Tag: Théâtre

  • Fort d’une année record, le Théâtre des Salins dévoile sa nouvelle saison

    Fort d’une année record, le Théâtre des Salins dévoile sa nouvelle saison

    Nouvelle saison, nouvelle programmation, mais toujours la même exigence. Alors que le Théâtre des Salins, qui fait partie des 78 établissements labellisés « scène nationale », ferme ses portes pendant l’été, sa secrétaire générale, Joanna Boutté, se réjouit des résultats de l’année écoulée, avec près de « 90% de remplissage sur l’ensemble des spectacles ».

    Son équipe présente désormais la saison à venir. Dans le marasme ambiant, entre la précarisation des intermittents du spectacle, les difficultés auxquelles font face les productions, l’émergence ardue de nouveaux talents, elle « refuse de baisser les bras », fidèle à son engagement pour le « service public de l’art et de la culture ».

    En 2026-2027, le public pourra donc voir 40 spectacles, dont 15 créations, traversant le théâtre, la danse, le cirque, la musique et des formes hybrides. Comme toujours, une grande place est laissée à la jeunesse avec 12 spectacles accessibles aux enfants, à l’instar de Du bout des doigts, un ballet à quatre mains filmé en direct sur scène, ou des doigts traversent l’histoire de la danse ; ou de Frasques, où les acrobates de la compagnie Galactik Ensemble « chutent, se relèvent, dans un monde en perpétuel déséquilibre », raconte Joanna Boutté.

    Un focus sur la création grecque

    La saison s’ouvrira le 3 octobre sur une soirée cabaret, animée par quatre formations, entre effeuillage, cancan, paillettes et music-hall. En cette année de Biac 2027 (Biennale internationale des arts de cirque), le Théâtre des Salins propose d’explorer un large panorama de la création circassienne contemporaine. À l’affiche : les acrobates du collectif XY, reconnus pour leur spectaculaire maîtrise des portés, Nadine O’Garra, qui convoque le rapport aux écrans dans Amour au temps de l’algorithme, ou encore Cirque Le Roux, avec sa dernière création Nature morte, au croisement du cirque, du théâtre physique et la composition visuelle.

    Côté musique, Walid Ben Selim chantera de grands textes de la poésie arabe, en écho à l’exposition du musée Ziem consacrée à Ernest Pignon-Ernest dans l’écrin dans la chapelle de l’Annonciade, « avec une petite jauge » pour « un moment privilégié », souligne Joanna Boutté. Thibault Cauvin, guitariste le plus primé au monde à 20 ans qui a tourné avec M, présentera Alter Ego, inspiré de ses voyages aux quatre coins du monde.

    Au programme également, un focus sur le meilleur de la création grecque, qui mettra en valeur une nouvelle génération d’artistes : Mario Banushi avec sa pièce sensorielle d’une puissance rare Mami, salué au festival d’Avignon l’an dernier ; le chorégraphe Christophe Papadopoulos avec My Fierce Ignorant Step, interprété par dix danseurs qui feront corps dans leur pluralité ; et Anna Lemonaki avec son spectacle de théâtre performatif, à cheval entre cabaret et récit auto-fictionnel, Bleu.

    La danse occupera une place centrale, avec des artistes majeurs de la scène internationale, à l’instar de Wim Vandekeybus, qui viendra célébrer les 40 ans de sa compagnie Ultima Vez avec le spectacle qui a « révolutionné la chorégraphie contemporaine dans les années 1990 », What the body does not remember.

    Côté théâtre, enfin, les spectateurs pourront notamment découvrir Orlando, mis en scène par Katia Ferreira d’après le roman de Virginia Woolf ; le diptyque familial entre règlement de comptes et comédie romantique Fête des mères d’Adèle Royné et Vincent Gardet ; ou Tellement sympa, une pièce qui brise l’omerta autour des violences faites aux femmes au sein de la communauté sourde.

