Tag: Toulon

  • Natation : le bassin flottant de La Seyne ne répond pas aux besoins des élèves

    Natation : le bassin flottant de La Seyne ne répond pas aux besoins des élèves

    On connaît l’importance de l’apprentissage de la natation pour tous à l’école, surtout dans une commune littorale comme La Seyne, où les enfants sont fréquemment exposés aux plaisirs, mais aussi aux dangers de la mer. Et savoir nager – une évidence qu’il est bon de rappeler – réduit significativement le risque de noyade, qui demeure l’une des principales causes d’accidents graves chez les enfants.

    Pour pallier l’absence d’infrastructure digne de ce nom et rendre possible ces apprentissages obligatoires, La Seyne-sur-Mer a mis en place une solution provisoire, qui reste loin de remplir les objectifs en termes d’acquisition de cette compétence pourtant considérée comme un savoir de base, au même titre qu’écrire ou savoir faire du vélo. C’est ce que rappelle l’opposition de gauche, Alternative progressiste.

    « L’acquisition du savoir-nager avant l’entrée au collège constitue un enjeu de sécurité publique, d’égalité des chances et de santé », rappelle ainsi Stéphane Sacco (GRS ), en insistant sur le rôle prépondérant que cela joue également sur l’autonomie des jeunes, leur permettant de profiter pleinement et en sécurité de l’environnement maritime de leur territoire.

    « L’installation d’un bassin flottant en mer pour apprendre à nager aux élèves de CM1 et CM2 est une mauvaise réponse à un vrai problème », ajoute Cédric Turco (PCF). Pour l’élu, également professeur des écoles sur la commune, « il est inadmissible qu’une ville comme La Seyne-sur-Mer ne puisse pas assurer correctement cet enseignement pourtant inscrit dans les programmes scolaires ».

    La deuxième ville du Var n’a toujours pas de piscine

    Un dispositif qui, explique-t-il, peut être particulièrement anxiogène pour les enfants déjà craintifs de l’eau ou de la mer. Un bassin installé en pleine mer, soumis au mouvement des vagues, n’offre pas le cadre rassurant dont beaucoup d’élèves ont besoin.

    Sans compter, insiste le conseiller municipal d’opposition, que cet aménagement « soulève aussi des questions de sécurité ». Parlant d’expérience, il évoque le risque lié aux plaques composant la structure, qui peuvent s’entrechoquer sous l’effet de la houle, emprisonnant les mains et les doigts des enfants.

    Autre problème, qui cette fois ne relève pas du risque mais de la réalité : la capacité bien trop faible de la structure à accueillir tout le monde, avec un nombre d’heures suffisant, et sa dépendance aux conditions météorologiques. Avec des séances souvent annulées. « Nous sommes loin des véritables cycles d’apprentissage dont bénéficiaient auparavant les élèves grâce à la piscine Aquasud, avec un suivi régulier et des conditions adaptées », tempête-t-il.

    Alternative progressiste rappelle également que « de nombreux enfants sont tout simplement oubliés », le dispositif ne concernant que les élèves de CM1 et CM2. « Le savoir-nager doit être accessible à tous les enfants de la ville, dès le plus jeune âge et dans la durée », pointe l’opposition.

    L’occasion de rappeler aussi que la commune, dirigée par le maire (RN) Dorian Munoz, est dans l’obligation de mettre à disposition les moyens nécessaires à l’enseignement de la natation : le maire doit permettre aux élèves de bénéficier, dans le cadre scolaire, d’un véritable apprentissage.

    Florence Guaddacha (GRS) évoque « une solution de circonstance », alors qu’il faudrait « un investissement durable ». La seule réponse sérieuse serait de doter enfin La Seyne d’une piscine municipale.

    « Les enfants seynois méritent mieux qu’un dispositif provisoire. Ils méritent un équipement pérenne, sécurisé et adapté aux besoins de toute la population », conclut Brigitte Cheinet (PCF).

  • Réorganisation provisoire des services de psychiatrie du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    Réorganisation provisoire des services de psychiatrie du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    Une béquille pour assurer la continuité des soins pendant l’été. Le CHITS annonce une réorganisation provisoire de son pôle psychiatrique, à compter de ce lundi. Une réponse attendue face à l’avenir incertain du service, pour lequel syndicats et soignants sont mobilisés depuis plusieurs mois, notamment eu égard au départ de trois de ses quatre médecins.

