour les agents. Au sein de cet ensemble de 11 bâtiments en pleine rénovation, qui abrite les douaniers depuis 1904, « on vit bien », résume Franck Testanière, directeur interrégional des douanes qui fait office de guide, même si, depuis le Covid, le quartier est « passé de populaire à difficile » nuance un des habitants.

    Le taux d’occupation des 200 logements habitables sur 240, du T2 au T4 avec des loyers accessibles, de 300 à 500 euros par mois, est de 100% poursuit le directeur, pour moitié des douaniers actifs et retraités, le reste étant dévolu aux autres fonctionnaires de Bercy. Deux bâtiments abritent des étudiants du Crous. Un « modèle innovant » se félicite le ministre… Rendu possible quand l’État n’a pas vendu les bijoux de famille, comme dans les Alpes ou le Vaucluse glissera au passage le directeur interrégional.

    Diagnostics territoriaux

    Mais « il y a une mobilisation générale du gouvernement pour le logement des agents publics, dont beaucoup sont des travailleurs en première ligne, ceux que l’on avait applaudis pendant la crise sanitaire et qui ne parviennent plus à se loger à une distance raisonnable de leur travail », assure David Amiel. Et de mettre en avant une proposition de loi portée par le groupe Renaissance pour leur faciliter l’accès au logement. « En parallèle, il y a la mobilisation des préfets pour trouver des solutions », complète-t-il, en permettant les réservations de logements sociaux, en faisant du logement intermédiaire ou temporaire.

    Dans une circulaire, le ministre va leur demander des « diagnostics territoriaux précis par métiers, par fonction publique ». Sur notre territoire, le travail a déjà été réalisé au niveau régional, avec l’Insee. Les besoins sont « criants à Marseille ou dans les Alpes-de-Haute Provence où il y a peu de biens à louer », indique le ministre. Des indications qui demandent à être « affinées au niveau départemental », précise Isabelle Épaillard, préfète déléguée à l’égalité des chances. Convenant que la tension est forte sur le logement social, elle souligne aussi « des signaux favorables » avec « une reprise du nombre d’agréments en 2025 », elle compte sur la loi, les gros projets de rénovation urbaine et de réhabilitation des co-propriétés dégradées à venir. Les préfets doivent rendre leur copie d’ici fin avril pour l’état des lieux, fin juin pour des actions ciblées.

  • Jacquemart et Jacotte refont sonner la cloche d’Avignon

    Jacquemart et Jacotte refont sonner la cloche d’Avignon

    Jacquemart et Jacotte ont repris du service ce mardi 17 février. Le couple d’automates, qui sonne les heures depuis 1838 au sommet de la tour d’Albane de l’Hôtel de Ville d’Avignon, a, à nouveau activé ses articulations mécaniques pour frapper la cloche à coups de marteau à chaque heure.

    C’est depuis la maison Jean Vilar que l’on voit le mieux les couleurs redevenues flamboyantes du valet du seigneur et de sa compagne, chacun haut de pas moins de deux mètres. Ils ont été délogés en octobre dernier par les services de la mairie, une première en 190 ans. « Il y avait pas mal de choses à faire », confie Michel Edoli. Avec son frère, Marc, et trois employés, le septuagénaire a rénové dans son atelier de Sarrians les automates avant de les repeindre. Une opération qui a duré pas moins de trois mois. Avec tout d’abord un décapage des structures abîmées par le temps et les aléas climatiques. « Jacquemart n’avait presque plus de bras ni de pieds », glisse l’artisan sarriannais, qui estime que « ça va tenir encore au moins 200 ans ». Puis d’incorporer, au fur et à mesure, semaine après semaine, une puissante colle pour faire tenir l’ensemble. Et donc de terminer avec la peinture, « surtout les visages parce qu’ils étaient affreux », glisse avec le sourire Michel Edoli. « On restaure à l’identique, en revenant aux mêmes bases. Mais avec notamment des matériaux plus performants pour que cela tienne plus longtemps, comme la colle par exemple. D’essayer de faire en sorte que ces monuments retrouvent leur splendeur, car on a parfois l’impression que c’est en train de se perdre », poursuit celui qui a participé à la rénovation de nombreux sites classés en Vaucluse. Avec notamment les restaurations du pont-levis du Pont Saint-Bénézet, des boiseries du musée Calvet, des fenêtres du Palais du Roure ou encore de l’Hôtel-Dieu de Carpentras et du château de Fargues au Pontet.

    Ce n’est pas le premier couple qui orne le sommet de la tour d’Albane. Dès 1472, deux automates s’animaient déjà en centre-ville de la Cité des Papes, qui furent finalement remplacés en 1838 par les deux sculptures de l’artiste Rousseau. Mais le Jacquemart et la Jacotte d’origine sont toujours observables. En effet, ils sont conservés au musée Calvet.