    Une nouveauté à noter : la première édition du festival Vice Versa. Pendant deux semaines, en mars, les spectateurs seront installés au cœur du plateau pour une expérience immersive au plus près des artistes, avec une jauge resserrée.

  • Quand le théâtre redonne confiance aux minots

    Quand le théâtre redonne confiance aux minots

    « S’il y a un problème, on improvise. » Au théâtre de la Criée, les élèves de CM1 et CM2 de l’école primaire Notre-Dame de la Viste (15e) se préparent pour leur dernière répétition, avant la pièce de théâtre présentée, le soir même, devant leurs parents. « Ça fait neuf mois qu’on la prépare », explique Mathilde, la maîtresse des CM1. « J’ai peur », confie une élève. « Mais tu es très chic », la rassure l’enseignante.

    Il faut dire que l’exercice n’est pas simple. Depuis le mois d’octobre, les élèves travaillent sur une pièce intitulée Recherche Chef, adaptée par Cécile Petit à partir des Lettres Persanes de Montesquieu. « Il est question de deux sociétés où il y a des chefs », explique Ombeline Avezac, coordinatrice de l’opération « Le XVIIIe en scène : théâtre à l’école ». Au programme de la pièce, critique du « monde qui va trop vite », de « l’aliénation » et du réchauffement climatique. Le tout porté par 49 élèves qui se sont parfaitement approprié le sujet. « Ils comprennent la morale de la pièce, qui parle de vivre-ensemble et de faire groupe, et au-delà du théâtre, on voit qu’ils le mettent en place dans l’école », sourit Mathilde.

    Plus d’art à l’école

    Car l’objectif premier de cette initiative est bien d’aider les élèves à s’insérer dans la société. Le programme, porté par le fonds de dotation Culture pour l’enfance, cherche à remobiliser les élèves des écoles de REP+ (réseau d’éducation prioritaire) autour de l’art, pour leur redonner goût à l’école. Ici, tous sont issus des quartiers Nord de Marseille. « Certains sont en situation de handicap, d’autres ont des difficultés à s’exprimer. On leur montre que d’où qu’ils viennent, ils ont le droit d’avoir de l’ambition et des objectifs », complète Ombeline Avezac. Grâce à ce projet, les encadrants constatent de véritables évolutions chez les élèves : « Ils prennent confiance en eux, ils osent porter leur voix, il y a une inclusivité totale. Personne ne se moque, ça leur a appris l’empathie et à faire collectif », relate la maîtresse.

    « L’année dernière, on avait une petite en décrochage scolaire qui a repris l’école grâce au théâtre », se félicite Ombeline Avezac. « Ma fille était timide et maintenant elle s’est inscrite à des cours. En juin, elle jouera sa première pièce », raconte une mère présente à la répétition. Pour les parents comme pour les encadrants, il faudrait « que le théâtre devienne une matière obligatoire à l’école ». Pour l’heure, le projet s’exporte en Ile-de-France et devrait se poursuivre dans les quartiers Nord de Marseille. Car derrière les costumes et les tirades, se joue un enjeu plus vaste : donner à tous les enfants les mêmes chances de se construire et de s’exprimer.

    Ivanie Legrain

  • L’œuvre de Sacha Guitry, « génie » de la comédie, à Aix

    L’œuvre de Sacha Guitry, « génie » de la comédie, à Aix

    S’il a fait preuve d’une rance complaisance vis-à-vis du régime de Vichy (comme tant d’autres), réalisant notamment en 1942 l’album et le film De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain, ou encore inculpé d’« intelligence avec l’ennemi », avant d’obtenir un non-lieu, Sacha Guitry (1885-1957) n’en demeure pas moins un « génie », indique un cycle que l’Institut de l’image initie du 4 au 28 juin. Délocalisé à l’École supérieure d’art d’Aix en raison des travaux à la bibliothèque Méjanes, un cycle de huit films illustrant le fait que Guitry « n’aura peut-être pas été le plus grand cinéaste français (encore que !), mais il en est assurément le plus important, celui qui incarne le plus sa spécificité, sa couleur, ses possibles ». Des mots du réalisateur Nicolas Pariser, repris dans le programme.