    En conséquence, la capacité de l’Unité de psychiatrie sans consentement (UPSI) de La Seyne passe de dix à sept lits d’hospitalisation, au profit de celle de l’Unité intersectorielle d’hospitalisation en soins sans consentement (UIHSSC) de Toulon, renforcée de 15 à 18 lits.

    Un « beau projet » qui nécessite du recrutement

    Ce réajustement permet aux autres unités de poursuivre leurs activités normalement, et « s’accompagne d’un redéploiement des ressources soignantes (six infirmiers de La Seyne à Sainte Musse) et de renforts médicaux (recrutement de quatre praticiens en formation : deux à Toulon et deux à La Seyne-sur-Mer + recours à l’intérim) afin de garantir des conditions de prise en charge adaptées aux besoins », précise le CHITS. Des mobilités que voulait éviter l’intersyndicale CGT-Sud-CFDT, qui a toutefois obtenu qu’elles reposent sur le volontariat. Mais, à ce jour, « le nombre de volontaires reste insuffisant », alerte-t-elle.

    Pour faciliter le recrutement, notamment via l’accueil d’internes, une fédération médicale regroupant une unité de l’hôpital Sainte Musse et les deux unités seynoises a été créée, sous la responsabilité d’un professeur associé de territoire. « Le médecin de l’Unité G1 de Toulon s’est proposé de fusionner les unités G4 et G5 de La Seyne pour développer l’ambulatoire et limiter les hospitalisations en privilégiant le fait d’aller vers le patient », détaillent Bérangère Mas (Sud) et Valérie Lardet (CGT), représentantes de l’intersyndicale CGT-SUD-CFDT, pour qui ce dispositif incarne « la psychiatrie de demain ».

    S’il a permis « d’éviter le pire, à savoir la fermeture de six services psychiatries essentiels pour la population seynoise », reconnaissent les syndicats, ce plan global n’en reste pas moins une solution d’urgence, et « sera réévalué dès que les recrutements permettront un retour à une organisation pérenne », appuie le CHITS. Il conviendra donc de « rester vigilants. On espère un recrutement rapide, on ne lâchera pas la pression. Le professeur propose un beau projet mais sans psychiatres, on ne fera rien », annoncent Bérangère Mas et Valérie Lardet. En plus de cela, l’intersyndicale réclame « le maintien d’une psychiatrie de proximité à La Seyne, le respect du volontariat dans les mouvements de personnel et une transparence totale sur l’avenir des structures psychiatriques du territoire. »

  • [Coupe du Monde] Les Diables Rouges arrivent lancés au Mondial face à l’Égypte

    [Coupe du Monde] Les Diables Rouges arrivent lancés au Mondial face à l’Égypte

    Arrivé en janvier 2025 à la tête d’une sélection noire-jaune-rouge traumatisée par deux tournois manqués (élimination au premier tour du Mondial-2022 et en huitièmes de finale de l’Euro-2024), le coach français a redonné de l’allant à la formation du plat pays.

    L’ancien entraîneur de Lille, l’AS Rome, l’OM, l’OL et Naples, a d’abord assuré sa légitimité en remplissant ses deux premiers objectifs : maintenir la Belgique dans le groupe A de la Ligue des nations et la qualifier pour la Coupe du monde américaine.

    Au-delà des chiffres, Garcia a surtout bien géré la passation de témoin entre la génération (a)dorée portée par Eden Hazard et la nouvelle vague de joueurs talentueux emmenée par Jérémy Doku.

    De Bruyne peut « profiter »

    De l’équipe qui avait terminé troisième du Mondial-2018, restent Thibaut Courtois, Axel Witsel, Thomas Meunier, Kevin De Bruyne et Romelu Lukaku sur lesquels Garcia continue de s’appuyer pour encadrer les jeunes.

    De l’avis des médias locaux, le principal mérite du coach français est d’avoir insufflé de l’enthousiasme au sein d’un groupe plombé par des problèmes d’ambiance lors des deux derniers tournois.

    « Chapeau à Rudi Garcia pour son coaching et sa gestion. Il a su s’adapter aux éléments à sa disposition tout en créant un équilibre et une bonne ambiance dans ce groupe », a récemment souligné l’ancien sélectionneur Georges Leekens.