    Mécanisme modernisé

    C’était également l’occasion de remettre à jour le mécanisme qui permet au couple de frapper chacun la cloche. Une tâche qui est revenue à Christophe Nebout, du service énergie à la mairie d’Avignon. Un travail moins vaste que celui de son collègue à la menuiserie, car « le mécanisme avait dû être changé autour de 1997 et l’installation était déjà électrifiée », confie-t-il. Mais il en a tout de même profité pour moderniser quelque peu le système « avec un programmateur électronique et un moteur moins gourmand en énergie, tout en étant adapté au système de tirage et des amortisseurs pour éviter que tout lâche », poursuit celui-ci, qui s’occupe de toutes les horloges de la ville, y compris celles des établissements scolaires.

    Mais il reste encore quelques petits ajustements à faire pour que les gestes des automates soient les mêmes que d’antan. « Les mouvements devraient être plus amples et donc plus visibles », concède Christophe Nebout. « Jacquemart devrait bouger plus largement son bras, tout comme Jacotte. Je vais vous embêter tant que ce n’est pas fait », insiste Michel Edoli à plusieurs reprises auprès des techniciens et élus présents en cette matinée ensoleillée.

  • [Travailleur de demain] Clara Therme, la championne de la propreté

    [Travailleur de demain] Clara Therme, la championne de la propreté

    Vêtue d’une veste de costume qui lui donne une certaine prestance professionnelle, la jeune femme de seulement 24 ans est aujourd’hui pleine d’assurance. Assise sur une chaise d’une des salles de l’Institut national de l’hygiène et du nettoyage industriel (Ihnni) basé à Marseille, elle raconte son parcours qui s’est déroulé pour une partie dans cette salle, lieu de stress et de travail acharné qu’elle se remémore amusée : « C’est un peu ma deuxième maison, cet endroit ! ».

    La Varoise, championne de propreté, ne se destinait pourtant pas à ce métier initialement. Issue d’une famille nombreuse où « les plus grands élevaient les plus petits », elle s’est toujours occupée de ses frères et sœurs. Elle s’est donc tournée au départ vers un bac pro ASSP (accompagnement, soins, services à la personne). Accordant une grande importance au soin des enfants, elle a rapidement fait face au travail « à la chaîne » dans les crèches. « J’aime ce travail quand je peux prendre le temps de m’occuper des enfants, pas comme en crèche où je devais m’occuper de huit enfants en même temps. » Une fois son bac en poche, elle se lance dans une licence d’assistante sociale. Mais rapidement, la situation devient intenable : « À l’époque, j’étais incapable, mais incapable de rester assise sur une chaise. » Clara Therme avait besoin d’autre chose : « J’avais testé le social et je ne me sentais pas de continuer, alors je suis partie en sanitaire. »

    Une vie de travail

    C’est à ce moment qu’elle rencontre son institut de cœur. « Je leur dois tellement », confie-t-elle. Elle y intègre un second bac pro hygiène, propreté et stérilisation. Mais son parcours est semé d’embûches : « J’avais de grosses lacunes, surtout au niveau de la pratique, j’ai galéré à avoir mon certificat de machiniste. » Un certificat qui lui valide des compétences sur des machines de nettoyage très puissantes permettant de nettoyer en profondeur différents types de surfaces (de la moquette au marbre). Tous les vendredis après-midi, elle reste pour faire de la pratique et rattraper son retard, confie-t-elle, contemplant la salle où elle a passé un nombre d’heures incalculable. Aujourd’hui, tout a changé : elle a validé son bac pro, est médaillée et actuellement en BTS en apprentissage dans l’entreprise GSF Aubagne. Pour l’instant apprentie responsable, elle fait son travail avec beaucoup de discipline et d’organisation : « À GSF, le métier de responsable d’exploitation, c’est à la fois le boulot de chef d’équipe et de responsable de secteur. » Son travail consiste à réaliser des contrôles sur les sites, faire parvenir tout le matériel dont ont besoin les agents, faire des commandes ou encore des devis.

    Ce qu’elle préfère, c’est la mise à blanc dans les laboratoires pharmaceutiques : « C’est la désinfection totale d’une salle. Notre corps dégage des particules et des microbes, dans cette salle on va supprimer tous les micro-organismes. » Avant de se former au management, elle a bien entendu pratiqué et été agente de propreté. Elle connaît donc les réalités du terrain. « On continue de prendre les balais et d’aider les agents qu’on encadre au maximum. » Et d’envisager aujourd’hui de passer une licence pour devenir responsable d’exploitation.