    Humour noir

    Parmi les films projetés, Le roman d’un tricheur (1936). Loué des années plus tard par Orson Welles, qui a confié s’être inspiré de son utilisation de la voix off et des flash-back pour Citizen Kane, une comédie à la drôle de morale dont l’une des séances sera présentée, le 13 juin, par le distributeur des Acacias, Jean-Fabrice Janaudy. Et ce, juste après la diffusion de Faisons un rêve, comédie de mœurs avec Raimu au casting. Que dire encore de La Poison, comédie noire autour d’un féminicide avec Michel Simon dans le rôle du meurtrier, que Guitry avait réalisé en 1951 pour « régler ses comptes avec la justice française après ses démêlés judiciaires à la Libération », écrit la Cinémathèque française.

  • À La Criée, une saison pour briser le silence et libérer la parole

    À La Criée, une saison pour briser le silence et libérer la parole

    « La saison repose sur un équilibre fragile. Les moyens consacrés à la création artistique diminuent et l’annonce tardive de coupes budgétaires crée une situation inédite », prévient d’emblée Robin Renucci. À l’occasion d’une conférence de presse de présentation du programme 2026-27, le directeur de La Criée enfonce le clou : « Si cela n’est pas encore pleinement visible, ces coupes auront une forte incidence sur les saisons à venir avec la fragilisation des projets et la mise en danger de l’emploi des artistes et techniciens. Des œuvres risquent de ne jamais voir le jour. » Autant d’incertitudes auxquelles se greffent des « travaux dont le bâtiment avait bien besoin », entraînant la fermeture au public du théâtre qui déploiera un programme hors les murs « entre septembre et fin novembre ».

    Top départ de la saison le 18 septembre à la Friche Belle de Mai avec Rien plus qu’un peu de moelle, « plongée » mise en scène par Malte Schwind dans les « plaisirs de la langue » et l’humour corrosif rabelaisiens. Parmi les autres créations de La Criée, Ma pensée creuse (dès le 30 septembre au Théâtre Joliette), épopée philosophico-scientifique et « cri de résistance au productivisme qui abîme tout » si ce n’est « la foi joyeuse dans la puissance de la poésie », résume sa metteuse en scène Kristina Chaumont, ou encore Jouer la Mouette, d’après le classique de Tchekhov dont la compagnie Vol Plané déploiera les ailes dramaturgiques en ces mêmes lieux.

    À noter, toujours dans le cadre de la programmation hors les murs, Le 6e jour, au Théâtre de l’Astronef, du metteur en scène François Cervantes et de la comédienne Catherine Germain qui « improvise » un récit clownesque de La Genèse. Pièce « entre documentaire et fiction », situe Robin Renucci, Boat people remettra quant à elle en lumière « l’accueil de réfugiés du Vietnam par une famille française en 1979 et cet élan de solidarité oublié ». À voir à la Friche Belle de Mai. Gros temps fort du retour à La Criée, Robin Renucci mettra en scène L’École des femmes de Molière. Face à Arnolphe, le « patron des cocus » incarné par François Morel, « la pureté d’Agnès » qui, près de deux heures durant, va passer « du silence à la parole. Pour que les jeunes femmes puissent se libérer des assignations dans lesquelles elles sont projetées par des hommes tout-puissants », résume-t-il à propos de cette pièce en alexandrins créée au XVIIe siècle mais toujours d’actualité.