    Samedi en conférence de presse, Kevin De Bruyne a confirmé : « Le coach a créé un bon lien avec tout le groupe. L’ambiance est vraiment bonne et on sent que tout le monde est à fond dans le projet. »

    Le joueur de 34 ans apprécie que Garcia lui « octroie de la liberté, à (son) meilleur poste », ce qui n’avait pas été le cas sous Domenico Tedesco au dernier Euro, ni en club cette saison à Naples avec Antonio Conte.

    « Je suis à un point de ma carrière où je peux davantage profiter de ce genre de tournoi. Je comprends mieux ce que signifie représenter son pays dans quatre Coupes du monde », a ajouté De Bruyne qui se félicite du « sentiment positif » qui règne dans le groupe.

    Les joueurs arrivent au Mondial avec le plein de confiance après des succès prometteurs en préparation au début du mois, 2-0 en Croatie et 5-0 face à la Tunisie.

    Et lors d’une mini-tournée américaine fin mars, les Diables Rouges avaient surclassé les États-Unis (5-2) avant d’accrocher le Mexique (1-1).

    « KDB » prévient toutefois ses équipiers : « Le premier match est toujours difficile car tout le monde est extrêmement motivé. Lors de mes trois premières Coupe du monde, je n’ai pas souvenir d’un match facile. »

    « L’Égypte a un jeu très physique donc ce ne sera pas facile mais nous faisons tout pour être prêt pour cette rencontre », assure le génial gaucher alors qu’après leur duel face aux Pharaons de Mohamed Salah, les Belges affronteront la Nouvelle-Zélande et l’Iran.

    Deux adversaires plus abordables sur le papier, mais qui restent capables d’un exploit contre des Diables Rouges parfois trop timorés.

  • [Entretien] Nathalie Rocailleux : « Le bruit des pantoufles c’est celui qui tue »

    [Entretien] Nathalie Rocailleux : « Le bruit des pantoufles c’est celui qui tue »

    La Marseillaise : Les années passent et on a l’impression d’être toujours confronté
    aux mêmes blocages concernant
    les violences faites aux femmes ou aux enfants. C’est votre sentiment
     ?

    Nathalie Rocailleux : Lorsqu’on a fondé AFL Transition, il y a 26 ans, l’objectif était de travailler main dans la main avec les services publics. C’est ce qu’on arrive à faire. Pas avec tous. Parce que la cause des violences faites aux femmes et des violences faites aux enfants dérange. On oppose souvent le bruit des bottes au bruit des pantoufles. Mais le bruit des pantoufles, c’est celui qui tue aujourd’hui, c’est celui qui a tué la petite Lyhanna.

    Il y a plusieurs façons d’être violent. Il y a cette violence passive, cette passivité violente, en fait. Quand on ne traite pas un dossier c’est une situation de personne qui souffre qu’on choisit d’ignorer. Ainsi que l’article 15.3 qui précise l’obligation de prendre la plainte. Et lorsque la plainte est prise, on accuse la victime, on lui fait porter la culpabilité. La semaine dernière, je suis allée porter plainte parce qu’un auteur a menacé mes équipes. Tout de suite, j’ai été culpabilisée. « Est-ce que vous êtes sûr que… », m’a-t-on demandé. Tout ça parce qu’on n’a pas envie de faire le job.

    Le citoyen ou la citoyenne qui va déposer plainte et qui est reçu comme ça sent bien que la personne n’a pas envie, qu’elle le fait à la dégoûté. Donc en fait, déjà, dès ce premier maillon-là, il y a un problème.

    La dernière situation de viol que j’ai accompagnée, c’était à Marseille. Il y avait des policiers qui rigolaient et qui se racontaient leurs dernières histoires sexuelles… Là où des mineurs viennent dire leur viol ! Il y a un problème d’annulation de la conscience morale. Donc le plus gros problème de ce système-là, c’est le cynisme.

    Comment en sortir ?