    Le concours

    Clara s’était engagée auprès de sa formatrice à faire un concours si elle réussissait sa formation. Elle raconte sa panique constante pendant les épreuves des World Skills : « J’étais une véritable boule de stress. » Elle a d’abord remporté haut la main les régionales, puis la médaille d’argent nationale dans la catégorie métier de la propreté. « Il y avait une épreuve où l’on devait nettoyer de grandes traces de rouge à lèvres sur un canapé ! ». Elle se remémore, amusée, cette période de sa vie : « Je travaillais de 7h30 à 20h, mes journées étaient très intenses, mais j’ai appris tellement de choses. »

  • Deux CDD sur le carreau alors qu’on leur avait promis un CDI à Montpellier

    Deux CDD sur le carreau alors qu’on leur avait promis un CDI à Montpellier

    Une dizaine de salariés de la société de services Onet tendaient, lundi 9 février au matin, des tracts à leurs collègues qui entraient et sortaient du bâtiment Tech Tower de la SNCF, à proximité de la gare Saint-Roch. La plupart les ignoraient.

    Derrière cette mobilisation, l’histoire de deux salariées recrutées en novembre 2025 pour le nettoyage du nouveau bâtiment de la SNCF à Montpellier. Les deux salariées ont vu leur contrat renouvelé plusieurs fois. Lors du goûter de fin d’année, le 30 décembre 2025, l’ancien chef d’agence leur avait annoncé leur passage en CDI, assurent les manifestants. Mais le 8 février 2026, leurs contrats n’ont pas été renouvelés. Namia, qui nettoyait un étage trois heures par jour, explique avoir refusé une proposition d’une autre société de nettoyage, convaincue d’être embauchée en CDI chez Onet. Khalida, l’une des trois employées d’Onet encore affectées à la tour, travaille deux heures par jour. « Deux heures, c’est déjà juste. Selon l’état de propreté, il faut parfois se presser », explique-t-elle. « On avait jusque-là un étage par agent. Si on en enlève deux, les trois autres vont devoir se répartir le travail, alors qu’on a déjà un métier pénible », déplore Xavier Leroux, chef d’équipe et représentant CGT.

    Surcharge de travail redoutée

    La direction locale d’Onet évoque des raisons financières pour justifier l’arrêt de ces deux CDD sur une équipe initiale de cinq personnes. « Avec cette nouvelle réorganisation qu’il va falloir faire, ça va être très compliqué. Il y aura une surcharge de travail, donc peut-être des accidents, des troubles musculo-squelettiques », alerte-t-il. Le chef d’équipe n’exclut pas un nouveau mouvement social si la situation n’évolue pas. « Si la direction reste sur sa position, on peut reconduire la grève. Mais encore une fois, c’est l’aspect financier qui pèse. On a déjà des contrats précaires, de trois heures. Si en plus il faut se serrer la ceinture… »

    La CGT Propreté demande la pérennisation de ces emplois et dénonce une logique purement budgétaire, alors que le site, plus grand que l’ancien, nécessitait justement deux agents supplémentaires depuis son ouverture en novembre.

    Le secteur de la propreté fonctionne massivement avec des CDD courts, du temps partiel et des volumes horaires fragmentés. À l’automne 2023, les agents Onet du CHU de Montpellier avaient mené une grève pour dénoncer l’organisation du travail, la pression liée à la traçabilité entre autres et réclamer des augmentations de salaire. Le cas de la Tech Tower s’inscrit donc dans un climat social déjà tendu, où les mouvements de grève se multiplient pour dénoncer des cadences jugées intenables et des contrats précaires.

    * Contacté, Onet n’avait pas répondu à nos questions au moment de la publication

  • Après une semaine de grève, les salariés de CAT à Miramas vont reprendre le travail

    Après une semaine de grève, les salariés de CAT à Miramas vont reprendre le travail

    Les salariés du site de Miramas de l’entreprise de transporteurs CAT ont lancé la grève, lundi. Ils revendiquent une augmentation de leurs salaires et la réouverture des négociations sur une prime d’intéressement. La CGT a reconduit le mouvement toute cette semaine, car « sur les NAO [Négociations annuelles obligatoires, Ndlr.], la CGT et les salariés ne sont pas satisfaits », explique Jérémy Zucchelli, secrétaire général de l’union locale CGT Miramas.

    Alors que vendredi, Miramas était « le seul endroit où la grève continuait », Jérémy Zucchelli a annoncé que « l’assemblée générale a voté la reprise du travail, lundi ».

    La CGT dénonce un refus de dialoguer de la direction, après une tentative des grévistes « de se mettre d’accord sur un protocole de fin de conflit, en proposant d’étaler les jours de grève, de mettre des RTT sur les jours de grève : la direction a tout refusé ».

    D’après Jérémy Zucchelli, « la direction a refusé de prendre attache avec nous pour échanger ». La revendication d’une augmentation du salaire de 4% n’a donc pas été obtenue. Malgré cela, la reprise du travail a été votée, car c’est le cas, depuis jeudi, « dans tous les autres dépôts en France ». Mais Jérémy Zucchelli n’exclut pas la reprise « de la grève, plus tard, sur les mêmes revendications ». Contactée, l’entreprise CAT a déclaré n’avoir « aucun commentaire à faire ».