    « De l’orée à l’onde »

    Pas pour rien que la thématique de la prochaine saison de La Criée suggère : « de l’orée à l’onde ». De libération de la parole, il sera notamment question dans Mémoire de fille, création d’après le roman autobiographique d’Annie Ernaux, « seul en scène sur sa première nuit avec un homme, une nuit de violence. Une pièce sur le désir écrasé par le patriarcat », développe Robin Renucci. Ou encore dans Chevaleresses, écrit, mis en scène et incarné par Nolwen Le Doth. « Elle brise le silence autour de l’inceste, passe du déni à la honte. Mais c’est aussi l’histoire d’une survivante », désobscurcit le directeur de La Criée. Fracasser le mutisme, un leitmotiv toujours plus vital, comme l’illustrera également La peau des autres, pièce autour des violences intrafamiliales programmée à l’Astronef, qui montre comment « l’amitié permet de déchirer le silence ».

    Programme complet sur www.theatre-lacriee.com

  • À Pézenas, le festival Molière célèbre Marcel Pagnol

    À Pézenas, le festival Molière célèbre Marcel Pagnol

    « Marcel Pagnol est un peu le fil conducteur de cette édition du festival Molière. » Armand Rivière annonce la couleur. À l’aune de la manifestation culturelle – qui se tiendra du 1er au 7 juin – le maire PS de Pézenas entend faire du festival une sorte d’hommage à l’écrivain provençal. En effet, un des points forts de la manifestation sera à n’en point douter la représentation de Marius, de la Compagnie Le grenier de Babouchka, mis en scène par Jean-Philippe Daguerre, lauréat de 5 Molières 2025 pour Du charbon dans les veines (2 juin, à 20h au théâtre de Pézenas). Ce dernier est par ailleurs parrain de l’édition. Le lendemain, sera projeté le biopic Marcel et Monsieur Pagnol, film d’animation réalisé par Sylvain Chomet (14h30).

    L’auteur de La gloire de mon père ne sera pas le seul à être mis en lumière puisque l’on retrouve également une adaptation du Capitaine Fracasse, héros du roman éponyme de Théophile Gautier (6 juin, 21h30 au théâtre de la Verdure). Encore, la Compagnie Dinamo théâtre présentera La folie d’Isabelle, écrite au XVIe siècle pour la comédienne Isabella Andreini (7 juin, 17h30, place Canabasserie). Aux côtés de ces classiques, on retrouve des pièces traitant de sujets sociétaux, à l’instar de L’homme qui plantait des arbres par la Compagnie Théâtre des turbulences, fable écologique sur la déforestation et la raréfaction de l’eau (3 juin, 19h, aux jardins familiaux). « C’est une volonté globale du festival et de la saison culturelle en général de Pézenas, à savoir voir des pièces classiques, revisitées ou non, qui sont des invitations à réfléchir et d’autres qui posent des enjeux de société pour amener le débat », fait valoir Armand Rivière.

    Balade nocturne

    Si les professionnels ont leur rond de serviette au festival, les amateurs et élèves ne sont pas oubliés. « Pézenas compte de nombreuses compagnies professionnelles et amateurs, nous voulions ouvrir nos scènes, nos salles à ceux qui participent à la création toute l’année. Nous faisons aussi le choix de semer des graines en jouant devant des publics scolaires », poursuit l’édile socialiste. En ce sens, sont prévues deux cartes blanches : pour les amateurs (6 juin, 10h, place Canabasserie) et pour les lycéens (1er juin, 17h, auditorium Bobby-Lapointe).

    Une programmation alléchante pour attirer un public plus ou moins familier des planches de théâtre. Et pour aller chercher ces derniers, la mairie mise sur ses scènes en plein air, réparties aux quatre coins de la ville. Comme le château du parc où se jouera Croire aux fauves, de la Compagnie Les arts oseurs (5 juin, 22h15). Une aventure nocturne entre musique et récit, au cœur d’un espace boisé (compter 20 minutes de marche pour s’y rendre). Pour ceux ne trouvant toujours pas chaussure à leur pied, le festival ne se restreint pas au théâtre. « Nous ne voulions pas être fermés sur un seul art mais mêler différentes formes, avoir plusieurs canaux tournés vers la culture. Nous travaillons par exemple avec les Éditions Domens, créées à Pézenas. Nous souhaitons les promouvoir et les soutenir en en leur ouvrant un lieu le temps d’une journée [5 juin, 18h, gare du Nord, Ndlr] », souligne Armand Rivière. Théâtre, cinéma, photos, lecture, expos, le public va être comblé.