    N.R. : Il faut arrêter la culture du chiffre pour endosser une culture de la qualité réelle. Et la culture de la qualité réelle, c’est une qualité de capacité d’écoute, de soft skills, c’est-à-dire ce qu’on appelle les compétences douces. Être au minimum dans une capacité empathique, c’est ça, le professionnalisme. Donc ça suppose d’être formé, d’avoir une conscience morale forte, intégrée, un cadre d’action et une institution qui contrôle.

    Ce que je veux dire, c’est que le service public, l’institution publique et le service public, c’est quelque chose à défendre. Il faut arrêter de le diviser. Et quand on ne fait rien, on le divise en réalité. On le divise avec la population, on fait monter l’extrémisme puisqu’il y a un défaut de confiance. Et c’est contre ça que je suis le plus en colère en réalité. Parce qu’on est en train de créer une société de petites guerres intestines, une société de vengeance, au lieu d’avoir un État de droit et une société de justice.

    Vous dites que lutter contre
    les violences intrafamiliales,
    les prévenir, aider et soutenir
    les parents pour améliorer l’éducation de leurs enfants,
    c’est faire progresser la société sur tous les plans…

    N.R. : AFL Transition a été au départ fondée pour faire de la prévention. Parce que le curatif, ça ne fait pas tout.

    On a créé les pauses-parents, qui sont des lieux de prévention primaire avant que les problématiques arrivent dans les familles, pour repérer et aider les personnes qui ont eu des traumatismes complexes dans leur enfance et qui seraient susceptibles de les reproduire, soit du côté de l’auteur, soit du côté de la victime. Parce que ce qu’il faut savoir, c’est qu’une victime qui n’est pas traitée comme victime, qui n’est pas reconnue comme victime par la société, elle est potentiellement susceptible de devenir un auteur. Donc ça veut dire qu’une mère, qui a vécu des agressions sexuelles dans l’enfance et qui n’a pas été reconnue comme victime, va, potentiellement, inconsciemment reproduire le schéma d’être dans le désir de trouver un auteur de violences sexuelles sur enfant, pour exposer ses enfants afin que la justice passe enfin. C’est un schéma inconscient que nous, psychologues cliniciens, connaissons bien.

    D’où l’énorme responsabilité des services régaliens. Parce que plus on reconnaît les victimes, plus on va combattre aussi le crime de la génération d’après. On n’a pas le droit de ne pas s’en donner des moyens.

    Et quand je vois des scellés qui ne sont pas classés, perdus et qu’on ne mène pas d’action corrective, je dis que ce sont des problématiques opérationnelles qui entravent la justice.

    Ce qui pose le problème de
    la conservation des preuves…

    N.R. : Complètement. On a des prélèvements organiques sur des mineurs ou des majeurs victimes de viol, par exemple des prélèvements capillaires sur de la suspicion de GHB, une substance extrêmement volatile, pour lesquels les services de laboratoire de la police sursaturés passent 2 ou 3 mois après. Et il n’y a plus de preuves, puisqu’il n’y a plus de substance.

    On a dit qu’on allait faire baisser le nombre de féminicides mais il fallait investir totalement là-dedans. D’abord ça aurait évité des souffrances, évité de la criminalité. La justice mérite d’avoir des moyens parce que c’est la société tout entière qui mérite de sortir des logiques cyniques. À AFL Transition, on a reçu une lettre d’un procureur de Toulon d’il y a quelques années qui nous menaçait de supprimer nos financements si on continuait à dire dans la presse qu’il y avait 87% de classements sans suite. Pardon, mais c’est inacceptable. C’est inacceptable pour une société de paix. On a envie d’avoir une société de justice et de revaloriser ces services publics.

    C’est un problème sociétal
    et politique… Vous expliquez d’ailleurs que ces femmes victimes de violences portent
    en elles l’héritage douloureux
    de toutes les oppressions
    de l’Histoire…

    N.R. : Absolument. C’est tous les jours qu’on doit se souvenir de l’Histoire, les femmes et les enfants aujourd’hui restent les êtres les plus opprimés de la planète. Les femmes représentent la catégorie sociale la plus opprimée, c’est la prolétaire du prolétaire. L’esclave de l’esclave. L’opprimée de l’opprimé.

    De la pauvreté jusqu’aux violences, je pense qu’aujourd’hui on est dans une société qui dit stop !