    Programme complet à retrouver sur ville-pezenas.fr.

  • Le progrès en étendard à la fête de « La Marseillaise » à Avignon

    Le progrès en étendard à la fête de « La Marseillaise » à Avignon

    Sous les grands arbres couverts de lierre du parc des Libertés de l’île de la Barthelasse, à Avignon, les températures en hausse n’ont pas calmé les ardeurs de plusieurs centaines de personnes qui se sont réunies ce dimanche 24 mai à l’occasion de la Fête de La Marseillaise.

    Une occasion annuelle de se réunir, d’échanger, de débattre, de s’informer mais aussi, bien sûr, de faire la Fête. Une journée qui s’est lancée autour de 9 heures avec l’arrivée des militants des différentes organisations politiques et associatives. Café et huile de coude au menu pour mettre en place les stands. Très vite, ce fut déjà l’heure du repas autour d’un verre d’eau, de bière ou de vin selon les goûts. Et de trinquer avec quelques membres du Club de la presse de Vaucluse et sa nouvelle présidente Dominique Ghidoni, sous les ajustements acoustiques du groupe Reno Bistan qui a laissé entendre quelques extraits des chansons jouées au concert de clôture de 17 heures. Une belle conclusion, entre paroles en français ou en italien, pour chanter Monde de droite ou encore Una torta de riso, pendant que les quelques bambins venus avec leurs parents profitaient du château gonflable disposé pour l’occasion. Sans oublier, à l’heure de la digestion, la pièce Emballages, écrite par André Benedetto et jouée par la compagnie la Parole Rouge, critique acerbe du capitalisme mêlant humour et discours militant. Le tout sans oublier l’engagement anti-extrême droite de notre journal fondé dans la Résistance. « L’échéance de l’année prochaine va être très importante pour nous tous, pour le monde du travail, pour les progressistes, pour les Français, pour tous ceux qui vivent dans notre pays », rappelle Léo Purguette, président et directeur de publication de La Marseillaise, appelant à « relever la tête, être offensif » comme tente de l’être notre titre.

    L’occasion d’échanger

    Si les derniers mois ont été marqués par les élections municipales, la Fête était aussi l’occasion de se retrouver. « Je viens depuis trente ou quarante ans et c’est l’occasion de montrer nos actions » glisse Françoise Godefroy, vice-présidente de France Cuba en Vaucluse.

    Un moment aussi pour les différents partis de gauche présents d’échanger dans un cadre plus détendu. « Une journée agréable où on se retrouve sur l’essentiel », pointe Pascal Clemençon, secrétaire fédéral du PS en Vaucluse. « L’unité se fait lors de fêtes », ajoute Méliades Bey de l’Après. « On reste dans un moment de l’année où on peut échanger de manière informelle avec des camarades de diverses sensibilités des échéances passées et à venir pour lutter localement au-delà des quelques différences » ajoute l’insoumis Sylvain Nandan.

    « Si nous sommes ici, ce n’est pas seulement pour partager un moment festif. C’est aussi parce que notre époque exige de l’engagement, en particulier dans notre département. Contre l’extrême droite, contre la casse sociale, pour l’hôpital, pour la santé, pour l’éducation, pour le monde du travail, pour l’égalité, pour la dignité, pour l’écologie, pour le droit des femmes et de toutes les personnes discriminées, pour la solidarité internationale et pour la paix », a lancée en fin de journée Delphine Jordan (PCF).

    La fête continue… Rendez-vous le 27 juin à La Bâtie-Neuve pour la première Fête de La Marseillaise des Alpes !

  • Dans « les Théâtres », une saison marquée par des héroïnes

    Dans « les Théâtres », une saison marquée par des héroïnes

    « Le Gymnase entre dans sa dernière ligne droite avant réouverture », annonce Dominique Bluzet. Le chantier du théâtre le plus ancien de Marseille, fermé depuis près de six ans, « avance normalement », assure le directeur des « Théâtres », qui comporte également en son sein la scène des Bernardines, à Marseille, ainsi que les salles aixoises du Grand Théâtre de Provence (GTP) et du Jeu de Paume. « On espère que le Gymnase nous sera rendu à l’été ou à l’automne 2027. De toute façon, la saison qui arrive sera la dernière que l’on fera hors les murs », promet l’entrepreneur culturel.

    Pour sa saison 2026-2027, le Gymnase continuera de déployer son programme à La Criée, l’Odéon, au Théâtre Joliette et à la Friche Belle de Mai. Au menu, une cinquantaine de représentations de 12 spectacles, parmi lesquels les Trahisons d’Harold Pinter, triangle amoureux dépoussiéré par Tatiana Vialle, un Don Juan, signé Philippe Car et incarné par Valérie Bournet, qui passe de la stature du « séducteur flamboyant » à celui de « prédateur », ou encore La chair est triste hélas, texte d’Ovidie porté par la verve d’Anna Mouglalis.

    Rois et héroïnes

    Dans Il Risveglio – L’éveil, le metteur en scène et acteur italien Pippo Delbono évoquera, lui, « la perte de l’amour de sa vie et comment s’en relever. Un choix entre sombrer et revivre, par la musique », campe Dominique Bluzet. À noter aussi, toujours dans le cadre de la saison hors les murs du Gymnase, Le Roi Lear revisité par l’homme de théâtre congolais Dieudonné Niangouna, ainsi que Ménopause, écrite par Alex Goude et Alexandra Cismondi. Une comédie musicale prenant pour point de départ « quatre femmes qui se battent pour un soutien-gorge dans un grand magasin » et qui « découvrent, malgré leurs différences, un point commun auquel elles ne peuvent pas échapper ».

    Le programme des « Théâtres » sera jalonné par 97 spectacles et 265 représentations, se félicite Dominique Bluzet. Du côté des Bernardines, charge à Barbara (par Barbara) d’ouvrir la saison. La Marseillaise Marie-Sophie Ferdane dans le rôle-titre, une plongée dans la vie et les paroles de la chanteuse de L’aigle noir. L’auteur et metteuse en scène Louise Vignaud réécrira quant à elle le mythe de Médée/s, interprétée par Rachida Brakni. Selon cette dernière, « une figure féminine qui a été écrite plusieurs fois, mais toujours sous le regard d’un homme. On en parle souvent comme d’une sorcière pour mieux la tenir à distance ».

    Preljocaj, Nordey…

    À Aix, le Grand Théâtre de Provence entrera dans une nouvelle ère. Doté de sa nouvelle délégation de service public pour cinq ans, le GTP voit l’arrivée de deux directrices générales, Johanna Flores et Anne-Sophie Dorion. « ADN toujours inchangé et programmation pluridisciplinaire » renouvelée, un projet qui permettra la « création d’une salle de 500m² » pour accueillir des propositions axées autour « des enfants, des jeunes talents et du cabaret ». Et, au programme de la salle-mère, des spectacles qui s’annoncent majestueux, à l’instar de la première mondiale de Soulèvement, du Ballet Preljocaj. « Cette pièce n’est pas un brûlot politique mais va parler de la manière dont les corps se soulèvent pour revendiquer ou corriger des injustices », résume le chorégraphe Angelin Preljocaj.