    Les femmes n’ont jamais usé de la violence pour pouvoir dénoncer des faits. Elles auraient pu le faire. C’est pour ça que ça n’arrive qu’au XXIe siècle. C’est juste une prise de conscience qui aujourd’hui est partagée avec des hommes. Je dis bien avec les hommes. Je ne dis pas avec les mâles, parce qu’il y a encore beaucoup de mâles.

    J’espère que les qualités qui sont prêtées au féminin, les qualités de sensibilité, d’empathie vont arriver chez tout le monde dans notre société. Chez les hommes politiques en premier, parce que les gens en ont marre en fait, ils ont besoin de transparence, de sincérité, d’engagement réel. Quand on a monté la Maison Françoise-Giroud et que nous sommes allées voir Renaud Muselier, le président de la Région, c’est le médecin qui m’a répondu. Nous ne sommes pas du tout du même bord. Lui, c’est quelqu’un de droite moi je suis quelqu’un de gauche qui aime valoriser l’être humain et la dignité humaine.

    Pour conclure sur une note positive, après un sous-financement chronique qui a failli avoir raison de l’association, les choses se passent plutôt mieux aujourd’hui dans le Var…

    N.R. : On a un préfet intelligent qui a pris la peine de faire le tour des structures, d’aller rencontrer les acteurs, de se rendre compte sur place de ce qui se passe au lieu de rester dans son bureau à recevoir les gens. Il s’est forgé son libre arbitre, et ce libre arbitre ça sert toujours les institutions. Il a remis de la République dans son administration.

    « On n’a pas le droit de ne pas se donner les moyens d’avoir une société de paix et de justice »

  • À Toulon, une mobilisation le 16 juin pour que le 1er mai reste sanctuarisé

    À Toulon, une mobilisation le 16 juin pour que le 1er mai reste sanctuarisé

    Voilà 137 ans que la IIe internationale socialiste, réunie à Paris le 20 juillet 1889, a décidé de faire du 1er mai une journée de manifestation dédiée aux droits des travailleurs. Sanctuarisée au fil du temps, elle devint un jour férié et chômé en France en 1946, et est célébrée dans le monde entier en tant que Journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs.

    Une loi « au nom du profit »

    Sauf que cet acquis est aujourd’hui remis en cause. Il l’a d’abord été de manière diffuse par François Bayrou, qui, alors Premier ministre, proposait en juillet 2025 de supprimer deux jours fériés, sans les cibler précisément, pour générer des recettes supplémentaires dans le cadre du projet de budget 2026. En avril, son successeur, Sébastien Lecornu, a remis l’idée sur la table en autorisant « les boulangers indépendants artisans, les fleuristes indépendants artisans (à) ouvrir ce 1er-Mai ». De quoi ouvrir une brèche, après avoir repoussé, sous la pression syndicale, un projet de loi. C’est une proposition de loi qui sera examinée par le Sénat ce 16 juin examinera. Si elle se limite aux boulangers et fleuristes, le danger de la généralisation est réel.

    De quoi susciter la colère de l’intersyndicale Unsa-CGT-Solidaires-FSU dans le Var. « Après les retraites, les droits sociaux et les services publics, le gouvernement veut banaliser le travail le 1er-Mai au nom du profit et des lobbies économiques », dénonce-t-elle, appelant à se mobiliser ce même jour, à 12h, devant les locaux de l’Union patronale du Var.

    « Faire travailler davantage celles et ceux qui peinent à boucler les fins de mois ne répond en rien à l’explosion des prix [..], aux salaires qui stagnent et à la précarité qui gagne du terrain », pointent les syndicats, qui dénoncent également les manœuvres de « l’extrême droite, [qui] tente de détourner la colère sociale en désignant des boucs émissaires et en essayant de se mettre dans la poche du patronat. Elle vote contre les intérêts des salariés, les droits syndicaux, les solidarités ». Avant de conclure : « Le progrès social se construit par l’unité des travailleurs, pas par la division ! »

  • 2000 personnes ont coloré les rues de Toulon pour la Marche des fiertés

    2000 personnes ont coloré les rues de Toulon pour la Marche des fiertés

    Une vague arc-en-ciel a déferlé dans les rues de Toulon samedi après-midi, à l’occasion de la 7e édition de la Marche des fiertés. Près de 2 000 personnes se sont offert un shot de couleur et de bonheur qui a largement dépassé les frontières du cortège. Le point d’orgue d’une après-midi festive et militante, débutée dès 13h place d’Armes, où était installé le Village des fiertés, animé par des associations LGBTQIA+. De quoi faire monter la température avant le départ de la Marche vers 17h.