    Quant au Jeu de Paume, il sera cette saison le théâtre de belles curiosités comme Résurrection, relecture du roman de Tolstoï par Leïla Slimani et Simon Delétang, assurée « pour partie » par la troupe de la Comédie française, ou encore Madame de Sade, pièce écrite en 1965 par Yukio Mishima, que Stanislas Nordey met en scène avec un casting 6 étoiles, comme autant de comédiennes (Anne Brochet, Mélanie Thierry…) portant un regard sur le marquis libertin.

  • L’artiste qui défie la gravité honoré au Théâtre Liberté

    L’artiste qui défie la gravité honoré au Théâtre Liberté

    Avant de retracer la carrière de Damien Droin, Charles Berling a tenu à lire quelques phrases de la philosophe Simone Weil tirées de La pesanteur et la grâce, ce qui ne pouvait pas mieux tomber pour célébrer l’artiste voltigeur.

    « Tous les mouvements naturels de l’âme sont régis par des lois analogues à celles de la pesanteur matérielle. La grâce seule fait exception », commence-t-il. Et de poursuivre : « Ça correspond tellement à ce que fait Damien, même dans un monde parfois bousculé par tellement de chaos et tellement d’horreurs. »

    Puis, il évoque son parcours, commencé à 5 ans avec ses deux parents dans l’école de cirque de son père. Sa mère est conteuse, apprend-on également. « Il a tout de suite été éveillé à comment faire de l’art, comment trouver la curiosité nécessaire à regarder le monde », précise le directeur du Théâtre Liberté.

    Né à Hyères, poussé par une soif de liberté, de conquête et d’aventure, il part à l’âge de 16 ans à Paris. Champion de France de trampoline, discipline dans laquelle il se sent très vitre trop à l’étroit, il découvre la danse, « ce que c’est que d’animer son corps avec de l’art, d’animer son corps avec des sentiments ».

    Célébré à l’international avec sa compagnie Hors Surface, c’est à Toulon qu’il est revenu faire rayonner son art. Il explique : « Depuis toujours, j’avance les yeux grands ouverts vers l’avenir, avec une étrange sensation d’être animé par deux forces : l’envie de partir et le besoin de revenir. Je viens de Toulon, une ville qui m’a vu grandir et que j’ai quitté pour me nourrir de musique, de danse, de théâtre. Et j’ai décidé d’y revenir pour implanter mon identité artistique, ma compagnie, ici. »

    Josée Massi lui a rappelé en souriant l’adage : « Qui perd Toulon perd la raison ! »

  • Le théâtre s’exporte dans les villages isolés

    Le théâtre s’exporte dans les villages isolés

    La salle était pleine lundi soir pour la première de la tournée des Échappées du théâtre Durance, qui s’exporte dans les villages du département pour venir au contact des habitants des territoires ruraux les plus isolés. Nepo babies, MeToo, influenceuses, inceste… La pièce de cette semaine revisite avec humour et de manière très actuelle les contes du Petit chaperon rouge, de Barbe bleue et de Peau d’âne.

    L’objectif est de « travailler sur l’éloignement de nos habitants des lieux culturels, et, si les gens ne peuvent pas venir au théâtre, le théâtre viendra vers eux », explique Élodie Presles, directrice du théâtre Durance. « C’est un service public qui vous est dû », lance-t-elle aux spectateurs venus nombreux malgré le changement de lieu de dernière minute en raison de la météo. Les pièces sont prévues pour être jouées en plein air avec les beaux jours de ce mois de mai, mais la pluie a contraint les artistes à se rapatrier dans une salle polyvalente du village voisin.

    « On a signé une convention avec les communautés de communes de notre département, et, avec chacune d’elles, nous proposons une programmation dans les villages », précise Élodie Presles. « On s’est rendu compte qu’il y avait des territoires qui n’étaient pas du tout touchés par l’offre culturelle. Il faut faire en sorte d’aller rencontrer les gens sur leur lieu de vie, puisqu’ils ont du mal à venir chez nous, puisqu’en plus, nous, on n’a pas de transports en commun. C’est extrêmement compliqué de se rendre dans n’importe quel établissement culturel du département si on en est un peu éloigné », regrette la directrice du théâtre.