    Chacun avait une bonne raison d’être là

    Cette année, le mot d’ordre de la Quinzaine des fiertés était « Être soi-même est un droit, pas un privilège ». Un slogan qui fait écho « aux lois votées sans être appliquées et aux discriminations subies par les personnes LGBT », explique Bruno Savian, président du collectif Fiertés Toulon. Chacun en a fait sien et a su trouver sa place en ce moment de communion, à l’image de Johanna, venue, avec sa fille de 10 ans, soutenir son fils, Tony, dans son parcours de transition : « Trop peu de parents le font », déplore-t-elle.

    Pour Élodie, c’était une première : « Je me suis renseignée sur l’événement et le contexte m’a beaucoup plu. » Et l’occasion d’inculquer à son petit garçon « qu’on est tous égaux, peu importe qui on est ». Stéphane et Yann, tous deux Seynois, sont des habitués. Dans une ville où le RN gagne du terrain, « il faut se faire entendre, à Perpignan aussi, par exemple, et dans toute la France ». Et ne plus avoir peur d’être soi : « Sortez du placard ! », s’exclame Yann. « Aujourd’hui, il y a des familles, des personnes handicapées… Cette Marche montre aux gens qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils sont représentés. »

    Eva, elle, tient à rendre hommage « aux personnes qui sont mortes pour nos droits, pour pouvoir s’aimer ». Pour la jeune femme, il n’y a qu’un moyen de le faire : « Aimez-vous et ne le cachez pas. » Un message simple, pour une idée nécessaire.

  • Une Marche des fiertés à Toulon pour dire non aux discriminations

    Une Marche des fiertés à Toulon pour dire non aux discriminations

    C’est demain sur le pavé toulonnais que la nouvelle édition de la Marche des fiertés est attendue. Le principe est simple : rendre visibles celles et ceux qui ont longtemps été contraints au silence à cause de leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, victimes de rejets et de violences ou de stigmatisations sociales.

    Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il reste encore du boulot, d’autant plus dans la Var, où l’extrême droite exerce de plus en plus son emprise sur les consciences. Rappelons que la députée RN Laure Lavalette avait dénoncé la programmation du Théâtre Liberté sur la thématique du genre avec ce type de propos : « Non, nous ne sommes pas tous concernés par ces théories nauséabondes… propagande LGBTQI avec l’argent du contribuable. »

    Raison de plus pour venir se mobiliser dans l’espace public et dire non à toutes les discriminations qui demeurent encore hélas une réalité dans de nombreux domaines.

    Festive et revendicative

    Et toutes les avancées obtenues ont été arrachées comme toujours par la lutte et la mobilisation. La Marche des fiertés s’inscrit dans cette tradition de lutte collective.

    L’occasion aussi d’alerter sur les violences homophobes et transphobes qui continuent.

    Une Marche des fiertés revendicative donc qui n’en oublie pas pour autant la dimension festive. La joie, la créativité et l’expression collective devenant alors aussi des moyens de résistance aux passions tristes exacerbées par les réactionnaires de tout crin.

    Rendez-vous donc ce samedi 13 juin dès 13h sur la place d’Armes.

    Pour ce qui est du programme, la journée sera marquée par plusieurs temps forts politiques et associatifs. Ainsi de 14h45 à 15h15, les associations prendront la parole afin de rappeler les réalités vécues par les personnes LGBTQIA+, les combats encore nécessaires et l’importance d’une mobilisation collective face aux discriminations.

    À noter également parmi les prises de paroles annoncées, la présence du premier adjoint à la mairie de Toulon, Julien Orlandini, ainsi que de Patrice Cazaux, adjoint à la Citoyenneté. Un signe fort envoyé par la municipalité à toutes les minorités.

    Vers 17h15, le cortège aura rejoint l’avenue de la République où un discours militant sera prononcé par le Collectif Fiertés Toulon et l’association Trans-mission Var. Afin de rappeler que « la République doit protéger tous ses enfants, quelles que soient leur orientation sexuelle, leur identité de genre ou leur expression de genre ».

    Chacun devant prendre sa part dans la construction d’une société réellement égalitaire.

    La journée se terminera par la fête de 19h30 à 00h avec DJ Set sur la place de l’Equerre.

  • À Toulon, l’avenue de la République fait de la place au vélo

    À Toulon, l’avenue de la République fait de la place au vélo

    La maire de Toulon Josée Massi l’annonçait en exclusivité dans nos colonnes le 29 mai : la très réclamée piste cyclable sur l’avenue de la République va bel et bien être aménagée d’ici cet été. Une expérimentation en situation réelle qui répond ainsi à une très ancienne demande des associations et collectifs militant pour la création d’un réseau connecté permettant la pratique sécurisée du vélo et son essor comme mode de déplacement à part entière dans le Port du Levant.

    Une avancée que son prédécesseur Hubert Falco (DVD) avait toujours refusée ou renvoyée aux calendes grecques. Avec au final en 2023 une simple bande matérialisée sur le sol dans un seul sens.

    Son adjoint au transport d’alors, Yannick Chenevard, consentait en 2003, après le « Clou rouillé » qui venait d’être décerné à la ville, qu’il manquait effectivement un tronçon permettant de traverser Toulon par l’avenue de la République. Mais il ne pourra être réalisé que lorsque le deuxième tube de la traversée souterraine serait ouvert, justifiait-il.

    À Toulon, on dépasse les autos ?

    « Aujourd’hui avec 45 000 voitures qui passent sur l’avenue de la République, et il faut avoir un peu de bon sens pour comprendre qu’il serait extrêmement difficile d’installer une piste cyclable », poursuivait-il.

    Ce que l’équipe manquait donc, pour reprendre son phrasé, ce n’était pas de bon sens mais de volonté politique. Et surtout le respect de la parole donnée puisque le deuxième tunnel a ouvert en 2014 et que pour autant rien ne s’est passé.

    Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui avec l’aménagement cyclable mis en œuvre.

    « On va voir ce que ça donne par rapport aux flux de voitures qu’amènent les embarquements de ferries. Mon objectif, c’est de faire des pistes cyclables continues, un réseau », explique Josée Massi. Et non plus de jolis tronçons non raccordés qui jettent brusquement le cycliste dans la circulation automobile.

    L’antenne de proximité de la métropole Toulon Provence Méditerranée va réaliser les travaux du 17 juin au vendredi 31 juillet, sauf intempéries.

    Alors même si ce dispositif est instauré à titre expérimental, les choses avancent dans le bon sens pour les cyclistes urbains. Le monde associatif ne cessant de saluer la qualité d’écoute de la municipalité sur ce sujet.

    La politique du tout automobile est en tout cas de toute évidence bien terminée. Sacrifier une voie de circulation au bénéfice des vélos est un signe fort.

  • À Toulon, le transport public toujours source de polémique

    À Toulon, le transport public toujours source de polémique

    Après plus de vingt-cinq ans de bagarre devant les tribunaux et par presse interposée, le dossier tramway continue de défrayer la chronique après le nouveau recours déposé par le Collectif tramway contre la Déclaration d’utilité publique (DUP) du Bus à haut niveau de service (BHNS).

    Remise en selle durant toute la campagne des municipales par la gauche, l’alternative du rail n’a manifestement pas été enterrée par tout le monde, bien que la maire sans étiquette de Toulon Josée Massi, réélue au mois de mars, ait toujours été claire sur le sujet. Notamment lors du débat organisé par l’association Les Shifters qui rassemblait les cinq candidats. Il s’agissait de les interroger sur la politique qu’ils comptaient mettre en œuvre en matière de transport public et de réduction de la part de la voiture dans les déplacements.

    La première magistrate appelait à continuer à avancer. Consentant tout de même que « le coche avait peut-être été raté au début des années 2000 », lors de l’abandon du projet tramway par Hubert Falco après l’avoir fait voter précédemment à l’unanimité. Mais, face aux enjeux de mobilité, de pollution et de santé, « il était urgent de se décider dans une concorde collective »… avec « une méthode différente ». « La mienne est de comprendre, concerter et tout envisager », promettait-elle.