    Le théâtre Durance met par ailleurs en place des bus gratuits « pour que les habitants des vallées éloignées puissent venir au théâtre voir un bon gros spectacle avec beaucoup de décors, parce que ça aussi, ça n’a pas de prix », ajoute Élodie Presles.

    Cette semaine, c’est la compagnie de théâtre toulousaine Groupe Merci qui joue en itinérance, avant de se rendre à Grenoble, Lyon ou encore Échirolles dans les prochains jours.

    Ce mardi à Fontienne, mercredi à Volonne, jeudi à Laragne, vendredi aux Thuiles, puis du
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    er au 5 juin.

  • « Révoltes et dignités » se hissent sur scène à Marseille

    « Révoltes et dignités » se hissent sur scène à Marseille

    Nous entamons cette année un nouveau cycle en invitant une structure des Suds à s’immiscer dans notre programmation », amorce Fabienne Aulagnier, directrice des Rencontres à l’échelle. Pour sa 21e édition qui se déploie essentiellement à la Friche Belle de Mai du 2 au 13 juin, ce festival qui transmet la création contemporaine du Sud global, ensemble de pays non alignés sur l’hégémonie culturelle occidentale, convie la biennale d’art contemporain de Tunis, Dream City. Parmi les propositions communes de ces deux structures, Dignity, à voir du 5 au 7 juin. Imaginée par Chokri Ben Chikha, une enquête sur les traces « de l’impact des accords migratoires entre Tunisie et Europe pour mesure leurs impacts sur la société tunisienne », contextualise Fabienne Aulagnier. Nourri par des entretiens avec historiens, sociologues, militants et autres personnes issues de la société civile, un projet artistique qui prend pour point d’ancrage les expositions coloniales de Marseille en 1906 et 22, véritables « zoos humains » où figurait notamment « une famille de Tunisiens. Chokri Ben Chikha s’interroge sur la place de la dignité aujourd’hui. A-t-elle changé de place depuis l’époque des colonies ? », laisse planer la directrice des Rencontres à l’échelle à propos de cette pièce qui entend « remettre les droits humains au centre ».

    Afghanistan, Palestine…

    Tirant entre autres son origine du latin, langue dans laquelle l’échelle désignait le nom du bout de bois qui relie le bateau à la terre, le festival amarrera également à la terre marseillaise la dernière création d’Abdul Haq Haqjoo, artiste afghan forcé à l’exil par le retour des Talibans et débarqué à Marseille en 2021. Avec Wanderer, une larme échappée des fleuves afghans, cet homme de théâtre et marionnettiste tisse les 3 et 4 juin à la Friche un portrait autobiographique dans lequel il revient sur « son enfance dans son pays natal, son rapport à la religion ou encore au déplacement », situe Fabienne Aulagnier.

    Au total, une douzaine de spectacles, performances et autres lectures jalonnent Les rencontres à l’échelle, au cours d’une édition 2026 où « révoltes, dignités, travail sur les archives, collectes de témoignages et pluralité linguistique » sont les maîtres mots. Alors que guerres et crises traversent la Méditerranée, autant de marqueurs que le public pourra retrouver dans Language : no broblem de Marah Haj Hussein. Dans cette création qui passe de l’arabe à l’hébreu en passant par le néerlandais, le français ou encore l’anglais, cette comédienne et danseuse palestinienne y « raconte l’occupation israélienne à travers le langage. Car cette occupation annihile la langue arabe », rappelle la directrice des Rencontres à l’échelle, qui proposera d’autres spectacles et lectures en lutte contre l’effacement de la mémoire dans des pays tels que la Syrie ou le Liban.

    lesrencontresalechelle.com