    Cela étant dit, insistait Josée Massi, le BHNS étant un projet déjà engagé et financé, notamment grâce aux 40 millions d’euros de subventions de l’État, « revenir en arrière créerait des retards majeurs et ferait perdre des années aux Toulonnais ». La solution retenue en revanche étant d’améliorer le projet « pour qu’il réponde pleinement aux besoins de mobilité » et de le compléter l’offre par d’autres moyens de transport, comme le RER métropolitain, ou encore les navettes maritimes.

    Erreur d’aiguillage

    Pour le collectif tramway et la Fnaut, pas question d’en rester là. Et de rappeler une fois encore qu’« avec près de 500 000 habitants, Toulon demeure l’une des rares grandes agglomérations françaises et européennes à ne disposer d’aucun transport collectif structurant en site propre ». Ce qui se traduit, insiste le monde associatif, par une part modale des transports publics qui atteindrait à peine 6%, alors que, pour une population comparable, le réseau de Montpellier transporte quatre fois plus de passagers par an, grâce à ses cinq lignes de tramway.

    Le dossier d’enquête publique du BHNS projette les 130 000 voyages quotidiens en 2038, soit en effet une part modale de seulement 5,9%. Un projet qui, pour la Fnaut, ne permettra pas de répondre aux enjeux de transition écologique.

    Le collectif tramway rappelle également qu’entre 2005 et 2010, près de 900 acquisitions foncières ont été réalisées et que, comme le reprend la Fnaut, « l’abandon du tramway au profit du BHNS n’a jamais été justifié par une comparaison complète et transparente des performances, des coûts et des capacités respectives des deux solutions ».

    Selon eux, au contraire, tous les indicateurs plaident en faveur d’un tramway en site propre, à la hauteur des besoins et des ambitions du territoire.

    On le voit le débat est loin d’être clos. Et pour plus de pédagogie le collectif tramway organise une réunion publique de présentation du recours engagé et à une réflexion sur le projet de transports en commun le 18 juin à 18h30 salle Frank Arnal, après leur assemblée générale.

  • [Droits des étrangers] À Toulon, on réclame le simple respect du droit

    [Droits des étrangers] À Toulon, on réclame le simple respect du droit

    Le premier obstacle étant le passage obligé par la plateforme numérique, que le collectif appelle le mur numérique tant il est pour beaucoup difficilement franchissable. Avec au final pour beaucoup des délais légaux d’instruction qui ne sont absolument pas respectés. Ce qui engendre pour les personnes des droits sociaux brutalement coupés, la perte du contrat de travail ou de son inscription à France Travail. « Il y a 60 000 étrangers dans le Var qui sont ou vont être confrontés à un moment ou un autre de leur parcours à ce type de sanction », dénonce Olivier Duluc, écrivain public dans l’accès aux droits. « Je reçois tous les jours des gens qui à cause de cela ne peuvent pas renouveler leur contrat de travail, dans le meilleur des cas », ajoute Jean-Pierre Kaspereck (CGT). Et de poursuivre : « Dans le pire des cas, ils sont exploités honteusement parce qu’ils n’ont pas de papiers. Parfois même sans être payés. »

    Autour de la table chacun y va de son témoignage, tous plus invraisemblables et choquant les uns que les autres.

    Thomas Boudier (AIDES), raconte l’histoire de cette femme, dominicaine, âgée de 65 ans qui est séropositive au VIH, en demande de titre de séjour. « Elle vient de le recevoir après avoir attendu dix mois. Mais comme il est d’un an seulement : il expire dans deux mois à peine. Et comme on ne guérit pas du VIH, elle va devoir le renouveler perpétuellement. » Ou encore le parcours de cette jeune artiste lesbienne camerounaise, qui faisait de la musique sur sa sexualité. À la fois donc « un peu réfugiée politique » et séropositive au VIH, elle adresse en parallèle une deuxième demande au titre d’étranger malade.

    Résultat, son dossier est bloqué, sous prétexte qu’il ne serait pas possible de faire deux demandes à la fois. Une affirmation qui vient d’être démentie le 5 mai par le Conseil d’État. « Ce qu’on réclame c’est juste l’application de la loi, c’est un minimum », conclut Guy Cochennec du Collectif Migrants. Ce n’est pas le représentant de l’État dans le Var qui pourra sur ce point le contredire.